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Christoblog

Articles avec #gus van sant

La corde au cou

Après sept ans d'absence, Gus Van Sant revient plutôt en forme avec cette histoire de pauvre gars un peu dérangé, preneur d'otage du courtier qui l'a ruiné.

Au rayon des qualités du film, il faut signaler la parfaite reconstitution de l'année 1977, le groove jazzy de la bande-son et du personnage d'animateur radio joué par Coleman Domingo, la réalisation classieuse qui s'ingénie entre autre à reconstituer les images télé d'époque, le sous-texte politique qui densifie le film et enfin l'interprétation parfaite de Bill Skasgård et Dacre Montgomery.

Du côté des faiblesses, j'ai trouvé que le film traînait un peu en longueur (pas beaucoup de vraie tension) et peinait à proposer une évolution psychologique des personnages (à l'exemple de la dispensable dernière scène dans le magasin de muffins).

Le résultat est toutefois convaincant, en particulier parce que l'issue de l'enlèvement n'est pas jouée d'avance et maintient un petit suspense jusqu'au bout. L'image est de toute beauté aussi.

 

2e

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Don't worry, he won't get far on foot

Les critiques sont devenus très cruels avec Gus Van Sant, comme s'ils ne supportaient pas que le cinéaste vaporeux de Gerry ou Elephant ait disparu.

Or, il faut se rendre à l'évidence, Gus Van Sant ne fait plus de Gus Van Sant première manière depuis au moins cinq films, et je pense que personne ne peut deviner quel est l'auteur de ce film s'il ne le sait pas avant.

Jugeons donc Don't worry pour ce qu'il est : une histoire prenante qui fait sentir comme rarement ce qu'est l'addiction à l'alcool, un montage compliqué mais efficace, un casting impeccable et une performance exceptionnelle de Joaquin Phoenix. Le résultat est très plaisant, même si quelques incroyables maladresses (l'apparition de la mère) émaillent le film.

J'ai pour ma part été touché par le désespoir énergique que dégage le personnage et les dessins de John Callahan, et une scène m'a particulièrement ému : celle des retrouvailles entre John et Dexter.

Le talent de Van Sant se perçoit dans de menus détails qu'on a plaisir à repérer : un champ contrechamp original, une prise de vue avec un angle particulier, un mouvement de caméra particulièrement fluide.

Un film digne et agréable.

 

2e

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Promised land

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/52/00/20395857.JPGComme beaucoup d'autres l'ont dit, le nouveau film de Gus Van Sant ne ressemble en rien à du Gus Van Sant. Il faut attendre un des derniers plans du film pour voir un homme en train de marcher et filmé au ralenti : c'est dire !

Passé ce préliminaire, et tentant donc de considérer le film uniquement pour ce qu'il est, je dois avouer qu'il m'a paru plutôt agréable.

Loin d'être le pensum anti gaz de shiste qu'on pouvait craindre, Promised land s'avère être un tableau très juste de la campagne américaine, loin des habituels clichés : les habitants n'y sont pas tous nuls, ni tous sympas, ni tous red neck.

L'avancée de l'intrigue est sympathiquement rythmée par la connivence qui règne entre un Matt Damon décidément excellent dans ce type de rôle de mec mal dégrossi, et une Frances McDormand à croquer.

Les enjeux économiques, moraux, écologiques, commerciaux, sont esquissés avec une grande subtilité, et toujours incarnés à travers un personnage, c'est la grande force du film. Si le coup de Trafalgar qui secoue le film m'a agréablement surpris (je mets quiconque au défi de le voir arriver), la toute fin m'a paru assez fade.

Au final, le film est tout de même recommandable. A noter qu'on entend pour la deuxième fois en peu de temps la chanson de Springsteen Dancing in the dark comme marqueur de l'Amérique profonde (après The place beyond the pines).

Gus Van Sant sur Christoblog : 2007 - Paranoid park (**) / 2008 - Harvey Milk (***) / 2011- Restless (****)

 

2e

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Restless

RestlessQue ce soit bien clair : Restless est magnifique, automnal, tendre, lumineux, amusant, intrigant, délicat, frais, modeste, mystérieux, céleste, impeccable, raffiné, ambitieux, habité, aérien, subtil, dense, émouvant, surprenant, hanté, génial, intelligent, doux, romantique, et malicieux.

Mia Wasikowska est fantastique, Henry Hopper remarquable, la caméra semble déplacée par un ange, et la nature elle-même se met à l'unisson d'un film qui fait rire et pleurer d'un même allant.

La mort est partout, mais l'amour aussi, et le film trace sa route délicate et légère comme une plume, entre les deux.

Un chef d'oeuvre triste et joyeux, funèbre et amoureux.

 

4e

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