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Christoblog

Gazette du Arras Film Festival 2017

4 novembre

Indivisibili (2/5) de Edoardo De Angelis, a été un gros succès en Italie, où il a remporté 6 Donatello (l'équivalent de nos Césars). L'image est jolie, le pitch intéressant (deux siamoises exploitées par leur père découvrent qu'elles peuvent être séparées), mais le film ne va au bout de ses promesses, malgré de beaux moments et des actrices formidables.

Centaure (3/5) est un film kirghize, présenté à la section Panorama à Berlin. J'ai trouvé qu'il était très plaisant à regarder, certes dépaysant mais aussi très bien réalisé. Il s'agit d'une jolie fable porteuse à la fois d'une grande poésie et d'agréables traits d'humour.

5 novembre

Si tu voyais son coeur (3/5), premier film de la jeune réalisatrice Joan Chemla, est une réussite, même s'il n'est pas parfait. Un univers très personnel et un casting de rêve (Gael Garcia Bernal, Marine Vacth, Nahuel Perez Biscayart, Karim Leklou) pour une oeuvre inclassable. Je reviendrai longuement sur ce film au moment de sa sortie, le 10 janvier.  

The king's choice (4/5), est très intéressant, mais il ne connaîtra malheureusement pas de sortie cinéma en France. Blockbuster dans son pays qu'il représente par ailleurs aux Oscars, ce film norvégien est d'une facture extrêmement classique, mais il est prenant de bout en bout. Il raconte les quelques jours de l'invasion allemande de la Norvège en 1940 en se concentrant sur l'attitude du roi de Norvège. C'est admirablement construit, joué et filmé. Un régal.

La soirée est norvégienne puisque nous enchaînons avec Thelma (1/5), le nouvel opus de Joachim Trier dont j'avais adoré le deuxième film, Oslo, 31 août. Hélas celui-ci est raté : lourdingue, mal écrit, prévisible, trop long et platement réalisé. Le film sort bientôt (le 22 novembre) est je vais tristement devoir dire tout le mal que j'en pense à ce moment-là.

11 novembre

Mariana (3/5), de la réalisatrice franco-chilienne Marcela Said, qu'on dit surdouée, est effectivement un beau morceau de cinéma - et un beau portrait de femme. On ne voit pas vraiment ce vers quoi le film veut aller, mais sa réalisation épurée et parfois troublante laisse augurer d'une belle carrière pour la réalisatrice.

Le nouveau film de Xavier Beauvois, Les gardiennes (5/5) m'enthousiasme. Je suis au bord des larmes pendant une bonne partie du film, à la fois frappé par sa perfection formelle, son faux classicisme et la performance des actrices. Le film sort le 6 décembre, j'aurai l'occasion de le critiquer à ce moment-là.

Pour clôturer cette année, un petit film sympa, mais pas vraiment réussi : Gaspard va au mariage (2/5), de Antony Cordier. Cela se passe dans un zoo, avec un casting plaisant (Laetitia Dosch, Félix Moati, Marina Fois, Johan Heldenbergh, Guillaume Gouix), mais pour une raison qu'il faudra que j'explicite ultérieurement, cela ne fonctionne pas.

A l'année prochaine, Arras !

 

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Springsteen on Broadway (26/10/2017) Part 1

 Dehors 

Times Square, à un lancer de pierre, brille de mille feux alors que je me dirige vers l'entrée du Walter Kerr Theatre, situé dans une rue perpendiculaire au Great White Way, ce jeudi 26 octobre 2017.

L'entrée du théâtre est conforme à l'idée du minimalisme américain en matière de décorum : une immense enseigne lumineuse au lettrage vaguement ringard, un aperçu depuis la rue sur les fauteuils habillés de velours rouge, et quelques gentils réceptionnistes qui scannent sans chichi le précieux sésame de spectateurs ravis d'être là.

Avant de pénétrer dans l'antre que Springsteen occupe pendant 80 soirées, il faut encore faire un crochet sur le côté du bâtiment (une affreuse entrée de parking) pour passer sous un très laid détecteur de métaux. Mais peu importe, le jeu en vaut largement la chandelle.

Rappelons que les heureux spectateurs présents ce soir auront déboursé de 75 à 850 $, avec une moyenne de 503 $ la place. Une aubaine pour ceux qui auront trouvé leur bonheur lors des quelques minutes qui suivirent la mise en vente officielle. Les autres, qui se sont fournis au marché noir, sur des sites spécialisés (Stubhub, Viagogo), auront déboursé couramment 2000 $ et parait-il jusqu'à 8500 $ pour faire partie des 950 spectateurs présents chaque soir. Je regarde mes voisins en me demandant qui a payé ce prix pour réaliser son rêve...

Je m'installe avec ma fille au balcon. On est très haut, avec une vue plongeante sur la scène : du bois, un piano, des caisses de matos, des lampes industrielles. Comme la bière coûte 40 $, on se retient de boire un coup.

A côté de nous, beaucoup de parents avec leurs enfants (du père de 70 ans avec son fils de 50, à celui de 30 ans avec sa fille de 10 ans) et des couples plutôt âgés.

Le billet précise Show starts promptly, et à 19h55, panique dans les toilettes hommes : on sonne pour le début du spectacle. Accélération notoire de la vitesse de remontée de braguette, plus personne ne prend le temps de se laver les mains.

20h et 1 minute. Les lumières s'éteignent, un silence assourdissant envahit la salle. Quelques secondes et le Boss entre en scène par la gauche, démarche lente, jean et T-shirt noir. Du public commencent à monter ces "Bruuuuuuuuuuuuuce" spécifiques au public américain qui peuvent faire croire que les spectateurs sont en train de huer, ou de hurler doucement au loup.

 Acte 1 

Dès les premiers mots on sait que nous ne sommes pas un concert. Springsteen n'entame pas par un classique "Good night, New Yoooork", mais par un monologue assez long où il sera question, mezzo voce, d'avoir le sentiment d'être un imposteur, et en même temps de l'art du showman, de son magic trick.

Armé de sa seule guitare acoustique, Springsteen entame une version à rallonge de Growing up, sans cesse interrompu par des anecdotes ou de petites historiettes que ceux qui ont lu son autobiographie connaissent bien. 

Toute la première partie du show va être constituée d'histoires racontées, entrecoupées de chansons (lors de la deuxième partie, ce sera plutôt des chansons avec quelques vignettes parlées). L'enfance (une version très belle au piano de My hometown précédée d'une longue intro), le père (My father's house), puis la mère (The wish au piano). Si certains yeux restaient secs avant cette merveilleuse chanson peu connue, il ne l'étaient plus à la fin, je vous l'assure. Impossible de ne pas tomber raide amoureux de la femme dont Springsteen fait le portrait, dans la chanson elle-même et dans ce qu'il raconte sur elle. 

Après ces quatre chansons, durant lesquelles le Boss parle en égrénant souvent les mêmes accords, on réalise qu'on est captivé par quelque chose d'inconnu, ni vraiment un concert, ni une lecture, mais un mélange des deux, mâtiné de one-man show (Springsteen s'avère capable de faire rire sur commande toute la salle avec une simple mimique) et de prêche mystique (j'y reviendrai).

Quelques mots sur la salle : le son est exceptionnel (on entend distinctement le Boss reprendre son souffle), le public est dans un état de recueillement quasi religieux (on entendrais une mouche voler). Tout juste nous autorisons-nous à applaudir avidement à la fin de chaque morceau ou lorsque les paroles (et parfois un petit signe du Boss) semblent nous l'autoriser. Personne ne sort de téléphone portable, c'est strictement interdit, et il paraît (mais je ne l'ai pas vu ce soir là) que le personnel à une pratique géniale : il pointe vers l'offenseur une torche électrique qui le dénonce à toute la salle et le fait interrompre immédiatement sa coupable activité. Conséquence : aucune photo volée sur Internet. Celle ci-contre est donc une photo "officielle".

Après l'enfance, l'adolescence. Un Thunder road poignant, probablement une des plus belles versions que j'ai entendu - et je ne les compte plus. Bien que ni les paroles ni les arrangements soient modifiés la chanson sonne différemment. Elle semble avoir été écrite il y 40 ans pour être chantée aujourd'hui par un homme dont les plus belles années sont derrière lui.

The promised land est une ode aux grands espaces américains et cette version country, dépouillée, la fait là encore sonner bien différemment que sa version "comment faire en sorte que 90 000 personnes lèvent les bras en même temps dans un stade". Pour la fin de la chanson, le Boss s'éloigne du micro et finit sans amplification. J'aurai donc vécu cela une fois dans ma vie : entendre Springsteen chanter de sa vraie voix.

A suivre ce qui est pour moi le moment le plus saisissant de la soirée : un Born in the USA présenté par le Boss comme un "GI blues, a protest song". Longue intro flamboyante à la 12 cordes, puis tout à coup un moment suspendu dont tous les spectateurs médusés se souviendront longtemps. Le premier couplet a capella par un Springsteen transfiguré, livide, à la vois blanche, éloigné du micro.  La fin de la chanson, terrible plainte pleine de souffrance et de déception, à peine enjolivée de quelques notes, est un moment exceptionnel.

A suivre : Springsteen on Broadway Part 2

 

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Springsteen on Broadway (26/10/2017) Part 2

A lire avant de continuer : Springsteen on Broadway Part 1

 Acte 2 

A l'exact mitan du spectacle (8ème morceau sur 15), Tenth avenue freeze out marque le basculement de la partie autobiographique à la partie plutôt thématique. S'installant au piano pour une longue séquence enlevée, Springsteen nous convie à contempler l'avènement et l'ascension du E Street Band. Un long passage très émouvant est consacré à son alter ego musical, le géant noir autour duquel sa musique a longtemps gravité : Clarence Clemons. "Perdre Clarence, c'est comme perdre la pluie", dit-il, en plaquant tristement le même accord plusieurs fois, et juste avant de faire exploser la salle en le présentant comme il avait l'habitude de le faire quand C. était encore vivant.

Le moment est alors venu de faire entrer sur scène sa femme, Patti Scialfa, par ailleurs elle-même chanteuse et auteur-compositeur. Le Boss la fait venir en mimant au piano les premiers mots qu'il a entendu d'elle : elle chantait "I know something about love". Et il ajoute goguenard : "Sure she did !"

Leur duo est parfait, Patti n'est qu'en backing vocal, elle ne chante pas seule. Tougher than the rest au piano est convaincant, mais leur duo de guitare sur l'ambigu et magnifique Brillant disguise est encore meilleur.

Le morceau suivant, Long walk home est une évidente allusion politique à la présidence Trump : le personnage de la chanson ne reconnaît pas le pays qu'il aime autour de lui, et ... le chemin sera long.

The rising sonne ensuite comme une cérémonie d'exorcisme, les éclairages éclairant tout à coup le décors et Springsteen par le bas, comme dans un film d'horreur. Se reculant une fois de plus du micro, la longue litanie finale des sky of ... résonne dans le théâtre comme une prière. 

Le ton change alors. L'ado amusant, le vieux copain sympa et le mari amoureux disparaissent et laisse la place au performer hors norme : Dancing in the dark explose dans la salle comme s'il était joué full band et  quand le Boss fait démarrer au coeur de la chanson les accords rageurs de The land of hope and dreams, on sent la salle littéralement vaciller de plaisir. En un éclair, le plaisir des concerts du E street band ressurgit : l'énergie furieuse, les enchaînement à couper le souffle et ce sentiment que le spectateur se fatiguera avant les musiciens. Impressionnant : on voyait jusqu'alors un homme et un artiste en pleine introspection, et brutalement a surgi un band leader qui a senti l'odeur du sang. 

Avant d'attaquer le sprint final, Springsteen reparle longuement (son magic trick, il nous l'a encore bien fait) et récite un Notre-père plus nostalgique que pieux, que chacun pourra partager quelque soit ses croyances. Un Born to run épuré  finit en beauté le show. Quelques secondes avant que les lumières s'éteignent, Springsteen ne joue plus de guitare : il finit la chanson en se servant de la caisse de son instrument comme d'un percussion, trois coup comme trois points de suspension...

 

 Dehors 

De la salle on sort directement dans la rue. Les visages sont heureux, on voit que certains spectateurs sont dans leur bulle : le show est une expérience un peu extrême pour plusieurs d'entre nous, j'imagine. Tant de morceaux écoutés dans la fureur des stades entendus ici mis à nu, dans un silence de crypte et une proximité extraordinaire. Il faudra digérer.

Tiens, un petit groupe attend derrière des barrières, devant une porte métallique en façade du théâtre, juste à côté de l'entrée des spectateurs.

Quelque trente minutes plus tard, Patti sort la première. Une dame lui offre un bouquet de fleur, elle s'approche et les deux papotent ensemble. Pendant ce temps, le Boss salue les petits groupes de fans, signe des autographes, monte sur le marche-pied de la voiture pour faire un petit signe aux fans situés de l'autre côté de la rue, devant le théâtre où Robert de Niro signe sa première mise en scène. Il veille scrupuleusement à saluer tous ceux qui sont venus le voir.

Puis le couple monte dans le SUV aux vitres teintées, et ce dernier s'éloigne tranquillement dans la nuit new-yorkaise.

 

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Mise à mort du cerf sacré

A l'image de son titre, le nouveau film de Yorgos Lanthimos est à la fois intellectuellement stimulant, inutilement alambiqué et esthétiquement séduisant.

Commençons par l'aspect intellectuel : le scénario nous égare un bon bout de temps sur des fausses pistes avant de se préciser progressivement, pratiquement à notre corps défendant, tellement l'intrigue est dérangeante et surréaliste. A ce titre, on en profite bien mieux si on ne connait rien de son propos.  

Sans dévoiler son pitch, je dirais seulement que le film m'a beaucoup plu, donnant une incarnation cinématographique au thème de l'irruption du sacré dans le réel, sujet fort peu traité au demeurant. Sa rigoureuse logique interne est à la fois terrifiante et plaisante. Elle conduit inévitablement à la question : "Nom d'un chien, que ferais-je moi-même à la place de Steven ?".

La stimulation intellectuelle engendrée par le scénario de Lanthimos sera pour certains peut-être un peu gâchée par une inutile sophistication : la scène d'ouverture sur une opération à coeur ouvert en est un bon exemple. D'autres jouiront de la beauté esthétique ahurissante de certains cadres, de l'utilisation rigoureuse des symétries et de la photographie glacée mais somptueuse.

Le cinéma de Lanthimos n'est pas un cinéma de sensation, c'est un cinéma de réflexion. C'est surtout à ce titre qu'il peut être comparé à celui de Kubrick.  Si on accepte ce postulat, alors il procure un plaisir certain.

 

3e

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Jeune femme

Lors du Festival de Cannes 2017, il y eut peu d'occasion d'être décoiffé par un film énergique, au ton original. Jeune femme fut de celles-là.

Dès les tout premiers plans (une porte fermée, un montage cut, une héroïne qui fulmine, une scène d'anthologie aux urgences), on sent que ça ne va pas bien se passer, que quelque chose est en train de dérailler sous nos yeux. Et, effectivement, la longue errance de Paula va s'avérer durant un long moment une sorte d'odyssée maudite.

Peu adaptée aux relations sociales normées, menteuse par obligation et énervante par nature, la jeune femme que met en scène Leonor Serraille n'est pas très aimable, même si elle nous fait parfois sourire. Il faut la maîtrise absolue de la mise en scène pour faire passer la pilule d'une narration que d'aucun considéreront comme brouillonne.

Ce qui rend le film attendrissant - et intéressant - c'est qu'il préfère mettre en scène la formidable énergie qui dynamise son personnage principal que ses états d'âme. Du coup, la trajectoire de Paula devient presque magique, et lorsqu'elle finit par rembarrer son ex, on ne peut qu'être admiratif devant les mérites de son irréductible opiniâtreté.

Le film est aussi une découverte : on pressent que la personnalité de l'actrice Laetitia Dosch n'est pas si loin de celle de Paula, et qu'il faudra suivre sur la durée la carrière de ce trublion incendiaire.

Explosif.

 

3e

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The affair (Saison 2)

Après l'excellente première saison je redoutais une chute de tension lors de la deuxième, et le visionnage des deux premiers épisodes de ce nouveau coffret DVD m'a conforté dans cette idée.

La saison démarre en effet mollement. On a certes plaisir  à retrouver les personnages dans le dispositif excitant mis en place dans la première saison (les mêmes journées sont racontées de quatre points de vue différents), mais à l'inverse on craint que le procédé ne serve plus que lui-même au détriment de l'intrigue ou de la véracité psychologique des situations.

Heureusement la série s'invente de nouveaux chemins assez rapidement avec des sauts dans le temps importants (on se rend rétrospectivement compte de l'impossibilité totale de comprendre ce qu'on voyait dans la première saison), des épisodes qui cassent la routine et un final très satisfaisant en terme de résolution de mystères.

En réalité, cette deuxième saison parait être la deuxième partie d'un tout, exactement située dans le prolongement de la première, d'un point de vue narratif comme stylistique. 

Une fois résolu le Whodunit un peu plaqué de l'accident de voiture (l'intéraction entre les personnages est bien plus passionnant que l'incident mortel), on attend impatiemment de voir quelle direction les scénaristes hyper-doués de la série vont prendre. 

The affair sur Christoblog : Saison 1 (****)

 

3e

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The square

Le précédent film de Ruben Ostlund, Snow therapy m'avait enthousiasmé par son originalité, sa capacité à brouiller les pistes et ses audaces formelles.

Force est de constater que dans ce nouvel opus, tout juste couronné par la Palme d'Or, le prodige suédois reproduit la recette de son film précédent : un évènement fondateur dont le personnage principal ne sort pas grandi, suivi d'un enchaînement de circonstances induites qui montrent les compromis, les petitesses et les mesquineries de nos sociétés. Et au passage l'orgueil sexuel du mâle occidental qui en prend pour son grade.

Donc rien de bien nouveau sous le soleil de Stockholm, sauf qu'ici les sujets de moquerie me semblent bien moins originaux que dans Snow therapy (se moquer de l'art contemporain, c'est vraiment trop facile) et surtout moins maîtrisés. C'est comme si le cinéaste avait voulu ratisser le plus large possible pour amplifier ses effets comiques et toucher le maximum de personnes. Ainsi, Ostlund s'attaque à notre inaptitude à la bienveillance, à notre insensibilité à la violence, à notre aptitude au lynchage, aux méfaits du marketing, aux dégats causés par les réseaux sociaux, à notre sexualité atrophiée, à notre rapport aux mendiants, etc.

Le film veut ratisser tellement large qu'il m'a perdu en route, jusqu'à cet improbable happy end (les fifilles sont fières de leur papounet), bien éloigné de la sécheresse onirique des derniers plans de Snow therapy

Ces réserves étant faites, il faut reconnaître à la Palme d'or 2017 une vraie capacité à faire surgir le rire grinçant au détour d'une scène (par exemple quand le cuisinier annonce le repas et n'est pas écouté). Il y a dans The square un enthousiasme dans la mise en scène de nos turpitudes qui pourra se révéler communicatif, surtout pour ceux qui découvrent le cinéma d'Ostlund à cette occasion. La scène du happening pendant le repas de gala est rudement bien faite, même s'il faut admettre qu'elle ne sert en rien le développement de l'intrigue.

Clinquant, souvent brillant (tous ces carrés qui envahissent l'écran : cages d'escalier, tapis de gym...), mais tout à fait inconsistant : The square n'est probablement pas le meilleur film de son réalisateur, mais paradoxalement c'est celui qui lui apporte la consécration.

Ruben Ostlund sur Christoblog : Snow therapy - 2014 (****)

 

2e

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Téhéran tabou

Le choc que procurent les premières scènes de Téhéran tabou (une prostituée taille une pipe à un conducteur alors que son petit garçon rêvasse sur la banquette arrière), est durable.

Le film impose sa dureté sur la longueur. Tout y est noir en effet : la misère sexuelle des hommes, la condition de la femme réduite à demander l'aval de l'homme pour toute chose, le spleen des avorteurs à la petite semaine, les proxénètes qui exportent des vierges vers Dubaï, les juges corrompus et dépravés, le spleen d'un petit garçon muet qui ne parvient pas à se scolariser.

Rien n'est agréable à l'âme, si ce n'est peut-être la bonté innée du personnage principal, pute au grand coeur, que rien ne semble vouloir arrêter.

Le film brille par ailleurs de multiples atours formels et esthétiques : un scénario fouillé et palpitant, une utilisation de la rotoscopie (procédé qui crée de l'animation à partir de prises de vue réelles) qui laisse pantois, une apreté dans le propos qui sidère, une poésie diffuse qui ennivre.

Téhéran tabou est tour à tour beau, émouvant et intrigant.

Une belle découverte.

 

3e

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Detroit

Detroit n'est pas un film agréable à regarder. Je suppose que certains seront même profondément dérangés par la tonalité quasi sadique qui colore le film.

Nous sommes en 1967, et des émeutes raciales éclatent à Detroit. Quelques jeunes Noirs vont vivre l'enfer le temps d'une nuit, piégés par trois policiers cruels. 

Le film commence par une mise en place d'une redoutable efficacité. Mêlant images d'archives et prises de vue façon caméra à l'épaule, la réalisatrice nous immerge très efficacement dans le chaos d'une véritable révolution. Le point fort de cette introduction, c'est d'introduire les personnages principaux de l'intrigue à venir sans qu'on les remarque vraiment. 

Le coeur du film est ensuite un interminable huis-clos (mais s'il est interminable pour nous, imaginons ce qu'il fut pour les victimes !), éprouvant et dérangeant. La caméra réalise des prodiges durant cette partie, et élève Detroit au rang de meilleur film réalisé par Bigelow, à mon sens. On est absolument et tristement dedans.

Dans une sorte de symétrie bienvenue, Detroit se termine comme il a commencé : la suite des évènements est esquissée à grand coups de subtiles ellipses.

L'ensemble constitue un film coup de poing, et pour une fois, l'expression n'est pas galvaudée tellement la mise en scène nous frappe plusieurs fois au plexus. Detroit plaira à ceux qui sont sensible à un type de cinéma maîtrisé, d'apparence rude et pas forcément toujours subtil. C'est mon cas.

 

4e 

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L'atelier

Le dernier film de Laurent Cantet se compose de deux parties distinctes.

La première retrouve les meilleurs côtés de Entre les murs : Cantet sait comme personne filmer les jeunes gens qui ne sont pas des acteurs, les faire interagir avec l'expérimentée Marina Fois, montrer leurs émois, leurs sentiments, leurs hésitations.

C'est très beau, et d'une intelligence d'écriture très convaincante. On suit avec beaucoup de plaisir l'initiation de ces jeunes aux joies de l'écriture. La dialectique des échanges est en soi un véritable plaisir gourmand.

Dans la deuxième partie du film, Cantet recentre l'action sur le personnage de l'écrivaine et celui d'Antoine, un jeune qui se laisse séduire par les thèses de l'extrême-droite. L'atelier vire alors doucement au thriller psychologique. Quelle est la nature exacte de la relation entre les deux personnages, un acte violent est-il à craindre ?

Cette deuxième partie m'a nettement moins convaincu que la première. J'ai trouvé que le scénario s'alourdissait de scories inutiles (un exemple : la visite de l'éditeur), que Cantet n'était pas très à l'aise dans les scènes de suspense et que le jeu Marina Fois s'ankylosait un peu.

Au final cependant l'impression est plutôt positive, et je conseille L'atelier pour sa sourde originalité.

 

2e

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Blade runner 2049

Le Blade runner de Ridley Scott était serré comme un expresso, dense et sauvage. Celui de Denis Villeneuve ressemble plutôt à une tisane détox, insipide et policée

Le plus frappant dans le film, c'est son manque de prise de risque, sa paresse intellectuelle, sa prudence excessive. Où est passée la gouaille de Deckard, son second degré moqueur, qui faisait le sel du premier opus ? Harrison Ford semble ici condamné à produire un visage impassible, comme Ryan Gosling, qui retrouve pour l'occasion les caractéristiques horripilantes de son non-jeu, parfaitement rodé chez Nicolas Winding Refn (Drive, Only god forgives).

La direction d'acteur est donc très approximative, mais elle semble brillante en comparaison de la faiblesse du scénario, mal fichu et téléphoné. On a envie de plus de mystères, de méchants vraiment intéressants et de dialogues qui veulent dire quelque chose.

Reste pour faire surnager le film au milieu de cet océan de médiocrité, une photographie correcte, mais que je n'ai pas trouvé aussi splendide que certains le disent : elle est trop propre pour être jouissive, comme l'était celle du film de Ridley Scott, expressionniste en diable. Ici, le contraste entre les rues qui rappellent le décor de 1982 et les intérieurs minimalistes ne fonctionne pas. On se croit souvent dans une pub pour magasin de canapés design.

Quant à la musique de Hans Zimmer, elle semble comme souvent vouloir rendre insupportable ce qui est simplement mauvais.

Au petit jeu des comparaisons, Blade runner 2049 perd donc sur tous les plans par rapport à son illustre prédécesseur, auquel il tente de rendre hommage de bien triste (et discrète) façon : la scène qui ouvre le film de Denis Villeneuve est une des scènes envisagées dans une variante du scénario de l'original.

Je me suis beaucoup ennuyé.

Lire ma critique de Blade runner - 1982 (****)

  

1e

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Blade runner

A l'occasion de la sortie de Blade runner 2049, j'ai vu pour la première fois hier soir le film de Ridley Scott, dans une version Final cut, et en blu-ray.

Pour parler franc, je craignais de découvrir une oeuvre un peu datée, dont l'esthétique années 80 ou les effets spéciaux auraient mal vieillis.

Heureusement, les premiers plans sur la ville tentaculaire sont de toute beauté, et la première véritable scène (l'interview de Leon) est menée d'une façon très efficace, sur un mode qui s'apparente plus au polar qu'à la SF.

C'est d'ailleurs probablement ce qui m'a le plus marqué tout au long du film : son ambiance, ses thématiques, la trajectoire heurtée et indécise de son héros paumé évoquent bien plus les romans de Dashiell Hammett que Star Wars. Pour ce rôle de policier au bout du rouleau reprenant du service, Harrison Ford s'avère être impérial, capable d'esquisser ce fameux sourire pince-sans-rire juste avant de se prendre une mémorable torgnole. 

Le film avance sèchement, alternant avec un équilibre assez impressionnant les lentes phases d'imprégnation et les tranquilles accélérations du récit. C'est propre, sans déchet, et d'une maîtrise absolue. Les personnages semblent à la fois sommairement esquissés et d'une grande profondeur.

La qualité du casting, la rigueur du scénario et la virtuosité de la mise en scène sont ici sublimés (une fois n'est pas coutume) par l'ensemble de la direction artistique. Les décors, les maquillages, les accessoires, la musique et la photographie sont ici portés à de très hauts niveaux de qualité. Un tel assemblage de talents est probablement sans égal dans l'histoire du cinéma.

Le blu-ray est accompagné d'un documentaire, Dangerous days, très complet, qui raconte la genèse du film. On y découvre l'influence de Billal et de Moebius sur l'esthétique du film, des anecdotes croustillantes (Dustin Hoffman a longtemps été pressenti pour tenir le rôle principal) et beaucoup d'autres choses.

Pour résumer : un vrai film culte.

 

4e 

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Happy end

Il faudra cette fois-ci être encore plus de mauvaise foi que d'habitude pour dire du bien du nouvel Haneke.

Creux et vain, moche et ennuyeux, Haneke sombre progressivement dans l'auto-citation (la référence à Amour dans la bouche du personnage joué par Trintignant) et la caricature de son propre cinéma.

J'ai eu envie à Cannes (et je n'étais pas le seul, toute la salle était crispée et tendue) de lui hurler : mais réveille-toi, nom d'un chien, renouvelle-toi, ose un peu quelque chose de nouveau !

Avant Haneke perturbait, maintenant il ennuie. Aucun des personnages de Happy end ne nous intéresse. Plusieurs scènes sonnent faux à un point que cela en devient gênant ou risible (comme la visite de l'inspecteur du travail sur le chantier : on voit bien qu'Haneke ne sait pas ce qu'est un chantier, un travail, et donc a fortiori un inspecteur du travail).

Le pire est le traitement réservé aux migrants, lamentable de hauteur condescendante. Ce sont alors des tombereaux d'insultes qu'on a envie de déverser sur la pose du réalisateur.

Minable.

Michael Haneke sur Christoblog : Le ruban blanc - 2009 (**) / Amour - 2012 (**)

 

1e

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Concours DVD The young lady (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD du film de William Oldroyd, je vous propose de gagner 3 DVD Collector de The young lady.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Quel est l'auteur de l'histoire originale qui a inspiré le film ?"

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 10 octobre 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite le DVD envoyé directement par le distributeur.

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Demain et tous les autres jours

Comme souvent chez Noémie Lvovsky, le charme de Demain et tous les autres jours repose sur des éléments assez peu spectaculaires, mais très efficaces en terme de plaisir cinématographique : une interprétation émouvante, un scénario solide, une mise en scène robuste, un montage alerte.

Le parti-pris du film (raconter les rapports mère / fille entre une petite fille et sa mère dérangée, à travers les yeux de l'enfant) est a priori casse-gueule. On imagine le pathos rôdant, prêt à s'emparer de l'intrigue. Il est remarquable de constater que Noémie Lvovsky évite toutes les embûches pour au final fournir une copie bien équilibrée.

La grande qualité du film repose sur la prestation ébouriffante de la jeune actrice Luce Rodriguez, dont l'énergie et la rectitude forcent l'admiration. 

Le film évolue sur un fil tendu entre deux précipices (celui du ridicule - faire parler une chouette apprivoisée - et celui de la sensiblerie) : en évitant de tomber dans l'un ou l'autre, Noémie Lvovsky confirme ses talents de réalisatrice sensible.

Il serait dommage de le rater, d'autant plus que Mathieu Amalric ne cabotine dans ce film. Pour une fois.

Noémie Lvovsky sur Christoblog : Camille redouble - 2012 (****)

 

3e

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Un beau soleil intérieur

Le cinéma de Claire Denis peut être agaçant.

L'association de son écriture si particulière à la plume de Christine Angot rend le scénario de Un beau soleil intérieur un peu bancal, et produit des dialogues souvent horripilants.  

Répétitions et ellipses, manque de naturel, sentiment généré d'entre soi et d'élitisme, les mots que Angot met dans les bouches des personnages sont rarement beaux, mêmes s'ils sont parfois frappants.

Ce qui sauve finalement le film ce sont les performances d'acteurs. Juliette Binoche est exceptionnelle de virtuosité, Xavier Beauvois parfait en goujat lubrique, Gérard Depardieu très convaincant en voyant inspiré, Nicolas Duvauchelle glaçant en torturé distant. Même les petits rôles, comme celui qui échoit à l'impayable Philippe Katerine, sont délicieusement croqués.

La caméra de Claire Denis est parfois très inspirée, et Un beau soleil intérieur est donc plutôt agréable à regarder.

Le film plaira donc aficionados de Juliette Binoche, à ceux de la réalisatrice et plus généralement aux amateurs de scénario décalé et de dialogues énervants.

Claire Denis sur Christoblog : Les salauds - 2013 (**)

 

2e

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Concours Le sens de la fête (Terminé)

A l'occasion de la sortie le 4 octobre du nouveau film du duo Toledano / Nakache, je vous propose de gagner 5 x 2 invitations valables partout en France.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Quel acteur présent dans Le sens de la fête a déjà tourné deux films avec les réalisateurs ?"

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 8 octobre 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite les invitations, envoyées directement par le distributeur.

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The night of

Dans l'univers feutré et un peu confidentiel des mini-séries (sont-ce des films à rallonge ou des séries avortées ?) The night of s'impose comme un must-see.

Le pitch est pourtant d'un classicisme inquiétant : un jeune pakistanais très propre sur lui, après une soirée arrosée, se réveille aux côtés d'une jeune fille poignardée à mort. Il ne se souvient de rien.

La série aurait pu se contenter d'égrener les constats éculés : le racisme, c'est pas bien, et les médias devraient faire leur boulot. Au lieu de cela, les scénaristes nous font douter nous-mêmes de la culpabilité de Naz, et c'est bien plus subtil. Le sage jeune homme s'avère devenir lors de son incarcération provisoire un criminel sans état d'âme. Et si finalement, il était bien l'assassin ? 

L'acteur Riz Ahmed est excellent, et vient à juste de titre de remporter l'Emmy award du meilleur acteur dans une mini-série, mais The night of vaut aussi (et surtout) par la performance comme toujours sidérante de John Turturro, qui campe un avocat déclassé atteint d'une maladie de peau sur les pieds (beurk !) absolument irrésistible.

Aux manettes se trouve entre autres Richard Price, scénariste des saisons 3, 4 et 5 de Sur écoute, ce qui constitue un gage indubitable de haute qualité. A voir absolument.

 

4e 

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Concours DVD Personal affairs (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD du film israelien Personal affairs je vous propose de gagner 2 DVD.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Dans quelle série française joue un des acteurs principaux du film ?"

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 2 octobre 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite le DVD envoyé directement par le distributeur.

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A ciambra

Avant d'aller voir ce film, il est intéressant d'en connaître la genèse. Jonas Carpignano, réalisateur italo-américain, filme dans la ville calabraise de Gioia Tauro depuis 2011. Il y a tourné un court métrage et son premier long-métrage, Mediterranea.

La famille gitane Amato, qui est au coeur du film, est donc ici filmée "dans son jus", au naturel. 

Certes, l'intrigue du film est évidemment inventée, mais tout le décorum est directement issu de la vraie vie. A ciambra est donc né dans un territoire peu exploré, qui se situerait pile à mi-chemin du documentaire (les funérailles montrées dans le film sont réelles, par exemple) et la fiction.

Le résultat m'a littéralement fasciné. Pas sûr que ce soit le cas de tous les spectateurs qui verront le film, car celui-ci n'est pas très facile d'accès : il faut accepter la caméra à l'épaule qui donne le tournis, les lambeaux de conversations inaudibles, le fouillis qui semble envahir tout l'écran. 

La magie du film est de parvenir à nous faire entrer dans ce monde très marginal. On apprend la langue, on s'habitue progressivement à ce qui nous choque au début (les enfants qui fument, les vols comme mode vie, les adultes qui ne savent pas lire) et à la fin du film, on se sent miraculeusement chez soi.

Si l'aspect documentaire est passionnant, le volet fictionnel n'est pas négligeable pour autant. Le scénario est habilement construit, il parvient à installer progressivement une belle tension dramatique qui se dénoue dans un dilemme moral de toute beauté.

A la fin du film on ne sait pas trop ce qu'il faut admirer le plus : l'énergie fantastique qui l'électrise, l'impression de réalisme absolu qui sidère (on pense à Wang Bing) ou l'inventivité du scénario qui parvient injecter du réalisme magique (le grand-père, le cheval) aux entournures d'un naturalisme très cru.

C'est magnifique.

 

4e 

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