Pour commencer, il faut signaler l'extraordinaire qualité de la mise en scène de Rafi Pitts. Un sens du cadre inouï, des associations chromatiques saisissantes, une photographie exceptionnelle, des décors filmés comme dans un rêve éveillé, un montage au cordeau, il n'y a vraiment rien à redire à l'aspect formel du film.
Malheureusement, Pitts s'avère aussi piètre scénariste que bon réalisateur. Car le synopsis du film tiendrait à l'envers d'un timbre-poste : un iranien voit sa femme et sa fille tuées par accident lors d'une manif, il se venge en tirant sur des flics au hasard.
Voilà. Une idée comme celle-ci permet de tenir 30 ou 40 minutes mais pas 1h32. Le film ne parvient pas à nous surprendre, ni à nous émouvoir, et le jeu mutique de l'acteur principal y est sûrement pour beaucoup.
Quand l'action se cantonne à la forêt (je ne peux pas trop en dire sous peine de déflorer l'intrigue finale), il me semble que le scénario dévisse vers le n'importe quoi improvisé, mais je peux me tromper.
En résumé : une réussite formelle, un échec narratif.
Un des plaisirs essentiels du cinéma est de ne nous faire voyager à bon compte.
Le premier intérêt du Choix de Luna réside d'abord dans le portrait parfaitement dessiné de Sarajevo et de sa région. Ville martyr, ville séduisante et moche, profondément exotique au coeur de l'Europe, avec ses minarets pointant fièrement vers le ciel dans un décor de montagne qui évoque la Suisse.
Dans ce cadre enchanteur, un jeune couple actif et moderne : elle est hôtesse de l'air, lui contrôleur aérien. Ils ne peuvent avoir d'enfant. Il est alcoolique. Ils sont issus d'un milieu musulman sans être croyants eux-mêmes. Leurs familles ont été marquées par la guerre, encore toute proche dans les mémoires.
Un jour, tout bascule. Lui (Amar) est viré de son travail. Il rencontre par hasard une vieille connaissance devenue intégriste. Petit à petit, il va se laisser fasciner par le groupe salafiste retiré du monde, au bord d'un merveilleux lac. Le film a ceci de remarquable qu'il arrive à nous faire douter de ce qui est bien, ou mal. Au départ nos gentils religieux semblent bien inoffensifs, et même leurs chants, leur solidarité peut leur attirer notre sympathie. Les choses se gâtent quand Amar ne veut plus serrer la main des femmes, puis quand il refuse les relations sexuelles avec sa copine avant le mariage, et enfin quand son ami devient polygame.
Le film est donc tout à la fois le tableau saisissant d'un pays encore balafré par les stigmates d'une guerre terrible, et la chronique habile d'un amour qui se défait sous le regard (par la faute) de Dieu. Le tout n'est pas sans quelques maladresses ici où là, largement compensées par une actrice très séduisante, des acteurs convaincants et une mise en scène très maîtrisée. Le rythme du film est vif et inspiré.
A voir, sur les quelques écrans qui le diffusent...
Une danseuse sur une scène, l'obscurité qui règne autour d'elle, la caméra qui virevolte magnifiquement, le grain de la photo est sensuel, son partenaire tout à coup se transforme en créature maléfique. Il s'agit d'un cauchemar. Enfin, peut-être.
Nina est danseuse professionnelle. Elle rêve d'obtenir le premier rôle dans la nouvelle production de son ballet : une version revisitée du Lac des Cygnes. Pour cela elle doit prendre place de la danseuse étoile (Winona Ryder), qui était la maîtresse du chorégraphe (excellent Vincent Cassel, qui pour une fois n'en fait pas trop). Elle doit aussi se méfier d'une nouvelle venue (étonnante Mila Kunis), aussi sensuelle et intuitive qu'elle est elle-même réservée et introvertie... Mais pour obtenir le rôle, elle doit apporter la preuve qu'elle peut être à la fois le cygne blanc, et son double maléfique, le cygne noir.
Darren Aronofsky, qui avait impressionné avec son excellent The Wrestler, livre ici une copie quasi-parfaite. Le film est troussé avec une maestria qui l'entraîne vers les plus hauts sommets : tout ce qui ce fait l'art de la mise en scène semble y être porté au plus niveau d'achèvement. La caméra évolue avec une liberté vertigineuse, le cadre est parfait, le montage irréprochable. Aronofsky signe une oeuvre qui parvient à être à la fois follement sensuelle et brillamment conceptuelle.
Natalie Portman trouve certainement là le rôle de sa vie. Elle est absolument bouleversante dans ce rôle de prodige vieillissant et hyper-sensible, tendue comme un arc vers la perfection. La folie est très présente dans le film (paranoïa, schizophrénie), et l'ambiance y est extrêmement pesante. Autant le dire, mieux vaut ne pas être trop sensible pour apprécier le film qui est fort déstabilisant lorsqu'il montre des modifications corporelles insolites dignes d'un Cronenberg, ou des apparitions qui font sursauter et génèrent des frissons comme a pu le faire en son temps le Shining de Kubrick.
Les 30 dernières minutes en particulier sont époustouflantes. Le film prend alors l'allure d'une sorte de toboggan de la peur et de l'horreur, accumulant les morceaux de bravoure, et culminant avec une danse du cygne noir qui peut dès maintenant être classée parmi les plus beaux moments de cinéma vus en 2011.
La personnalité de Nina, son éveil chancelant à la sexualité, son rapport difficile au corps et sa soif d'absolu vous accompagneront pour longtemps, si vous n'avez pas trop peur d'avoir peur.
Pour aller plus loin :
De nombreux blogs et articles listent les influences cinématographiques perceptibles dans Black Swan. Liste non exhaustive : Les chaussons rouges de Michael Powell, le cinéma de Cronenberg en général (et La mouche en particulier), Polanski (Répulsion, Le locataire, Rosemary's baby), le cinéma de De Palma (Carrie, pour la mère bien sûr, et Phantom of Paradise), La double vie de Véronique de Kieslowski, Showgirls de Verhoeven, Perfect Blue de Satoshi Kon, Suspiria d'Argento, La pianiste de Haneke.
Dans le Monde du 9 février, interview intéressante d'étoiles de l'Opéra de Paris sur la "véracité" de ce que montre Black Swan à propos du monde de la danse. Marie Agnès Gillot juge le propos du film "stéréotypé et ringard", mais Agnès Letestu déclare "tout est vrai, archi-vrai, même si caricatural". Brigitte Lefèvre, directrice de l'Opéra de Paris, a vu Black Swan comme une "caricature crédible".
Dans le genre Voici, savez vous que Natalie Portman a rencontré le père de son futur enfant sur le tournage de Black Swan. Le chorégraphe français Benjamin Millepied était en effet en charge de superviser les progrès en danse de l'actrice, ce qu'il a visiblement fait avec application. Il joue le Prince dans le film. L'heureux évènement est prévu aux alentours des dates du festival de Cannes.... Marion Cotillard doit également accoucher à cette époque (aucun rapport).
Si on en croit le New York Times, Vincent Cassel danse comme Fred Astaire. Est-il nécessaire de rappeler que le père de Vincent Cassel, Jean Pierre, était un danseur émérite (il joue dans Chorus Line) ?
Alors que le Tron initial savait distiller une poésie visuelle inventive et novatrice, le nouvel opus est une coquille vide sans aucun intérêt.
Ne parlons même pas du scénario, inexistant, vide, creux, idiot. Ne parlons pas non plus des personnages : Jeff Bridges en gourou new-age qui parle aux étoiles avec sa grande cape blanche, et qui est siiiii heureux de revoir son grand gamin de fils. Ce dernier, demeuré, dilettante, s'essaye au second degré dans un film qui ne s'y prête pas.
Parlons alors de l'univers visuel. Autant celui du premier Tron arrivait à nous faire ressentir "l'intérieur de la machine" autant celui du deuxième (et dernier, s'il vous plait) est stupidement formaté aux normes contemporaines.
Les méchants sont plutôt surlignés en orange, les gentils en bleu. Quand ils se battent avec les disques, on dirait des combats tirés de blockbuster lambda avec juste ce qu'il faut de chinoiseries. C'est niais, inepte.
Le film est tellement mauvais qu'il décourage l'analyse, le choix des éléments dont on peut se moquer parait infini : le ciel orageux (bouh, ça fait peur), les recyclages poussifs du premier opus (les voiles solaires, les combats de disque), les personnages ridicules (le tenancier de la boite ressemble à un Franck Dubosc numérique), la prestation abominable des Daft Punk casqués, les incohérences scénaristiques, la pauvreté de l'intrigue....
C'est lamentable, c'est à fuir, c'est nul.
C'est au premier Tron ce que Dany Boon est à Franck Capra.
Avant ma critique à venir (demain, je pense) de Tron Legacy, retour sur le premier volet
de Tron (1982) visionné hier soir en DVD.
Sans vouloir faire un cours d'histoire du cinéma, il est peut-être nécessaire de rappeler ce que ce film pouvait avoir de novateur à l'époque. Ce fut d'abord le premier film contenant des
séquences entièrement constitué d'images de synthèse (!!) à une époque où les PC ... n'existaient pas encore (!!!!!). Je sais, les plus jeunes d'entre vous ne vont plus lire Christoblog de la
même façon lorsqu'ils vont comprendre que j'ai connu une époque où les PC n'existaient pas.... ça me fait bizarre à moi aussi.
Steven Lisberger a vraiment eu une idée absolument hors normes en imaginant cette histoire de créateur de jeu vidéo qui finit par intégrer ses propres programmes. Lire interview ici. Que Disney ait accepté de financer un projet pareil laisse encore perplexe, ça ne
pourrait probablement plus se passer maintenant.
Le scénario est absolument quelconque, d'ailleurs, mais on s'en fout pas mal, car le film valait beaucoup par son esthétique. Le vaut-il toujours ? Oui, et ce n'est pas la moindre des surprises.
L'esthétique du film, servie par deux pointures (Moebius, qu'on ne présente plus, et Syd Mead, créateur de l'environnement de Blade Runner), fonctionne toujours.
Ce qui m'a impressionné, ce sont les audaces dans les associations de couleurs, qui donnent un effet visuel véritablement frappant et créent un objet qui fournit un univers cohérent, dans lequel
les références sont multiples (Tati, Alice aux pays des merveilles, Star Wars, qui date de 1977), magiques et élecTRONiques. Une très agréable surprise.
Merci mille fois à mymp qui m'offre cette magnifique affiche pour le festival d'hiver de Christoblog (pierreAfeu avait réalisé celle du festival d'automne).
Le festival se déroulera du 26 janvier au 14 mars et il concerne les blogueurs capables de voir 2 films par semaine.
Les films sélectionnés : Sortie le 26 janvier Je suis un no man's land (F), de Thierry Jousse avec Philippe Katerine, Julie Depardieu et Jacky Berroyer Angèle et Tony (F), d'Alix Delaporte, avec Clotilde Hesme Sortie le 2 février Le discours d'un roi (UK / Australie), de Tom Hooper, avec Colin Firth Carancho (Argentine / F), de Pablo Trapero, avec Ricardo Darin Sortie le 9 février Tron l'héritage (USA), de Joseph Kosinski, avec Jeff Bridges Black swan (USA), de Darren Aronofsky, avec Natalie Portman Sortie le 16 février Jewish connection (USA), de Kevin Asch, avec Jesse Eisenberg Sortie le 23 février True grit (USA), de J&E Coen, avec Jeff Bridges, Matt Damon et Josh Brolin 127 heures (USA),de Dany Boyle Sortie le 2 mars La permission de minuit (F), de Deplhine Gleize avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos
Les règles sont les mêmes que pour le festival d'automne.
Chacun m'envoie avant le 14 mars son classement des films par message privé : le meilleur film a 10 points, le moins bon 1 point. Le film gagnant est celui qui a le plus de points : il gagne
leFlocon d'or(bravo !). Attention : pour
que le vote d'un blogueur soit pris en compte, il doit avoir vu tous les films.
Avec son classement, chacun m'envoie également ses
Chaque participant a enfin la possibilité d'attirer l'attention sur un film coup de coeur sorti pendant le festival mais ne faisant pas partie de la
sélection. Le film le plus cité dans ce cadre reçoit un prix spécial.
Ben oui, voilà que Jérôme Garcin me cite comme détracteur ultime d'Au-delà (Bisounours au pays des Catastrophes !). Pour les pervers que ça intéresseraient il peuvent écouter les premières minutes de l'émission du 6 février ici (patienter 2mn24s). Merci à contre-plongée qui a attiré mon attention là-dessus (je n'ai pas écouté moi-même l'émission).
Difficile de parler de ce film en toute objectivité. En effet la relation fusionnelle entre le réalisateur et ses acteurs est tellement forte qu'on a du mal à considérer le film comme une oeuvre de fiction.
Comme on ne peut pas réellement dire qu'il s'agit d'un documentaire, voilà notre esprit cartésien d'analyste filmique pris en défaut et comme ... dans un no man's land ! Pour mieux se rendre compte de cet aspect du film, je conseille la lecture de cet article, dans lequel on apprend que le réalisateur s'est fait fait tirer dessus à balle réelle lors du tournage d'un court-métrage avec ces mêmes acteurs.
Du côté des + : une atmosphère unique, la découverte d'un univers auto-suffisant inconnu (les Yéniches, leurs valeurs, leur langue, leur mode vie), quelques éclairs intéressants dans la mise en scène, une belle tension dramatique dans la première demi-heure du film.
Du côté des - : des tics agaçants (les gros plans, les reflets), une juxtaposition de scènes sans rapports entre elles (les sermons), une progression du scénario très irrégulière, des moments quasi incompréhensibles, un aspect décousu (qu'on comprend mieux en connaissant les conditions de tournage).
Au final un OFNI (Objet Filmique Non Identifié), difficilement appréciable sur la base de concepts classiques et qu'on considérera plutôt comme un témoignage remarquable, en se demandant ce que le réalisateur pourra faire après avoir fait ça.
Ceux qui suivent ce blog savent que je voue un intérêt particulier au cinéma roumain.
Je pouvais donc difficilement ne pas aller voir le premier film du réalisateur Marian Crisan (que les fins cinéphiles / gestionnaires d'Allociné qualifient de "réalisatrice", probablement au simple examen de son prénom Marian). Le film a obtenu une récompense à Locarno.
Nelu, la quarantaine, est un villageois taciturne et mal marié, qui va pêcher de l'autre côté de la frontière roumano-hongroise. Il tombe un jour sur un clandestin turc égaré qui cherche à se rendre en Allemagne.
Loin de toute tension dramatique le film prend un parti-pris doux amer, composé d'humour à froid et d'understatement narratif.
Notre turc est donc très volubile (mais ses propos en turc ne sont pas traduit, créant un décalage comique), d'une bonne volonté à toute épreuve, et d'une naïveté confondante. Son comportement donne naissance à des scènes assez amusantes, comme celle où il copie la gestuelle de son hôte indiquant différentes directions aux policiers qui l'examine. Il s'en va, tente de passer la frontière, revient, comme un chewing-gum humain dont Nelu n'arriverait pas à se séparer.
Crisan utilise des procédés de mise en scène parfois originaux comme le glissement du centre d'intérêt du premier plan à l'arrière plan (le match de foot). Les situations sont parfois poétiquement burlesques, et les personnages semblent habiter un no man's land absurde et imaginaire, avant qu'on réalise que ce qui nous est montré est bien notre Union Européenne.
On peut reprocher au film certains travers classiques aux productions est-européennes (abus de plans fixes, montage poussif, étirement à l'extrême de certaines scènes), et il est loin de la meilleure production roumaine. Ses qualités justifient tout de même qu'on garde un oeil attentif sur ce réalisateur.
Je n'ai pas du tout adhéré au film. Et donc, je me suis ennuyé du début à la fin, regardant Ricardo Darin et Martina Gusman (la compagne du réalisateur à la ville) se débattre dans une histoire à laquelle je n'ai rien compris.
Regarder des poissons dans un aquarium : voilà exactement ce que j'ai ressenti durant la projection de Carancho. Regarder le poisson-ventouse nettoyer la vitre pendant une heure, la parade de deux bestioles se séduisant mutuellement, et des bagarres de poissons-combattants qui se mordent l'un l'autre. Les acteurs sont aussi expressifs que des Characidés ou des Guppies. Du coup, j'ai eu beaucoup de mal à rester jusqu'au bout. Je me suis senti oppressé sans être aspiré.
Ce qui me fait sourire, ce sont les critiques (comme celui du Monde) qui ont bien étudié le dossier de presse et qui exposent des données qui ne sont absolument pas dans le film : le nombre de morts sur les routes en Argentine par exemple.
Si on s'en tient au contenu uniquement, les péripéties du personnage principal restent complètement opaques et incompréhensibles. Il signe des trucs, fomente des machins et manigance des choses. Quoi exactement, en quoi consistent ces fameuses arnaques ? Bof, on ne sait pas trop.
L'histoire d'amour m'a laissé aussi complètement froid, à l'orée d'un baillement même pas bienveillant.
C'est filmé en plans resserrés (l'aquarium !) dans une atmosphère glauque et oppressante : ce n'est pas sans qualité et je comprends qu'on puisse aimer. Mais pour moi, peut-être un peu trop attaché à une trame narrative qui se tienne, c'est brouillon et confus.
Plusieurs raisons de m'intéresser à
Pour elle. D'abord, le réalisateur, Fred Cavayé, est rennais. Et alors ?, vous allez me dire. Et vous aurez raison. Ensuite le film a donné lieu à un
remake récent de la part de nos amis US : Les trois prochains jours. Par principe je ne vais presque jamais voir les remakes, par contre, j'essaye du coup
de voir les originaux (ce qui vaudra prochainement une critique sur ce blog de Anthony Zimmer, dont le remake The
tourist est un grave accident industriel). Et enfin, A bout portant, le deuxième film de Cavayé, m'a passablement intrigué, à la fois bourré de qualités et rempli de défauts.
Ouf, après cette longue introduction, que dire ? Que Pour elle est une sorte de degré 0 du thriller. Je veux dire qu'on est habitué depuis quelques années
à des twists incroyables qui changent totalement le fil du film, de telle façon qu'ici on s'y attend aussi. Et puis non, la trame narrative est bien celle qui est présentée, sans plus de chichi.
Le film, assez quelconque au début (mais n'est ce pas sa volonté ?) devient de plus en plus basiquement prenant. Le suspense est assez bien réussi, il faut le dire.
Le film casse-t-il trois pattes à un canard ou cinq pattes à un éléphant ? Non.
Mais on se laisse prendre, et pour servir ce thriller conforme aux standards originels du genre (le héros pourrait être vous), il fallait un héros qui vous ressemble. Vincent Lindon est nickel
pour ça : regards de chien battu et maniement du flingue juste correct, il est parfait en quidam se frottant aux gangsters.
A l'ouest des rails fait partie de ces films dont beaucoup de cinéphiles ont entendu parler, mais que très peu ont vu.
Il faut dire que l'idée de se coltiner un documentaire chinois de plus de 9 heures (oui, vous avez bien lu) sur la fermeture d'un complexe sidérurgique géant (vous lisez toujours bien), peut en refroidir plus d'un.
Cette critique concerne la première partie du film (Rouille), qui dure un peu plus de 4 heures.
La première comparaison qui m'est venue à l'esprit, c'est Alien. Passée une fascinante introduction sous forme d'un long travelling avant, monté sur un train s'enfonçant dans l'usine enneigée, le film impose tout de suite un point de vue quasi onirique sur ces lieux gigantesques (plus d'un million d'ouvriers ont travaillé dans ce complexe), dans lesquels les hommes paraissent des fourmis. Au milieu du métal en fusion, ils semblent démunis et en danger. Lorsqu'on les voit dans l'intimité de la salle de repos, ou dans les bains, on songe à des explorateurs se réchauffant dans le cocon de leur vaisseau spatial.
Le film, contre toute attente, n'est pas ennuyeux.
Il alterne trois types de séquences, ce qui ne laisse jamais la monotonie s'installer :
- les vues magistrales des lieux industriels, véritables poèmes visuels
- les scènes de groupes, captivantes et profondément dépaysantes (karaoké entre collègues après le travail, séjour à l'hôpital pour traiter les maladies dues au plomb, jour de paye, jeux d'échecs chinois, discussions sur l'avenir de l'usine, essais de vêtements)
- les interventions de personnes seules face à la caméra, qui sont autant d'historiettes émouvantes et parfois bouleversantes.
Wang Bing sait faire ressentir le temps qui passe (les évènements se déroulent sur plusieurs années) et de nombreux évènements marquants scandent le récit (un ouvrier est licencié, un autre meurt accidentellement dans une mare, du métal en fusion se répand accidentellement sur le sol..). On s'attache progressivement à ces Chinois qui paraissent toujours stoïques face à l'absurdité ubuesque de certaines situations.
Le film parvient ainsi à tenir en haleine (une gageure !), tout en présentant un objet qui ne ressemble à aucun autre et qui laissera à coup sûr son empreinte dans l'histoire du cinéma.
J'avoue que je ne connaissais absolument pas l'histoire de George VI avant de voir ce film. C'est tout juste si le roi est évoqué dans la volumineuse biographie de Churchill que je viens de finir. Et si le défaut d'élocution de Winston est bien connu (et rappelé dans le film), celui du roi l'est beaucoup moins.
Tom Hooper et son scénariste réussissent donc le prodige de rendre passionnant la simple histoire d'un roi bègue et de son orthophoniste peu orthodoxe, en tenant en haleine le spectateur pendant presque 2 heures.
Ce prodige n'est possible que par la grâce d'un casting génial et en particulier d'un acteur extraordinaire, Colin Firth, qui réussit à distiller une émotion sourde dès sa première apparition, émotion qui ne nous quittera plus jusqu'au dernier plan.
Il parvient magnifiquement à incarner la royauté, dans le moindre de ses gestes. Il EST Georges VI, exactement comme Natalie Portman est Nina dans Black swan.
D'ailleurs, l'analogie entre les deux films ne s'arrête pas là. Dans les deux cas, que voit-on ? La volonté en lutte contre le corps, le combat de l'esprit et de la matière. Les deux films sont servis par une mise en scène intelligente, il est vrai beaucoup plus classique dans Le discours d'un roi. que dans le film d'Aronofski.
Et enfin, les deux films filent vers une représentation finale, qui est aussi un climax narratif, dans laquelle l'esprit finit par dominer le corps pour le meilleur, ou pour le pire.
Autant le dire tout de suite, je suis sorti de la salle super énervé.
Payer 12,70 € pour voir un film en 3D dans une salle parisienne, ça me gonfle prodigieusement. On ne le dira jamais assez : la 3D n'apporte pratiquement rien au cinéma, en tout cas pour l'instant. La plupart des plans de ce film sont absolument normaux et comme d'habitude on a ajouté en post-production un effet qui va bien en 3D : des capsules de bouteilles dégommées par Kato et qui volent vers nous. La belle affaire.
D'autre part un détail idiot : regarder de la 3D en VO a quelque chose de complètement stupide puisque l'immersion totale qu'est sensée représenter le procédé est gâchée par ces mots en français qui s'incrustent (bien à plat) entre les meubles du premier plan et les personnages au fond.... ou l'inverse.
Et le film là-dedans ? Insignifiant. On l'aurait projeté au public sans dire que c'était Michel Gondry qui l'a réalisé, je suis certain que personne ne l'aurait deviné. C'est à peine si ici ou là un petit effet (une caméra à l'envers, des arbres qui s'enflamment) rappelle un tout petit peu qu'un réalisateur inventif tient la caméra. Quel gâchis.
En plus, le deuxième degré ne fait qu'effleurer le récit et le film finit par ressembler à ce qu'il veut caricaturer : un bon gros film américain de baston avec pyrotechnie à tous les étages. Dire que j'ai lu que Gondry pensait avoir inventé de nouvelles façons de filmer les scènes d'actions ! Il n'a pas pas du en voir beaucoup car les siennes n'ont vraiment rien d'original. Les prestations de Seth Rogen en benêt infatué, raciste et sexiste, et de Christoph Waltz en méchant sans charisme, sauvent (un peu) les meubles.
Mais au final, j'ai quand même l'impression très désagréable de m'être fait arnaqué.
Si certains se contentaient de faire ce qu'il
savent faire (de la télé, des BD, de la musique, diriger des revues de cinéma), cela nous épargnerait la vision de mauvais films qui ne ressemblent à rien comme Mammuth, Gainsbourg,
Rubber et le présent Je suis un no man's land.
Parce qu'on ne s'improvise pas cinéaste.
Ce que n'a pas compris Thierry Jousse, comme ses collègues qui ont commis les longs-métrages ci-dessus, c'est qu'un film ce n'est pas seulement un enchaînement
d'idées qu'il suffit de filmer.
Une fan envahissante, un costume de cosmonaute, des parents émouvants, un pitch surnaturel, une chanson de Katerine, un look seventies, une partie de baby-foot mélangés ne font pas une oeuvre
cinématographique.
Il faudrait un point de vue, une sensualité, une progression, et de vrais choix. A force d'hésiter entre le drame familial, l'ambiance mystérieuse (on songe à la série Le Prisonnier), la comédie sentimentale (avec morceaux chantés), le portrait d'artiste (Philippe Katerine) et le délire foutraque, le film finit par ressembler à une
mayonnaise dont les ingrédients n'ont pas pris.
Une fois que c'est raté, c'est raté. Et même les quelques fulgurances sympathiques, plutôt situées dans la deuxième partie du film, ne réussissent pas à sauver l'ensemble, d'autant plus que la
fin est particulièrement mauvaise.
Angèle et Tony souffrira peut-être de son titre. Pourquoi pas César et Rosalie, Thelma et Louise, ou Marius et Jeannette tant qu'on y est ? Il souffrira aussi de son affiche et de sa bande annonce, stylés "vols de mouette certifiés France 3 Normandie".
C'est dommage, parce qu'avec sa modeste diffusion, le film a besoin de public, et il le mérite.
Oh bien sûr, je pourrais faire la fine bouche, mais pour une fois je laisserai d'autres railler l'aspect tire-larmes redoutablement efficace du film, ses quelques carences (scénaristiques) et facilités (de mise en scène et musicales). Je préfère retenir la partition exceptionnelle que jouent les deux acteurs principaux : la sublime Clotilde Hesme, félin androgyne écorché vif, et le plantigrade de la Comédie Française, Grégory Gadebois.
Ne boudons pas notre plaisir : le film soulève dans sa deuxième partie des vagues d'émotions brutes comme cela faisait longtemps que je n'en avais pas ressenti au cinéma, et il le fait sans évènements exceptionnels ni effets appuyés, mais simplement en montrant de petites choses (regards, sourires), qualité que je ne pensais plus trouver que dans le meilleur du cinéma roumain.
Voir le visage des deux acteurs se métamorphoser au fil du film agite dans l'esprit du spectateur des sentiments arc-en-ciel dont il ne se dessaisit pas en poussant la porte de sortie du cinéma. Fragile, ténu, au bord de se casser la figure à plusieurs moments, le premier film d'Alix Delaporte est remarquable et remarqué. On peut penser que l'avenir du cinéma français s'écrit décidément au féminin.
Voilà un film qui respire le travail bien fait. Peter Weir n'est pas enrobé de la croute de sel dont les critiques de l'establishment ont entouré un ex-acteur ayant joué des cow-boys dans des westerns spaghetti. Il peut donc faire un film pépère, plein de jolis paysages et qui se laisse regarder sans ennui malgré ses 2h14.
Ici, contrairement à une Thailande de pacotille ravagée par un tsunami de carton pâte (comme dans le calamiteux Au-delà), la nature est sereinement mais terriblement toute puissante. Et les acteurs en subissent les attaques corporelles d'une façon assez convaincante (le maquilleur est un artiste).
Alors si on regarde le film comme un Tintin ou un bon vieux film d'aventure, cela fonctionne. Colin Farrell joue des gros yeux et en rajoute des kilos, mais l'aspect BD du périple fait assez bien passer la pilule. Il y a des moments d'émotion gérés avec délicatesse et une fin qui est un peu plus digne qu'une certaine fin récente dans une galerie couverte londonienne (ibidem).
Loin d'être un chef-d'oeuvre, un boulot honnête et pas tape à l'oeil.
Il y a des films où je me prépare à écrire une mauvaise critique, et je le fais. Des films où je m'apprête à sortir le dézingueur à recharge automatique, et à l'issue desquels je suis obligé de le remballer.
Et puis il y a des films où je me prépare à tresser des louanges, avec des tournures de phrase pratiquement prêtes une heure avant le film ... et puis je m'endors d'ennui pendant la séance.
Ce n'est pas que le film n'est pas intéressant, mais parmi les dix-huit interviews qui s'enchaînent pour nous raconter Shanghai, certaines sont intéressantes, mais d'autres un peu (beaucoup) lassantes.
Et puis les visions de l'actrice Zhao Tao errant dans les rues sans un mot n'apportent rien, au contraire. Comme l'insertion de courts extraits de films d'Antonioni, Hou Hiao Hsen et Wong Kar Wai, dont je ne comprends pas vraiment le sens. En plus tout cela est très compliqué si vous n'êtes familier de l'histoire de la Chine du XXème siècle.
Au détours de quelques plans on sent parfois l'immense potentiel qu'a Jia Zhang-Ke (comme dans ses films précédents Still life et 24 city) et qui éclatera un jour à la face du monde, j'en suis certain.
Cet article contribue modestement à compléter la très belle série de critiques qu'Anna consacre sur son blog à la légende arthurienne au cinéma.
Pour ceux qui auraient vécu sur la planète Mars ces dernières années, un petit rappel : Kaamelott est une série humoristique créée par un Alexandre Astier pour M6. D'abord constituée de très courts épisodes, à la manière de Caméra Café, qu'elle a remplacé, la série a ensuite évolué vers un format plus long pour aboutir dans son Livre VI à des épisodes de 50 minutes. Elle a regroupé jusqu'à 5 millions de téléspectateurs.
Autant le dire pour commencer, la série ne vise pas à donner une nouvelle version du cycle arthurien. Si les principaux personnages sont bien là, et globalement respectent certaines de leurs caractéristiques (Lancelot enlèvera bien Guenièvre, Excalibur est bien magique), ils ne fournissent qu'un fond approximativement cohérent aux délires d'Astier. Un élément cependant ; si le ton est résolument à la comédie (du moins dans les Livres I à IV), la quête du Graal fournit un bruit de fond à la fois absurde et lancinant à la série, tout à fait étonnant.
Un humour bien français
Il serait tentant de rapprocher Kaamelott de Sacré Graal. Je trouve pourtant que les deux oeuvres ne se ressemblent pas du tout. Autant le film des Monty Python est un archétype du non-sense britannique, autant l'humour de Kaamelott trouve sa source dans un fond typiquement hexagonal. Les dialogues sont le ressort principal du rire et on ne peut s'empêcher de songer à Audiard par exemple (Léodagan est un personnage tout droit sorti des Tontons Flingueurs). Chacun des personnages a son propre trait de personnalité, ses mimiques, ses tics de langages qui deviennent des répliques cultes. On pense évidemment à De Funés ou Fernandel. Ils fonctionnent d'ailleurs souvent en double (Yvain/Gauvain, Merlin/Elias, Perceval/Karadoc) dans une grande tradition française du duo comique. Personnage aux traits typiques + duo comique + jeux de mots = Astérix et Obélix.
Un des personnages les plus drôles, Caradoc, fait dans cette déclaration une démonstration parfaite de l'art d'Astier de jouer avec les mots, jusqu'à obtenir un effet d'embrouillamini sublime : "Le débutant, qu'est-ce qui fait ?, il attrape le fenouil par la tige, et essaye de donner des coups avec la partie sporadique[...] et ben non, en faite, qu'est-ce qu'on constate, quand on observe l'objet en détail, c'est que la partie sporadique, ne présente pas de prospérité et que donc, elle est lisse. Il vaut mieux l'attraper par la partie boulière, ou sporadique, et se battre avec la tige, la partie tigeuse, dont la pointe peut être considéré comme redondante !"
Kaamelott, série univers
Kaamelott est l'objet de son créateur, Alexandre Astier, qui en est l'acteur principal, le scénariste, le dialoguiste, le réalisateur, et qui en compose la musique. Il joue dans la série avec son père, sa mère, sa-belle mère, son frère, et fait apparaître ses enfants. Il décline de nouvelles trames narratives sous forme de BD, et bientôt de nouvelles, après avoir publié tous les dialogues, et avant une trilogie au cinéma dont le premier volet sortira en 2012.
Astier est tenté de tout inclure dans son monde : des dizaines de références à des éléments extérieurs ont été répertoriées, de Star Wars aux divinités japonnaises en passant par la coupe de monde de football.
Perceval : Bourvil meets Kafka
De tous les personnages, Perceval se détache pour beaucoup d'aficionados. Très bête, ne sachant ni lire ni écrire, mais surdoué en ce qui concerne les nombres et les jeux hyper compliqués (le fameux Sloubi, voir la règle, hilarante), ne reconnaissant pas sa droite de sa gauche, inconscient face au danger, il semble pourtant être marqué par le destin pour tenir un rôle prépondérant dans la quête, et Arthur ne s'y trompe pas, puisqu'il le tient en haute estime et déjeune souvent seul avec lui.
La composition du comédien Franck Pitiot est exceptionnelle et donne à la série des moments d'anthologie. Pour vous donner une petite idée de l'art Percevalien je vous conseille de passer 5 minutes à regarder le magnifique épisode 92 (L'inspiration) du Livre IV, ici en streaming.
La table ronde sur Christoblog, c'est aussi Excalibur.
Nul, pitoyable, bâclé, mièvre, superficiel, mou, racoleur, ridicule, ennuyeux, plat, vide de sens, inutile : et vous, quel adjectif trouverez-vous pour qualifier l'infâme Au-delà ?
Regardez Matt Damon sur cette photo : il ressemble à une éponge. Et bien, en vérité je vous le dis, il joue comme une éponge, il parle comme une éponge.
Cécile de France est toute contente d'être là, elle rigole en bêtasse franchouillarde, essayant de se doubler elle-même en Français et n'y arrivant que partiellement. Pauvre France (l'autre), montrée d'une façon aussi caricaturale que le rugby dans Invictus. Mitterrand vu par le fin connaisseur Eastwood : coureur et malhonnête ! Ca c'est de l'annalyse politique de haute volée !
Seul avantage de ce navet abyssal, c'est que l'imposture qui consiste à considérer Eastwood comme un grand réalisateur devrait normalement commencer à apparaître clairement aux yeux de tous.
Au-delà est en-dessous. De tout.
Certains trouvent que ma critique manquent d'arguments. Alors voici un complément.
Les Bisounours chez les morts. Ils sont sympas les morts. D'abord, ils sont toujours très disponibles pour répondre à Matt, notre interphone céleste. Gentil papa incesteux demande à fifille de lui pardonner. Bouh, comme c'est beau. Madame demande à Monsieur de refaire sa vie avec une autre, et sans traîner. Bouh, comme c'est altruiste. Jason a l'air de s'éclater comme un fou là-haut, il rigole tout le temps, trop drôle d'être mort. En plus il intervient dans la réalité, sauve son frère, et le remet face à ses responsabilités : soit un homme, aurait dit l'inspecteur Harry. Et une petite question amusante : si notre médium prend les mains de son frère, il parle avec ses parents ?
Les Bisounours au pays des catastrophes. C'est beau un tsunami. Quand vous êtes sur un balcon et que vous voyez tout ce beau spectacle en bas (sans que votre immeuble tremble, c'est un miracle), vous ne pouvez vous empêcher d'être ému. Quelques plans plus tard, votre immeuble a disparu de la plage (il a du avoir une faiblesse inopinée), mais ouf, au milieu des débris bien rangés par petits tas d'égale hauteur, et au milieu de cadavres déjà soigneusement alignés sous des draps miraculeusement repassés, vous retrouvez, par hasard, votre bien-aimée ! Celle-ci, emportée par les flots furieux n'a pas lâché le bracelet acheté à la petite fille (trooop mignonne) dont le nounours a suivi par miracle notre journaliste rescapée, le tout dans une eau cristalline.
Marcus, sur le quai de métro, n'a pas un cheveu qui bouge, et ne semble pas souffrir des oreilles alors qu'une bombe de grande puissance vient d'exploser dans un espace confiné à quelques dizaines de mètres de lui : ce gosse a quelque chose de spécial, vraiment.
Les Bisounours savent conclure. Ha, cette scène finale ! Une seule comparaison possible : notre grand Lelouch sur un scénario de Musso, notre futur prix Nobel de littérature. Tout y est : le regard éperdu de Cécile, la vision de Matt qui se voit tendrement chercher les lèvres de son amour, les mains qui s'unissent, la caméra qui tournoie, le ralenti, la musique. Rien à redire, c'est parfait. Et le décor, j'oubliais cette sublime galerie couverte, romantique en diable et si naturelle.
Je m'arrête là mais j'en aurais d'autres : Les Bisounours et Tonton, Les Bisounours au pays des pubs Blackberry, Les Bisounours font de la cuisine italienne, Les Bisounours jouent au travelling, Les Bisounours visitent une clinique, Les Bisounours à France Télévisions, Les Bisounours écrivent un livre, etc, etc.