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Christoblog

Articles avec #john hurt

Only lovers left alive

Le dernier Jarmusch est une merveille de poésie. Tanger et Detroit, belles et décrépites, filmées superbement, constituent l'atout majeur du film.

Tilda Swinton donne l'impression irrésistible d'être un véritable vampire (mais peut-être l'est-elle ?) et Tom Hiddleston est radicalement magnétique.

Le scénario du film est quant à lui quelconque. Je peine d'ailleurs à m'en souvenir, tellement l'intérêt de Only lovers left alive réside ailleurs : dans son aspect de gaze vaporeuse striée de riffs de guitare et de visions hallucinées.

Jarmusch parvient à la fois à respecter les codes du genre (le Let me in, les balles en bois, la vitesse d'exécution, l'omniscience quant à l'âge des objets) et à les transfigurer comme si on les voyait pour la première fois.

Only lovers left alive respire la nostalgie du futur, évolue dans une sorte de ralenti qui préfigure la fin d'un monde, distille un spleen cotonneux et feutré. Les décors sont somptueux, la mise en scène est au cordeau.

Les clins d'oeil sont charmants (Marlowe, Einstein, "Et aussi l'ail tant que vous y êtes", la maison de Jack White et un concert de Yasmine Hamdan).

Un plaisir d'esthète, une friandise pour gourmet.

 

3e

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La taupe

Quel ratage.

Le deuxième film de Tomas Alfredson, réalisateur du sublime Morse, avait tout pour être génial. Une réalisation brillante et classique à la fois, une pléiade d'acteurs hors du commun, des décors très bien reconstitués, une photographie très réussie générant une ambiance sourde et sombre.

Il est donc fort étonnant que le film soit au final absolument ennuyeux et même, disons-le, quasi incompréhensible. On assiste, avec un certain dépit, à l'enchaînement d'une suite de vignettes, certes fort jolies, mais dont la cohérence globale est inexistante. Que se passe-t-il ? Que voyons nous à l'écran ? Ces questions m'ont empêché d'entrer dans le film, et pour tout dire, mon degré de concentration n'a cessé de baissé au fil de la projection à mesure que les spectateurs quittaient la salle et que mes assoupissements se multipliaient pour se terminer en un somme réparateur probablement assez long, dont je ne sortis qu'au son de La mer.

S'il faut trouver des fautifs, on accusera bien volontiers les scénaristes qui ont tenté de résumer un livre lui-même assez abscons en 2h, alors que la BBC avait à grand peine fait tenir l'intrigue en une série de plus de 5 heures. Le jeu des acteurs, et en particulier celui de Gary Oldman, tout en impassibilité muette, contribue certainement aussi à cette cruelle déception.

Une torture compassée, à éviter sous peine de paralysie neuronale généralisée. A moins d'estimer que perdre le spectateur dans un labyrinthe d'images incohérentes constitue le renouveau ultime du film d'espionnage.

 

1e

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Melancholia

Kirsten Dunst & Charlotte Gainsbourg. Les Films du LosangeMelancholia s'ouvre par une série de plans fixes à la beauté glaçante et aux lumières irréelles.

Par son aspect poseur, voire pédant, cette ouverture rappelle celle (complètement ratée) de Minuit à Paris. Elle fait également penser au long insert cosmo-panthéiste de Malick dans The tree of life. D'une certaine façon, les spectateurs pressés pourront se contenter de ces quelques plans : ils contiennent les plus belles trouvailles du film, le résume parfaitement (en en dévoilant d'ailleurs la fin) et illustre une de ses caractéristiques principales, la lenteur.

Deux soeurs : Justine (sublime Kirsten Dunst) et Claire (la sombre Charlotte Gainsbourg).

Deux parties. Dans la première, Justine se marie. Le mariage tourne au fiasco au fur et à mesure que Justine perd pied avec la réalité. Le film lorgne incontestablement vers le repas de famille du formidable Festen, le film de Thomas Vitenberg. Il n'en a malheureusement pas la force. Kiefer Sutherland, le héros de 24, semble importer ses tics de justicier, il regarde par dessus ses épaules avant de frapper à une porte comme si une armée de terroristes allait débarquer. Bref, sans être complètement nulle, cette partie dogme semble avoir été vue mille fois, et on s'ennuie ferme. Peut-être faut il être (ou avoir été) dépressif, comme Lars von Trier lui-même pour saisir toutes les nuances de la chute de Justine. Pour ma part, j'ai souffert et ne me suis pas passionné pour ces petits psychodrames mesquins et sans intérêt.

Dans sa deuxième partie, le film décrit les jours qui précèdent la collision de la planète Melancholia avec la Terre. Même décors (un hôtel de luxe et un golf), mêmes personnages (hors le mari éconduit, bien sûr). Au fur et à mesure que l'échéance approche, les personnages semblent inverser leur polarité : Justine devient sereine (elle préfère une grandiose catastrophe à de menues satisfactions) et Claire panique. Cette partie est plus réussie que la première, elle souffre cependant d'un goût curieux pour certains effets kitchissimes (le dernier plan !) et pour certains messages douteux (la Terre est mauvaise). Le scénario étire jusqu'à la rupture une intrigue minimale.

Melancholia laisse au final un sentiment d'oeuvre malade, riche de potentialités, mais n'étant parvenue à les concrétiser complètement.

 

2e

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