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Christoblog

Articles avec #vincent gallo

2 days in New York

Je me souviens à peine du premier film de Julie Delpy, 2 days in Paris, et il y a fort à parier que 2 days in New York suive le même chemin vers mes neurones oubliettes.

Ce n'est pas que l'expérience soit désagréable. Elle est même au début assez plaisante, bien que jouant sur l'éternelle image des Français indisciplinés, bouffeurs de cochonailles et querelleurs. Les Gaulois, quoi !

Ici le petit plus est apporté par un Chris Rock ahuri et civilisé, qui entretient de long dialogues avec une effigie d'Obama. Le père de Julie Delpy himself est très bien lui aussi, en vieil anar victime d'un récent veuvage.

Pour le reste pas grand-chose à signaler. D'un point de vue formel, le film essaye plein de trucs assez moyens et très hétéroclites : voix off, théâtre de marionnettes, photos de famille, montage hyper-rapide.

Le scénario s'épuise vite, tourne un peu à vide vers le milieu du film, esquisse quelques pistes non exploitées pour finir en happy end consensuel. Le meilleur moment du film est probablement l'apparition de Vincent Gallo en acheteur d'âme anonyme.

A voir, à la limite.

 

2e

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Essential killing

Essential killing est un concept film. Autant le savoir avant d'y aller, sinon l'atterrissage risque d'être brutal, un peu comme pour celui qui irait voir Enter the void ou Le guerrier silencieux sans avertissement.

Vincent Gallo joue un taliban arrêté dans son pays, transféré dans un pays d'Europe de l'Est (la Pologne ?), et qui s'évade à l'occasion d'un accident.

Il ne dit pas un mot durant tout le film, erre dans la neige, et lorsqu'il rencontre une fermière isolée (Emmanuelle Seigner en fermière isolée !), cette dernière est muette, ce qui tombe bien.

Que fait le fugitif ? Il cherche à manger (poisson cru, écorce d'arbre, fourmis, sein d'une cycliste qui allaite). Il fuit (beaux paysages enneigés). Il tue, sans qu'on puisse d'ailleurs y voir autre chose qu'un malheureux concours de circonstances (un bûcheron à la tronçonneuse, des poursuivants, des automobilistes). Il se rappelle (flash-backs ensoleillés et un tantinet caricaturaux de son pays : moutons, femme voilée, appel à la prière). Dans le dernier plan, ne reste plus qu'un cheval, on supposera que notre héros est mort.

C'est minimal et parfois très beau. Gallo est effectivement halluciné (on le serait pour moins que ça). Le film ne tient debout que grâce à une photographie magnifique et une belle mise en scène. Après un début tonitruant (quelles scènes d'hélicoptère !), j'ai trouvé que le film s'étiolait progressivement, cédant au passage à quelques facilités scénaristiques.
 

2e

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Tetro

Voir un grand cinéaste comme Coppola revenir aux affaires et offrir un film aussi dense que Tetro est un grand, grand plaisir.

Bennie, employé sur un bateau de croisière, arrive à Buenos Aires. Il rend visite à son frère, Angelo, qui se fait appeler Tetro désormais. Celui-ci a quitté la maison familiale il y a longtemps et a rompu avec sa famille. Il a écrit un manuscrit s'inspirant de sa vie.

Quel(s) secret(s) cache Tetro ? Bennie va t'il réussir à renouer le lien avec son frère, ostensiblement distant ?

Tetro ménage une avancée dramatique de l'intrigue tout à fait maîtrisée, utilisant une alternance de scène dans le présent tourné dans un noir et blanc sublime (qui rappelle le Kazan de America, America) et de flash-backs en couleurs, un peu dans le style "film de famille en super 8". Tant qu'on ne connaît pas le dénouement final, l'intensité du jeu de Vincent Gallo peut dérouter, voire déranger. A la fin, on reconsidère évidemment tout le début du film, et certaines répliques s'éclairent d'un tout autre sens.

Les acteurs sont magnifiques : Vincent Gallo est magnétique, son frère Alden Ehrenreich a le visage classique d'un acteur du noir et blanc, les personnages secondaires sont tous très bons, il faut dire que Coppola n'a pas lésiné sur la qualité (Carmen Maura et Klaus Maria Brandauer entre autres !). La thématique de la famille d'artiste renvoie évidemment à Coppola lui-même : son père était musicien, sa fille et son fils sont cinéastes. Le film évoque aussi en écho l'oeuvre passée du cinéaste : on pense évidemment au Parrain (la scène des obsèques), et au noir et blanc de Rusty James.

Le point faible à mes yeux est la partie représentation théâtrale, totalement improbable, et son extension, le festival Patagonia chez la critique Alone, elle-même peu crédible. A part ces points et quelques longueurs, l'ensemble est excellent, la mise en scène racée et Tetro est un des tout meilleurs films de l'année.

 

3e

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