Les ogres
Peu de films laissent une telle impression de trop-plein épanouissant.
A bien chercher dans ma mémoire, je ne vois guère, dans des genres très différents, que La vie d'Adèle et Les chansons que mes frères m'ont apprises pour rivaliser avec Les ogres en puissance émotionnelle, ET simultanément en maîtrise technique. Ou, si on remonte un peu plus loin dans le temps, le cinéma de Cassavetes.
Léa Fehner parvient en effet ici à concilier le brio d'une mise en scène à la fois réfléchie et possédée à l'intensité des sentiments. Qui pourrait rester insensible à cet incroyable personnage de M. Déloyal, joué par l'excellent Marc Barbé, à la fois troublant, séduisant et horripilant ? La scène d'explication de la sodomie aux enfants du centre aéré restera comme un des moments les plus zarbis qu'on ait pu voir au cinéma en 2016.
A côté de ce personnage hors norme, il faut voir l'incroyable habileté de la jeune réalisatrice à laisser une place à chacun des personnages. Adèle Haenel est exceptionnelle dans un rôle qui commence à lui coller (un peu trop) à la peau, celui de la fille cash qui ne s'embarrasse pas d'états d'âmes. Mais François Fehner campe un chef de troupe charismatique, Lola Dueñas une femme fatale irrésitiblement hispanique... etc. Un des inombrables mérites du film est de laisser chacun exprimer sa personnalité. Il n'est pas un membre de la troupe qui puisse s'estimer délaissé par la caméra virevoltante de Léa Fehner.
On est tour à tour bousculé, surpris, séduit par le capharnaüm poétique de cette troupe de comédiens itinérants dans laquelle on aimerait s'incruster, et qui fait peur à la fois. La vie, le sexe, l'amour, le théâtre, les stations balnéaires, la mort, la maladie, les vaches et Tchékhov : rien ne résiste à la furia pleine de sérénité de Léa Fehner.
Le meilleur moment de cinéma de 2016. Pour l'instant.
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Il est des films qui ne l'emportent sur les autres que par la force de leur élan vital.
Il y a quelque chose de vraiment étonnant dans le fait que les espagnols savent parfaitement faire des films qui semblent américains.
Le sujet de Room est le sujet casse-gueule par excellence.
Le cinéma de Samuel Collardey, toujours à la limite du documentaire et de la fiction, est fortement tributaire de la qualité de ses acteurs.
Il arrive qu'on fasse parfois en Festival une découverte bouleversante. Ce fut le cas pour moi au Festival d'Arras 2015, avec Virgin Mountain. Apprendre quelques semaines plus tard que ce film islandais au sujet un peu aride allait être diffusé en France m'a procuré une joie sans mélange : nous sommes bel et bien le pays de la cinéphilie./image%2F0894743%2F20201208%2Fob_f5b0da_unjouravec.jpg)

Les tout premiers plans de La terre et l'ombre donnent le ton : le film va être une splendeur visuelle. /image%2F0894743%2F20241116%2Fob_39a804_letresor.jpg)
Certains pourront penser que la sélection du dernier Naomi Kawase dans la section Un certain regard du festival de Cannes s'apparente à une relégation en Ligue 2, pour elle qui fut plusieurs fois dans la sélection officielle (et reçut le Grand Prix en 2007 pour La forêt de Mogari).
Tom McCarthy n'est pas un réalisateur très porté sur l'esbrouffe. Ses films précédents (Le visiteur, Les winners) sont tellement sages qu'ils sont passés quasiment inaperçus.
Un petit peu à la manière de
Parmi les séries récentes, The affair s'avère l'une des plus addictives.
Les cinéastes japonais possèdent cette incroyable capacité de mêler le réalisme le plus ordinaire (ici des vues urbaines de Shibuya, le quartier le plus dense de Tokyo) à un onirisme exacerbé (ici un monde parallèle habité par les animaux).
Il n'y a pas beaucoup de cinéastes dont j'ai vu tous les films, mais Tarantino fait partie de ceux-là.
Une sorte d'Apocalypse now tourné par Béla Tarr, voilà à quoi ressemble L'étreinte du serpent.

: Non, et non, et non !
: Mouais, pourquoi pas
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