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Articles avec #august diehl

Sidonie au Japon

Il faut une sacrée assurance à Elise Girard pour proposer ce film étrange, dans lequel il ne se passe pas grand-chose et qui ne propose finalement que la juxtaposition de deux paysages désolés : celui extérieur d'un Japon comme déserté et celui intérieur, composé par une Isabelle Huppert endeuillée plus huppertienne que jamais.

De cette confrontation, dans laquelle l'acteur Tsuyoshi Inara semble faire partie du paysage, il ressort un sentiment de douce morbidité : le mort s'efface progressivement dans une jolie mise en scène, pour que la vie se ré-immisce dans la vie de Sidonie.

Tout cela est mené tambour mollissant, si je puis dire, dans des Limbes grisâtres, hall d'aéroport désert, hôtels tout droit sortis de Shining, séances de dédicaces diaphanes et interviews irréelles.

Sidonie au Japon est beau parce qu'imparfaitement lugubre. Malgré tous ses efforts pour amener la désespérance à un point d'incandescence, il parvient à nous émouvoir par la seule force de la mise en scène.

 

2e

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Une vie cachée

Pour apprécier ce nouveau Malick, il faut d'abord aimer l'ensemble de ses tics formels (certains diront son style) : montage cut à l'intérieur d'une même scène, personnages coupés au niveau de la tête, voix off omniprésente, longueur excessive, grand angle qui déforme, personnages dont on entend la voix alors qu'ils ne parlent pas, légère contre-plongée, soleil avec de petites étoiles, musique envahissante, montage qui mixe des scènes n'ayant aucun rapport entre elles, etc.

Pour ma part, l'ensemble de ces petits artifices me lassent et m'empêchent d'éprouver une réelle empathie pour les personnages, même s'il faut reconnaître ici une consistance au propos narratif qui avait disparu du récent cinéma malickien. 

Je suis donc resté à l'extérieur de ce looong pensum (presque 3 heures), intéressant d'un point de vue formel, mais un peu gnangnan quant à son contenu, plein de bondieuseries et de bouillie poético-mystique.

Pour le reste, disons que les paysages et les travaux des champs sont très bien filmés et que l'acteur principal incarne son personnage avec tant de conviction qu'on ne sait pas trop s'il est la victime d'un entêtement maladif ou le vecteur d'une rectitude morale exemplaire. Un comble.

 

2e

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Diamant noir

Il faut un certain cran à Arthur Harari pour se lancer dans un scénario de film noir complexe à l'occasion de la réalisation de son premier film.

L'intrigue de Diamant noir est particulièrement alambiquée, sans être profondément originale : il est question d'un petit délinquant qui apprend la mort de son père, perdu de vue depuis longtemps. Ce père s'avère avoir été spolié par sa famille, des diamantaires d'Anvers. A l'occasion des funérailles, l'occasion va être donnée au fils de s'incruster dans la-dite famille et d'y faire à la fois son trou et le lit de sa vengeance.

Disons-le, l'intérêt du film n'est pas vraiment dans le scénario, ni dans l'interprétation artificielle du pourtant magnétique Niels Schneider, mais dans la mise en scène et ses parti-pris formels tout à fait étonnants : éclairages artificiels néo-expressionistes en couleurs, rêveries suréalistes, accumulations de gros plans inquiétants, scènes émergeant d'un inconscient torturé (le quasi-viol par exemple), mélange malsain des genres, récurrence des motifs narratifs.

Le tout donne au film une tonalité hitchcockienne post-moderne (on songe aussi au Coppola de Tetro ou encore à De Palma) pas désagréable. 

A suivre.

 

2e

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