Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Articles avec #mike leigh

Deux soeurs

Ils ne sont pas si nombreux les films qui tentent de capter notre attention pour nous montrer des personnages résolument antipathique.

C'est ce que propose ici le talentueux Mike Leigh, en dressant le portrait de Pansy, profondément inadaptée au monde (jusqu'à un point thérapeutique), et qui passe son temps à s'engueuler avec absolument tous ceux qui l'entourent, mari, fils, soeur, nièces et quidams.

Il faut l'indéboulonnable bienveillance de sa soeur Chantal, aussi solaire que Pansy est ténébreuse , pour petit à petit amener la pauvre femme à fendre l'armure.

Si le début du film est assez intéressant (tout est fait pour qu'on déteste l'héroïne, et cela marche jusqu'à en devenir comique), sa deuxième partie m'a laissé plus perplexe. A partir du moment où Pansy devient mutique, le ressort principal du film (détester celle qui nous énerve) se casse, et l'aspect un peu programmatique des autres personnages devient alors trop visible. 

On se perd un peu dans un enchevêtrement de scènes dont on ne comprend plus trop le fil directeur. C'est dommage, car Deux soeurs proposait jusqu'alors une expérience hors du commun, poussant loin les curseurs dans le domaine de la malaisance.

Mike Leigh sur Christoblog : Be happy - 2008 (**) / Another year - 2010 (*) / Mr Turner - 2014 (***)

 

2e

Voir les commentaires

Mr Turner

On ne peut pas dire que je sois un grand fan du Mike Leigh british, à la mode Another year.

Aussi ai-je été plutôt agréablement surpris par ce biopic, qui est plus qu'un biopic.

Pourtant le film commence assez faiblement : l'acte de peindre est survolé, les personnages sont ennuyeux, la photo carrément kitsch. Timothy Spall (prix d'interprétation masculine à Cannes) surjoue dans un mode porcin, avec force grommellements et ahanements.

Tout cela ne présage rien de bon, jusqu'à ce que la folie dévorante pour la peinture n'envahisse progressivement l'écran, écrasant famille, amour, santé. Turner, homme du passé par son éducation et sa constitution, devient un homme d'avenir par son art. Il invente (presque) l'abstraction, observe avec gourmandise un nouveau monde naître avec ses daguerréotypes, ses trains et ses machines à vapeur.

La grandeur du film se situe exactement dans cette contradiction : alors que tous meurent autour de lui (père, fille, soeur, M. Booth, enfant de Haydon, Noirs sur le bateau, noyée...) la modernité naît partout, et seul Turner semble la distinguer.

Le peintre est un visionnaire qui perçoit seul ce que les autres ne sont pas encore capable de voir : telle est la leçon de ce film, un des plus beaux jamais réalisé sur le sujet de la peinture.

 

3e

Voir les commentaires

Another year

Affreux.

Il y a des films mauvais, des films ennuyeux et des films insupportables. Another year fait partie de cette dernière catégorie, qui englobe en l'espèce les deux premières.

L'acteur principal (Jim Broadbent) est nul. Quand il regarde la caméra, on a l'impression qu'il oublie ce qu'est le cinéma. Il éructe de temps à autre une phrase convenue avant d'aller pianoter sur son ordinateur au ralenti. Une catastrophe. Sa femme est à peine meilleure.

Le couple principal est donc inexistant et on se prend souvent à se demander : mais quel intérêt de s'intéresser à ces faux bobos même pas drôles ?

Le problème N°1 du film est que chaque personnage semble écrit une fois pour toute en début de film et ne change plus d'un iota jusqu'à la fin, ignorant superbement les interactions avec les autres. Le fils, la copine du fils, l'ami Ken : ces personnages ne sont que des caricatures grossières. Le vrai personnage un peu intéressant du film est Mary (Lesly Manville), la copine sur le retour qui drague tout ce qui bouge, y compris le fils de ses amis. Elle est aussi caricaturale que les autres, mais elle évolue et on s'intéresse un peu à elle.

Quant aux messages que véhicule le film, on ne peut qu'être interrogatif : Cultivez votre jardin ? Ne vous occupez que superficiellement de vos amis ? Soyez écologiquement conforme ? Je sais tourner un film sur la solitude ? Je peux être aussi chiant qu'Antonioni ? A force de brouiller les pistes, Mike Leigh s'embourbe, avec une rare inélégance, et sur la longueur (2h09 interminables).

Bon, je renonce un peu à raconter tout ce qui fait de ce rogaton une des pires productions de 2010, parce que le coeur n'y est pas. 

 

1e

Voir les commentaires

Be happy

Poppy est merveilleuse, pleine de vie et de fantaisie, rayon de soleil dans la grisaille de Londres, toujours enthousiaste, altruiste, voulant le bonheur de tous. Souriante, gaie, voyant le bon côté des choses, patiente avec les enfants. Que des qualités ! (sauf les fringues, mais elle anglaise, donc à moitié pardonnée).

Poppy est chiante, factice, maniérée. Poppy est aveugle à ce qui l'entoure, elle veut être dans l'empathie mais n'y est jamais vraiment. Poppy n'écoute pas les autres. Sa bonne humeur chronique est un danger public, un pousse au meurtre. Elle porte sur les nerfs. Ses amis en ont marre, les mecs la fuient (qui aurait envie de vivre avec une Chantal Goya hystérique ?).

Mike Leigh est un cinéaste subtil, qui peint un Londres attendrissant, qui dirige ses acteurs à la perfection (extraordinaire Scott !), et qui arrive à montrer comment l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Mike Leigh est un cinéaste opportuniste qui a perdu la force sèche de ses premiers longs métrages et qui se fourvoie dans une comédie sentimentale qui commence comme un Woody Allen, se finit comme un Amélie Poulain et a essayé entre temps de se prendre pour l'Almodovar des débuts (Pepi..).

Faites votre choix. En ce qui me concerne je me suis ennuyé pendant de longs moments et Poppy m'a plus énervé qu'amusé, mais je comprends que l'inverse soit vrai.

 

2e

Voir les commentaires