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Christoblog

Quantum of solace

J'ai fait partie de ceux qui avaient été bluffé par Casino Royale. J'avais vu le film à Paris, dans une salle comble qui avait applaudi à la fin ! Le film m'avait enthousiasmé, non pas en tant que Bond, car je ne suis pas spécialement fan de 007, mais simplement en tant que film d'action / sentiments.

Je l'avais trouvé intéressant au niveau du scénario, du rythme, de la parfaite exploitation des paysages et des décors (le casino au Monténégro était particulièrement réussi), du suspense, de l'épaisseur des personnages (Craig et Eva Green, excellents tous les deux et formant un beau couple, il faut le dire).

Quantum of Solace se présente comme une suite de Casino Royale, mais il n'en est que le codicille raté. Reprenons point par point les qualités de Casino royale :


Le scénario est cette fois inintéressant (malgré la signature du très bon et expérimenté Paul Haggis qui réalise lui-même des films honnêtes comme Dans la vallée d'Elah ou Collision). Les paysages traversés sont mal exploités (Bolivie, Italie, Haiti) et les manifestations filmées (le palio à Sienne, l'opéra) semblent lourdement "plaquées" sur l'histoire et ne s'y intègrent pas.

L'exploration des sentiments reste très superficielle et même caricaturale (oh oh la petite fille témoin de la mort de sa mère et de sa soeur se vengera-t-elle ? oh oh, et alors Bond le fera lui aussi ?). Craig est toujours assez charismatique mais son jeu très fermé, très "je serre les machoires et je fonce", très "je suis un bloc noir de reseentiment et je ne sourirai pas, non, non", use un peu.

Amalric fait un méchant potable mais notablement sous exploité. Olga Kurylenka a des petits airs de Sophie Marceau jeune, mais son jeu n'a pas la subtilité de celui d'Eva Green.

Enfin là où Casino Royale optait pour un réalisme violent et simpliste, Quantum nous sert de nouveau quelques scènes qui franchissent la limite du crédible (le saut en parachute, le festival de pyrotechnie dans le désert).

Bref pas grand-chose à sauver dans le film, qui en plus manque singulièrement de rythme : vous avez déjà vu Bond rester 10 minutes assis sur une moto sans rien faire ?
 

1e

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Mesrine : l'instinct de mort

Cécile de France et Vincent Cassel. La Petite Reine / Roger ArpajouLe voilà.

On l'attendait depuis longtemps le film français dramatique / d'action / thriller qui tiendrait la comparaison avec les standards américains. Tendu, rythmé, palpitant, Mesrine ne rougirait pas d'être placé aux côtés des Affranchis ou de Il était une fois en Amérique.

D'où Richet tire t'il sa mise en scène si efficace ? Le fait est qu'on est scotché de bout en bout. Les scènes de suspense pur (l'évasion) alternent avec les scènes de violence qui, nombreuses, sont vraiment éprouvantes (la femme dans les escaliers, l'Algérie, l'extraction de la balle, les Rangers dans la foret, la fosse).

La caméra de Richet est à la fois discrète, virtuose, inspirée.

Cassel tient peut-être là le rôle de sa vie, cassant, vif, séduisant, ignoble. La force de sa volonté pure éclabousse tout le film : il EST Mesrine. Tous les autres acteurs sont parfaits, les femmes en particulier.
Du souffle, du rythme, de l'ampleur (ces paysages parisiens ou américains dans toute leur largeur), une maîtrise jouissive du montage, une osmose parfaitement réussie de l'intime et du public, des scènes d'action, des sentiments intenses : un grand et bon film.

De plus, si vous ne connaissez pas l'histoire de Mesrine, le scénario est bien ficelé et remarquablement intéressant.
Mesrine prend aux tripes, à l'opposé du film d'auteur compassé, il ouvre une nouvelle voie dans le cinéma français.

Décomplexé !  

 

4e

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Vicky Cristina Barcelona

Scarlett Johansson. Warner Bros. FranceAprès sa trilogie londonienne, Woody continue son tour d'Europe et nous emmène cette fois-ci en Catalogne.

Le film commence sur les chapeaux de roue. Voix off dessinant à grands traits les contours des personnages, puis arrivée en force de Javier Bardem, tout en virilité assumée, dans une scène excellente où il fait des propositions, disons, assez abruptes, à nos deux touristes américaines.

Les réactions contrastées, toutes en nuance, de la brune Vicky et de la blonde Cristina, puis le week end à Oviedo sont vraiment délicieux. Le marivaudage est drôle et profond à la fois.

De retour à Barcelone, le film se gâte. Il commence à tourner un peu en rond, il se traîne, Woody donne l'impression de prendre son temps, tout amoureux qu'il est de Scarlett Johansson. L'irruption de Penelope Cruz, n'arrange rien, car elle est beaucoup moins crédible que les deux autres actrices et en fait trop (un peu comme d'habitude). La venue du mari de Vicky ajoute dans la dernière partie du film un peu d'intérêt par le ridicule contraste qu'il forme avec Bardem, mais la morale qu'il dessine est un peu poussive : Allen=Europe=personnage de Bardem=créateur, alors que mari de Vicky=matérialisme=superficialité.

Le coup de feu final tombe un peu à plat.

On a dit que le film était très sensuel, mais Woody n'est sexuel qu'intellectuellement, et à vrai dire il ne sait pas trop comment filmer les scènes de sexe. Tantôt il ne les filme pas (les amants tombent hors champ), tantôt la prise de vue en très gros plan est un peu floue, tantôt un coin de table masque opportunément ce que tout le monde voudrait voir.

Même la scène entre Scarlett et Penelope, sensée être un summum de sensualité, laisse de marbre. Rien à voir avec le trouble sensuel extrême que procurait le baiser des deux héroïnes de Mulholand Drive (tiens, une brune et une blonde aussi).

Par moment, le film fait vraiment "Woody visite l'Europe", après Venise, Paris, Londres : Barcelone, et son parc Guell, sa Sagrada Familia, etc...

La bonne surprise du film est l'actrice Rebecca Hall, que je ne connaissais pas, et qui est très bien.

 

2e

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Le silence de Lorna

Le silence de Lorna a obtenu le prix du meilleur scénario au festival de Cannes 2008.

D'une certaine façon, lorsqu'on a dit ça, on a tout dit.

Le scénario est en effet effectivement très bien, et rappelle immédiatement le cinéma de Kieslowski, référence en matière de dilemme psychologique.

Le problème est que ce scénario, très bien charpenté, n'est qu'un séduisant squelette que les frères Dardenne peinent à habiller de chair.

Si l'actrice Arta Dobroshi est parfaite, les personnages masculins sont un peu trop typés et manquent de complexité. Le rythme du film est celui qu'en sport on qualifierait de faux lent : on ne s'ennuie pas vraiment, mais on n'est pas vraiment entraîné non plus. La comparaison avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours est cruelle. Ce dernier film nous atteignait en plein coeur, il instillait une ambiance de tension extrême, viscéralement éprouvante, Le silence de Lorna ne fait que jouer avec notre intellect, sans vraiment nous émouvoir.

La séquence de fin est à ce titre exemplaire : ni vraiment onirique, ni vraiment réaliste (une fugitive qui ne se retourne jamais ?), ni vraiment poétique, elle est .... vraiment bizarre.

Le cinéma des frères Dardenne est souvent sec comme un coup de trique, il en oublie quelquefois l'obligation de plaire. 

 

2e

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La belle personne

Evidemment, Les chansons d'amour vont marquer pour lontemps le cinéma de Christophe Honoré. Ce film était si puissant, si plein, si entier, si rythmé, qu'il emportait tout sur son passage, comme un fleuve romantique.

La belle personne n'évite pas d'une certaine façon la redite ou la nostalgie : mêmes acteurs (Garrel, Leprince Ringuet, Clotilde Hesme), apparition en guest star de Chiara Mastroianni, vues de Paris en hiver, et acteur chantant du Beaupain au plus fort de la crise.

Cette filiation n'est pourtant pas dérangeante. La belle personne est comme un addendum élégiaque aux Chansons d'amour, qui lui exploitait plutôt une veine lyrique et romantique.

La première partie du film patine un peu. Les jeunes acteurs ont du mal a trouver leurs marques, je trouve qu'il y a des problèmes de bande-son qui rendent une partie des dialogues inaudibles et les cours de l'upper-class parisienne ne passionnent pas.

Dans la deuxième partie, quand le scénario se concentre sur les personnages principaux, le film devient captivant et atteint des sommets (le nettoyage de la cour par exemple, les derniers plans). Rarement la douleur quasi physique de l'amour aura été aussi bien montré au cinéma. La musique triste du barde folk et maudit qu'était Nick Drake contribue a instaurer une ambiance envoûtante.

Christophe Honoré se révèle de film en film un cinéaste étonnant et extraordinairement doué. Ses mouvements de caméra, ses montages cut, sa façon de carresser les personnages, ses innovations stylistiques : il y a de grandes promesses dans ce cinéma-là.

Enfin impossible de conclure cette critique sans un hommage particulier à l'actrice principale, Léa Seydoux, perle opaque au teint blanc et aux cheveux noirs, qui irradie le film de sa beauté et de sa présence.

 

3e

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Kung fu panda

Paramount Pictures FranceBon, j'ai accompagné ma fille Valentine voir Kung Fu Panda.

Résultat : ma fille ne m'a pas dit en sortant : "c'est trop bien" ou "trop génial". Un signe.

Le fait est que l'animation américaine a perdu ces dernières années le peps retrouvé un temps par les productions Dreamworks et Pixar.

Sans démériter, Kung Fu Panda est assez ennuyeux et on aura plus de matière à lister ce qui manque qu'à énumérer ce qui y figure.

Allons-y : pas de second degré, pas de morceaux chantés et irrésistibles, pas de subtilité dans le scénario, pas de rythme, aucune originalité, pas de lyrisme, pas d'évolution de la psychologie des personnages. Voilà.
Que dire de plus ? Au début on peut croire un instant que le film va être une sorte d'apologie des gros et des obèses qui finissent par transcender leur état à force d'opiniâtreté (même en restant parfaitement stupides).

Las ! Il deviendront as du Kung Fu, en débit du bon sens, comme les autres... Pas aussi mauvais que Bee l'abeille (notre étalon de nullité en matière d'animation) mais beaucoup moins bon que Schrek, Mulan ou l'Age de Glace.

 

1e

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Entre les murs (en avant première avec Laurent Cantet et François Bégaudeau)

Haut et CourtCritique très spéciale ce soir puisque je viens d'avoir le privilège de voir Entre les murs en avant-première à l'UGC Atlantis de Nantes.

Laurent Cantet est passé avant le film, conforme à son image, tout de noir vêtu, cheveux blancs, solidement campé sur le sol, s'exprimant très clairement et avec un certain charisme. L'essentiel de son discours a porté sur sa rencontre fortuite avec Bégaudeau dans l'ascenseur d'une station de radio, son coup de foudre pour le livre, puis sur la genèse du film. Il revendique haut et fort le caractère de fiction du film ("ce n'est pas un documentaire"), acceptant par contre le terme de film-dispositif, proposé par l'intervieweur.

François Bégaudeau, présent lui aussi, ressemble furieusement ... à lui-même dans le film.


Physiquement d'abord : baskets, jean noir, t-shirt marron fonçé. Par son attitude ensuite, plus volubile que Cantet, charriant les spectateurs comme il charrie les élèves dans le film ("quels sont vos sentiments sur le film que vous allez voir ?" "Je vois des grognons au fond de la salle", etc). Dans le discours, il insiste comme Cantet sur le fait que les acteurs sont vraiment acteurs, et ne jouent pas leur propres rôles. Il raconte par exemple comment l'acteur Boubacar fait Haut et Courtsemblant de ne pas savoir ce que signifie la "légende" d'une photo, alors que le vrai Boubacar le sait, et comment il est capable de jouer 10 fois de suite cette scène.


Je vous conseille vivement sur tous ces sujets (comment est né le film) et pour un retour passionnant sur la carrière de Laurent Cantet la lecture des Cahiers du Cinéma de septembre 2008. Vous y apprendrez par exemple que l'histoire de Souleymane était dans la tête de Cantet avant qu'il lise le livre.

Et le film alors ?

Je pense qu'il va bien marcher, et que les polémiques vont enfler.
Il va marcher parce qu'il est plaisant à suivre, avec juste ce qu'il faut de rebondissements, de tension dramatique, de naturalisme, d'humour, d'émotions. Parce sa mécanique est assez bien huilée et qu'il montre ce que peu de Français peuvent voir en vrai : l'intérieur d'une salle de classe. Et comme tout endroit secret, cet endroit est attractif. Normalement, tous les profs devraient aller voir le film, ainsi que leur famille, ainsi que tous les collégiens, et leur famille, ça fait déjà du monde !
Les acteurs sont par moment assez irrésistibles et ont un sens de la répartie qui fait souvent mouche. On pourrait assister à une sorte d'emballement autour de leur personnalités, avec répliques cultes à la clé : "c'est pas un livre de pétasse".

D'un point de vue de cinéphile, on notera que le parti pris de mise en scène (gros plans et très gros plans en grande majorité, couleurs blafardes, numérique) ne nuit pas globalement au rythme du film, dont le montage est par ailleurs assez habile avec un sens de l'ellipse très efficace. Le scénario est par contre à mon sens un peu léger, les personnages des profs étant par trop caricaturaux (le bon, le rigoriste, le vieux, la bêtasse, le jeune qui craque...), ce qui ne permet pas aux François Bégaudeau. Haut et Courtsituations de développer à plein leur potentiel dramatique. Certaines intrigues sont mêmes avortées (la mère de Wei).
Est ce que le film mérite une palme d'or ?
Objectivement on peut hésiter, comparé par exemple au pur objet cinématographique qu'est Un conte de Noel. Ceci dit il reste un objet visuel, narratif et sociétal absolument hors norme, et en tant que tel, sa distinction n'est pas outrageante.

L'attribution de la Palme d'Or (au sujet plutôt qu'à la forme, comme l'avait annoncé préventivement le président Sean Penn) ne fait donc qu'anticiper les polémiques qui ne manqueront pas de se développer à la sortie du film. De quoi parle t'on exactement quand on parle d'Entre les murs : du film ? de son contenu ? de l'école aujourd'hui en France ? de ce qu'est un prof parfait ? Celui qui critiquera l'attitude de François Marin (trop progressiste, trop provocateur, angélique, égocentrique) s'opposera à celui qui défendra la discipline à l'école, mais les deux ne parleront pas cinéma.

Il y a fort à parier que le film entraîne un débat sur une question de société (l'école) que les Français n'ont plus abordé frontalement depuis longtemps, plus qu'un débat sur lui-même. C'est ce qu'a d'ailleurs fort sagement espéré Laurent Cantet ce soir à Nantes, allant jusqu'à affirmer avant de nous quitter (avec humour et un certain sens commercial) que le film méritait d'être vu 3 ou 4 fois.

Si vous aimez le cinéma et/ou vous vous souvenez avoir été à l'école et/ou avez des enfants d'age scolaire, difficile de ne pas aller vous faire une idée par vous même.

3e

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Bons baisers de Bruges

Brendan Gleeson. SNDRégulièrement arrivent ces derniers temps de très bonnes comédies anglo-saxones. L'année dernière dans la veine comédie dramatique (et grinçante), c'était Little Miss Sunshine. En début de cette année, en tant que comédie sentimentale, c'était Juno.

Et cette fois-ci c'est dans le genre comédie policière anglaise que se distingue Bon baisers de Bruges (Le titre original In Bruges est bien meilleur).

Le scénario est particulièrement bien ficelé. Le contraste entre nos deux acolytes et la merveilleuse cité médiévale, filmée à la fois comme un endroit rêvé et un lieu touristique à consommer, est en soi porteur de multiples ressorts Jordan Prentice. SNDdramatiques et comiques.

Les acteurs sont fameux, Colin Farrell en multipliant les mimiques infantiles est irrésistible, Brendan Gleeson, autre acteur irlandais dégage une force tranquille et son jeu nuancé est un parfait contrepoint aux accès juvéniles de Farrell, irlandais lui aussi. Enfin Ralph Fiennes est parfait en Harry (un ami qui vous veut du mal) sec, impitoyable et ne rigolant pas avec l'honneur (y compris pour lui même).

Le film au final ne ressemble à rien de connu. Le caractère totalement imprévisible de l'histoire et les situations burlesques - voir surréalistes - font penser à Tarantino (dans les face à face, impossible de dire à l'avance qui va tuer qui), mais la patine anglaise donne un film très européen, et aussi très anti-américain.

Une excellente soirée.

 

3e

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Be happy

Poppy est merveilleuse, pleine de vie et de fantaisie, rayon de soleil dans la grisaille de Londres, toujours enthousiaste, altruiste, voulant le bonheur de tous. Souriante, gaie, voyant le bon côté des choses, patiente avec les enfants. Que des qualités ! (sauf les fringues, mais elle anglaise, donc à moitié pardonnée).

Poppy est chiante, factice, maniérée. Poppy est aveugle à ce qui l'entoure, elle veut être dans l'empathie mais n'y est jamais vraiment. Poppy n'écoute pas les autres. Sa bonne humeur chronique est un danger public, un pousse au meurtre. Elle porte sur les nerfs. Ses amis en ont marre, les mecs la fuient (qui aurait envie de vivre avec une Chantal Goya hystérique ?).

Mike Leigh est un cinéaste subtil, qui peint un Londres attendrissant, qui dirige ses acteurs à la perfection (extraordinaire Scott !), et qui arrive à montrer comment l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Mike Leigh est un cinéaste opportuniste qui a perdu la force sèche de ses premiers longs métrages et qui se fourvoie dans une comédie sentimentale qui commence comme un Woody Allen, se finit comme un Amélie Poulain et a essayé entre temps de se prendre pour l'Almodovar des débuts (Pepi..).

Faites votre choix. En ce qui me concerne je me suis ennuyé pendant de longs moments et Poppy m'a plus énervé qu'amusé, mais je comprends que l'inverse soit vrai.

 

2e

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Gomorra

Le PacteQuand on a lu le livre avant de voir le film, on est toujours déçu. Ce vieil adage de lecteur cinéphile se vérifie une fois de plus avec Gomorra.

Le livre de Roberto Saviano est une bombe documento-romanesque. Tout y est : des visions d'apocalypse (comme le premier chapître, qui donnerait une scène d'ouverture au film beaucoup plus forte que la vraie, déjà vue cent fois chez Scorsese et d'autres), des histoires romanesques, de la profondeur psychologique et sociologique. Le livre est à la fois un brûlot politique et un écrit plein de suspense (l'écrivain est infiltré). Bref de la matière à cinéma.

Le résultat filmé est décevant. Face à la richesse surabondante du livre, Matteo Garrone a sélectionné quelques destins individuels. Mais sans le background explicatif et journalistique du livre, les maigres intrigues du film deviennent presque incompréhensibles (qui comprendra pourquoi Maria est tuée ? comment fonctionne le marché de la contrefaçon et à quoi correspondent les enchères que montre le film ?), et on a beaucoup de difficultés à s'attacher aux personnages.

L'ennui n'est pas loin, surtout dans la première partie du film.

Reste une mise en scène assez élégante, mélangeant avec bonheur le style "caméra à l'épaule" et une recherche esthétique et mélancolique dans les tons et les ambiances (la voiture accidentée parmi les fausses statues, le buldozzer sur la plage...).

La récompense cannoise semble un peu généreuse, c'est probablement le caractère social du film qui l'explique. Un conseil : lisez le livre.

 

2e

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Scoop

Je profite de l'été et des soldes sur les DVD pour voir des films que j'ai raté à leur sortie.

Ainsi, j'attendais beaucoup de Scoop. Trop sûrement.

J'ai adoré Match Point, trouvant que Woody Allen revenait en pleine forme après toute une série de film mineurs et presque auto parodiques.

Si Scoop n'est pas nul, il n'est pas réussi non plus. Le scénario, beaucoup plus prévisible et moins retors que celui de Match Point, ne vaut pas grand chose. L'idée du bateau de la mort est une belle idée, qui rappelle la fantaisie du Woody du tout début, mais elle n'est pas vraiment exploitée.

Woody lui même, en tant qu'acteur, en fait beaucoup trop, même si l'idée du magicien / metteur en scène est intéressante. Il finit par être ridicule, on dirait du Luchini sous amphétamine. Hugh Jackman est transparent. Scarlett Johansson est par contre absolument craquante et on voit bien que notre tombeur de Woody est tombé amoureux d'elle et lui offre ce film comme un écrin. Il faut dire qu'avec ses lunettes et ses moues de fille un peu bêtasse elle est vraiment renversante.

 

2e

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Valse avec Bachir

Valse avec Bachir est un film remarquable à plus d'un titre.

D'abord il met en oeuvre un processus d'animation assez original, souvent à tendance monochrome, mais utilisant aussi des contrastes colorés violents avec des couleurs vives, et incluant enfin des photos dans l'animation.

Certains objets (les palmiers par exemple) semblent être des éléments photographiques incrustés. Le travail sur certaines textures (la mer, les arbres de la forêt), certains reflets (les vitres de voitures, l'oeil du cheval), est intéressant. La façon dont les visages s'expriment est un peu trop figée, mais lors de certaines interviews, un éclair dans l'expression révèle soudain un trait de personnalité.

La narration est aussi intéressante. On s'attend avant la projection à un film sur la guerre, et on débute curieusement par un travail sur la mémoire ou plutôt l'amnésie. Les anecdotes sur la guerre elle même sont certes poignantes, mais tous les films de guerre bien faits montrent toujours la même chose : des troufions de base apeurés, terrifiés, qui en viennent à faire n'importe quoi (comme par exemple tuer des innocents ou danser au milieu des balles), des gradés absents, incompétents, gérant leur propre mal être comme ils peuvent (hilarante animation de film porno).

Ceci étant dit, j'ai trouvé qu'on accrochait quand même difficilement au film, ou alors seulement par moment. Je ne sais pas si cela est dû à un certain manque de rythme, à de réelles fautes de goût (les images de la fin sont de trop), ou à un manque de souffle artistique global.

La comparaison, inévitable, avec Persepolis penche en faveur de ce dernier sur tous les points (narration, qualité et inventivité de l'animation, rythme, beauté visuelle).

A aller voir de tout de même, surtout si vous ne savez pas exactement ce qui s'est passé dans les camps de Sabra et Chatila.

 

2e

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Roman de gare

Audrey Dana. Les Films 13Comme d'habitude avec Lelouch je ne sais pas trop quoi penser de Roman de gare.

A la première vision, j'ai pris un certain plaisir, c'est vrai. Le scénario est au début assez bien ficelé. Le passage dans la montagne est intéressant, parce qu'une douce ambiguité plane sur le récit, on ne voit pas bien où on va.

Les acteurs sont bons. Audrey Dana est un sacré bout d'actrice, les nerfs à vif, séduisante. Dominique Pinon est une "tronche". Quant à Fanny Ardant j'adore la détester, donc son personnage me convient parfaitement.

La deuxième partie est plus convenue, l'intrigue policière montre ses grosses ficelles, la crédibilité globale du projet en prend un coup.

Le film contient pas mal de Leloucheries appuyées (stations services, autoroutes, effets de surprises sans surprise, happy end, flic aussi peu crédible que possible, etc...).

Allez, on va dire pas mal dans catégorie Lelouch, qui est une catégorie à part.

 

2e

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Closer

Natalie Portman. Gaumont Columbia Tristar FilmsBien, bien. Voilà donc un film du vétéran Mike Nichols, qui fit en son temps Le Lauréat , si vous pouvez vous en souvenir.

Closer
peut d'abord se distinguer de la production américaine moyenne par la "verdeur" dirons nous, de ces dialogues, ou leur extrême crudité si on veut , qui n'a guère d'équivalent dans le cinéma américain actuel. Le cinéma des frères Farelly est cru, mais plus par les situations que par les phrases. Ici, les paroles comptent beaucoup, et la scène du dialogue sur internet vaut son pesant de .... strings.

D'ailleurs un des intérêts primordiaux du film est de voir comment Julia Roberts, qui dit peu de paroles obscènes dans le film, parait capable des pires horreurs.

Pour ceux qui connaissent Nip/Tuck, il y a bien sûr des similitudes : sexe cru, intérieurs designs magnifiquement filmés (j'ai vu le film en format blu ray, qui change vraiment l'aspect esthétique), élégance de la mise en scène.

Les 4 acteurs sont dignes de mention. Jude Law est le parfait loser à baffer, très convaincant. Natalie Portman est hot, comme d'habitude. Clive Owen est le plus fort des 4, puissant, trompeur, trompé, trompeur, mais dégageant une puissance basique incontournable.

La mise en scène est efficace, voire novatrice, les brusques sauts dans le temps étant à la fois déstabilisants et grisants.

Il ne manque pas grand-chose pour que le produit soit franchement enthousiasmant. Il manque la patte d'un Woody Allen dans Match Point par exemple, qui emporte tout par son flot de noirceur incandescente.

 

3e

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Un conte de Noël

C'est parti pour les films de Cannes avec le film de Desplechin, qui frappe tout de suite fort.

Un conte de Noel est en effet un film profond, amusant, virtuose, émouvant, captivant, bref, une Palme d'Or en puissance.

Premier point : les acteurs. Amalric est absolument prodigieux. Il signe une performance époustouflante, tour à tour cabot, insupportable, séduisant, inquiétant. Il dégage une vitalité quasi sur-humaine : qu'il tombe face contre terre, qu'il se shoote au cocktail médocs+alcool, qu'il subisse une ponction lombaire, il se relève toujours alors que les autres le croient mort (et sa soeur en particulier).

Force de la nature, ou force de l'imaginaire desplechinesque plutôt, toujours prêt à désescalader les murs de brique. Toute la distribution est à l'avenant : Catherine Deneuve, comme un sphynx, et surtout son mari (Jean Paul Roussillon), adorable. Chiara Mastroianni, pleine de sensualité. Anne Consigny comme une vitalité à l'envers, un trou noir qui absorbe tout sentiment, toute joie. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu une distribution aussi éblouissante (et j'oublie Emmanuelle Devos, craquante en juive imperturbable au milieu de ce joyeux bordel). Et Melvil Poupaud, transparent et tellement commun qu'il en devient attendrissant.

Deuxième point : un scénario magnifique. Une intrigue au départ assez simple (une soeur bannit son frère, puis ce frère s'avère un donneur de moelle osseuse potentiel susceptible de sauver la mère) vite ramifiée, puis débordée par d'autres intrigues, petites, grandes, sauvages ou tristes. Le tout est foisonnant de vie, bruissant de cinéma.

Troisième point : une mise en scène à montrer dans toutes les écoles de cinéma. Inventive, percutante, inspirée. Les personnages qui s'adressent à la caméra, le diaphragme qui isole une partie de l'image, les cadrages inhabituels, le théâtre d'ombre, etc... on n'en finirait pas d'énumérer les preuves de virtuosité, mais cette virtuosité n'est pas gratuite, elle est au service des histoires que raconte de film, et c'est ce qui est merveilleux.

Que dire de plus ? ... le jeu subtil autour des concepts temporels. A l'enchainement quasi théâtral (unités de lieu, d'action, de temps) sur quelques jours de la deuxième partie du film, répond la profondeur que donne la première partie avec ses flash back 5 ans en arrière, et bien au delà pour tout ce qui concerne la mort du petit Joseph, ombre tutélaire qui plane sur tout le récit.

Et ce sens du rythme, exprimé dans un montage à la fois haletant et maîtrisé ! Et la façon de filmer les paysages urbains de Roubaix, terre natale de Desplechin ! Et comment un simple cadrage sur une photo ancienne peut susciter l'émotion ! Et la neige, simplement la neige ! Et le choix des musiques !

Si Sean Penn, que j'adore comme réalisateur, n'avait pas dit bêtement qu'il récompenserait un film "social" (ce qui aurait du le disqualifier immédiatement en tant que président du jury), nul doute que Un conte de Noel aurait été très proche de la Palme, ou au moins du prix spécial du jury.

Le lot de consolation attribué à Catherine Deneuve est triste, mais comme elle l'a reçu avec beaucoup de dignité (ou aurait dit le personnage du film), on le prendra comme un coup de chapeau à l'oeuvre toute entière.

Du grand art. 2h23 qui s'écoulent comme un rêve tissé de cruauté et d'élans, d'émotions et de beautés.

Les références vont bien sûr du côté de Bergman, mais d'un Bergman polisson, ou un peu bourré. D'un Dostoievski chez les Ch'tis, mais avec l'intensité d'un polar, l'insolence d'un Woody Allen et un sens de la réplique vacharde jouissif (le "elle conduisait mal" pourrait rester dans les annales).

Sûrement ce qui se fait de mieux dans le cinéma français aujourd'hui, et s'il vous plait à ne rater sous aucun prétexte. 

 

4e

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Marie Antoinette

Kirsten Dunst. Sony Pictures EntertainmentSofia Coppola ne s'embarrasse pas de psychologie, ni de politique et encore moins de sociologie.

Ce qui l'intéresse, c'est un regard "à plat", dans lequel peut s'exprimer la sensualité brute (des êtres, de la nature, de la lumière, voire du temps qui passe) et aussi ses propres goûts (en matière de musique par exemple).

Dans Virgin Suicide ou Lost in Translation, ses parti-pris collaient finalement assez bien au(x) sujet(s). Incommunicabilité, autisme, suicide inexplicable, barrière de la langue et de la culture : tous ces éléments s'harmonisaient très bien avec la mise en scène distancée et esthétisante de Sofia Coppola.

Dans Marie Antoinette, le récit n'arrive pas à décoller, et quand on connait la biographie écrite par Antonia Fraser dont le film est tiré, c'est bien dommage. La vie de la reine a été en effet d'une complexité incroyable, d'une tristesse infinie, et l'évolution de la petite autrichienne tout au long de sa vie est un sujet dramatique de première importance.

Que le film ne traite que la période versaillaise et occulte toute la descente aux enfers (les Tuileries, la fuite à Varennes, la Conciergerie, l'horrible façon dont les enfants seront traités, la mort de Louis XVI, le procès, sa propre mort), c'est bien sûr un choix de Sofia Coppola, mais quel dommage de se priver de cette dimension qui fait tout le sel du personnage historique. Du coup, le projet, dont on comprend vite qu'il vise surtout à restituer la futilité de l'époque en multipliant les nuances de roses et les recettes de gâteau à la fraise, devient un peu vain.

La performance de Kirsten Durst est tout de même éblouissante, elle est assez proche de la Marie Antoinette qu'on a en tête après les 600 pages du livre de Fraser. Jason Schwartzman, impayable dans le récent A bord du Darjeeling limited, est assez convaincant dans le rôle d'un Louis à la fois digne et dépassé par les évènements.

Tous les autres personnages ne sont malheureusement qu'esquissés, Fersen en particulier est assez raté.
Le film n'échappe pas à une certaine miévrerie (la rêverie à propos de Fersen sur le champ de bataille...). Il peut également procurer certains moments de grâce.

 

2e

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Wonderful town

Anchalee Saisoontorn. Memento FilmsAlors, autant le dire tout de suite, je ne suis pas très objectif quant à ce film thailandais puisque j'étais il y a quelques semaines à quelques kilomètres du lieu de tournage (en vrai).

En plus cela fait plus d'un mois que je n'étais pas retourné dans la salle obscure...
Wonderful town est un film d'ambiance, avec la lenteur qui en est l'apanage, sans l'acuité de Kiarostami, sans la sensualité de Wong Kar Wai.

Mais pour un premier film, c'est quand même pas mal du tout.

Aditya Assarat se révèle être un cinéaste particulièrement habile dans la façon de filmer les architectures (intérieures et extérieures) ainsi que les paysages, ici, magnifiques entre mer et montagne. Sa direction d'acteurs semble un peu plus flottante et malheureusement son scénario peine un petit peu à tenir la distance d'un long métrage.

Ceci dit, le film reste une expérience sensorielle et intellectuelle stimulante.

L'ombre de la tragédie y règne en maîtresse et la fin, qu'on ne peut dévoiler sans gâter le plaisir du spectateur, est un aboutissement signifiant à l'ensemble du film, tourné tout entier dans l'ombre portée du tsunami. Prometteur. 

 

2e

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Trilogie Jason Bourne

Affiche teaser américaine. Universal Pictures La première fois que j'ai vu le premier Jason Bourne sur ma télé, je me rappelle être parti me coucher à la moitié du film. Je garde un souvenir sombre et désagréable de cette première expérience.

Aujourd'hui, après avoir acheté le coffret de la trilogie en DVD et regardé 2 fois (oui, 2 x) ce premier opus, je dois revoir mon jugement. Car La mémoire dans la peau (The Bourne Identity) premier film de la trilogie paru en 2002 a très bien vieilli.

Des premières scènes sur le bateau, réalistes et nauséeuses à souhaits (qualificatifs qui vaudront peu ou prou pour les 3 films), aux péripéties bourguignonnes, le film est assez intéressant par son ton sec et sans affects : l'actrice (Franka Potente) par exemple, n'est vraiment pas glamour, et c'est tant mieux !

L'aspect mal dégrossi de Matt Damon, sorte d'ado mal dans son corps, un peu comme Spiderman, et qui se découvre lui-même tout au long du film est plutôt bien vu. Les tueurs qui arrivent d'un peu partout sont pas mal aussi, surtout en tenant compte du fait que le dernier ne tue pas celui que l'on croit.

En ce temps là (déjà 6 ans) il n'y avait guère que certaines séries américaines (24 h chrono) qui pouvaient s'aligner sur l'aspect par moment très réaliste du film.

Dans le deuxième opus, la séquence initiale qui se passe à Goa est à la fois prometteuse (très bien rythmée) et décevante (elle sombre dans le mélo que le premier volet avait su éviter). La suite est très bonne, la réalisation de Paul Greengrass accentuant l'aspect semi-documentaire de l'aventure, notamment en filmant agréablement les transports en commun. L'atmosphère très Europe de l'Est est bien rendue et le scénario se tient. The Bourne Supremacy ne démérite donc pas, même si j'ai une légère préférence pour le tout premier de la série.

Enfin, The Bourne Ultimatum, ou La vengeance dans la peau, le dernier film de la trilogie, plutôt bien accueilli par la critique, m'a paru moins intéressant.Franka Potente et Matt Damon. United International Pictures (UIP)
 
D'abord, parce que pour la première fois, l'action se porte aux USA, ce qui donne à l'action forcément un air de déjà vu. Le scénario lui, s'"hollywoodise" si je puis dire, et s'éloigne de la sèche originalité du premier volet, dont on comprendra a posteriori que le thème (qu'on doit à l'écrivain Ludlum) ai pu enflammer l'imagination de Van Hamme pour lui donner l'idée initiale de la série BD XIII.

Meilleur que le deuxième, moins novateur que le premier, le troisième opus est toujours une classe au dessus de la production de films d'action américain moyen.
Matt Damon s'y affirme comme l'anti Tom Cruise ou l'anti Bond, héros fadasse et attachant d'une série haletante qui manie les codes du suspense urbain avec brio.

2e


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Bienvenue

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Ca n'a rien à voir avec le cinéma mais vous pouvez voir ici quelques photos de mon périple le long du Transsibérien, ça vous donnera un bol d'air frais !
Vous l'avez peut-être remarqué : la bannière du blog a évolué et c'est l'ami pierreAfeu qui en a conçu le graphisme. Vous aurez droit de temps à autre à quelques variantes de mon cru, toujours issues de l'original.


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Trois enterrements

Tommy Lee Jones et Barry Pepper. EuropaCorp DistributionJe délaisse les salles pour l'instant, car il n'y a rien de vraiment passionnant. Peut-être l'approche de Cannes qui freine les sorties.


En tout cas, cela me permet de visiter ma collection de DVD non vus. Et hier soir je me suis pris Trois Enterrements, le premier film de l'acteur Tommy Lee Jones, en pleine poire.

Que dire en premier ? Que ce film est exactement ce que No country for old man aurait pu être s'il n'était pas raté. (Bon, avec une entame comme ça, je ne vais pas avoir que des amis).

D'abord un scénario jouissif, très bien construit, dévoilant progressivement ses méandres. Une mise en scène subtile, mettant somptueusement, et simplement, car les deux ne sont pas incompatibles dans ce film, les paysages de la frontera. Une galerie d'acteurs étonnantes avec un Barry Pepper à baffer, tellement représentatif d'une certaine Amérique. Et puis surtout un ton, qui manque cruellement aux films américains récents et qui pouvait ne venir que d'un metteur en scène non professionnel.

Un ton sec et dépouillé fait de montage serré, voire "cut", d'ellipses narratives, de personnages dessinés - avec quelle justesse - par une seule réplique ou une seule expression.

Bref, que du bon et un grand moment de cinéma. Je ne mets que 3 étoiles de justesse car la toute fin fait un peu dans le pathos, mais j'attends avec impatience le deuxième film de Tommy Lee Jones, annoncé pour bientôt.

3e

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