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Christoblog

Articles avec #jasmine trinca

Diamanti

Etonnant film que ce Diamanti qui n'hésite pas jouer la carte du mélodrame à l'ancienne, avec grand renfort d'effets en tout genre, aussi bien de nature visuelle que scénaristique. 

On est au début un peu déboussolé devant ce qui apparaît être une avalanche de kitscheries diverses, et puis finalement le parti pris de l'émotion pure finit par nous atteindre et je dois avouer que la scène de la robe finale m'a arraché - pratiquement à mes dépends -  une petite larme.

Si le film finit par fonctionner au forceps, c'est principalement grâce à ses actrices très inspirées et aussi parce qu'il s'intéresse à un métier d'art en en montrant toutes les coutures, si je puis dire : celui de costumière (voilà que je me laisse gagner par le mauvais goût du film).

Un des autres points forts de Diamanti est de ne pas rechigner à nous faire rire, en nous présentant des archétypes poussés à l'extrême, ou en exploitant pleinement des situations visuellement comiques.

Le tout est baigné dans une sorte de féminisme diffus et bon enfant, parfaitement dans l'air du temps, puisque le casting du film ne comprend quasiment que des actrices, qui sont d'ailleurs réunies par le réalisateur dans une sorte de mise en abyme étonnante lors de laquelle Özpetek leur présente son film : une incongruité égotique qui laisse perplexe (comme la dernière scène, d'ailleurs).

Succès colossal au box office italien 2025 (plus de 2 millions de spectateurs), Diamanti mérite d'être vu car il ne ressemble à rien de ce qu'on peut voir en France : seul Ozon pourrait faire ici un film aussi candidement kitsch.

 

2e

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L'Apollonide, souvenirs de la maison close

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/83/94/26/19813240.jpgHier au Katorza, à Nantes, Bertrand Bonello était tout de noir vêtu. Il a très bien parlé de son film, pendant près d'une heure, sur un ton à la fois persuasif et humble, répondant avec patience au flot de questions d'une salle sous le charme de son film.

Avant de donner mon avis personnel, quelques anecdotes glanées lors de cette heure d'échange : l'Apollonide est le nom de la maison de son grand-père, le casting a été la partie la plus ardue du film (mélange d'actrices renommées et de non-professionnelles), Bertrand Bonello s'est souvenu d'une vision d'un film qui l'a marqué dans son enfance (L'homme qui rit) pour créer son personnage de la femme qui rit, et le rêve raconté dans le film lui a été donné par une femme de sa connaisance qui l'a vraiment fait. Comme quoi, mieux vaut faire gaffe quand on cause à un réalisateur.

Le film maintenant. Probablement un des plus beaux, des plus complexes, et des plus construits de l'année. Il regorge tellement d'idées de mise en scène différentes et contrastées (split screen, musique soul sur une histoire se déroulant au début du XXème siècle, glissements temporels, bande-son destructurée) qu'il paraît bien difficile qu'un spectateur adhère à toutes. Pour ma part, la fin m'a par exemple déçu (je ne peux en dire plus sans spoiler horriblement).

D'un point de vue cinématographique le film est cependant (et objectivement, vous me connaissez) une merveille. La photographie est splendide, les lumières exceptionnelles. On a plusieurs fois l'impression de voir un tableau vivant. Les mouvements de caméra sont parfois stupéfiants (le panoramique vertical de 360 d°). 

Le choeur des 12 actrices est remarquable et mérite à lui seul qu'on aille voir le film. Jamais, je pense, je n'ai vu au cinéma un groupe aussi homogène d'actrices, en terme de style, comme en terme de qualité de leur performance. Enfin, et c'est là que le film se distingue le plus, il faut attirer l'attention sur le montage, prodigieux. Bonello réussit à jouer avec le temps (à défaut de pouvoir agir sur l'espace, la maison close étant un espace confiné par définition) d'une façon qui emporte l'admiration, en jouant le plus souvent simplement sur une certaine façon d'interrompre brutalement des scènes par ailleurs assez lentes, voire languides. Cet art du montage entraîne le film dans une sorte de spirale ascentionnelle sans fin, qui entre en écho avec les étages de la maison, toujours devinés mais jamais clairement définis.

Il y a beaucoup, beaucoup à dire sur ce film sous d'autres angles encore, politique, féministe, érotique (mais comment peut-il l'être si peu ?), mais je vais m'arrêter là pour laisser à d'autres le plaisir de compléter mon approche.

Un film puissant, à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui laisse une impression de poésie et de mélancolie durable.

 

4e                                       

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