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Christoblog

Bon à tirer (B.A.T.)

Owen Wilson. Warner Bros. FranceBon à tirer est vulgaire, sans imagination, et conformiste.

Vulgaire : vous connaissez la blague de la fille que vous ramenez de boite, qui a la diarrhée et un string, et qui éternue au-dessus de votre baignoire ? Les Farrelly redécore votre salle de bain avec goût.

Sans imagination : ceux qui suivent et ont leur culture auront reconnu le prétexte d'un sketch de Coluche dans mon entame (les dragées Fuca). Dans le film, tous les gags semblent recyclés et vus 1000 fois : les deux zozos disent des horreurs alors qu'ils sont écoutés à leur insu (et ce, plusieurs fois dans le film, on va pas s'embêter à trouver de nouveaux trucs), ils s'empiffrent de brownies au haschich alors qu'il ne fallait en manger qu'un quart chacun, etc.

Conformiste : le plus dingue, c'est que dans cette affaire de maris obsédés par le sexe à qui leurs gentilles femmes donnent quartier libre pour une semaine, le plus probable arrive à coup sûr. Bien sûr les maris n'avaient "que la gueule", les femmes quant à elles vont peut-être bien profiter de la situation, alors qu'au final, attention, suspense, au final ... la fidélité, c'est quand même cool !

Le plus instructif dans le film c'est de constater qu'Owen Wilson ressemble autant à Woody Allen que dans Minuit à Paris ! Incroyable ! Il faut le voir piquer sa petite crise d'hypocondriaque : "j'ai des moisissures dans l'oreille, qui peuvent me redescendre dans la gorge".

Le titre original, Hall pass, se traduit par Passe-droit, alors qu'est ce que c'est que ce titre idiot et graveleux qui renvoie plus à l'imprimerie qu'à autre chose ? Et pourquoi mettre des majuscules et des points entre parenthèses ? Mieux aurait valu : le zizi sexuel US, ou american slip 1.

Dans ce film les Farrelly se révèlent bons à rien, plutôt que bons à tirer.

 

1e

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Le gamin au vélo

Cyril à presque 12 ans. Son père l'abandonne dans un centre spécialisé. C'est un enfant très difficile jusqu'au jour où il croise le chemin de Samantha, qui le prend en affection.

A partir de cette trame épurée, les frérots belges tissent leur toile habituelle, à partir d'ingrédients bien connus. 

D'abord des acteurs remarquables. Comment Cécile de France pouvait elle être si mauvaise dans le calamiteux Au-delà et si bonne ici ? Pataude et élégante à la fois, avec une pointe d'accent belge, véritable roc d'énergie positive, elle est magnifique. Le jeune Thomas Doret, en truite indisciplinée qui file entre les doigts des éducateurs spécialisés, est très convaincant lui aussi. Et quelle émotion de revoir Jérémie Renier en père indigne, lui qui fut découvert adolescent par les réalisateurs voici 15 ans dans La promesse.

Ensuite une mise en scène irréprochable, avec une caméra très proche des acteurs, qui semble capter la moindre émotion. Et puis un élément qui m'a particulièrement marqué dans ce film, c'est l'extrême qualité du montage et le rythme très enlevé du film, ce qui n'est pas toujours le point fort des Dardenne.

Enfin un scénario qui semble exacerber les tensions entre personnages, puis les décomprimer brutalement à travers une résolution inattendue, avant de les retendre avec encore plus de violence qu'avant. Remarquable, jusqu'au dénouement final, fort étonnant.

Si ce n'était une certaine impression de déjà vu et quelques points de détails (les virgules musicales qui ne collent pas vraiment à la sobriété du film, quelques scènes un peu plus faibles que les autres - comme celles impliquant le copain de Samantha), le film serait tout proche de la note maximale.  

 

3e

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La solitude des nombres premiers

Le PacteQuel film étonnant !

Dans un premier temps, je n'ai pas compris grand-chose à ce que je voyais. Le réalisateur tresse l'écheveau d'histoires se déroulant à 3 époques différentes (1984, 1991, 1998) présentées de façon entrelaçée. Pas facile donc de s'y retrouver, mais au bout de 15 minutes, c'est bon.

Les personnages : Mattia (génie des maths), Alice (boiteuse), Michela (soeur jumelle de Mattia, handicapée), Viola (à la fois copine et bourreau d'Alice).

Le scénario est puissant et je ne peux pas en révéler grand-chose sans courir le risque de vous gâcher le plaisir.

La mise en scène est très variée, riche, foisonnante et parfois même baroque, dans une veine qui n'est pas sans rappeler celle d'Amore, vu l'an passé. L'actrice Alba Rohrwacher, charismatique, jour d'ailleurs dans les deux films. Mais on s'attache ici encore plus aux personnages qu'à ceux d'Amore. Une dernière partie (située en 2007) nous projette dans l'avenir avec une rupture de ton assez incroyable, mais assez bien maîtrisée, jusqu'à une dernière scène réussie, ce qui est toujours une gageure pour un film de cette ambition.

Une petite question pour ceux qui vu le film (ou lu le roman) : avez vous compris cette scène où Alice surprend un groupe d'adulte en train de réciter des nombres ? Plus globalement qu'avez vous compris concernant la mère d'Alice ? Est ce que dans le roman les parents d'Alice apparaissent dans les autres époques que la première ?

Dans ces temps d'uniformité je conseille en tout cas La solitude des nombres premiers, à la fois thriller psychologique à la limite du fantastique (l'ouverture, le clown) ou du teen movie horrifique (les scènes d'humiliation), et chronique d'un amour contrarié par les différentes altérations de l'esprit (anorexie, auto-mutilation...).

 

3e

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Source code

Jake Gyllenhaal. SNDDuncan Jones s'est fait remarquer par son remarquable premier film Moon, qui, bien qu'imparfait,et non distribué en salle, possédait une charge poétique non négligeable et un scénario remarquable.

Intégrant brutalement le champ hollywoodien avec Source code, il perd en route ce qui faisait la spécificité de Moon : cette sorte de distance élégante et mystérieuse.

Pourtant le film commence bien. D'abord de très belles vues aérienne de Chicago et d'un train qui fonce à toute allure, puis une scène dans laquelle un homme se réveille dans la peau d'un autre jusqu'au moment où une bombe explose, 8 minutes après. En réalité, l'homme est quasi-mort et l'armée lui fait vivre tout cela via quelques électrodes judicieusement implantées dans son cerveau, pour retrouver le terroriste.

Il y a du Matrix là-dedans et un peu d'Inception aussi, le verbiage poseur de Nolan en moins.

Malheureusement le film se dérègle progressivement. L'intérêt de revivre x fois la même séquence pour essayer de trouver le coupable se délite rapidement alors que ce principe (condamné à errer l'éternité dans les mêmes 8 minutes si on ne parvient pas résoudre le problème !) aurait pu ouvrir sur des vertiges métaphysiques sans fond.

Quant à la fin, elle vire au happy end ridicule et laisse un arrière-goût d'inachevé dans la bouche, même si elle permet d'admirer le magnifique cloud gate d'Anish Kapoor.

Elève Duncan Jones : recalé. Devra se représenter pour un nouvel examen.

 

2e

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Minuit à Paris

Owen Wilson & Rachel McAdams. Mars DistributionOuverture de Cannes 2011. J'étais à Paris et quand je suis sorti de la projection du dernier Woody Allen, il était minuit .... à Paris.

Le lendemain, alors que mon article prenait forme dans mon petit cerveau, me voilà dans les jardins du Palais Royal vers 11h45, sous un soleil printanier, et je vois une boutique de boîtes à musique (oui, je confirme, un magasin qui ne vend que des boîtes à musique) qui ressemble à une carte postale. Plus loin, dans la galerie latérale,  des boutiques de créateurs de mode (la petite robe JP Gaultier 1300 € et son bondage 300 €) dans lesquelles de jeunes femmes qui pourraient être dans le film d'Allen essayent des impers vert pomme et des chaussures avec des talons qui font 17 centimètres. Bref, la vision de Paris qu'Allen propose dans son film se matérialisait sous mes yeux.

Du film je préfère ne pas dire grand-chose. Sous l'angle d'une analyse basique, ça ne vaut pas grand-chose. Le début est inquiétant, voir catastrophique (une succession de clichés insupportables, sur Paris d'abord, puis sur le style de Woody, à travers des scènes qu'on a l'impression d'avoir vu 1000 fois chez lui). Au deuxième degré, et en considérant que Woody se met en roue libre, le film dégage un certain charme, mais je le dis un peu à contre-coeur, tellement il regorge a priori de facilités et de nonchalance.

J'ai eu cette impression bizarre : que Woody nous parle déjà d'outre-tombe et que ces failles temporelles valaient pour lui-même. N'a t'il pas déclaré au Monde qu'il regrettait de ne pas être resté à Paris quand il y était ?

Petit complément sur les acteurs :

- Carla Bruni est affligeante : elle annone son texte en regardant le bout de ses pieds.
- Adrien Brody est excellentissime en Dali
- les autres personnages "historiques" sont très inégaux (Hemingway pas mal, Picasso raté)
- Owen Wilson prend tous les tics du réalisateur avec un degré de mimétisme étonnant
- Léa Seydoux n'est absolument pas dirigée, ses répliques télescopent celles de son partenaire, c'est très curieux et un peu désagréable
- Marion Cotillard minaude dans le style qui lui est propre
- Gad Elmaleh a 3 plans dans le film, c'en est presque insultant
- Rachel McAdams confirme son statut de gourde transparente
- Michael Sheen fait un pédant potable


2e

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Rabbit hole

Rabbit hole parle du deuil d'un enfant et se heurte à un premier problème : des cinéastes de talent ont traité récemment du même sujet, et avec une autre réussite. Je pense entre autres à Moretti (La chambre du fils), Egoyan (De beaux lendemains), Arnold (Red road), les Dardenne (Le fils).

La succession est donc difficile.

Deuxième problème : l'acteur masculin, Aaron Eckhart. Tablettes de chocolat à la place des abdos, brushing impec, machoire carrée, oeil de cocker battu, il ressemble à s'y méprendre à Ken, le copain de Barbie, l'expressivité en moins. Dire qu'il est nul n'est qu'un pâle reflet de la réalité.

Troisième problème : un scénario convenu, conformiste, américain. Tous les poncifs nous sont donc servis sur le sujet : le tri des jouets, le pétage de plomb au supermarché, la thérapie de groupe genre Alcooliques Anonymes, la tentation d'aller promener la zigounette ailleurs après 8 mois d'abstinence (oh, et puis non, ce serait trop con !), soyons fous, tapons nous un petit joint sur le parking, et à la fin tout le monde se réconcilia autour d'un so american way of life BARBECUE...

Tout cela est tellement sirupeux et insignifiant à la fois - comme du sirop d'érable qu'on aurait oublié au soleil sur une table de pique-nique - qu'on en vient à souhaiter QUE TOUT LE MONDE TUE TOUT LE MONDE, et sur une musique de heavy metal, qui plus est.

Bref.

Celle qui sauve (un peu) le film est Nicole Kidman. Une actrice botoxée que je déteste (elle a épousé le nain scientologue) et que je respecte à la fois (elle l'a quitté). D'habitude, sa façon de jouer cul et bouche serrés m'horripile, mais là, et ça me fait mal de le dire, elle n'est pas trop mal.

C'est elle qui m'empêche de descendre le film complètement et de lui infliger la plus basse note possible.

 

2e

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Où va la nuit

Diaphana DistributionPour leurs retrouvailles après Séraphine, le réalisateur Martin Provost et Yolande Moreau nous offrent une oeuvre tout en retenue, sorte de polar en mode mineur, ou de chronique familiale désabusée - et nordiste (le film se passe en Belgique ). L'ombre des Dardenne survole le film.

Une femme assassine son mari. Et elle a bien raison. Le salopard, brute patibulaire qui la frappait, buvait, et terrorisait son fils, ne méritait pas autre chose. Sans compter qu'il tue une jeune fille dans un accident de la route.

Le policier en charge de l'assassinat de ce monstre ordinaire aimerait bien laisser tomber, comme beaucoup d'autres personnages du film (Vincent, la logeuse). Seul le fils n'admet pas le geste de sa mère.

Martin Provost fait décrire à son film des arabesques élégantes, enveloppées d'une sorte d'onctuosité sèche qui rend Où va la nuit tout à fait intéressant. Il faut souligner la maîtrise du réalisateur pour créer les ambiances et son don pour les élégants mouvements de caméra.

D'habitude Yolande Moreau me donne l'impression de jouer toujours le même rôle (le sien), et en vérité, c'est encore le cas. Mais pour une fois, cela ne me dérange pas.

 Le film a un peu de mal à se conclure, mais à part ça, il est tout à fait recommandable.

 

2e

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Pina

Suite à d'amicales pressions de connaissances et de blogueurs réputés ayant plutôt bon goût (ils se reconnaîtront), je me suis hélas décidé à aller voir Pina.

Il faut dire que Les rêves dansants m'avaient enthousiasmés, tout en me familiarisant avec l'univers de Pina Bausch. Malheureusement, autant ce dernier film arrivait à être plus que ce qu'il montrait (au-delà de la chorégraphie il donnait une leçon de vie), autant Pina parvient à être moins que ce qu'il donne à voir. En d'autres termes, il me fait regretter de ne jamais avoir vu un spectacle de Pina Bausch en vrai, alors que Les rêves dansants me donnait le plaisir de ressentir ce qu'était un spectacle de Pina Bausch, même sans en avoir vu un.

Je ne sais pas à quoi tient exactement ce sentiment, mais j'ai quelques idées :
- la 3D est assez impressionnante (une fois n'est pas coutume), mais presque trop : par moment des effets de brillances donnent l'impression de "trous" dans l'image, l'effet général étant d'assister à une projection d'une sorte de Godzilla post-moderne dans un drive-in cheap de Wuppertal
- les déclarations de vénération de chaque danseur face caméra sont de trop ("Pina voyait à travers nous", "Pina savait des choses qu'on ne savait pas", "Je n'ai toujours connu que Pina", "Avant de connaître Pina j'étais introverti et peu sûr de moi") : le Tanztheater finit par ressembler à une secte
- les choix de mise en scène sont parfois lourds et peu élégants
- l'idée de faire évoluer les danseurs dans des décors extérieurs donnent des résultats très disparates en qualité

Bref, on a envie de dire à Wenders : ne nous emmerde pas avec ton ego de réalisateur et montre nous les choses un peu plus simplement ! Il y a suffisamment de génie dans la danse de Pina Bausch pour éviter un gros plan sur un tissu rouge.

Filmer un tableau de Picasso en multipliant les effets de manche (gros plan sur l'oeil du minotaure, zoom arrière sur la tâche de rouge en bas à droite, interview de l'encadreur) ne rend pas plus sensible le génie de Picasso.

 

2e

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Festival de printemps : c'est parti !

FestivalPrintemps
Un grand merci à pierreAfeu qui offre au festival cette magnifique bannière fleurie !

Vous avez aimé le festival d'automne (9 participants), et celui d'hiver (14 participants) vous allez adorer le festival de printemps.

Les règles sont toujours les mêmes.

Le festival n'est ouvert qu'à ceux qui tiennent un blog, et les critiques de films doivent être consultables par tous les participants. Chacun m'envoie avant le 20 juin son classement des films par message privé : le meilleur film a 8 points, le moins bon 1 point. Le film gagnant est celui qui a le plus de points : il gagne la Marguerite d'or (bravo !). Attention : pour que le vote d'un blogueur soit pris en compte, il doit avoir vu tous les films.

Avec son classement, chacun m'envoie également ses
- 2 meilleurs acteurs
- 2 meilleures actrices
- 2 meilleurs scénarios
- 2 meilleurs réalisateurs
repérés parmi les films vus.

Chaque participant a enfin la possibilité d'attirer l'attention sur un film coup de coeur sorti pendant le festival mais ne faisant pas partie de la sélection. Le film le plus cité dans ce cadre reçoit un prix spécial.

Pour s'inscrire c'est simple : un commentaire sur cet article et c'est fait.

La sélection définitive la suivante :

11 mai : Minuit à Paris de Woody Allen
17 mai : The tree of life de Terence Malick
18 mai : Le gamin au vélo de Jean-Pierre et Luc Dardenne
18 mai : La conquête de Xavier Durringer
25 mai : Le complexe du castor de Jodie Foster
1er juin : Le chat du rabbin de Joan Sfar

8 juin : Une séparation d'Asgar Farhadi (Ours d'or Berlin 2011)
8 juin : London Boulevard de William Monahan


Déjà inscrits : ffred, Tching, pierreAfeu, heavenlycreature, Gagor, Jérémy, Herodonte, Christophe, Jul, Bob Morane, Viggofan92, Stoni, Anna, Gabriel, Hallyne, Claire, fredastair, Ben, Squizz, Marnie, neil, Marcozeblog, Fabien,

Vous pouvez vous joindre à nous en cours de festival, si vous avez l'opportunité de voir l'intégralité des films sélectionnés.

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Breaking bad (Saisons 1 et 2)

Bryan Cranston. AMCIl est de bon ton de s'extasier devant Breaking bad.

Le look improbable (il est de bon ton d'utiliser le mot improbable à tire larigot*) de l'acteur Bryan Cranston y est pour quelque chose, comme l'aura qui entoure la petite chaîne américaine qui grimpe, qui grimpe, AMC, déjà responsable de l'irruption de l'improbable (je suis in !) Mad men.

Breaking Bad nous conte donc les aventures d'un prof de chimie atteint d'un grave cancer des poumons, qui pour assurer un avenir à sa petite famille (et accessoirement se soigner, vive la sécu, on ne le dira jamais assez) doit se lancer dans la production et la commercialisation de drogue.

Les deux premières saisons sont très plaisantes à regarder, alternant les morceaux de bravoures (les deux premiers et le dernier épisodes de la saison 1, le deuxième de la saison 2) qui rappellent irrésistiblement le meilleur de la production américaine style frères Coen époque Arizona Junior, ou même Tarantino.

Ceci étant dit, et notre plaisir n'étant pas boudé pour autant, force est de constater que la série n'innove pas beaucoup. Les références aux standards du genre sont multiples.

Allons-y pour un simple apéritif qui pourrait s'étendre sur plusieurs pages : le flashforward sur un épisode ou toute une saison était une technique habituelle de feu Alias, le gentil qui peut avoir un comportement moralement inacceptable a été exploré à fond par The Shield (sans compter que le beau-frère de Walter adopte justement la même démarche que le héros de The Shield),  le corps a faire disparaitre à tout prix à fait les beaux jours des Sopranos, le jeu sur les couleurs et la petite musique douce sur une opération où on exhibe un bout de poumon découpé sortent tout droit de Nip/Tuck, le macabre assumé et même (soyons précis) un gros plan sur une roue de charriot médical évoque irrésistiblement Six feet under, etc...

Vous l'avez compris, si j'ai éprouvé un certain plaisir à regarder les deux premières saisons de Breaking Bad, je ne crie pas pour autant au génie : d'autres ont inventé les nouvelles formes.

*Il sera bientôt de bon ton d'utiliser la locution "à tire larigot" : Née dès la fin du XVe siècle de l'association du verbe "tirer" (sortir un liquide de son contenant), et du nom "larigot", sorte de petite flûte, cette expression était à l'époque principalement associée au verbe "boire". "Boire à tire larigot" était donc pour les buveurs une incitation à faire sortir le vin des bouteilles comme on faisait sortir le son de l'instrument.

 

3e

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L'étrangère

L'étrangère est un beau film trop.

Ouh là là, il va falloir que je m'explique après une intro pareille.

Commençons pas le plus simple : l'actrice. Elle s'appelle Sibel (a-t-on déjà mieux porté son prénom ?) Kekilli. Outre le fait qu'elle ait commencé comme actrice de films X, on l'a surtout vue dans le chef-d'oeuvre (oui, le chef d'oeuvre) de Fatih Akin : Head on. Elle est simplement irradiante, magnifique, solaire.

Ensuite la mise en scène : elle est OK. Nickel classique dans les champs/contre-champs, peut-être un poil trop de plans de coupe à mon goût, mais bon, ça va. Un peu quand même too much dans certaines séquences tire-larmes.

Et enfin, le propos du film. Alors voilà : notre société occidentale (état de droit, pour résumer) est quand même plus maline (et plus adaptable) que cette vieille société traditionnelle patriarcale et turque, condamnée à l'immobilisme et au final à l'auto-destruction, fut-elle résidente  (en Turquie) ou délocalisée (en Allemagne).

Le film est donc clairement politique de ce point de vue, et son message est pour le moins complexe : peut-on quitter contre leur gré ceux qu'on aime ? Ou au contraire ne pas les quitter, toujours contre leur gré ? C'est tout le dilemme de notre héroïne qui ne choisit pas vraiment, et c'est ce qui m'a profondément énervé. Bref, vous ne comprenez probablement pas grand-chose à ce que je dis, mais (pour une fois) ce n'est pas grave : il s'agit en quelque sorte d'un débat sur la laïcité sans qu'il soit question de religion (d'ailleurs une actrice le dit : foutez donc la paix à Dieu, il n'a rien à voir là-dedans). Ou si vous voulez d'une baston éthique autour de valeurs : famille vs liberté, égalité des droits vs honneur.

Brrr, je n'ai pas l'impression d'être abusivement clair mais peut-être est-ce parce que le film m'a laissé cette impression de trop-plein, avec cette fin qui déborde un peu selon moi.

En tout cas un film intéressant, voyez-le et dites moi ce que vous en pensez.

 

3e

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Le meilleur de ce début 2011

Le festival de Cannes marque toujours un tournant dans l'année. Avant le grand rendez-vous, voici mon best of de ce début 2011 en 6 films seulement.

Cliquez sur l'affichette pour accéder directement à la critique sur Christoblog :

 

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Animal kingdom

ARP SélectionJ'attendais beaucoup du film australien Animal kingdom. Le pitch était intrigant : une famille de malfrats australiens violents et cruels, et un drame shakespearien mêlant apprentissage et trahison...

Malheureusement, le résultat est passablement raté. La faute d'abord à l'acteur principal James Frecheville, qui joue le jeune neveu intégrant sans vraiment le vouloir le gang des oncles. Son jeu a l'expressivité d'une brique. Et même d'une brique immobile, car une brique lancée, ou transportée en brouette, manifesterait probablement plus de sentiments que notre ami James, mutique, acnéique, et dont la largeur du cou semble inversement proportionnelle au talent.

La mise en scène est maniérée (du genre à mettre des ralentis quand la tension est à son comble), et la bande-son du film procure la même sensation qu'une colonne de fourmis en procession vers votre cerveau à travers votre conduit auditif. Le scénario enfin est cousu de fil blanc, il en devient risible sur la fin : après une ellipse gigantesque, le dénouement prévisible arrive... par surprise.

Regardez la photo ci-dessus : le film ne se prend pas pour de la m...e, et n'hésite pas à singer le Tintoret ou Véronèse... les Sopranos avaient osé le même type d'image, mais eux pouvaient se le permettre. Faites circuler les kangourous, il n'y a rien à voir.

 

1e

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Detective Dee

Le PacteOn ne peut qu'être épaté par le début de Detective Dee. Passée la désagréable impression liminaire provoquée par le gigantesque décors en carton-pâte numérique, le film surprend par sa complexité, son originalité dans les ambiances, son rythme insensé.

Cette première partie multiplie les situations curieuses, les décors improbables et les combats plus originaux les uns que les autres. Le film culmine alors dans un scène qui commence par une surréaliste attaque de cerfs et se termine dans une abstraction quasi complète, un des combattant n'étant plus figuré que par une trace rouge à l'écran.

On se dit à ce moment là qu'on tient un objet tout à fait singulier. Mais tristement le film prend alors un tour beaucoup plus convenu et pour tout dire moins chinois, plus hollywoodien. Un pathos un peu ridicule fait son apparition, et l'action tourne au film catastrophe tout à fait classique.

Du temps qu'ils tournaient tous les deux à Hong Kong, je plaçais Tsui Hark un cran sous John Woo. C'est toujours le cas. Sans démériter, Detective Dee est moins réussi que le dernier (très beau) film chinois de Woo, Les trois royaumes.

 

2e

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Tous mes pères

Malheureusement, vous ne pourrez pas voir ce film.

J'ai eu la chance de voir Tous mes pères dans le cadre d'un petit festival local et aucune date de sortie n'est prévue en France, ni d'ailleurs en Allemagne, son pays d'origine. Il s'agit typiquement d'un film de festival.

Et c'est bien dommage. A ma connaissance le film tente une expérience complètement radicale : le documentaire autobiographique instrumentalisé.

Je m'explique :

Documentaire : caméra DV, micro apparent, interview de face des personnes, instants volés

Autobiographique : le réalisateur Jan Raiber a envie d'aller filmer son père biologique, qu'il n'a jamais vu. Cette idée déclenche chez sa mère l'aveu d'une incroyable vérité : patatra, son prétendu père biologique (qui a versé pendant 18 ans une pension alimentaire...) ne l'est en réalité pas ! Et il ne le sait pas ! Et le vrai père non plus !

Instrumentalisé : parce qu'on ne peut s'empêcher de penser que les réactions des personnages seraient différentes sans la caméra.

Tout cela fait un mélange détonnant et follement excitant. On suit avec un ébahissement amusé les pérégrinations de notre Pied Nickelé allemand qui navigue entre ses trois pères, et qui met chacun devant ses responsabilités, accompagné par une mère formidable. Les révélations éclaboussent au passage le demi-frère (qui apprend à cette occasion que son frère ne l'est pas) et les grands-parents qui tirent sur tout ce qui bougent.

C'est cruel, c'est pétri de matière humaine, c'est drôle, c'est émouvant quand dans une incroyable pirouette du destin on découvre que le vrai père de Jan ... n'a jamais eu d'enfant avec sa femme.

Tout cela est filmé à l'arrache en deux semaines et demi, et fait l'effet d'une bombe.

 

3e

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Tomboy

Laure a 10 ans. Arrivée dans un nouveau quartier, un quiproquo la fait passer pour un garçon : elle joue le jeu. La confusion des genres dure tout l'été, jusqu'au jour où...

Ce deuxième film de Céline Sciamma (Naissance des pieuvres)  est merveilleux. Il accumule les bienfaits pour l'oeil et l'esprit : beau jeu des jeunes acteurs/actrices et des parents (Mathieu Demy parfait), scénario tendu comme la course d'une flèche, très belle photographie, délicate et précise (le film a été tourné avec le fameux appareil photo Canon 7D).

Mais c'est la mise en scène qu'il faut ici surtout saluer. Il y a dans ce film la même qualité que dans Lady Chatterley : c'est ce que je me disais pendant tout le film, avant de voir la réalisatrice remercier Pascale Ferran dans le générique de fin. Le parti pris est de filmer les enfants à leur hauteur, et les parents sont presque toujours hors champ. Cela donne un ton inimitable au film, à la fois très intérieur et très sensuel. La deuxième particularité de Tomboy est de tirer un profit maximal d'un décor a priori quelconque : un immeuble lambda d'Ile de France. Sous les caresses de la caméra de Céline Sciamma, la forêt devient un lieu de danger, un pont et ses rambardes rouges semble sortir d'un film d'Imamura, une baignade dans un plan d'eau devient un combat initiatique...

Mouvements fluides et cadres au cordeau, la réalisatrice ne nous donne pas seulement une leçon de beau cinéma, elle nous offre une oeuvre dans laquelle tous ses choix font sens, et servent admirablement le propos.

Tomboy, c'est un thriller psychologique d'1h20 qu'on suit en apesanteur, ravi et anxieux à la fois. Pour moi le meilleur film français de l'année.

 

4e

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Hot fuzz

StudioCanalSuite des aventures de la paire Simon Pegg / Nick Frost, sorte de Laurel et Hardy modernes, sur Christoblog.

Après Shaun of the dead (film culte comme on peut encore le vérifier dans Scream 4 qui en montre quelques extraits) et avant le réussi Paul, Hot Fuzz est une parodie de film policier.

Un des meilleurs policeman londonien est exilé dans un village de la campagne anglaise dans laquelle il va faire respecter la loi avec la même rigueur que dans la capitale, y compris sur des sujets mineurs, comme l'évasion ... d'une oie. Une série de meurtre abominable vont pourtant se dérouler dans ce village tranquille, dont on découvrira les auteurs (et leur mobile débile) dans la deuxième partie du film.

C'est plein de trouvailles agréables, comme ce combat improbable dans un village miniature, et le film regorge de rebondissements étonnants. Je lui reproche d'abuser lors du retour dans le village de scènes d'action un peu trop pam-boom-tactactac, qui ne sont pas du tout second degré et détonnent par rapport à l'ensemble du film, mais qui visent peut-être à montrer que le duo a acquis des moyens financiers qu'il n'avait pas lors de leur premier film.

Un divertissement agréable que je mettrais en tête sur mon podium, avant Paul (dans lequel Nick Frost a cependant son plus beau rôle) et Shaun of the dead. 

 

2e

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Scream 4

Courteney Cox, David Arquette et Neve Campbell. SNDJe garde un vague souvenir, plutôt bon, du premier Scream. L'équilibre entre peur et second degré était à l'époque assez nouveau. Puis je n'ai pas vu les deux opus suivants.

Pour ceux qui ne sont pas des fans, comme moi, le film apparaitra comme un navet. Il ne fait ni frissonner, ni rire.

Les scènes avec le tueur sont répétitives et dénotent d'un immense manque d'inspiration que Wes Craven essaie de justifier par une ultime pirouette : le film serait un film sur des tueurs s'ingéniant à copier le premier Scream et le remake doit respecter l'original.

Ce qui se veut drôle est pitoyable. Les acteurs sont nuls, le scénario est écrit avec les pieds.
Les personnages sont tellement bêtes qu'on a envie de les trucider tous soi-même en une demi-heure, et de rentrer se coucher.

Une soirée de perdue.

 

1e

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Easy money

MK2 DiffusionLe héros de Easy money, JW, jeune étudiant fauché, cherche à intégrer le monde des trafiquants de drogue, comme celui de Jewish Connection. Leur objectif se ressemble : JW cherche à s'élever socialement, alors que Sam voulait sortir de son milieu d'origine. La fin sera approximativement la même.

On peut dire que le réalisateur, Daniel Espinosa, voit grand.

 

Le scénario qu'il filme est volontiers complexe, exposant plusieurs personnages principaux évoluant dans une intrigue foisonnante. La première partie où l'on assiste à l'ascension de ce Rastignac suédois est assez réussie et m'a même beaucoup plu. La partie médiane du film est par contre un peu molle, véhiculant de plus en plus de clichés, et si la fin réussit à remettre un peu de tension, elle ne m'a pas convaincu.

La mise en scène se veut recherchée et résolument chic et choc : insertion de microscopiques flashforward annonçant la scène suivante, montage cut et saccadé, ambiance glauque et beaux mouvements de caméra. Il y a du Inarritu nordique chez Espinosa, même si la maîtrise n'est évidemment pas la même.

Pour résumer : des choses intéressantes, mais peut mieux faire.

 

2e

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Essential killing

Essential killing est un concept film. Autant le savoir avant d'y aller, sinon l'atterrissage risque d'être brutal, un peu comme pour celui qui irait voir Enter the void ou Le guerrier silencieux sans avertissement.

Vincent Gallo joue un taliban arrêté dans son pays, transféré dans un pays d'Europe de l'Est (la Pologne ?), et qui s'évade à l'occasion d'un accident.

Il ne dit pas un mot durant tout le film, erre dans la neige, et lorsqu'il rencontre une fermière isolée (Emmanuelle Seigner en fermière isolée !), cette dernière est muette, ce qui tombe bien.

Que fait le fugitif ? Il cherche à manger (poisson cru, écorce d'arbre, fourmis, sein d'une cycliste qui allaite). Il fuit (beaux paysages enneigés). Il tue, sans qu'on puisse d'ailleurs y voir autre chose qu'un malheureux concours de circonstances (un bûcheron à la tronçonneuse, des poursuivants, des automobilistes). Il se rappelle (flash-backs ensoleillés et un tantinet caricaturaux de son pays : moutons, femme voilée, appel à la prière). Dans le dernier plan, ne reste plus qu'un cheval, on supposera que notre héros est mort.

C'est minimal et parfois très beau. Gallo est effectivement halluciné (on le serait pour moins que ça). Le film ne tient debout que grâce à une photographie magnifique et une belle mise en scène. Après un début tonitruant (quelles scènes d'hélicoptère !), j'ai trouvé que le film s'étiolait progressivement, cédant au passage à quelques facilités scénaristiques.
 

2e

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