Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Concours DVD Théo & Hugo ... (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD du film Théo & Hugo dans le même bateau, je vous propose de gagner 5 DVD.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Quel est le point commun entre les réalisateurs du film Ducastel / Martineau et Xavier Dolan ?"

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 28 novembre 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite le DVD, envoyé directement par le distributeur.

Voir les commentaires

Sing street

Sing street utilise avec brio toutes les ficelles du feel good movie nostalgique.

Le film cumule ainsi la trame toujours efficace de la constitution d'un groupe de rock à celle plus classique de l'histoire d'amour a priori impossible, le tout baignant dans une bande-son des années 80 qui sent bon la naphtaline. 

Tout cela serait assez anecdotique si le film ne portait pas à haut degré d'efficacité toutes ses composantes : le rythme est échevelé, le casting impeccable, les reconstitutions de clips et de modes vestimentaires parfaitement délicieuses et les compositions originales diablement entraînantes. 

Bref, on passe finalement un très bon moment, même si Sing street ne brille ni par son originalité, ni par sa profondeur. Ceux qui avaient 15 ans dans les années 80 apprécieront tout particulièrement.

 

2e

 

Voir les commentaires

Le petit locataire

Elles ne sont pas si nombreuses les comédies françaises un peu décalées, qui savent manier l'humour et pas la démagogie, en trouvant le rythme qui sied au genre.

Le petit locataire fait partie de ces raretés. 

Le casting ébouriffant y est pour beaucoup : qui mieux que Karin Viard et Philippe  Rebbot pourraient camper des personnages de loosers sympathiques sans les rendre pitoyables ? Ils sont tous les deux magnifiques.

Il plane sur ce portrait d'une famille déjantée l'ombre d'Affreux, sales et méchants, la causticité en moins, et le rythme en plus. Les personnages s'habillent mal et parlent mal, la grand-mère est indigne, les mâles évitent le travail autant que possible, les jeunes mères fuient leur responsabilités : c'est à la fois réjouissant et bienveillant.

Une comédie solide, enlevée et dynamique. Je la conseille pour une soirée déprimante, quand il est nécessaire de se remonter le moral.

 

2e

 

Voir les commentaires

Tour de France

Tour de France est le parfait exemple du film sympatique et raté.

Donner le rôle d'un beauf raciste à Gégé et celui d'un gentil rebeu à un rappeur à la gueule d'ange est une idée de casting à la fois brillante et somme toute assez évidente.

Le scénario, d'une faiblesse insigne, ne fait que dérouler paresseusement le contraste fondateur du film : ces deux-là vont bien sûr s'engueuler, puis se rapprocher, puis s'entraider sur l'air de "On est tous les deux Français". 

Le film est politiquement d'une correction irréprochable. Cinématographiquement, il ne vaut pas tripette, et présente la triste caractéristique de nous infliger l'image d'un Depardieu bien poussif, improvisant un rap sur ... la Marseillaise. 

Emaillé d'effets de styles incongrus (la peinture verte) et de gentils clichés, le film ne vaut (un peu) que par l'idée d'insérer le peintre Claude Joseph Vernet dans l'intrigue. Il est très loin d'égaler le premier film de Rachid Djaïdani, Rengaine, beaucoup plus inventif et percutant.

Rachid Djaïdani sur Christoblog : Rengaine - 2012 (***)

 

1e

 

Voir les commentaires

Gazette du festival du film d'Arras 2016

13 novembre

Dernière journée à Arras. Le dimanche est pluvieux mais il commence par deux très bons films. Le voyage au Groenland (5/5) de Sébastien Betbeder est une comédie parfaite, qui concrétise toutes les qualités qu'on devinait dans les films précédents du réalisateur (notamment 2 automnes 3 hivers). C'est drôle, tendre et grave à la fois.

Dans la foulée, Noces (5/5), du belge Stephan Strecker est un drame remarquable, d'une densité dramatique exceptionnelle, qui traite des mariages arrangés dans la communauté pakistanaise de Belgique. Le film évite tous les clichés et dresse le tableau touchant d'une jeune femme moderne qui cherche la liberté. Un personnage qui entre bizarrement en résonance avec l'héroïne de La raggazza del mondo, vu en début de festival.

J'attendais beaucoup ensuite du Neruda (4/5), de Pablo Larrain. Le film est d'une ambition folle, il fait parfois preuve d'une maestria étourdissante, mais il perdra une grande partie de ses spectateurs en route.

La cérémonie de clôture est comme toujours très sympathique, et se termine par un très mauvais film, Un jour mon prince (1/5), de Flavia Coste, dont la vision n'est supportable qu'à la fin d'une journée éprouvante comme celle-ci. Ce n'est pas très grave et ça n'entache pas les excellents moments passé un fois de plus au Cinémovida et au Casino. 

A l'année prochaine.

 

12 novembre

Paula Modershon-Becker est décidément à la mode. Après le livre que lui a consacré Marie Darrieussecq (Etre ici est une splendeur) et la rétrospective au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, voici donc le film Paula (3/5), de l'allemand Christian Schwochow. 

Le film est d'une facture très académique, mais il présente l'avantage de montrer le travail d'un peintre à l'écran, y compris ses tableaux, ce qui est assez rare. 

L'actrice Carla Juri est parfaite et incarne très bien la détermination mutine de son personnage. On croise aussi un Rainer Maria Rilke formidable. Un film qui permettra à ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre de Paula Modershon-Becker de la découvrir.

 

11 novembre

Début de matinée aux parfums berlinois, avec le film tunisien Hedi (3/5), qui a brillé à la dernière Berlinale, raflant un ours d'argent (pour la performance de son acteur Majd Mastoura) et le prix du meilleur premier film. Hedi montre l'émancipation d'un jeune homme, dans une Tunisie en grande difficulté économique. C'est un beau film sensible et remarquable de maîtrise.

Dans la foulée, j'enchaîne avec Nightlife (2/5), le nouveau film du jeune réalisateur Damjan Kozole, qui a été remarqué pour son premier film Slovenian girl. Ca part formidablement bien, avec une proposition de cinéma forte et glaçante, avant de se perdre dans les méandres d'une absence de scénario dommageable. Le film tourne en rond pendant toute sa seconde moitié, semblant chercher la sortie sans la trouver. Dommage. 


6 novembre

Matinée très "actualité française", avec pour commencer Maman a tort (4/5) de Marc Fitoussi. Je n'attendais pas grand-chose de ce film qui sort mercredi prochain, mais j'ai été agréablement surpris. Si le début a semblé confirmer mes craintes par un certain nombre de maladresses, le jeu d'Emilie Dequenne (peut-être mon actrice préférée) et de la jeune Jeanne Jestin emporte le morceau. Un film sensible et profond. Critique détaillée dans quelques jours.

Dans la foulée, Le petit locataire (3/5), de Nadège Loiseau, est une comédie sans grande originalité, mais menée tambour battant par un casting de choc (Karine Viard / Philippe Rebbot / Hélène Vincent). Un parfait film de samedi soir pour se détendre sans honte, à partir de la semaine prochaine.

En début d'après-midi, changement radical de tonalité avec Enclave (3/5) du serbe Goran Radovanovic, qui nous projette dans une enclave serbe au Kosovo, quatre ans après la fin de la guerre. Le film, dépouillé mais beau, montre à la perfection la précarité de la paix dans une région où les haines religieuses et ethniques ne demandent qu'à refleurir. L'histoire est racontée à hauteur d'enfant, ce qui lui donne une tonalité originale. Il représentera la Serbie pour les Oscars, je ne sais pas s'il sortira en France.   

 

5 novembre

Début de journée en douceur avec en avant-première le nouvel opus du couple déjanté Fiona Gordon / Dominique Abel (Rumba, La fée) : Paris pieds nus (3/5). C'est toujours aussi méticuleux, décalé et poétique, quelque part entre Solveig Anspach et Jacques Tati. Un bon moment pour ceux qui aiment le style inimitable des auteurs. Le film sort en mars 2017. Pierre Richard y fait une apparition délicieuse.

A 14h, le film italien La ragazza del mondo (5/5) s'avère être une excellente surprise. Très remarqué à la Mostra de Venise, le film du jeune réalisateur Marco Danieli nous fait pénétrer dans l'intimité des témoins de Jéhovah. Une première au cinéma, en tout cas en ce qui me concerne. Le film est très bien écrit, parfaitement réalisé, et joué à la perfection par un acteur et une actrice charismatiques. Le film sortira sur les écrans français, et c'est une bonne nouvelle.

Voir les commentaires

Jeu Concours Une vie (Terminé)

A l'occasion de la sortie le 23 novembre du film Une vie, je vous propose de gagner 5 x 2 invitations valables partout en France.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Comment s'appelle le premier long-métrage de fiction de Stéphane Brizé ?"

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 22 novembre 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite les invitations, envoyées directement par le distributeur.

Voir les commentaires

Maman a tort

Je le dis tout net pour qu'il n'y ait aucun doute sur mon manque d'objectivité : j'adore Emilie Dequenne. Je trouve qu'elle peut illuminer un film (le touchant Pas son genre par exemple) et même parfois le transcender (comme elle le fait dans A perdre la raison).

Elle incarne ici, comme souvent, la parfaite girl next door, la maman attentionnée pas trop maquillée. 

Le prétexte qui fournit l'entame du film est intéressant : Cyrielle, suite à un fâcheux concours de circonstances, doit accueillir sa fille dans sa propre entreprise, pour le fameux stage d'observation de troisième. J'ai beau essayé de me souvenir, je ne vois pas de films qui ait évoqué cet évènement, pourtant commun à beaucoup de salariés.

Le regard décalé et mûr de la petite Anouk (formidablement interprétée par la jeune Jeanne Jestin) sur le monde du travail est amusant, bien que parfois un peu caricatural. La tournure que prend ensuite le film est très différente : l'intrigue devient plus sérieuse, plus profonde. Marc Fitoussi fait évoluer son film d'une gentillette comédie à un récit d'initiation (devenir adulte par la déception), teintée d'une noire chronique sociale sur un mode qui fait penser à celui de La loi du marché, en montrant l'abaissement que les invisibles dirigeants peuvent imposer à leurs employés.

Les films français à la fois intelligent et agréable ne sont pas si courants, vous auriez tort de rater celui-ci.

 

3e

Voir les commentaires

Le client

Le client ressemble par bien des aspects à Une séparation : un évènement central dont on ne sait pas tout, une observation des rapports de classe, un scénario virtuose, une mise en scène subtile.

L'intérêt majeur de l'intrigue, c'est de distiller le doute du début à la fin. On se pose toute une série de questions qui s'avèrent progressivement ne pas être le coeur du film : L'immeuble va-t-il s'effondrer ? Que contiennent vraiment les affaires que la femme a laissé ? Etc.

Les ressorts du film sont donc approximativement les mêmes que ceux d'Une séparation, avec ici une construction moins rigoureuse, plus flottante, que dans le plus grand succès de Farhadi. 

On admire dans Le client le talent du réalisateur iranien pour diriger ses acteurs, et sa subtilité dans l'approche des dilemmes moraux, ici autour du thème de la vengeance : peut-elle s'exercer contre l'avis de la victime ? On pourra aussi s'amuser à rechercher dans le scénario les circonvolutions illogiques dues au fait que les femmes doivent toujours être voilées à l'écran.

Comme toujours dans le cinéma de Farhadi, la stimulation intellectuelle et la beauté de la mise en scène se complètent parfaitement, avec peut-être un tout petit manque d'intensité. Je n'ai pas non plus parfaitement compris l'intérêt de montrer de si nombreux passages de la pièce d'Arthur Miller (si j'exclus le fait que Farhadi a réalisé sa thèse de fin d'étude sur l'auteur britannique).

Ces quelques (petites) réserves ne doivent pas vous empêcher d'aller voir Le client.

 

3e

Voir les commentaires

Mademoiselle

Quelle splendeur !

Visuellement, le nouveau film de Park Chan-Wook est une merveille. Perfection des mouvements de caméra, montage au cordeau, photographie admirable, virtuosité et précision dans tous les domaines, c'est du grand art.

Au niveau du scénario, le film est d'une complexité rare. Il est basé sur un effet Rashomon à étage : alors qu'habituellement, les films basés sur ce principe nous font voir des choses différentes à chaque version de la même histoire, on a ici l'impression que chacune des trois versions est la même que la précédente, mais complétée.

Le maître coréen nous promène donc de faux-semblants en tromperie, pour déboucher finalement sur une version qui fait étonnamment figure de brûlot féministe. Après avoir été martyrisées, humiliées et sous-estimées par toutes sortes de personnages masculins, les deux femmes du film sortent grandies de leur aventure.

Mademoiselle est ponctué de morceaux de bravoure ahurissants (comme les lectures érotiques par exemple). On pourra estimer qu'il est un peu froid pour être vraiment génial, à l'image des scènes de sexe qui ne sont pas d'une folle sensualité, mais le plaisir intellectuel et sensoriel que procure le film en fait un des grands moments cinématographiques de l'année.

 

4e   

Voir les commentaires

Arras Film Festival 2016

Cette année je reviens à l'Arras Film Festival avec beaucoup de plaisir, du 4 au 13 novembre, pour retrouver ce mélange unique de ferveur populaire, de programmation grand public et d'exigence artistique.

Au programme cette année :

- un hommage en sa présence à Stéphane Brizé

- des avant-premières attendues : Loving de Jeff Nichols, La fille de Brest d'Emmanuelle Bercot, Neruda de Pablo Larrain, et beaucoup d'autres  

- une compétition de films européens en provenance de Géorgie, de Norvège, de Bulgarie, de Slovénie, d'Allemagne, de Hongrie, de Croatie, des Pays-Bas et de République Tchèque

- une très jolie sélection de films d'Europe de l'Est et du reste du monde, avec beaucoup de rattrapage cannois possibles, comme le très beau film israélien Une semaine et un jour, d'Asaph Polonsky, très remarqué cette année à la Semaine de la Critique.

L'intégralité du programme sur le site du festival.

 

Voir les commentaires

Moi, Daniel Blake

Disons le tout de suite : le fait que Moi, Daniel Blake ait obtenu la Palme d'Or va fausser la plupart des appréciations le concernant.

La question traditionnelle de l'apprenti critique ("Que vaut le film ?") se transformera bien souvent en "Mérite-t-il la Palme d'Or ?", avec au passage un très probable coup de rabot sur ses qualités intrinsèques.

Ceci étant dit, je vais essayer de ne pas tomber dans ce travers.

D'abord, première évidence difficilement contestable, les deux acteurs principaux sont exceptionnels. Dave Johns compose un personnage qu'on n'oubliera pas de sitôt, une sorte d'incarnation de la dignité terrienne et bienveillante. Hayley Quires est une belle découverte, dans un rôle qui la voit s'exposer dans une composition difficile, mélange de fragilité et de ténacité. La scène du magasin alimentaire est à ce titre un des plus beaux moments de cinéma de l'année.

Deuxième point, le film aborde frontalement un sujet que je n'avais pas encore jamais vu traité au cinéma : la difficulté, devenue radicale, de vivre aujourd'hui dans notre société sans avoir la pratique de l'informatique en général et d'internet en particulier. Ken Loach ne se contente pas ici de creuser confortablement le sillon qui est le sien depuis le début de sa carrière (la misère sociale), il peint un monde dans lequel tout le monde (ou presque) est sympa, et qui pourtant se révèle être un enfer. Par là-même, Moi, Daniel Blake réussit un tour de force étonnant : nous montrer la méchanceté de notre société sans nous désigner les méchants. Il peut de ce fait avoir par moment des aspects de film d'anticipation, de dystopie.

La mise en scène de Ken Loach est d'une rigueur exemplaire. Le scénario de son complice de toujours, Paul Laverty est très très bon au début du film (quelle idée géniale que la conversation téléphonique initiale, qui finalement s'avère être le coeur palpitant du film), avant de fournir dans la deuxième partie quelques traits trop appuyés à mon goût. Ce n'est pas très grave au regard du poids émotionnel que charrie le film.

Moi, Daniel Blake est finalement un beau portrait, qui s'affranchit de son terreau social par la grâce de ses interprètes. A voir.

 

3e

Voir les commentaires

Captain Fantastic

Vu du spectateur, Captain Fantastic commence bien et finit mal. Pour les personnages, c'est en gros l'inverse.

Dans sa première partie, j'ai été tour à tour séduit (la mise en scène est sacrément efficace, comme la première scène le prouve), intrigué (mais vers où le film va-t-il nous entraîner ?) et perturbé (faut-il penser que cet homme est fou, ou qu'il est génial ?).

La partie centrale du film (le road trip) confirme la première impression favorable. Le tableau dressé de l'Amérique est cruel mais cinglant, les situations parviennent à être retorses, à l'image de la scène de drague qui emmène l'aîné de la famille dans un quiproquo très bien amené.

Malheureusement, la troisième et dernière partie de Captain Fantastic verse dans une sensiblerie et des facilités qu'il avait habilement évité jusque là. On ne peut que regretter que Matt Ross, qui parvient à faire du réalisme et de la vérité exposée aux enfants un ressort efficace de son film nous expose une péripétie mortuaire absolument irréaliste. 

Même si la fin gâche un peu le plaisir que procure le film, Captain Fantastic s'avère tout de même être un moment plaisant et stimulant intellectuellement.

PS : Comme souvent, Viggo Mortensen est très bon.

 

2e

 

Voir les commentaires

Olli Mäki

Vu le dernier jour de mon séjour cannois 2016, on ne peut pas dire qu'Olli Mäki m'ait vraiment enthousiasmé, malgré son prix à Un certain regard.

En mai dernier le film portait encore le doux nom de Hymyileva mies, et je me souviens avoir été intrigué devant ce morne exotisme : un nom à coucher dehors, un noir et blanc grisâtre, une histoire dont on se contrefout. Dans l'effervescence cannoise, on apprécie le contretemps. 

Il y a chez le réalisateur Juho Kuosmanen une sacrée dose de folie pour souhaiter raconter l'histoire d'un obscur boxeur finlandais qui concourt pour le titre de champion du monde à Helsinki en 1962, et échoue lamentablement au deuxième round, peut-être parce qu'il est tombé amoureux, mais peut-être aussi parce qu'il n'a pas envie de gagner.

Le film est beau comme les premiers Jarmusch, intéressant comme le Courir de Jean Echenoz, et totalement inutile, bien que servi par des acteurs formidables et une photographie superbe.

Olli Mäki est proche de la perfection esthétique (peut-être trop, rapporté à son sujet : la loose), mais j'hésite quand même à le conseiller, tant le sujet est anecdotique et le plaisir qu'il procure spécifique.

 

2e

 

Voir les commentaires

Concours DVD Argentina (Terminé)

A l'occasion de la sortie en DVD du film de Carlos Saura  Argentina, je vous propose de gagner 5 DVD.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : "Qu'est ce que la chacarera ?"

- joignez votre adresse postale

- envoyez moi le tout par ici

avant le 2 novembre 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants.

Vous recevrez ensuite le DVD, envoyé directement par le distributeur.

 

 

Voir les commentaires

Mal de pierres

Malgré un scénario sur le papier intéressant, Mal de pierres s'avère être d'une platitude consternante.

Difficile dans ces conditions de ne pas incriminer la mise en scène de NIcole Garcia, et peut-être encore plus sa direction d'acteur.

Marion Cotillard arbore la même expression durant tout le film, révélant une fois de plus l'extrême atonie de son jeu. Alex Brendemühl ne fait guère mieux et Louis Garrel cabotine en sourdine.

La mise en scène est invisible et d'un classicisme pesant (ces plans de coup sur le sanatorium...), et si ce n'était faire insulte à quelques productions télévisuelles, on dirait volontiers qu'elle est digne d'un téléfilm. Le découpage du film ne vaut que par son twist final, qui curieusement ne parvient pas à nous frapper autant qu'il le devrait : la faute à la mollesse indigente de tout ce qui le précède ?

Peu incarné, aucunement original, Mal de pierres entre dans notre cerveau par un neurone et en ressort instantanément par un autre.

Nicole Garcia sur Christoblog : Un balcon sur la mer - 2010 (**) / Un beau dimanche - 2013 (***)

 

1e

 

Voir les commentaires

Ma vie de courgette

Il y a un phénomène de l'ordre de la magie pure dans Ma vie de courgette, qui transforme des marionnettes aux grosses têtes et aux bras filiformes en petit garçons et petites filles très réalistes.

Tout ce qui peut éveiller une émotion (les yeux des personnages, les voix, la précision des textes, le scénario millimétré de Céline Sciamma) est ici réalisé à la perfection.

Le résultat est percutant, vivifiant, émouvant. Claude Barras distille juste ce qu'il faut de drame et d'humour pour que son film soit parlant à tous les âges. 

A tous ces compliments, il faut ajouter le plus important : une qualité esthétique hors du commun. Les plans de Ma vie de courgette sont des vrais plans de cinéma dans lesquels chaque élément (éclairage, cadrage, profondeur de champ) compte. Le travail sur les couleurs est fascinant, et dans chaque décor on trouvera des détails remarquables.

Puisque j'en suis à lister les innombrables qualités du film, je finirai par un montage parfait. Le rythme sur la longueur est parfaitement tenu, tout en étant très libre dans chaque séquence. Le séjour au ski, par la perfection de ses enchaînements, est en lui-même un petit chef d'oeuvre.

Si sa morale est somme toute classique, Ma vie de courgette brille par sa perfection stylistique et sa faculté à susciter de fortes émotions par des procédés proches de l'épure. Un des meilleurs films de l'année.

 

4e 

Voir les commentaires

Miss Peregrine et les enfants particuliers

Les derniers Tim Burton m'ayant plutôt déçu, c'est un peu à reculons que je suis allé voir Miss Peregrine.

Aussi, ai-je été plutôt agréablement surpris par l'entame du film, délicieuse mise en place d'une histoire merveilleuse, dans un environnement américain tout ce qu'il y a de plus prosaïque.

L'aimable caractère et le pragmatisme serein du jeune héros concourent à faire de toute la première partie du film un moment plaisant. L'apparition de la délicieuse Eva Green et des enfants particuliers est très réussie. 

Le film subit ensuite un petit coup de mou en son milieu, avant de rebondir grâce à un scénario très malin qui exploite parfaitement les anomalies de tous les enfants, et aussi parce que le méchant est excellemment joué par un formidable Samuel L. Jackson. 

Miss Peregrine se termine en fanfare par une explosion d'inventivité où l'on retrouve (enfin !) le burlesque attendrissant, morbide et enjoué de Tim Burton. La scène de combat finale est ainsi un festival de trouvailles où l'on retrouve l'esprit de la période de Edward aux mains d'argent.

Le retour en forme d'un cinéaste qui s'était un peu perdu. 

Tim burton sur Christoblog : Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street - 2007 (**) / Alice au pays des merveilles - 2010 (*) / Dark shadows - 2012 (*)

 

2e

 

Voir les commentaires

La fille inconnue

Je ne porte pas (ou plus) les Dardenne dans mon coeur, comme les plus fidèles de mes lecteurs le savent, et ce n'est pas ce dernier opus qui va me faire changer d'opinion.

D'abord, les frérots sont bien meilleurs quand ils tournent avec des acteurs inconnus. 

On a ici bien du mal à croire à Adèle Haenel dans un rôle de médecin, et même, disons-le, dans un rôle d'adulte. Sa confrontation avec le vieux docteur qui part en retraite sonne particulièrement faux. Même si sa prestation s'améliore tout doucement en cours de film, elle peine vraiment à emporter l'adhésion, comme d'ailleurs l'ensemble du casting.

Alors que le cinéma des Dardenne est réputé réaliste, leurs films me semble de plus en plus artificiels. 

Le schéma de La fille inconnue, assez semblable à celui du terrible Deux jours, une nuit (un personnage féminin fait du porte à porte pour avancer dans l'intrigue), n'aide pas beaucoup les acteurs à rendre le propos du film captivant. On part d'un pitch, puis on déroule un peu mécaniquement une histoire sans grande surprise ni émotion. La fille inconnue est un film-dispositif, et il est en cela assez contraint.

Comme les Dardenne ne sont pas des maîtres du suspense, le résultat est souvent poussif (le suicide dans la douche !), sans être complètement indigne. On est parfois réveillés par quelques explosions de violence, qui ne sauvent cependant pas le film du gouffre d'indifférence dans lequel il sombre tranquillement.

 

2e

Voir les commentaires

Fuocoammare, par-delà Lampedusa

Ours d'or à Berlin cette année, Fuocoammare fait partie de ces documentaires magnifiques (comme ceux de Depardon ou de Wiseman) qui suscitent autant d'émotions que les plus grandes oeuvres de fiction.

Emotion esthétique d'abord. Les images de Gianfranco Rosi sont d'une beauté souvent renversante : ciel plombé, cadrages parfaits, palette de couleur délicate et nuancée, alternance de gros plans et de plans larges, scènes de nuit ahurissantes, poésie sous-marine. C'est stupéfiant de maîtrise et de variété.

Emotion ensuite devant ce qui est montré. Le film met en parallèle la vie d'une poignée d'habitants de Lampedusa, dont un petit garçon de douze ans, et celles des immigrants qui arrivent, morts ou vivants. Cette juxtaposition peut surprendre et intriguer : elle est pourtant au final pleine de sens et ménage bien des niveaux de lecture potentiels.

On pourra par exemple considérer que le réalisateur veut montrer à quel point les européens sont finalement étrangers au drame qui se déroule parfois à quelques mètres d'eux : les problèmes de vision de Samuele comme une métaphore de notre aveuglement.

Pour ma part, j'ai ressenti bien d'autres sentiments face à cet accolage parfois intrigant. Il m'a semblé par exemple que le film mettait en exergue dans les deux cas l'instinct humain qui conduit toujours à vouloir progresser et découvrir. Les migrants veulent une meilleure vie, comme Samuele dans son champ et à son échelle, avec un enthousiasme obstiné : il veut mieux voir, tenter des expériences, découvrir de nouvelles sensations.

Fuocoammare est à bien des moments tout à fait sidérant. On est pétrifié par l'incroyable humanité qui se dégagent des images de Rosi : le regard extraordinairement digne d'un migrant, un hélicoptère qui s'élève dans la nuit, une musique bouleversante qui passe à la radio, une femme qui fait méticuleusement un lit conjugal qui ne sert visiblement plus qu'à elle seule.

Au-delà du sujet des migrants, Fuocoammare donne à voir un émouvant et passionnant portrait de l'humanité, ce qui en fait l'un des tout meilleurs films de cette année.

 

4e 

Voir les commentaires

Mercenaire

Bonne surprise de la dernière Quinzaine des réalisateurs, Mercenaire est un premier film tout à fait prometteur.

Sacha Wolff nous fait d'abord découvrir les îles Wallis, et ne serait-ce que pour cette raison, le film mérite d'être vu.

Les paysages sont superbes (le film a été tourné en Nouvelle-Calédonie) et le film donne un bon aperçu de la complexité culturelle wallisienne.

Pour ce qui est de la partie tournée en France, le film réussit ce que j'ai rarement vu au cinéma : montrer le monde du sport sans indulgence, et avec un grand degré de réalisme. Là où échouait le pourtant talentueux Samuel Collardey avec Comme un lion, sur le milieu du football, Sacha Wolff le réussit ici avec le rugby. 

Agents verreux, triche anti-dopage, joueurs sous-payés : le tableau est glaçant, mais jamais pénible à regarder. La force morale du personnage principal tient toute l'architecture du film sur ses (solides) épaules, et le réalisateur réussit parfaitement son coup en maniant habilement les ellipses. Il évite intelligemment clichés et faute de goût.

Sensible, malin, délicat.

 

2e

Voir les commentaires