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Que ce soit bien clair : Restless est magnifique, automnal, tendre, lumineux, amusant, intrigant, délicat, frais, modeste, mystérieux, céleste, impeccable, raffiné, ambitieux, habité, aérien, subtil, dense, émouvant, surprenant, hanté, génial, intelligent, doux, romantique, et malicieux.
Mia Wasikowska est fantastique, Henry Hopper remarquable, la caméra semble déplacée par un ange, et la nature elle-même se met à l'unisson d'un film qui fait rire et pleurer d'un même allant.
La mort est partout, mais l'amour aussi, et le film trace sa route délicate et légère comme une plume, entre les deux.
Un chef d'oeuvre triste et joyeux, funèbre et amoureux.
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Vous qui visitez régulièrement Christoblog, je vous conseille (mais bon, vous faites ce que voulez, hein) de mettre un lien dans vos favoris vers la communauté Overblog 1 article = 1 film.
Si vous cherchez un avis sur un film récent, vous le trouverez probablement sur 1 article = 1 film, qui regroupe au fil de l'eau les billets d'une vingtaine de blogueurs cinéphiles. Et de temps en temps, vous pourrez réviser vos classiques en parcourant la critique d'un film plus ancien...
Pour les blogueurs d'Overblog, la communauté vous est évidemment ouverte, à condition de n'y proposer que des articles qui respectent la règle de base : "1 article = 1 avis sur un seul film". C'est facile, vous n'avez qu'à cliquer sur "Rejoindre cette communauté".
Les blogs participants :
Claire dans les salles obscures
A bientôt.
Je voudrais commencer par m'adresser à mes ancêtres d'il y a 32 000 ans qui ont peint les chefs-d'oeuvre que montre le film : la frise des chevaux et le panneau des
lions, en particulier. Je voudrais leur dire (et je pense tout spécialement à celui qui a un petit doigt tordu, et qui s'amusait à imprimer une trace de sa main sur un gros rocher) que leur
travail m'a absolument sidéré, et que je leur donne un millier d'étoiles : ![]()
...
Penser à eux m'emplit d'une sorte de nostalgie liquide, je m'enfonce dans des rêveries qui aboutissent toujours à la même conclusion : nous avons réalisé si peu de progrès depuis trente siècles. Je pense par exemple à un rhinocéros figuré avec plusieurs pattes, en mouvement, comme une préfiguration du cinéma.
Bon, enfin, on n'est pas là pour parler préhistoire, mais cinéma. Notre ami Werner Herzog sabote totalement son sujet en hésitant dans son choix de point de vue. Parfois grandiloquent, toujours égocentrique, et dérapant de temps en temps vers le n'importe quoi (il y a des crocodiles albinos de centrales nucléaires), il ne convainc pas du tout. C'est plat, sans intérêt (autre que celui de son sujet) et parfois même pataud.
On aurait aimé plus d'apports scientifiques et/ou plus d'émotions partagées. Au lieu de quoi, Herzog nous impose sa vision auto-centrée, à tel point que lui et son équipe figurent sur toutes les photos du film sur internet.
En bref, économisez 5 à 7 euros : faites un tour sur le beau site officiel de la grotte Chauvet.
Ce qu'il y a de mieux dans Crazy, Stupid, Love c'est l'affiche.
Elle est vraiment jolie avec ses trois photos, ses trois mots qui lui font écho, et son fond noir. Ensuite bien sûr, il y a Ryan Gosling, l'acteur qui monte, qui monte (et c'est le cas de le dire dans ce film si je peux me permettre !!). Certain(e)s l'apprécieront pour ... humm, disons, enfin vous voyez ... et d'autres, comme moi, pour son jeu très attachant, sa façon de froncer les sourcils en accent circonflexe l'air de ne pas y toucher.
Sinon, le film ne présente pas beaucoup d'autres caractéristiques enthousiasmantes. On peut porter à son crédit ce qu'il n'est pas : pas vulgaire comme la plupart des comédies US actuelles, pas complètement dénué de scénario (les rebondissements de la deuxième partie sont plaisants), pas mal réalisé, n'usant pas de ficelles trop grossières.
Il reste cependant un produit très formaté (beaucoup plus que le précédent opus du tandem Requa / Ficarra, I love you Phillip Morris), dont pas grand-chose ne dépasse et qui se termine par un classique happy-end larmoyant.
Le point fort du film est sans nul doute son casting, assez convaincant.
Ah oui, il faut dire qu'on ne rit pas, ou si peu, ce qui est étrange pour une comédie sentimentale, qui en réalité est ici beaucoup plus sentimentale que comique.
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Hier au Katorza, à Nantes, Bertrand Bonello était tout de noir vêtu. Il a très bien parlé de son film, pendant près d'une heure, sur un ton à la fois persuasif et humble, répondant avec patience au flot de questions d'une salle sous le charme de son film.
Avant de donner mon avis personnel, quelques anecdotes glanées lors de cette heure d'échange : l'Apollonide est le nom de la maison de son grand-père, le casting a été la partie la plus ardue du film (mélange d'actrices renommées et de non-professionnelles), Bertrand Bonello s'est souvenu d'une vision d'un film qui l'a marqué dans son enfance (L'homme qui rit) pour créer son personnage de la femme qui rit, et le rêve raconté dans le film lui a été donné par une femme de sa connaisance qui l'a vraiment fait. Comme quoi, mieux vaut faire gaffe quand on cause à un réalisateur.
Le film maintenant. Probablement un des plus beaux, des plus complexes, et des plus construits de l'année. Il regorge tellement d'idées de mise en scène différentes et contrastées (split screen, musique soul sur une histoire se déroulant au début du XXème siècle, glissements temporels, bande-son destructurée) qu'il paraît bien difficile qu'un spectateur adhère à toutes. Pour ma part, la fin m'a par exemple déçu (je ne peux en dire plus sans spoiler horriblement).
D'un point de vue cinématographique le film est cependant (et objectivement, vous me connaissez) une merveille. La photographie est splendide, les lumières exceptionnelles. On a plusieurs fois l'impression de voir un tableau vivant. Les mouvements de caméra sont parfois stupéfiants (le panoramique vertical de 360 d°).
Le choeur des 12 actrices est remarquable et mérite à lui seul qu'on aille voir le film. Jamais, je pense, je n'ai vu au cinéma un groupe aussi homogène d'actrices, en terme de style, comme en terme de qualité de leur performance. Enfin, et c'est là que le film se distingue le plus, il faut attirer l'attention sur le montage, prodigieux. Bonello réussit à jouer avec le temps (à défaut de pouvoir agir sur l'espace, la maison close étant un espace confiné par définition) d'une façon qui emporte l'admiration, en jouant le plus souvent simplement sur une certaine façon d'interrompre brutalement des scènes par ailleurs assez lentes, voire languides. Cet art du montage entraîne le film dans une sorte de spirale ascentionnelle sans fin, qui entre en écho avec les étages de la maison, toujours devinés mais jamais clairement définis.
Il y a beaucoup, beaucoup à dire sur ce film sous d'autres angles encore, politique, féministe, érotique (mais comment peut-il l'être si peu ?), mais je vais m'arrêter là pour laisser à d'autres le plaisir de compléter mon approche.
Un film puissant, à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui laisse une impression de poésie et de mélancolie durable.
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Moretti bénéficierait-il du traitement de faveur spécial auteur qui profite habituellement à Clint Eastwood et, dans une moindre mesure, à Woody Allen ? On peut se le demander en lisant les Cahiers du Cinéma, puis en voyant le film, qui ne vaut pas tripette.
Enlevons Moretti de l'affiche et remplaçons-le en tant qu'acteur dans son film. Que reste-t-il ? Une fable qui effleure trois sujets sans vraiment en creuser aucun : la dépression et la psychanalyse, les responsabilités et la fuite, et le théâtre.
Prenons la dépression. Piccoli n'est pas mal, mais son personnage est un peu falot. D'où vient-il ? De quel pays est-il ? Quel est son passé ? On ne le saura pas, et bien sûr, c'est voulu. Mais je trouve que du coup l'intérêt qu'on peut porter au personnage s'en trouve amoindri, il devient schématique, éthéré. Ses errances dans la ville sont mal filmées, présentent peu d'intérêt (la scène du grand magasin). Ses sautes d'humeur semblent aléatoires, et globalement nous ennuient.
Les responsabilités maintenant : le film pourrait parler d'un président de la république ou d'un chef d'entreprise, cela ne changerait pas grand-chose à son propos. C'est presque rageant de voir un aussi beau sujet que le Vatican si peu exploité. Quid de Dieu, de la foi ? Rien. La plupart des scènes pourraient être les mêmes si le personnage principal était chanteur d'un groupe de rock.
Quant au théâtre, la vision qu'en donne Moretti est étrangement superficielle et même surranée : qui monterait Tchekhov comme ceci aujourd'hui ?
Tout cela ne fait pas un film, mais un assemblage de scénettes un peu inutiles, parfois ridicules, et souvent factices. Moretti réalisateur laisse faire son numéro à Moretti acteur, qui - comme Allen - est très bon dans son propre rôle : mais est-ce suffisant ? Les scènes iconoclastes se succèdent comme des vignettes amusantes, sans que l'on comprenne bien ce que veut dire le film (la partie de volley est amusante, and so what ?). Montrer un conclave comme une réunion de petits vieux séniles est un étrange a priori : il y règne dans la réalité une ambiance probablement plus proche de celle d'A la maison blanche ou des Borgia !
Par un retournement de perspectives dont ils sont coutumiers, certains critiques encensent le vide, la catastrophe en creux, le tranquille effondrement que montrerait le film, en étant lui-même vide et creux.
C'est avec ce genre de lunettes que le film le plus ennuyeux du monde devient le plus profond.
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Après l'excellent Une séparation, l'Iran continue de nous prouver qu'il est une grande terre de cinéma.
Au revoir fut l'invité de dernière minute du dernier festival de Cannes. Le projecteur s'est braqué dans un premier temps sur lui parce qu'il a été tourné dans la semi-clandestinité, mais les spectateurs et les critiques l'ont rapidement apprécié simplement pour ce qu'il est. Il a décroché le prix de la mise en scène dans la section Un certain regard.
Le synopsis du film est simple : une femme enceinte, avocate déchue, vit seule car son mari journaliste vit dans la clandestinité. Elle cherche à quitter le pays : y parviendra-t-elle ?
Avec une économie de moyen extrême, le réalisateur Mohammad Rasoulof parvient à réaliser une oeuvre d'une beauté plastique à couper le souffle. Pas un plan qui ne soit remarquable de ce point de vue. La photographie est superbe et magnifie l'actrice principale, dont le visage évoque irrésistiblement celui d'une Madonne.
Privé d'effets spéciaux, le film tire parti du moindre objet, de la moindre circonstance, pour inventer de la mise en scène : une seringue, une couverture, un pan de mur, des portes qui s'ouvrent ou se ferment, une tortue, un ascenseur, un miroir... L'intelligence créatrice qui irrigue le cinéma de Farhadi, le réalisateur d'Une séparation, semble ici de la même nature : sensuelle et sensitive. La bande-son est absolument remarquable.
Le film montre (ou plutôt fait ressentir) parfaitement l'oppression au quotidien, les pots de vin, les difficultés financières. Il le fait avec une justesse de ton remarquable. Le rythme n'est pas très enlevé, ce qui ne gâte pas le film, mais le rend un peu moins facile d'accès que les tourbillons intellectuels de Farhadi.
Je vous conseille vivement ce film.

Christoblog a déjà organisé des matchs épiques qui ont donné lieu à de belles empoignades :
The ghost writer a ainsi écrabouillé Shutter Island 18 à 13
alors que Les amours imaginaires ont battu d'une courte tête Kaboom 12 à 10
Sur le ring cette fois ci ...
| Melancholia | La guerre est déclarée |
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Fin du monde Réalisateur 55 ans Beauté formelle Wagner Mélancholie Compétition officielle Cannes 2011 1 enfant |
Fin du monde Réalisatrice 38 ans Bric et broc Peter Von Poehl Fureur de vivre Quinzaine des réalisateurs Cannes 2011 1 enfant |
... et large victoire de La guerre est déclarée après une brève période de coude à coude.
Merci à tous pour votre participation et à bientôt pour une nouvelle confrontation.
Melancholia : 8
pierreAfeu, heavenlycreature, Christophe, Bob Morane, Jujulcactus, ptiterigolotte, Neil, Robin
La guerre est déclarée : 16
Chris, ffred, Gabriel, Fab, Georges, Marcozeblog, Squizzz, FX SAUVAGE, Claire, mat, Tching, Wilyrah, Keira3, Rossard, Gagor, fredastair
Présumé coupable cumule tous les défauts qu'on peut lui prêter sans l'avoir vu.
Commençons par Philippe Torreton. Il (sur)joue exactement comme on peut le craindre. Regards significatifs et appuyés, yeux perdus au loin, amaigrissement forcé. C'est de l'actors studio version Charleville Mézières. Il faut dire que le scénario ne l'aide pas, en lui faisant dire par exemple au bout de 10 minutes de film "Vous faites une erreur judiciare monumentale", comme s'il était doté d'un don de double vue.
Son personnage, l'huissier de justice injustement accusé dans l'affaire d'Outreau, Alain Marécaux, est donc dessiné à grands coups de pinceaux. Mais que dire de tous les méchants qui l'entourent, et qui sont si caricaturaux qu'on finit par (presque) douter de l'objectivité du film ?
La mise en scène est d'une platitude insensée, ne présentant aucun intérêt et enfilant en toute sérénité les poncifs formels comme des perles. Un exemple ? Quand le personnage se réveille d'un coma, l'écran est trouble. Ben oui, je sais, ça paraît bête, mais c'est comme ça. Le personnage sort au soleil, l'écran devient presque blanc. Le personnage part à la campagne, la maison est super fleurie, etc...
Le film n'a aucune espèce de distance par rapport à son sujet, il ne choisit aucun angle particulier, il ne suscite aucune empathie. C'est de la télé façon Dossiers de l'écran revu par un Inspecteur Derrick sous Prozac.
Le fond de l'affaire est certes édifiant, mais vous êtes ici pour discuter cinéma, pas faits divers ou état de la justice. Quoique, quand même, dans n'importe quelle profession, un mec qui fait autant de conneries que Burgaud est immédiatement viré, non ?
Sur un sujet identique, Omar m'a tué évitait a peu près tous les écueils que Présumé coupable nous propose en écran large. A éviter, sauf si vous avez 102 minutes à perdre.
J'ai vu La fée début juillet dans le cadre du festival Paris Cinéma et le film m'avait plu. Deux mois après je dois bien admettre que l'impression qu'il m'a laissée est bien moindre que d'autres films vus durant ces 4 jours de folie.
Abordons donc cette fantaisie havresque pour ce qu'elle est : un bonbon coloré et sucré, une fantaisie chorégraphique malicieuse, sans importance ni conséquence, poétique par éclair et burlesque par devoir.
Le fait est qu'on y rit. Et dès le début, avec cet anglais et son chien qui pour le coup constitue un running gag au sens propre comme au sens figuré. On est également intrigué par les danses athlétiques et dégingandées du couple principal.
Les mânes de Tati et de Kaurismaki seront bien sûr évoquées par les critiques sans que le rapport avec ces deux cinéastes ne soit autre que superficiel à mon sens.
Les plus profonds d'entre les blogueurs distingueront j'en suis sûr des traces de tendresse, voire même des nuances de mélancolie (l'incommunicabilité, vous voyez, ce genre de truc). Les plus curieux noteront la variété des procédés comiques : détournements d'objets (gants Mapa, pillules), effets couperets (bébé qui vole, chien éjecté, homme qui tombe), gags visuels (manteau à l'hôpital), comique de répétition, décalage (équipe de rugby), ellipse géante (prison), situations absurdes (ascenseur)...
En relisant mes notes (outre le fait que je n'arrive pas à me relire, ce qui est profondément énervant) je me rends compte qu'une question m'avait taraudé à la sortie du film (je l'avais noté en haut de ma page) : vraie fée ou pas ? Vous allez me dire que ça n'a qu'une importance relative et vous aurez raison.
A voir par curiosité, et pour se détendre un peu.

J'aime bien de temps en temps parler d'un film nul, que personne n'a vu et sur lequel j'essaye d'avoir 0 commentaire.
Vais-je y arriver ?
Il faut être dans un avion à 9000 mètres au-dessus du sol pour se laisser tenter par une comédie de Miguel Arteta ("c'est qui celui là ?", me demandez vous l'esprit embrumé, je vous réponds : "Il a fait Be Bad, le bien nommé", vous : "Ah ouais").
Les acteurs me sont inconnus, ou presque. Ed Helms joue exactement dans le même ton que Steve Carell dans 40 ans, toujours puceau, en beaucoup moins convaincant. Comme je le disais dans ma critique récente de Mes meilleures amies, toute comédie américaine doit être grossière, le film possède donc son gros cradingue qui va débiter (si je puis dire) son lot de grossièretés machistes et pipi-caca. Il s'agit de JC Reilly, qui d'après mes sources jouerait dans We need to talk about Kevin, on verra ça. Anne Heche joue le rôle féminin, et franchement, cela n'a aucune importance, vous ne la connaissez pas, moi non plus, et vous avez autre chose à faire qu'à lire cet article, par exemple vous pourriez aller vous faire un thé ou prendre une glace au caramel au beurre salé.
Tout ce beau monde vit des péripéties affligeantes lors d'une réunion de représentants de commerce dans un motel minable. C'est glauque en essayant de faire glauque, mais au final ça l'est plus que nécessaire. Les enjeux sont d'une bêtise à pleurer et les rebondissements vous donnent envie de sauter par la fenêtre en criant : stop, ce que vous hésitez à faire, à 9000 mètres.
Il vaut mieux que j'arrête, je vais devenir méchant, je le sens.
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Il m'arrive (rarement) d'aller voir certains films à reculons, et d'en sortir convaincu.
C'est ce qui s'est passé pour le dernier film de Paolo Sorrentino
Au départ, il y a l'accueil glacial du festival de Cannes en compétition officielle.
Puis un bouche à oreille plutôt flippant, des critiques très mitigées, et enfin une bande annonce qui conforte tous les a priori négatifs que le film peut susciter : il sera lent, poseur, artificiel.
Le début du film conforte d'ailleurs ces présupposés. Sean Penn, doté d'un maquillage outrancier et d'une élocution incroyablement composée, nous paralyse. Il faut s'habituer à son jeu comme il faut que les yeux s'accoutument lors d'un changement de focale : c'est inconfortable, voire douloureux.
Et puis, on ne comprend pas grand-chose à ce qu'on voit. Il y a une star de rock, dotée d'une femme et de copains plutôt normaux alors que lui ne l'est pas, des adolescents morts, et un père juif qui meurt.
Puis, petit à petit, le film commence à construire sa charpente. La personnalité de Cheyenne, ex rock star, se révèle progressivement sous nos yeux. Une sorte de road movie improbable se développe, finalement beaucoup plus complexe et cohérent que le début ne le laisse présager.
Pour aider le film à décoller, la mise en scène de Sorrentino n'hésite pas sur les moyens. C'est du lourd en matière de mouvements de caméra alambiqué, de photos de magazine de voyage et de plans saugrenus. Mais cela fonctionne. Il me faut admettre que certaines scènes frôlent même la perfection : le concert de David Byrne, la visite à la vieille dame, la chanson avec le petit garçon ou les scènes dans la caravane.
Cela me donne envie de rechercher dans ma pile de DVD Il divo, le précédent film de Sorrentino. Et de lire son roman, qu'on dit très bon, Ils ont tous raison. Bon, il faut savoir reconnaître qu'on a failli se tromper.

Mes meilleures amies est très représentatif des comédies américaines actuelles.
Kristen Wiig joue avec force mimique un personnage de ratée intégrale, Annie, malheureuse en amour (elle est le jouet d'un immonde beau gosse, qui n'est autre que le si distingué Don Draper de Mad Men). Dans sa vie, tout va mal (collocataires débiles, job inintéressant, mère déjantée), mais heureusement, elle a une amie : Lillian. Et cette dernière, big news, va se marier.
Entre alors en scène une rivale redoutable, Helen, qui réussit tout ce qu'elle entreprend et va progressivement piquer à Annie sa copine, en même temps que l'organisation du mariage de cette dernière. Le film se complait alors à cumuler avec une certain talent les situations de plus en plus avilissantes pour Annie, qui franchit progressivement toutes les étapes de la déchéance.
C'est assez enlevé, peu original, souvent cruel. Au final Annie retrouve sa copine, dégotte un mec et Helen se révèle ridicule et esseulée.
Le film est intéressant en ce qu'il montre l'imprégnation de plus en plus importante des séries dans le cinéma américain. Hormis le cas cité plus haut, le rôle d'Helen est tenu par Rose Byrne, très remarquée dans Damages, et on pense très souvent à Sex and the city, voire à Desperate housewives. Il est également frappant de constater que la vulgarité brute des Farrelly/Apatow est devenue une sorte de standard dans les comédies US. Ainsi avons-nous droit au maintenant traditionnelles diarrhées, vomissements, et autres sécrétions. Originalité de ce film, une allusion à une séance d'épilation de l'anus.
Le film est assez agréable à regarder, car servi par une galerie de personnages bien dessinés. Paul Feig (un réalisateur de séries - encore ! - Nurse Jackie, The Office) s'en tire plutôt bien. A voir si vous n'avez rien d'autre à faire.
JJ Abrams flatte ce qu'il y a de plus tendrement enfantin en nous, et il le fait avec une délicatesse et une intelligence qui désarment le critique le plus cynique. C'est en ce sens, et seulement en celui-là, qu'on peut le qualifier de fils spirituel de Spielberg.
Super 8 n'est donc pas seulement un film de monstre se déroulant dans une petite ville américaine. Le prétexte de cette intrigue vue et revue ne paraît d'ailleurs pas passionner Abrams qui nous livre un monstre sans grand relief, comme si, finalement, ce dernier n'avait qu'une importance toute relative.
Le sujet du film est à rechercher (tout simplement) dans son titre. Il s'agit de l'histoire d'un groupe de 4 jeunes garçons et d'une jeune fille, qui grandissent ensemble le temps d'un tournage de film en Super 8, découvrant tout à la fois l'amour, le monde compliqué des adultes, les relations au père en l'absence de mère, et la profonde jouissance de la création artistique.
Nos cinéastes en herbe tournent en effet un film intitulé The case, une sombre et rudimentaire histoire de zombie. Il n'est pas interdit d'analyser tout le film (celui d'Abrams) sous l'angle de ce court métrage tourné dans le film. En dépit de la catastrophe qui les entoure, les enfants s'acharnent en effet à mettre en scène leur scénario, en situant les scènes dans les décors de leur propre réalité, créant ainsi un effet d'abyme délicieux qui révèle toute sa puissance dans le générique de fin (NE PARTEZ SURTOUT PAS AVANT), lors duquel est projeté "l'oeuvre" de la fine équipe dans son entier. De cette façon, c'est tout le film que l'on vient de voir, Super 8, qui devient le pré-générique de l'oeuvre principale, The case. Incroyable, magnifique et jubilatoire idée de confronter une grosse machine holywoodienne à la fraîcheur d'un film en Super 8 fait de bric et de broc. Une idée puissante, fortement évocatrice, comme seul JJ Abrams peut en avoir aujourd'hui.
A traver la réalisation de The case, les enfants évoquent par ailleurs toutes les difficultés de réalisation d'un film (rivalité amoureuse autour de l'actrice, problèmes techniques, effets spéciaux, financement, emprise du réalisateur sur l'équipe, répartition des rôles, panne d'inspiration, utilisation des impondérables, etc). Super 8 peut se lire à tellement de niveaux différents qu'il en devient une sorte de catalogue illustratif du cinéma populaire américain, en forme de poupée gigogne pop.
L'aspect "nostalgie des années 80" m'a beaucoup moins intéressé que la plupart des critiques, car il me semble que le film n'a absolument pas besoin de ça pour exister, même si elle est très présente. Par sa délicate exploration des émois de l'enfance, il se suffit tout à fait à lui-même.
Le film, que j'ai bien aimé, ne m'enthousiasme cependant pas complètement. L'imagination d'Abrams est très puissante, mais je trouve qu'il l'exprime surtout à travers l'univers foisonnant des séries qu'il crée (Alias, Lost, Fringe et bientôt Alcatraz). Ses thématiques sont vastes et nourries de toute la culture américaine, son sens du coup de théâtre est inné, sa sensiblité extrême n'est jamais niaise. Le jour où il canalisera vraiment toute ses qualités au service d'un projet de long-métrage plus recentré et maîtrisé, il sera probablement le meilleur entertainer de son époque.
JJ Abrams sur Christoblog : Star trek / Lost
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Dans Les Biens-aimés Christophe Honoré renoue avec le style qui fit le succès des Chansons d'amour : des passages chantés écrits par Alex Beaupain, une histoire mêlant amour et mort, homo et hétérosexualité, et enfin une pléiade d'acteurs tout entiers acquis à la cause du film.
Les deux films, au-delà de leur parenté formelle, sont pourtant assez différents. Les chansons d'amour creusaient en effet un sillon éminemment parisien, et son ton était délibérément romanesque (à l'image d'un Louis Garrel plus cabotin que jamais).
Ici, Christophe Honoré paraît assagi, mélancolique. L'histoire s'étire au long de plusieurs décennies, visite quantité de lieux (Prague, Paris, Londres) et se frotte à quelques grands évènement (le printemps de Prague, l'apparition du sida, le 11 septembre). Honoré sort donc apparemment de ses tropismes habituels, tout en y restant, car sous la surface rutilante du monde et de ses changements (chaque époque est très bien rendue) les sujets du film sont typiques d'Honoré : l'Amour, la Légèreté, la Deuil.
Au coeur du film, les deux personnages féminins sont merveilleux : Madeleine (jouée jeune par une incroyable Ludivine Sagnier, puis par une Catherine Deneuve plus coquine que jamais) et sa fille Véra (magnifique Chiara Mastroianni). La mère est une femme légère dans une époque qui s'y prête (les années 60), la fillle voudrait l'être mais croise un amour impossible dans une époque qui est bien pesante (les années 2000). Le fil conducteur du film, comme le refrain d'une des chansons le dit, pourrait donc être : "Les filles légères ont le coeur lourd". La scène durant laquelle est chantée ce morceau est représentative de ce qui fait la qualité du film : sobriété, intensité dramatique de ce qui se dit, mouvements de caméra discrets mais parfaitement au service de la scène (oh les beaux travellings !), jeu parfait des actrices.
Autour de ces deux phares féminins gravitent des hommes qui les vénèrent, les aiment, mais peinent à les rendre heureuses. Il faut noter que Milos Forman et Michel Delpech sont tous deux excellents. Louis Garrel, pour une fois, fait preuve d'une certaine retenue, tout en lâchant quelques saillies dont il a le secret. Deux quasi-inconnus - en tout cas pour moi - (Paul Schneider et Rasha Bukvic) complètent à merveille la plus belle distribution de l'année.
Les chansons de Beaupain surprennent toujours, à la fois simples, profondes, osées (les rimes délite/trique/(or)bite/(spout)nik). Elles constituent un élément important du film en éclairant les personnages de l'intérieur. La façon dont se répondent la première (Je peux vivre sans toi, pleine d'espièglerie) et la dernière (Je ne peux vivre sans t'aimer, pleine de tristesse) donne la juste mesure de ce film ambitieux et idéalement réussi : il conte le temps qui passe.
Si Christophe Honoré n'existait pas, qui nous parlerait d'amour ?

On dirait que Tous les soleils s'est donné pour objectif d'accumuler le maximum de poncifs éculés.
Aussi a-t-on droit au solex façon Nanni Moretti dans Journal intime, au papa confronté au fait que sa petite fille devient une femme (oh, quelle horreur, un garçon l'embrasse), à l'inévitable bande de potes qui achète une maison de campagne, au quiproquo (ridicule) résultant d'une usurpation d'identité sur Facebook, etc.
L'ensemble est mis en scène avec la dernière médiocrité par un écrivain qui se prend pour un réalisateur, cruelle méprise.
Le personnage qui donne un peu de saveur au film est celui du frère (il attend la chute de Berlusconi pour sortir de l'appartement), mais il ressemble plus à un gimmick qu'à une personne.
Du jus de chaussette insipide un peu bobo.
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Vu en avant-première à Nantes, en présence de Valérie Donzelli et de Jérémie Elkaïm.
La guerre est déclarée parle de la même chose que Melancholia : la fin du monde. Littérale dans le film de Von Trier, relative dans celui de Donzelli, puisqu'il s'agit, pour des parents, d'apprendre que leur enfant est atteint d'une grave maladie. Dans le premier cas, la palette de réaction des personnages est le déni, le suicide, la colère. Dans le deuxième, la fureur de vivre, l'amour, l'espérance. Les deux titres peuvent donc se regarder comme dans un miroir : la guerre est déclarée à la mélancolie.
D'un côté, un metteur en scène un peu usé, tournant en rond autour de ses obsessions dans un beau geste formellement brillant, de l'autre une jeune réalisatrice fonçant droit devant, sans craindre de bousculer les conventions. Dans les deux cas, des films sur le fil, qui ne tiennent que par la grâce de la personnalité et du vécu de leur auteur.
Ce qui me frappe dans le film de Valérie Donzelli, c'est l'extrême audace stylistique et l'efficacité rythmique.
Audace, parce que le film - si on le regarde avec attention - est fait de bric et de broc, à un point qui pourrait nuire à sa cohérence. Sa variété de tons est insensée : on passe d'un thriller monté à la hache (le départ en TGV) à une sorte de comédie allenienne à la française (les premiers amours), en passant par des accents truffaldiens (les parents), des inspirations mallickienne (ces inserts de cellules humaines), des éclairs lelouchiens (la dernière scène, très Un homme et un femme - et un enfant). Il y a aussi une chanson à la Honoré, des effets de couleurs très almodovariens (les personnages ont des T-shirt de la couleur du canapé et du papier-peint), une façon de montrer les hôpitaux qui rappelle Urgences, des ralentis, des accélérés, des effets sons étonnants, une Rancho verte, une fête foraine, une soirée open kiss et 1000 autres choses.
Rythme, parce que tout cela ne tient la route que parce que le film fonce à 100 à l'heure. Miracle d'un montage au cordeau, d'une progression scénaristique millimétrée et d'une bande-son époustouflante, bien que complètement hétéroclite.
La guerre est déclarée est donc un patchwork que certains trouveront peut-être indigeste mais qui transpire une énergie incroyable, le type d'énergie que je n'avais pas ressenti au cinéma depuis ... les premiers Spike Lee ? Le tout est trituré avec une intense intelligence - et une distance adorable (ah ce clin d'oeil avant d'entrer en salle stérile) par Valérie Donzelli, ce qui nous promet de beaux lendemains. Quelle pêche, quelle envie, quelle énergie tonitruante !
Probablement un des films les plus importants de l'année, qui suscitera l'ergotage de froids esthètes et laissera peut-être une partie du public en route ... mais pour ceux qui adhéreront comme moi, révolutionnaires du coeur, quel plaisir et que de larmes !
Choisissez votre camp, la guerre est déclarée.

Melancholia s'ouvre par une série de plans fixes à la beauté glaçante et aux lumières irréelles.
Par son aspect poseur, voire pédant, cette ouverture rappelle celle (complètement ratée) de Minuit à Paris. Elle fait également penser au long insert cosmo-panthéiste de Malick dans The tree of life. D'une certaine façon, les spectateurs pressés pourront se contenter de ces quelques plans : ils contiennent les plus belles trouvailles du film, le résume parfaitement (en en dévoilant d'ailleurs la fin) et illustre une de ses caractéristiques principales, la lenteur.
Deux soeurs : Justine (sublime Kirsten Dunst) et Claire (la sombre Charlotte Gainsbourg).
Deux parties. Dans la première, Justine se marie. Le mariage tourne au fiasco au fur et à mesure que Justine perd pied avec la réalité. Le film lorgne incontestablement vers le repas de famille du formidable Festen, le film de Thomas Vitenberg. Il n'en a malheureusement pas la force. Kiefer Sutherland, le héros de 24, semble importer ses tics de justicier, il regarde par dessus ses épaules avant de frapper à une porte comme si une armée de terroristes allait débarquer. Bref, sans être complètement nulle, cette partie dogme semble avoir été vue mille fois, et on s'ennuie ferme. Peut-être faut il être (ou avoir été) dépressif, comme Lars von Trier lui-même pour saisir toutes les nuances de la chute de Justine. Pour ma part, j'ai souffert et ne me suis pas passionné pour ces petits psychodrames mesquins et sans intérêt.
Dans sa deuxième partie, le film décrit les jours qui précèdent la collision de la planète Melancholia avec la Terre. Même décors (un hôtel de luxe et un golf), mêmes personnages (hors le mari éconduit, bien sûr). Au fur et à mesure que l'échéance approche, les personnages semblent inverser leur polarité : Justine devient sereine (elle préfère une grandiose catastrophe à de menues satisfactions) et Claire panique. Cette partie est plus réussie que la première, elle souffre cependant d'un goût curieux pour certains effets kitchissimes (le dernier plan !) et pour certains messages douteux (la Terre est mauvaise). Le scénario étire jusqu'à la rupture une intrigue minimale.
Melancholia laisse au final un sentiment d'oeuvre malade, riche de potentialités, mais n'étant parvenue à les concrétiser complètement.
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Un grand merci à mymp qui offre au festival cette magnifique bannière, succédant ainsi à pierreAfeu, qui avait conçu celle du festival de printemps.
Vous avez aimé le festival d'automne (9 participants), celui d'hiver (14 participants) et celui de printemps (16 participants), vous adorerez le festival d'été !
Rappelons brièvement les règles : le festival est ouvert à ceux qui tiennent un blog, et les critiques de films doivent être consultables par tous les participants. Chacun m'envoie avant le 4 octobre son classement des films par message privé : le meilleur film a 10 points, le moins bon 1 point. Le film gagnant est celui qui a le plus de points : il gagne le Soleil d'or . Attention : pour que le vote d'un blogueur soit pris en compte, il doit avoir vu tous les films.
Avec son classement, chacun m'envoie également ses
- 2 meilleurs acteurs
- 2 meilleures actrices
- 2 meilleurs scénarios
- 2 meilleurs réalisateurs
repérés parmi les films vus.
Chaque participant a enfin la possibilité d'attirer l'attention sur un film coup de coeur sorti pendant le festival mais ne faisant pas partie de la sélection. Le film le plus cité dans ce cadre reçoit un prix spécial.
Pour s'inscrire c'est simple : un commentaire sur cet article et c'est fait.
La sélection (orgiaque) est la suivante :
De l'humour, de l'anglais, du sexe, une fin du monde, de l'amour, un enfant tueur, des psys, du fantastique, des chansons, de l'italien, de l'espagnol, des drames, du belge, bref, du bonheur. Pourquoi pas avec vous ?
Sont déjà inscrits : ffred, Christophe, Anna, Gagor, Laetitia, pierreAfeu, Robin, Bob Morane, Keira3, Luocine, heavenlycreature, Jérémy, Ben, Squizz, neil, Hallyne, Claire, Fabien, Kev44600, Tching,
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