Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Articles avec #ophelie bau

Mektoub my love : canto due

C'est un petit miracle de retrouver, huit ans après, la bande de jeunes sétois qui irradiait Mektoub my love : canto uno de leur sensualité insolente. 

Ils n'ont pas vieilli, puisque le tournage a eu lieu dans la continuité du premier opus, et ce n'est qu'à cause de tous les aléas survenus depuis qu'on ne voit qu'aujourd'hui ce film. En vrac : la présentation de Mektoub my love : intermezzo à Cannes et la polémique du cunnilingus non simulé et figurant dans le film sans l'aval d'Ophélie Bau (le film n'est jamais sorti en salle), la faillite de sa compagnie de la production de Kechiche, son AVC qui le diminue beaucoup, et globalement l'accusation de male gaze qui plombe la réputation du cinéaste.

Le résultat est saisissant. On retrouve Amin, Toni, Ophélie, Céline et tout le groupe comme si on les avait quitté la veille. Kechiche excelle toujours à capter l'incroyable sensualité qui se dégage des corps, en y mêlant avec beaucoup de subtilité des considérations générales sur la vie.

La nouveauté géniale du film, c'est la présence d'un producteur américain et de sa femme, jouée par la jeune Jessica Pennington, ancienne actrice porno et incroyable de présence physique à l'écran, nouvelle découverte renversante du cinéaste pygmalion.

Le film s'étale, se distend, s'étire tout au long de ses deux heures et quatorze minutes, sans vraiment proposer d'intrigue, se contentant de capter comme aucun autre les bruissements de l'âme derrière un visage, un regard ou le mouvement d'une main.

Tout cela ne ressemble à rien d'autre, et semble toujours incarner la captation de la vie pure, teintée ici d'un côté farcesque dans sa dernière partie, à la fois drolatique et tragique, comme si Plus belle la vie s'invitait chez Cassavetes.

Le projet de Kechiche était de suivre ses personnages sur une dizaine de films, à l'image de Balzac dans la Comédie Humaine. Pas sûr que son état de santé et sa situation le permettent, et c'est bien dommage.

Abdellatif Kechiche sur Christoblog : La graine et le mulet - 2007 (***) / Vénus noire - 2010 (**) / La vie d'Adèle - 2013 (****) / Mektoub my love - canto uno - 2018 (****)

 

4e

Voir les commentaires

Vaurien

Vaurien énerve tout d’abord un peu par son apparente décontraction, par la nonchalance affectée de sa narration à trou.

Mais passé ce premier mouvement instinctif, il faut reconnaître au film une capacité hors du commun à dessiner en quelques scènes bien troussées un personnage, une ambiance (le bar, le chien), un milieu professionnel (le BTP), une relation, un mode de vie (le squat).

On peine à croire vraiment ce que l’on voit. Le réalisateur excelle à maintenir le doute sur les intentions de son personnage principal, puis, lorsque ces doutes sont levés, sur ses actions réelles. C’est dans cet entre-deux inconfortable que surgit la rayonnante Ophélie Bau, qu’on n’avait plus vu depuis Mektoub my love.

La relation qu’elle tisse avec Djé est en totale contradiction avec le reste de l’histoire, et les fantaisies semées sur notre chemin (l’incroyable arrestation chantée sur un air d’Azanavour) nous empêchent de nous inquiéter vraiment pour elle.

Peter Dourountzis propose avec ce premier film une tonalité résolument originale, dont on a hâte de voir comment elle évoluera. Pierre Deladonchamps, obsidienne opaque et rayonnante, porte le film sur ses épaules et s’avère une nouvelle fois excellent.

 

3e

Voir les commentaires

Mektoub my love : canto uno

Même si j'ai beaucoup aimé le nouveau film de Kechiche, j'hésiterais sans doute à le conseiller. 

Difficile en effet de savoir comment chacun réagira à la proposition du cinéaste, encore plus sensorielle et décousue que d'habitude.

Pour ma part je me suis laissé entraîner dans cette carte du tendre à la mode des années 90, carte que l'on explore finalement sans but particulier. Il est donc question d'un homme menteur et volage, d'un autre timide au tempérament d'artiste, et de jeunes filles à la plastique de télé-réalité, qui agichent à qui mieux mieux, sans être tout à fait au clair par rapport à leurs sentiments.

Difficile de trouver une vraie trame narrative dans cette éducation sentimentale de station balnéaire. L'intérêt du film tient surtout dans la manière dont Kechiche affine progressivement le caractère de chacun des personnages, dont les trajectoires zèbrent le film comme la trace de particules élémentaires dans un cyclotron. 

L'autre intérêt du film réside dans l'attachement progressif qu'on éprouve pour le duo principal du film. Amin est le pôle rayonnant et zen de l'histoire : toutes les filles en sont folles (les Russes, les employées de la ferme, l'Espagnole...) sauf finalement la seule pour laquelle il éprouve réellement quelque chose : Ophélie. Cette dernière est jouée par une actrice tellurique, Ophélie Bau, dont on peut dire que la prestation fera date, à la fois incandescente et terrienne (étonnant comme elle change de posture quand elle s'occupe des brebis).

On se demande bien à la fin du film si ces deux-là finiront par se trouver.

 

4e 

Voir les commentaires