Formellement c'est un objet d'une étrangeté exceptionnelle. 3 mondes plus étranges les uns que les autres se succèdent : le bleu, celui du début, organique,
incestueux, inquiétant, le vert, celui de la cabane dans la forêt, végétal, accueillant, puis le rouge, celui du Prince,
minéral et froid.
Demy et Varda, durant les deux années qu'ils ont passés en Californie avant la réalisation de ce film, n'ont pas du boire que de l'eau, ni fumer que des cigarettes. Peau d'âne est en
effet pétri d'influences psychédéliques (il suffit de regarder l'affiche : on dirait un album de Yes) en même temps que façonné par des tas d'influences directes : Cocteau et Disney
principalement.
Ce qu'il y a d'incroyable, c'est de constater toujours cette invention propre à Demy, fait d'un mélange unique de magie, de douleur et de beauté formelle, qui donne à chacun de ses films un
caractère absolu et intemporel.
Delphine Seyrig est à croquer en fée coquine, Jean Marais impérial en roi amoureux de sa fille et Deneuve divine en Princesse aux deux visages. Un film vraiment magique.
Je n'attendais que très peu du film, et c'est ce que j'ai eu.
Le début est pourtant pas mal du tout. Belle mise en scène, intrigue légèrement hitchcockienne sur le thème de l'usurpation d'identité sur fond d'Algérie française, beaux parallèles présent/passé, enfants/adultes... peut-on rattraper le temps perdu ? Si Dujardin ne me convainc toujours pas dans les rôles sérieux, Marie-Josée Croze est plutôt bonne. Une belle lumière aussi.
Pourquoi le film se saborde-t'il brusquement vers son premier tiers en révélant platement et gauchement (pauvre Claudia Cardinale, c'est bien triste de la voir dans cet état) son mystère nodal, puis en greffant des intrigues improbables et inintéressantes (l'arnaque, la romance entre l'héroïne et l'italien) : on se le demande.
Plus le film avance, plus il devient insipide et sans âme, finissant carrément dans le pathétique ridicule, pélerinage nimbé de bonnes intentions en Algérie, et final sous la pluie étiré au possible ("Je me suis perdu" !) en passant par une tirade très mal écrite de Dujardin dans un appartement vide.
Probablement Nicole Garcia a mis trop d'elle même dans ce film, son implication l'a paralysée dans son expression, et le résultat réussit à ne pas être émouvant alors que sa matière première est potentiellement super-mélodramatique.
En juillet 2007, une petite chaine télé américaine, AMC, surprenait le monde télévisuel américain en présentant une série résolument originale : Mad men.
Pas de vedettes, pas ou peu d'action, pas de cliffhanger en fin d'épisode. Bref, un condensé de procédé anti-commerciaux qu'on pensait réservé à HBO, et encore.
Nous sommes dans les années 60, au sein d'une agence de publicité. Il faut bien le dire, au début on n'y comprend pas grand-chose, tellement le langage, ainsi que les comportements, sont codés et datés. Tous les hommes fument et boivent comme des trous, y compris au travail (quelle époque !) et songent aussi à sauter leur secrétaire, qui a priori est assez souvent du même avis.
Un début déstabilisant, dans lequel les personnages n'ont pas grand relief. Il faut attendre la moitié de la saison pour se familiariser avec Don Draper et ses acolytes qui finalement ont chacun leur personnalité. Les femmes sont encore plus intéressantes. Si la secrétaire du boss est une bombe sexuelle intrigante, la petite nouvelle (Elisabeth Moss, ci contre) s'avère être une coriace, et intelligente qui plus est. La femme de Don, dépressive, constitue un tableau poignant de la situation de la femme au foyer.
Un coup de théâtre éclairant le passé de Dan éclaire l'épisode 10 et à partir de là, on peut dire que la série est parfaitement lancée.
Ce qui fonde la différence de Mad men d'avec ses illustres prédécesseurs des early 2000 (Lost, Alias, 24), c'est la qualité de la mise en scène, la recherche de la perfection pour tous les éléments (décors, musique, photo) qui rendent le produit fini aussi estimable qu'un film : le pitch, le concept ne sont plus au coeur de l'intérêt qu'on porte à la série. En ce sens on se rend mieux compte aujourd'hui du rôle de passeur qu'on joué deux grandes séries des années 2000 : Les Sopranos et The wire.
Je reviendrai à l'occasion de mon billet sur la saison 2 sur Mathew Weiner, le showrunner de la série et sur ses influences, de Sirk au cinéma français en passant par l'écrivain méconnu John Cheever, un des inspirateurs de Bret Eaton Ellis.
1 - je n'ai pas ri autant au cinéma depuis ... je ne m'en souviens même pas. Peut-être était-ce parce que la salle était pleine et que dans ce cas vous avez toujours des spectateurs qui ont un tel rire qu'ils entrainent tous les autres. En tout cas, il s'agit bien du rire qui vous fait mal au diaphragme et vous donne des crampes aux zygomatiques, pas le petit rire qui vous remonte le bord des lèvres.
2 - il n' y a que les Anglais pour pousser une idée grotesque aussi loin, sans donner l'impression d'hésiter une seconde devant le mauvais goût, l'outrance ou le qu'en dira-t-on.
Il y a donc bien une saveur de Monty Python qui plane au-dessus de ce film qui nous raconte l'histoire de 5 musulmans qui veulent se transformer en bombe humaine au Marathon de Londres.
Le scénario, très subtil, évite soigneusement de se coltiner avec le phénomène religieux proprement dit (je en crois pas qu'on y site Allah une seule fois) pour se concentrer sur le fait politique du djihad. Le film distille par ailleurs toute une série d'ambiguités bien venues et qui lui donnent sa complexité : la femme et l'enfant du leader, l'incurie des politiques, la perversité du musulman anglais qui entraîne les jeunes recrues à se pisser dans la bouche, l'aveuglement des anglais eux-mêmes, etc...
Le caractère désopilant du film s'accentue de scènes en scènes en atteignant son climax lors du Marathon, puis encore plus selon moi lors des vignettes du générique de fin, toutes plus drôles les unes que les autres.
La comédie de l'année, et de loin, à ne rater sous aucun prétexte.
Fred Cavayé est l'auteur du remarqué Pour elle, dont le remake américain Les trois prochains jours est sorti mercredi dernier.
Avec A bout portant (drôle de titre passe-partout qui n'a que peu de rapport avec l'intrigue) il creuse son sillon dans la veine "film d'action couillu à la française". Malheureusement, même si la mise en scène est assez efficace et le film globalement regardable, les grosses incohérences du scénario viennent plomber l'impression finale.
Par exemple : comment, dans la scène d'ouverture, un gars qui a une plaie béante dans le ventre peut il presque semer deux gars en pleine forme qui ne sont au début qu'à 10 mètres de lui ? Plus grave, le clan des flics pourris n'est pas très crédible (ramener la femme enceinte dans les locaux de la police pour la balancer par la fenêtre ?!) et Lanvin (de plus en plus mauvais au fil des films) en fait des kilos. Il est un acteur des années 80 et le restera toute sa vie, on peut le craindre.
Les ficelles sont très grosses, voire énormes. En ce sens Cavayé est destiné à être américanisé facilement et rapidement.
Finalement ce sont les deux acteurs principaux qui s'en tirent le mieux. Gilles Lellouche, en brave p'tit gars halluciné et bagarreur, et Roschdy Zem, impérial en tueur impassible, arrivent à faire tenir le film debout. De peu.
Et dire que des films aussi intéressants que celui-ci ne seront vus que par une poignée de spectateurs. C'est triste. Si mon blog sert à quelque chose, j'espère que c'est au moins à ça : que des films comme Mardi, après Noël, obtiennent quelques spectateurs de plus.
De quoi s'agit-il ?
Paul trompe sa femme avec Raluca, une dentiste, depuis juillet. Nous sommes dans la semaine précédant Noel. Tout à coup Paul décide de dire la vérité à sa femme. Ils ont une ravissante petite fille de 8 ans, Mara.
C'est simple, c'est limpide. Le film ne montre pas de choses extraordinaires, juste une phase que des millions de couples ont vécu : pendant une semaine, la vie quotidienne, les petits tracas, le choix des cadeaux de Noel, les mensonges, puis la Grande Vérité.
Radu Muntean filme ses protagonistes d'une façon assez extraordinaire, un peu comme un entomologiste étudierait des insectes. Je ne crois pas qu'il y ait une seule musique dans le film, et très peu de mouvements de caméra. Le tout est très dépouillé, presque ascétique. Les plans fixes (ou a minima les plans séquences très longs) se succèdent, les personnages entrants et sortants du cadre, le réalisateur jouant avec la profondeur de champ et la composition de ses cadres avec une précision hallucinante. La mise en scène est impériale.
Paul est fabuleux de réserve et de conviction, constatant avec un calme et une détermination hors du commun la puissance de l'attraction qui l'attire vers une autre femme que la mère de sa fille. Sa maîtresse est superbe, gênée des dégâts qu'elle sait causer. L'épouse enfin est extraordinaire dans son orgueil blessé, puis sa résignation efficace.
Le film culmine dans trois scènes remarquables : la première, long badinage de deux âmes et deux corps nus, la scène chez le dentiste où la maîtresse rencontre fortuitement la femme de son amant et se perd dans des explications techniques qui l'aide à supporter ce moment terrible, et la scène de rupture, un des plus beau moment de cinéma de 2010, si ce n'est le plus beau, formidable de maîtrise.
On retrouve dans ce film cet instinct brut que semblent posséder les cinéastes roumains pour filmer le fatum en marche et donner toute la nuance de la palette des sentiments qu'un être humain peut éprouver. Même si le film est un cran en-dessous, on ne peut pas ne pas penser à la sécheresse épouvantablement humaine de 4 mois, 3 semaines, 2 jours.
Un très beau film, qui n'est pas éclatant sur le moment, mais qui fait partie de ces oeuvres qu'on est fiers d'avoir vu, parce que des jours après, il vous font sentir plus intelligent, plus sensible, plus fort.
A chaque vision d'un film de Park Chan-Wook (Old boy, Lady Vengeance, Je suis un cyborg...), je me fais la même réflexion : ce mec est fou.
Pas fou intelligent, ou gentiment folledingue, non, vraiment ravagé. Bien, sûr on songe à Cronenberg, mais ce dernier fait figure de sage séminariste à côté des excentricités de notre ami Park.
Thirst ne se satisfait pas d'un scénario complètement allumé (un prêtre qui teste un vaccin devient accidentellement un vampire), mais il lui faut accumuler les circonstances les plus abracadabrantes (la belle-mère qui devient paralysée et assiste impuissante à des tas d'horreurs, le noyé dont le corps réapparaît dans les moments les plus bizarres, y compris entre les deux amants en plein coït !!).
Les effets de décors (cet intérieur absolument blanc), le jeu des acteurs et la mise en scène sont absolument excentriques, et comment dire ... un peu too much. La démesure n'arrête donc pas le réalisateur : c'est parfois très réussi, souvent d'un mauvais goût tellement outrancier qu'on a peine à croire à ce qu'on voit, et presque tout le temps surprenant.
Si Song Kang-Ho (quel acteur !) joue son rôle avec une certaine mesure, l'actrice principale Ok-bin Kim est très ... expressive et, il faut le dire, assez craquante.
Au final, Thirst représente autant une expérience de vie qu'un film, tellement le tourbillon d'images, de sentiments et de réflexion qu'il entraîne échappe à l'analyse conventionnelle.
J'attendais beaucoup de ce film, que j'avais raté lors de sa sortie en salle. Peut-être trop.
Je m'attendais à quelque chose de très noir, de très gothique, et finalement c'est presque une bleuette à l'eau de rose que conte le film.
La comtesse Erzsébet Bothory perd son mari, elle est très puissante, a de nombreux amant(e)s, mais tombe particulièrement amoureuse d'Istvan Thurzo. Elle pense que le sang des vierges l'empêchera de vieillir et du coup en trucide quelques centaines.
Le film, bien qu'abordant un sujet fort différent, m'a fait penser à La Princesse de Montpensier par la qualité de sa reconstitution historique. Le casting y est évidemment bien meilleur, même si Daniel Brühl n'est pas très charismatique.
Ce qui cloche un peu, c'est qu'on sent trop la présence de Julie Delpy, actrice, réalisatrice et coeur battant du film. Elle impose tellement sa personnalité que le personnage de la comtesse a du mal à exister. D'autre part, la multiplicité des propos qu'esquisse le film (les relations homosexuelles, la sorcellerie, l'amour, l'Histoire, le complot) nuit un peu à sa densité. On finit presque par perdre de vue l'horreur des crimes commis, et surtout, leur raison profonde nous reste curieusement inconnue.
Qui trop embrasse mal étreint.
Film ambitieux et tout de même plaisant à regarder, La comtesse donne l'impression d'être un devoir de maths réalisé par une élève douée et appliquée, mais qui manque de conseils avisés pour être vraiment brillante.
En voilà une belle comédie consensuelle franchouillarde, capable de faire rire tout le bon peuple de gauche, et aussi celui de droite (enfin, peut-être un peu moins celui de droite quand même).
En se moquant dès l'ouverture des personnes qui portent des noms très répandus (le héros s'appelle Arthur Martin), le réalisateur (Michel Leclerc !!) trouve un ton et un gimmick qu'il exploite correctement dans la première partie du film. L'absence d'attachement aux origines (arabes pour elle, juives pour lui) donne l'occasion de s'appesantir sur l'histoire personnelle des deux personnages tout en savourant quelques digressions purement politiques, dont la fameuse apparition de Lionel Jospin. Vers le milieu de film on peut considérer qu'on est en train de regarder un Lelouch réussi (si on peut imaginer) ou un Jeunet potable, d'autant que Gamblin et Sara Forestier sont très efficaces.
Malheureusement je trouve la deuxième partie du film moins réussie, le pathos ne sied pas aux personnages et les tics de mise en scène rappellent pour le coup le mauvais Lelouch (le passage à la plage filmé en simili super 8). On regrette aussi le burlesque léger du début du film, par exemple les inventions adoptées par les parents d'Arthur toujours à contre-temps.
Reste un divertissement honorable qui n'hésite pas à franchir parfois les frontières du mauvais goût avec détermination. En parlant à sa belle-mère dont les parents sont morts à Auschwitz, Bahia enchaîne des sujets de conversation suivants : un job dans les wagons (lits), un autre dans les camps (de vacances), avant de parler de four à propos de son dîner. Il faut quand même oser.
Je ne sais pas quoi ajouter d'autre : il ne s'y passe que des évènements sans consistance, avec des personnages de jeunes adultes qui n'ont même pas la fantaisie (sans parler de la libido) d'adolescents. Bref, en 2010, sachez que le comble du hot c'est de prendre la main d'une copine en marchant.
Le film a l'air de plaire aux Cahiers, aux Inrocks et à d'autres, qui pensent que le fait de capter un regard suffit à faire un film. Mais que nous montre vraiment le réalisateur ? Des feuilles mortes et des jeunes adultes qui font de la musique, vont à la piscine, se baladent, vont à des fêtes. Bref, ce que vous avez fait ce week-end.
Memory lane c'est un petit peu Les petits mouchoirs avec 25 ans de moins, et sous Lexomyl.
Le plus bizarre c'est qu'on ne s'ennuie pas vraiment. Comme quoi Mikhaël Hers doit avoir du talent. Espérons que pour son second film il ait aussi un scénario, ou quelque chose qui y ressemble. Et qu'il arrête de vouloir copier maître Kieslowski en mettant le même inconnu sur le chemin de ses principaux personnages.
Il y une tradition à Venise : celle du film surprise. Les festivaliers entrent dans la salle sans savoir quel film va leur être projeté.
A la dernière Mostra, ce sont des crédits en français (Arte...), puis des idéogrammes chinois que les spectateurs ont découvert, ceux du générique de la première fiction de Wang Bing.
Ce dernier est souvent considéré comme le plus grand documentariste vivant. Son documentaire fleuve de 9 heures A l'Ouest des rails est considéré comme un film culte.
La projection de ce soir* revêtait donc un caractère spécial, digne des plus grands festivals (le film a aussi été présenté à Toronto). La fête aurait été complète si Wang Bing n'était pas resté cloué au lit en Chine par un mystérieux "mal des montagnes" qui l'empêcherait de prendre l'avion...
Autant le dire tout de suite, le film est particulièrement éprouvant, émotionnellement et intellectuellement.
Nous sommes en 1960, dans un camp de rééducation, dans le désert de Gobi, en plein hiver. Les prisonniers habitent dans des sortes de caves creusées dans la terre, comme des rats. La famine et le froid glacial leur rendent la vie très diffcile.
Dès les premières minutes, on voit les cadavres s'entasser, et durant tout le film les morts vont se succéder à une cadence infernale, à tel point qu'à un moment un personnage dit à un autre, qui vient de découvrir un cadavre : "finis de manger, on s'en occupera après".
L'horreur est montrée sans ostentation particulière, mais la caméra froide et élégante de Wang Bing ne fait pas de cadeau non plus : un prisonnier vomit, son ami ramasse la nourriture pour la manger, un homme raconte qu'un autre a brûlé les poils d'un vêtement en mouton puis à fait griller la peau pour la manger, on entend qu'un cadavre a été retrouvé en partie dépecé au niveau des fesses et des mollets.
Dans des paysages d'une platitude irréelle, filmés magnifiquement, constituant une véritable prison à ciel ouvert, le film s'écoule avec la lenteur du plomb. Sorte de synthèse du cinéma de Bresson, des espaces américains de Ford et de souvenirs du goulag. Un vertige métaphysique peut saisir le spectateur à mi-film : où sont les gardiens ? Pourquoi ces gens sont-ils là exactement ? Il marque les esprits probablement d'une façon indélébile (en tout cas le mien), avec ce style inimitable que les Chinois de la nouvelle génération (comme Jia Zhang-Ke) savent donner à leurs films : la réalité y semble être inventée, alors que la fiction y a l'aspect d'un documentaire.
En bref, pas vraiment super rigolo, mais très puissant. Brrrr
* 26 novembre 2010, au Festival des trois continents à Nantes
Alamar est le type de film chéri des festivals (Toronto, Rotterdam, Miami, Toulouse, Berlin, La Rochelle, San Francisco, Buenos Aires ...).
A mi-chemin du documentaire et de la fiction minimaliste, il nous présente comment un enfant issu d'une union mixte (sa mère est italienne, son père mexicain) va vivre le temps des vacances avec son père et son grand-père, entre hommes, isolés sur une des plus grande barrière de corail du monde, dans le Golfe du Mexique.
Dans ce genre de film, comme il ne se passe quasiment rien (pêche, lecture, lutte, dessin, hamac, crocodile, héron, rencontre parcimonieuse d'autres humains, nettoyage des bateaux, pluie), l'intérêt ne peut être maintenu que par un art évolué de la mise en scène et de la direction d'acteur, et encore plus du montage.
Alamar, de ce point de vue là, fonctionne très bien et justifie sa moisson de prix festivalière.
Le film possède une saveur particulière que le spectateur gardera longtemps en tête, saveur composée de noblesse des corps et des âmes, de pieds qui ressemblent à des mains, de simplicité retrouvée, de nature bigger than live. Le père et le fils, à la vie comme à l'écran, sont superbes de naturel et de complicité respectueuse. Les rapports humains semblent dans le film mis à nu, désossés, débarrassé de toute graisse superflue (comme les corps). La caméra, très proche des acteurs, scrute avec une rare perspicacité la découverte mutuelle d'un fils et de son père.
Bien sûr, les esprits chagrins diront qu'il ne s'y passe grand-chose. Ils chichiteront ici ou là, oubliant qu'il s'agit d'un premier film.
C'est qu'ils n'auront pas vu cette extraordinaire sensibilité que tous les visages expriment, cette profondeur de la mise en scène discrète et sensuelle. Travail sur la profondeur de champ, sur le cadre, les couleurs, les mouvements de caméra, les premiers plans : on ne peut qu'être admiratif devant la maestria de la jeune réalisatrice, même si parfois ce brio tourne à la démonstration un peu vaine (le plan des motards se passant le pot d'échappement - à l'évidence inspiré de Rembrandt, ou la performance très théâtrale du cousin en juif rebelle).
Partout la mort rôde. Dans un tatouage. Dans le coeur de Prudence. Dans une flaque d'huile. Dans une écharpe. Dans un fantôme. Partout la mort. L'amour n'est pas vraiment au rendez-vous. Alors quoi ? Le vent dans les cheveux, l'ivresse de la nuit et de la vitesse, le désir. Prudence éprouve durant tout le film ce que la dernière scène (le sonotone amplifie le son de la rue) montre de façon méthaporique : un éveil des sens, amplifié par le deuil.
On souhaite un grand grand avenir à Rebecca Zlotowski qui signe ici un film d'une grande qualité qui confirme un certain renouveau du cinéma français(e). Les jeunes filles sont à la mode, filmées par des filles (ou pas) : La vie au ranch, Des filles en noir. Tant mieux.
C'est parti : après les traditionnels (et trop longs) discours des officiels, le 32ème festival des 3 continents est ouvert.
Les quelques mots de Pedro Gonzales Rubio, le réalisateur d'Alamar (3/5), racontant comment son grand-père l'a emmené sur les lieux de tournage d'un de ses films (présenté à Venise) après de longues hésitations ("there were only graves there") est particulièrement touchant.
Alamar, à la fois documentaire et fiction, donne à voir la vie de pêcheurs dans le Golfe du Mexique. C'est minimaliste, très proche de la nature et les images du film restent longtemps en tête.
24 novembre
Gesher (1/5) est le premier film d'un jeune réalisateur iranien né en 1981. Il suit la vie de Ghobad, Jahan et Nezam, trois iraniens descendus dans le sud du pays, pour essayer de gagner de l'argent. Leur salaire est tellement faible que les trois hommes vivent dans un tronçon de pipe-line.
Le film souffre des habituels SFPD (Syndromes des Films Pauvres mais Dignes) : surabondance de plans fixes d'une durée éprouvante, rares dialogues, scénario squelettique, acteurs inexpressifs, absence de rythme. On ne s'intéresse que très partiellement à nos trois compères qui ne vivent que des évènements anecdotiques et sans grand relief.
C'est tellement ennuyeux qu'on a parfois envie qu'une bombe explose. Sinon, il faut reconnaître au film une image magnifique, un sens du cadre très juste, et un intérêt : nous montrer des visions de sites industriels époustouflantes (de nuit notamment). La région est en effet un immense site de production de gaz naturel.
26 novembre
Vision très éprouvante du film Le fossé (4/5) de Wang Bing, une fiction qui a toutes les allures d'un documentaire, et qui nous montre la vie dans un camp de rééducation chinois, dans les années 60. Voir mon article détaillé.
27 novembre
J'en avais un peu marre des films lents. Qu'ils soient bons (Le fossé) ou mauvais (Gesher). Ouf, enfin un film qui a un semblant de rythme dans la partie compétition du festival.
Avec The high life (2/5), voici un montage à un rythme normal, avec des personnages auxquels on s'attache : un arnaqueur, une prostituée amoureuse, une jeune villageoise débarquant à Canton. La première partie, agréable, nous plonge dans la vie de ces "villages urbains", typiques des mégapoles chinoises grandissant à toute vitesse et englobant les anciens ilots traditionnels. Vers le milieu de film, ce dernier bascule vers une autre dimension complètement zarbi (un gardien de prison obligeant les détenus à déclamer ses poèmes, aux connotations sexuelles explicites) qui est très plaisant.
Le réalisateur, présent en fin de séance, nous avoue que cette personne existe vraiment et joue son propre rôle (magie du festival, sinon on aurait du mal à y croire !). Un bon moment, typique de ce cinéma chinois de la sixième génération où les réalisateurs tournent librement - mais sachant que leur film ne sera pas distribué en Chine, contrairement à ceux de la cinquième génération, au moins dans leur deuxième partie de carrière (Chen Kaige ou Zhang Yimou).
Si le résultat est joyeusement foutraque et finalement ne constitue pas vraiment un ensemble tout à fait cohérent, on devine que Zhao Dayong est un réalisateur à suivre : sa mise en scène est en effet à la fois élégante et efficace. La photographie du film est aussi très belle.
29 novembre
Dimanche sous la neige à Nantes. Et magie du public du F3C, la séance de 16 h pour un film ouzbek de 1972 refuse du monde ! La salle 1 du Katorza est pleine à craquer.
La septième balle (3/5) est une vraie gourmandise de spectateur. Non de cinéphile, mais de simple spectateur. Rendre compte d'un objet de ce type n'est pas entreprise facile mais je vais essayer : imaginez une situation de western classique, des décors arides absolument magnifiques, des acteurs qui parlent russe et portent de drôles de chapeaux (les ouzbeks semblent être le peuple le plus imaginatif dans le domaine chapelier, voir cette sorte d'algue verte sur un crâne chauve), des situations burlesques, un acteur principal au charisme imposant (on le surnomme le Toshiro Mifune centre asiatique), des scènes d'action, du politiquement non correct, une histoire d'amour, une musique classy évoquant à la fois les James Bond et le jazz moderne.
Voilà le mélange détonnant que propose ce classique du cinéma d'action ouzbek, dirigé de main de maître par Khamraev, "le Martin Scorsese de l'Asie centrale" selon Ouest France ! Que des pans entiers de la cinématographie mondiale nous restent totalement inconnu me chagrine toujours (pff, le film n'a même pas de fiche dans Allociné). C'est donc un plaisir énorme de voir le voile se lever un peu.
Palmarès
Pas de chance : je n'ai vu aucun des films primés dans la compétition.
La Montgolfière d'or revient au film documentaire colombien Los abrazos del rio, de Nicolas Rincon Gille, qui mêle légendes autour du fleuve principal du pays (le Magdalena) et chronique sur les exactions des paramilitaires. J'avais repéré avant le début du festival le blog de tournage du réalisateur, intéressant.
La Montgolfière d'argent va au film paraguayen Cuchillo de palo (108), un autre documentaire, qui enquête sur les traces d'un des 108 homosexuels arrêtés et torturés sous la dictature Stroessner.
Le prix du jury va enfin à The fourth portrait, film taiwanais de Chung Mong-Hong, qui semble marcher dans les pas d'Edward Yang et dont j'ai critiqué le premier film, assez original : Parking. J'écrivais dans mon billet : "un réalisateur à suivre"... Il faut espérer qu'on puisse voir ces trois films en sortie française.
Après la réussite Potiche, j'ai eu envie de découvrir 8 femmes, un autre film d'Ozon avec Catherine Deneuve.
Il y a bien des points communs entre les deux films : une atmosphère de théâtre de boulevard, des couleurs criardes, des performances d'actrices. Pourtant, la où Potiche réussit parfaitement à créer une dynamique comique et nostalgique, 8 femmes reste bloqué sur son concept de base : numéros successifs parfois brillants, parfois ratés, qui cumulés ne font pas un vrai film.
Catherine Deneuve, Danièle Darrieux, Firmine Richard et Ludivine Sagnier assurent le minimum. Huppert est très bonne et Fanny Ardant assez performante dans un rôle de femme fatale qui lui va comme un gant (cette robe rouge !). Mes deux préférées sont Emmanuelle Béart, bombe sexuelle comme jamais, et Virginie Ledoyen, irrésistible en jeune fille modèle. Leurs confrontations sont les meilleurs moments de ce film, pas désagréable à regarder, mais qui n'arrive jamais à se départir de son côté artificiel.
Les 8 passages chantés sont de qualité variables mais contribuent à casser le rythme du film. A chaque fois, certaines actrices regardent la performance de l'autre en semblant apprécier la chansonnette, oublieuses de leur propre personnage. Ces passages sont alors révélateurs du problème principal du film : tout le monde regarde tout le monde jouer.
Christoblog sera en direct (et accrédité) au 32ème festival des 3 continents, à Nantes, du 23 au 30 novembre 2010.
L'occasion de faire le plein de films souvent vus et/ou primés dans les grands festivals (Cannes, Berlin, Venise, Locarno...).
J'essaierai de voir au moins la moitié des films en compétition, à savoir :
108-Cuchillo de palo de Renate COSTA (Paraguay) Gesher de Vahid VAKILIFAR (Iran) Jean Gentil de Laura Amelia GUZMÁN & Israel CÁRDENAS RAMÍREZ (République Dominicaine) Los abrazos del rio de Nicolás RINCÓN GILLE (Colombie) Novena de Enrique COLLAR (Paraguay) Post Mortem de Pablo LARRAÍN (Chili) The ditch de WANG Bing (Chine) The fourth portrait de CHUNG Mong-Hong (Taiwan) The high life de ZHAO Dayong (Chine)
D'autres films hors compétition paraissent très intéressants, comme Mundane History, le premier film de l'autre thailandais : Miss Anocha Suwichakornpong. A noter également des rétrospectives Ali Khamraev (cinéaste ouzbek) et une intégrale sur le grand réalisateur sénégalais Djibril Diop Mambety.
Avec 59 points, 6 premières places, 2 deuxièmes et une troisième sur 9 votes, Potiche emporte haut la main le titre de meilleur film de ce premier festival sur Christoblog. La lutte fut rude pour la deuxième place qui revient finalement à Buried (43 pts).
Vénus noire, Biutiful et The American sauvent les meubles grâce au
talent de leur réalisateur (39, 35 et 35 pts), alors que Rubber et Des filles en noir, pourtant des succès
critiques, ferment la marche (22 et 19 pts) Les blogueurs participants ont distingué Mystères de Lisbonne de Raoul Ruiz en le citant 2 fois pour le Prix
spécial du jury.
Meilleure actrice :
Citée 8 fois sur 9, la grande Catherine Deneuve survole le festival (comme les Césars ?), ne laissant que des miettes à Léa Tessier (Des filles en noir) et Yahima Torres (Vénus noire), 2 pts.
Sont citées 1 fois chacune les femmes de Uxbal (Biutiful) : son épouse Maricel Alvarez et sa fille Hanaa
Bouchaib.
La prostituée au grand coeur de The American, Violante Placido obtient une voix.
Meilleur acteur :
Côté acteur, les votes sont (un peu) plus répartis.
Le jalousé mari de Scarlett Johansson, Ryan Reynolds (Buried) gagne avec 7 nominations.
Le minotaure patibulaire, Javier Bardem (Biutiful) sauve l'honneur avec 4 voix.
Suivent avec une citation, André Jacobs (Vénus noire), George Clooney (The American) et une trilogie issue de
Potiche : Jérémie Rénier, Gérard Depardieu et Fabrice Luchini.
Si vous avez aimé le festival d'automne, alors vous adorerez le festival d'hiver sur
Christoblog. Plus long (5 semaines entre début février et fin mars), plus dur (8 à 10 films), plus complet (avec de nouveaux prix).
Des noms qui font saliver et qui apparaitront sur les écrans à cette époque : Philippe Katerine, les frères Coen, Léa Seydoux, Danny Boyle, Cédric Klapisch, Colin Firth, Owen Wilson, Jeff
Bridges, Josh Brolin, Manoel de Oliveira, Hong Sang-soo, Daren Aronofsky, Tron, Karin Viard, Carey Mulligan, Dany Boon (?), Eva Mendes, Keira Knightley, Benoit Poelvoorde, Jack Black,
Harrison Ford, Natalie Portman, et beaucoup d'autres.
La liste des films sera annoncée fin décembre ou début janvier sur Christoblog (les dates de sortie bougent encore beaucoup actuellement). Tenez vous prêts !
Hep, hep : merci aux 8 participants, Anna, ffred, pierreAfeu, heavenlycreature, Bob Morane, Anarion, Fritzlangueur et Gagor, qui recevront par mail le détail des votes et qui pourront voir
qui a voté pour qui. Ca va être Règlements de comptes à OK Corral !
Expérience bizarre hier soir au Katorza dans le cadre du festival du cinéma allemand.
3h25 de projection pour visionner un film retrouvé de Rainer Werner Fassbinder, datant de 1973, et réalisé pour la télévision.
Le scénario est diabolique. Un savant qui a conçu un ordinateur super-puissant capable d'engendrer un monde virtuel peuplé de quasi-humains disparait mystérieusement. Il est remplacé par son
adjoint. Des choses bizarres se passent, des interactions entre les deux mondes se produisent : et si le vrai monde était lui-même la création d'une machine encore plus puissante ?
En 1973 Internet n'existait pas et les jeux vidéos non plus. Le film est donc véritablement révolutionnaire et annonce par son sujet Matrix, Avatar et Inception.
Comme d'autres films de Fassbinder il a malheureusement mal vieilli. Certaines scènes sont vraiment ridicules (la chute de la palette de briques, le berger allemand, la mort finale sur le toit de
la voiture) et la longueur du film rend certains passages un peu longs difficilement supportables.
Et pourtant on ne peut qu'être absolument bluffé par certains aspects de mise en scène réellement virtuoses, à base de jeux de miroir d'une infinie complexité et filmés par une caméra vive et
tournoyante. On retrouve ainsi par éclair des éclats du génie de Fassbinder, servi ici par une pléiade d'acteurs de bon niveau, à commencer par le héros joué par Klaus Lowitsch, bloc
d'intelligence et de raison au milieu d'un univers d'étrangeté. Les personnages affichent pour certains des visages de pantin, ou portent des vêtements bizarres, dans un Paris giscardien
résolument moderno-kitsch-lynchien à la sauce 73.
Bref, une curiosité pour cinéphile que je suis content d'avoir vue, mais que je ne conseillerais pas à mes amis.
Dernière séance aux Utopiales 2010 pour les films primés par le jury. Le court métrage récompensé est assez drôle. Il était une fois l'huile simule un film de promotion institutionnel sous la forme d'un film d'animation. Il est réalisé par Winshluss, dessinateur de BD et cinéaste, de son vrai nom Vincent Paronnaud, connu pour avoir réalisé avec Marjane Satrapi Persepolis. Très agréable, caustique et azimuté.
Vient ensuite le long-métrage récompensé par le jury.
Earthling (Clay Liford / pas de sortie en France prévue)
Earthling est un film intéressant, bien qu'imparfaitement réussi.
Au rayon des + : une ambiance poétique, une bonne maîtrise de la mise en scène, des acteurs convaincants.
Au rayon des - : une visualisation de l'entité étrangère assez ringarde (on dirait un virus du SIDA pour élève de seconde) et un scénario qui perd un peu les pédales sur la fin. En gros, on y comprend pas grand-chose.
Pour ma part je n'ai été touché que de loin (euphémisme) par cette histoire d'extraterrestre qui s'ignore, certes peu conventionnelle et assez bien menée, mais souffrant des lacunes citées plus haut qui limiteront forcément l'audience du film. On est quelque part entre Rivette et Cronenberg si vous pouvez imaginer ça : l'intrigue SF n'est révélée que parcimonieusement, au travers de dialogues qui insistent plus sur les relations entre les personnes que sur la résolution d'une intrigue potentiellement passionnante (vous voyez, l'amour et ce genre de choses...). Encore un film qui ne sortira probablement jamais en France, mais pour le coup je comprend pourquoi.
Dans la compétition des Utopiales 2010, j'ai préféré le malicieux Mars, de Geoff Marslett, qui, lui, mériterait une audience plus large.
Glenn, the flying robot (Marc Goldstein / pas de sortie en France prévue, heureusement !)
La journée commence avec un film belge particulièrement raté. Regroupant pourtant quelques acteurs d'importance, dont Billy Boyd (Pippin dans le Seigneur des Anneaux) et Gérard Depardieu, le film est d'un amateurisme sidérant, cumulant les imperfections dans tous les domaines : effets spéciaux particulièrement moches, acteurs jouant très mal, scénario brinqueballant, musique hyper-démonstrative.
Par charité on écoute le réalisateur nous parler après le film, mais ce dernier est à l'image de son film : superficiel et relativement incohérent. Je n'ai jamais vu un réalisateur à la fois donner autant de détails sur son film (5 ans de travail, 2 millions d'euros) et le défendre aussi mollement. Marc Goldstein finit même par demander notre avis : "Diriez vous que le film est grand public, ou non ?". Il répond à côté des questions et n'est même pas capable de nous dire pourquoi et comment Depardieu a échoué dans une telle galère. A la fois réalisateur, scénariste et producteur, Goldstein a visiblement manqué d'un regard extérieur pour l'aider à y voir clair sur la qualité de son oeuvre.
Le film est vendu aux US et en Allemagne (direct to DVD dans les deux cas) mais pas en France ni en Belgique, on comprend pourquoi.
Fascinante expérience de discours flottant.
Mars (Geoff Marslett / pas de sortie en France prévue, malheureusement !)
Heureusement le deuxième film de la journée est bien plus intéressant. Vu et apprécié dans de très nombreux festivals, Mars est un petit bijou improbable qui fonctionne parfaitement bien. Son mode de réalisation est très particulier : il utilise la rotoscopie, comme Valse avec Bachir.
L'univers graphique est particulièrement réussi, mais c'est surtout son ton, distancié et très second degré, qui emporte l'adhésion.
L'histoire est folle : trois astronautes vont découvrir la vie sur Mars, sur fond de compétition entre la NASA et les Européens. Tout ce petit monde est particulièrement gratiné (astronautes incompétents mais attendrissants, président des Etats Unis en stetson et fumant le cigare, journalistes de la télé idiots, responsable de la NASA ignoble, petites bestioles se développant sur Mars à partir de glaires russes) mais le film évite à la fois la facilité et la vulgarité, pour filer brillamment son scénario avec une tendre légèreté.
La salle éclate de rire à plusieurs reprise et ressort conquise : une vraie et franche réussite qui je l'espère ne subira pas le sort (direct to DVD) du beau Moon distingué l'année dernière aux Utopiales.