Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Christoblog à Cannes

Pour la première fois, Christoblog va traîner du côté de la Croisette, du 19 au 27 mai, muni de la modeste accréditation Cannes Cinéphiles.

Je ne désespère pas de voir quelques films de la compétition officielle, moyennant (si je suis les conseils de blogueurs plus expérimentés) une bonne dose de patience et d'humilité.

En tout cas, pour suivre mes (més)aventures au coeur du plus grand festival du monde rien ne vaudra la page :

ou pour être encore plus réactif :

Si vous aussi prévoyez d'être à Cannes, vous pouvez m'envoyer un message privé pour échanger N° de portables.

La sélection de 2012 a une sacrée gueule avec les habitués (Audiard, Cronenberg, Haneke, Im Sang-soo, Kiarostami, Ken Loach, Resnais), la jeune garde (Wes Anderson, Lee Daniels, Matteo Garrone, Hong Sang-soo, Jeff Nichols, Reygadas, Walter Salles, Dominik), et 3 de mes réalisateurs fétiches (Mungiu, Vinterberg, Nasrallah). Sans compter l'énigme Carax et les inconnus, en tout cas de moi (John Hillcoat, Ulrich Seidl, Sergei Loznitsa). Tous les grands pays européens sont représentés (sauf l'Espagne), et l'Afrique, l'Asie et l'Amérique du Sud également. Il ne manque qu'un petit film iranien pour que le panorama soit complet.

Les à-côtés sont particulièrement alléchants avec le duo Delépine/Kervern, Xavier Dolan, Omirbayev, Trapero, Wakamatsu et Lou Ye dans Un certain regard, et Dario Argento, Miike, Fatih Akin et Weerasethakul hors compétition.

Si j'arrive à voir qu'un quart de tout ça, j'aurai réussi ma semaine.

 

Voir les commentaires

Avengers

Je m'attendais sûrement trop à quelque chose de décalé, une sorte d'assemblage dans lequel les différentes personnalités de super-héros se seraient confrontées et enrichies. Une sorte de Sept samouraïs à la sauce Marvel, ce qu'avait assez bien réussi X-men : le commencement.

Las. Passés les premiers instants qui remplissent ce cahier des charges (formidable ce que peut faire Scarlett Johansson avec une chaise), le film devient la lourde machinerie à baston, avec scènes interminables de méga-bagarres entre les méchants et les gentils. Heureusement que Robert Downey Jr zèbre parfois le film d'une remarque acerbe et que Hulk apporte un petit zeste de surréalisme dans l'affaire (comme le moment où il ratatine le méchant après que ce dernier s'est proclamé Dieu).

A part ça, on ne peut que souligner l'aspect terriblement américain du produit, en notant au passage qu'un vrai héros US préfère courir le risque d'anéantir le monde entier plutôt que de stopper l'invasion d'immondes bestioles en rayant Manhattan de la carte. A la fin du film, on aperçoit une vue de la Tour Eiffel illuminées par les feux d'artifice : aux sauveurs américains les Français reconnaissant !

Impossible également de ne pas penser lors de l'attaque finale aux attentats du 11 septembre, les immeubles s'écroulent, les dégats sont immenses mais aucune image ne vient troubler le spectacle, pas de corps qui tombent, pas de cadavres dans les rues.

Tout est donc bien calibré, bien propet. Du grand spectacle bien foutu, mais sans caractère.

 

2e

Voir les commentaires

Avé

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/99/86/19721479.jpgIl arrive qu'on aille voir des films un peu à reculons (par conscience professionnelle de blogueur, si je puis dire) et qu'on en sorte conquis.

 

La première partie d'Avé est classique. La bande-annonce la résume très bien, ce qui devient d'ailleurs un peu énervant, tant les BA révèlent désormais la structure des longs-métrages. Un jeune homme se rend en stop à l'enterrement d'un ami à Roussé. Il rencontre sur la route une jeune fille un peu bizarre, Avé, qui semble mentir (presque) tout le temps.

 

On est immédiatement séduit par les physiques curieux des deux jeunes, leur jeu sobre et intense, et la mise en scène très élégante de Konstantin Bojanov. L'errance des deux héros de routes paumées en petites gares, dans des paysages monotones et tristes, se suit avec plaisir. Quelques scènes, comme celles du routier allemand, révèlent déjà un cinéaste de talent.

 

A l'arrivée à Roussé, le film prend une toute autre ampleur et devient véritablement génial. Cette partie est dans la veine d'Angelopoulos ou de Nuri Bilge Ceylan. Certaines scènes (le repas de deuil) peuvent déjà figurer dans le best of 2012, par leur beauté, leur sensibilité à fleur de peau et leur maîtrise parfaite. Ces moments concentrent toutes les émotions (psychologiques, narratives, plastiques, émotionnelles) que peut apporter le cinéma.

 

Après cet apex, les personnages et nous-même ne pouvons que redescendre sur terre. On reprend alors la route, on en apprend un peu plus sur Avé (très belle scène au téléphone), on s'égare un peu, on se perd de vue, mais ce n'est pas grave. Le plus beau a eu lieu.

 

Une découverte indispensable. Et un autre film bulgare sur Christoblog : Eastern plays

 

3e

Voir les commentaires

Babycall

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/68/56/20017475.jpgTout n'est pas mauvais dans Babycall, au contraire. Les acteurs sont par exemple très bien. Noomi Rapace (la Lisbeth du Millénium norvégien) est parfaitement convaincante en mère paranoïaque.

 

La mise en scène de Pal Sletaune est élégante, j'allais dire typiquement scandinave dans sa précision, son utilisation optimale de la largeur du cadre, sa photographie grise et claire. Je ne connaissais d'aillleurs pas ce réalisateur, à propos duquel je vous conseille le beau dossier que le site Cineaster.net (consacré au cinéma nordique) lui consacre.

 

Ambiance lourde, mystère s'épaississant progressivement : le début du film est plutôt bon.

 

Le seul problème du film - mais il est de taille - c'est l'aspect complètement approximatif du scénario, qui nous égare dans une myriade de fausses pistes qui deviennent progressivement contradictoires entre elles.

 

Le problème des manipulations de spectateur ("ce que tu vois n'est pas ce que tu crois, non, non, non"), c'est qu'elles doivent suivre une logique absolument implacable pour fonctionner (Le sixième sens, Les autres sont de bons exemples).

 

Ici, on comprend assez rapidement que ce qu'on voit n'est pas ce qu'on croit, mais comme les scénaristes y ajoutent fantômes, visions extra-lucides et scènes qui logiquement ne peuvent exister si on se conforme au twist final, l'égarement est complet.

 

C'est dommage, parce que ce film (primé à Gérardmer), méritait bien mieux que ce travail de sagouin.

 

2e

Voir les commentaires

Les vieux chats

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/81/71/19759656.jpgUne vieille dame perd sa lucidité. Elle est dans cette phase (début d'Alzheimer ?) durant laquelle les périodes de lucidité, majoritaires, alternent avec les absences, de telle façon qu'elle est parfaitement consciente d'avoir des absences. 

Sa fille, lesbienne, vient la voir en fin d'après-midi en vue de lui faire signer un contrat qui lui permettrait de s'installer dans l'appartement de sa mère, cette dernière étant relogée ailleurs.

Le compagnon de la vieille dame (qui n'est pas le père de la fille), tente de l'en dissuader. La copine de la fille lesbienne, très mâle (elle se fait appeler Hugo) débarque dans l'après-midi.

Ce film chilien présenté à Cannes l'année dernière dans la sélection ACID est un exercice de style intéressant, qui aurait idéalement fait l'objet d'un excellent moyen-métrage. Sur le format du long, il ménage quelques scènes un peu longuettes, mais est heureusement sauvé en grande partie par la prestation époustouflante de l'actrice principale, nonagénaire. La mise en scène de Sebastian Silva est maîtrisée, et même très talentueuse quand il s'agit d'évoquer les moments d'absence (le lavabo qui déborde...).

Un film intéressant pour ceux qui suivent le cinéma d'Amérique Latine, un peu ennuyeux pour les autres, peut-être.

 

2e

Voir les commentaires

Margin call

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/78/77/19786946.jpgL'idée n'était pas mauvaise : raconter de l'intérieur et en temps réel (ou presque) une catastrophe ressemblant à la chute de Lehman Brothers.

Le problème c'est que Margin call, sur cette bonne base, parvient à rater tout ce qu'il entreprend, et ce, malgré un casting carrément étoilé : Jeremy Irons, Kevin Spicey, Demi Moore, et le photogénique Zachary Spock Quinto (Star trek).

Le scénario est au départ trop simple (toute la faillite du système financier mondial tient sur une clé USB), puis trop compliqué (MSB, kesaco ?), et enfin trop démonstratif. La conclusion du film est en effet simpliste : le bon (Kevin Spicey) fait des vilaines choses par sens du devoir, parce que "si c'est pas lui, ce sera un autre". Et aussi parce que sa chienne est morte. Le méchant est cynique, mais de tout temps le capitalisme a besoin de méchants cyniques qui gagnent. Voilà.

Plusieurs personnages sont hyper-caricaturaux, réduits à des silhouettes (comme les traders, qu'on ne voit même pas en action), et le film manque cruellement de rythme, d'enjeux dramatiques, de tension. La mise en scène est proprement affligeante, le réalisateur ne parvenant même pas à faire des champ/contrechamp raccord.

On s'ennuie donc ferme. Je me suis demandé pourquoi j'étais en train de regarder des personnes regarder le soleil se lever : je devrais le faire moi-même, l'effet serait plus frappant, et pour moins cher.

 

1e

Voir les commentaires

Miss Bala

J'ai vu ce film lors du Festival des 3 continents 2011, et j'en garde un souvenir ému.

Le film commence comme un nième opus sud-américain montrant comment une fille pas très riche cherche à briller en s'inscrivant à un concours de beauté (et je jure qu'elle a des atouts - cf photo ci-contre !).

Mais très vite, elle se trouve emportée dans une affaire criminelle, malgré elle, dont elle ne va pas parvenir à sortir. Le film fonctionne donc sur un principe type "After Hours", enchaînement haletant et inévitable de situations de plus en plus problématiques pour l'héroïne, jusqu'à un climax ... dont je ne parlerai pas.

Miss Bala est un thriller de haute qualité, que nombre de productions US pourraient prendre en exemple.

L'actrice principale, outre sa plastique exceptionnelle, donne un visage résolu et rationnel à cette aventure un peu abracadabrante. On guette avec elle la moindre échappatoire, et le film est absolument réaliste de ce point de vue. Il est servi par des acteurs très crédibles (le malfrat à sang-froid est glaçant) et une production haut de gamme (rien de moins que Diego Luna et Gabriel Garcia Bernal aux manettes). Miss Bala a représenté le Mexique aux Oscars, et il donne du pays un tableau en creux qui, s'il n'est pas flatteur, est passionnant.

Des sensations, de l'émotion, du suspense, de l'exotisme, je conseille vivement Miss Bala.

 

3e

Voir les commentaires

Le prénom

Le prénom permet de passer un bon moment, et c'est déjà ça.

Bien sûr, il s'agit quasiment de théâtre filmé, l'action se déroulant le temps d'une soirée entre amis d'enfance, dans un appartement parisien (dont le décor a été intégralement construit pour les besoins du film).

L'impression d'être au théâtre est renforcée par le fait que les comédiens principaux du film jouaient également au Théâtre Edouard VII, où la pièce à été donnée plus de 200 fois (sauf Charles Berling). C'est peut-être pour cette raison que le film semble si efficace, du moins dans ses deux premiers tiers, avec un rythme enlevé et des réparties qui font mouche, quittant (un peu) les sentiers battus de la comédie franchouillarde de repas bourgeois.

La fameuse histoire du prénom n'est que le prétexte initial à un grand déballage, à la fois amusant, tendre et cruel.

J'ai tout particulièrement aimé la prestation de l'incroyable Guillaume de Tonquédec, décisif en timide un peu mou, que les autres prennent pour un homo (la preuve : il écoute Etienne Daho et porte des chemises oranges), ce qu'il n'est pas, comme le twist final le révèlera. Bruel est absolument convainquant en quarantenaire qui a réussi, face à un Charles Berling campant idéalement le bobo de gauche, qui lit Télérama et n'a pas de télé. Les deux actrices (Valérie Benguigui et Judith El Zein) sont au diapason.

Un divertissement de qualité.

 

3e

Voir les commentaires

Querelles

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/78/54/20071272.jpgUn couple discute dans une voiture du drame qui vient de se dérouler dans la nuit : la soeur et le beau-frère de la femme se sont tués dans un accident de voiture. Ils se rendent à Téhéran où ont été transportés les corps.

 

Sur la banquette arrière, le jeune fils du couple décédé regarde le paysage.

 

Particularité de la situation : les deux protagonistes principaux sont sourds-muets et conversent grâce à la langue des signes, que l'enfant ne comprend (a priori) pas.

 

Comment lui annoncer la terrible nouvelle ? Faut-il l'adopter ? Y'a t'il d'autres membres de la famille qui pourraient le faire ?

 

Ce pitch étonnant et improbable fonctionne à merveille. La distance entre les dialogues sous-titrés (forcément !) et le visage impassible de l'enfant permet d'exprimer toute une gamme de sentiments délicats, dans une succession de paysages particulièrement émouvants.

 

Le cinéma iranien est pour le moins contrôlé et limité dans ses moyens. Comme souvent, on dirait que ces contraintes poussent le réalisateur Morteza Farshbaf a trouver des artifices de mise en scène particulièrement ingénieux et adaptés à la situation : variation extrême de focales, jeux admirables avec la lumière et même l'obscurité, composition de plans recherchée (le rétroviseur), bande-son exceptionnelle.

 

Je ne peux pas en dire plus, sous peine de déflorer le plaisir du spectateur, mais ce portrait plutôt amer que doux est par moment absolument brillant. Le réalisateur ayant souvent accompagné Kiarostami sur ses films, on sent la patte du maître, mais il y a dans ce film des idées originales très prometteuses. A suivre donc.

 

Retrouvez tout le cinéma iranien sur Christoblog.

 

3e

Voir les commentaires

Festival de printemps 2 : les résultats

FP2bTrois votants seulement pour ce festival (ffred, Bob Morane et myself), qui sera le dernier de ce type sur Christoblog. Sniff.

Une certaine lassitude semble s'être abattue sur les participants, et sur moi par voie de conséquence.

Un grand vainqueur : 

Meilleur film : Tyrannosaur (18 pts), talonné par Les adieux à la reine (17 pts), puis Perfect sense (12 pts), Eva (11 pts), Twixt (10 pts), I wish (9pts) et 2 days in New York (7 pts)

Meilleur Réalisateur : David MacKenzie et Paddy Considine

Meilleur acteur : Peter Mullan

Meilleur actrice : Olivia Colman

Meilleur scénario : Perfect sense et Tyrannosaur

Prix spécial : 3 films cités : La terre outragée, L'enfant d'en haut et A moi seule.

Merci à tous ceux qui ont participé à un des sept festivals organisés sur Christoblog : vous avez été 26 au total !

A bientôt pour de nouvelles aventures....

 

Voir les commentaires

Tyrannosaur

J'ai rarement vu installer une atmosphère de violence sourde et de catastrophe imminente aussi efficacement que le fait Paddy Considine dans Tyrannosaur.

On est littéralement happé par le personnage joué par l'excellent Peter Mullan. On le craint, on le comprend, on le réprouve et il parvient presque à nous communiquer son désir de violence.

Lorsque sa solitude triste et forte rencontre celle d'Hanna, jouée par l'admirable Olivia Colman, on se demande bien vers où le film va bien pouvoir aller. La violence la plus immonde régnant au domicile de la malheureuse Hannah, on craint le pire : entre celui qui ne contrôle pas ses pulsions et celle qui subit la violence abjecte de son mari, que va-t-il se passer ?

Le film réserve un chemin tortueux à cette rencontre, en servant deux acteurs magnifiques par une mise en scène toute en douceur, d'une redoutable efficacité, par une photographie admirable, grise et claire à la fois, et par une belle musique.

Le film réserve quelques scènes magnifiques, il est tendu comme une corde d'arc, maigre comme un clou et sec comme un coup de trique. Du bel ouvrage.

 

4e

Voir les commentaires

Radiostars

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/39/18/20045123.jpgIl est très rare que j'ai envie d'insulter un film, de lui dire "Casse toi, pauv'con !" ou "Tu pues", mais c'est ici le cas.

 

Passons rapidement sur sa nullité intrinsèque : personnages caricaturaux (le gentil rigolo, le timide qui écrit superbien, le colérique, le vieux beau, le bègue, le con, l'androgyne, le juif), invraisemblance et vacuité absolue du scénario, sentimentalisme dégueulasse, absence totale d'idées originales, scènes en roue libre, mise en scène indigente... bon j'arrête là, je pourrais en noircir une page mais le film ne le mérite pas.

 

Radiostars n'est pas seulement très mauvais, il est aussi extrêmement nauséabond.

 

Au menu : blagues pédophiles à deux balles, vision des femmes comme SOIT des objets à baiser le soir à l'hôtel (et c'est encore plus rigolo si elles sont fascistes - dans ce cas un juif peut venger 6 millions de juifs avec sa queue, je ne l'invente pas, c'est une des horreurs du film) SOIT des nunuches (la soeur), parisianisme étouffant (non, la province ne ressemble pas à ce que montre le film), publicité éhontée pour McDonald, etc...

 

Ce film pue atrocement. Il est ringard, simpliste, et plus grave, même pas drôle. Du navet en barre.

 

1e

Voir les commentaires

Walk away Renée

http://images.allocine.fr/rx_160_214/b_1_cfd7e1/medias/nmedia/18/35/47/41/20080714.jpgPetit rappel

 

En 2004, certains d'entre vous n'étaient pas nés (je veux dire sur la blogosphère) et Jonathan Caouette lançait à la face du monde un OVNI documentaire, constitué de rush tournés depuis l'âge de 11 ans : Tarnation. Triomphe à Sundance, à Cannes et à travers le monde. La forme du film, brute et recherchée à la fois, et la famille de Caouette (père barré avant sa naissance, mère schizophrène, grands-parents aimants mais un peu barges, découverte de son homosexualité et rébellion, troubles de la personnalité) contribuèrent à donner au film un parfum de scandale. Ajouter à cela le traditionnel "entièrement réalisé sur son Mac avec iMovie", et la production du film assurée par Gus Van Sant, et vous avez tous les ingrédients du film-culte.

 

Walk away Renée

 

A Cannes 2011, à la Semaine de la critique, Caouette revient avec Walk away Renée, qui mixe plusieurs histoires parallèles : un road movie documentaire du Texas à New York montrant Caouette ramenant sa mère folle à la maison (alors que cet idiot perd tous les médicaments), des images d'archives retraçant les péripéties de la vie de cette famillle hors du commun (et qui constituent une sorte de Tarnation résumé) et quelques scènes oniriques. Le film qu'on voit aujourd'hui (sortie le 2 mai) est d'ailleurs un peu différent de la version présentée à Cannes, plus resserré.

Franchement, il est très difficile devant une oeuvre aussi intime et trash que Walk away Renée de déterminer si on aime ou si on n'aime pas. Le film est à la fois troublant (que voit on exactement : un documentaire fictionnel, un album de famille dans lequel chaque personnage joue son propre rôle, un cri d'amour, un témoignage sur les maladies mentales, une charge contre le système de santé américain ?), dérangeant (on n'est jamais loin du voyeurisme) et émouvant (lorsque le grand-père déclare se sentir jeune, alors qu'il n'est plus que très très vieux, ou dans les scènes extraordinaires qui montrent Renée retrouvant des dents).

 

Discussion avec Caouette

 

Comme d'habitude au Katorza, le réalisateur s'est longuement (une heure) prêté au jeu des questions / réponses.

D'abord, pas mal de détails concernant le court-métrage précédent le film : All flowers in time, sorte de rêve complètement barré évoquant un Lynch sous acide et dans lequel le visage de Chloé Sevigny se transforme en vagin. On apprendra donc qu'il s'agissait au  départ d'un projet se situant dans une collection de 42 films de 42 secondes, pour une publicité de vodka néo-zélandaise (sic), qui s'est terminé en assemblage de test d'une nouvelle caméra associé à des images du grand-père, et.... mais je m'égare. Tout semble toujours simple dans la bouche de Caouette, et zarbi quand on le reformule.

Sur le film Walk away Renée plein d'infos et de ressentis : le film comprenait au départ une partie fictionnelle importante autour d'une secte accédant à la quatrième dimension (les Cloudbusters) - et d'ailleurs une scène finale montrant la mère aspirée par un tunnel d'énergie a été tournée, les heures de rush utilisés pour Tarnation et ce film sont au nombre de 160, Renée se porte bien actuellement, l'équipe de tournage était de 2 personnes pour le road trip, plus 2 autres pour les scènes New-Yorkaises, etc. Ce qu'il y a de frappant, c'est que Caouette s'exprime avant tout comme cinéaste et non comme documentariste. Ses films sont donc bien des oeuvres à part entière, et non des films de famille remixés.

Ses projets enfin : deux fictions. Une écrite par un scénariste qui travaille habituellement pour Cronenberg, et une autre écrite par Caouette et décrite par lui-même comme un voyage de temps à la première personne, une sorte de Retour vers le futur trash.

Ca promet.

 

3e

Voir les commentaires

L'enfant d'en haut

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/45/01/20081390.jpgLe moins qu'on puisse dire, c'est que le début du film ne m'a convaincu. La mise en place des personnages et du décors (primordial) est un peu longuette, ou du moins, m'a paru telle. A posteriori, cette longue introduction à l'univers du film s'avère absolument nécessaire, tant il est inhabituel (la station de ski en haut, la misère sociale en bas, le télécabine au milieu).

 

Petit à petit, on s'attache donc aux personnages, qui au premier abord sont un peu insupportables : un petit voleur (exceptionnel Kacey Mottet Klein) et sa soeur (la toujours brillante Léa Seydoux).

 

Le film m'a complètement convaincu à partir de sa scène centrale, déflagration esthétique, émotionnelle et narrative.

 

Toute la deuxième partie se suit donc comme sur un petit nuage, l'intrigue s'égarant dans des chemins à la fois puissants et prévisibles, jusqu'à cette superbe séquence de fin d'hiver et de fermeture de station (ou de passage à l'âge adulte ?).

 

La mise en scène d'Ursula Meier est spectaculairement discrète, réussissant par ces cadrages souvent très serré à nous faire ressentir les sentiments - compliqués - des deux protagonistes principaux. Il y a un peu d'Andrea Arnold dans la façon de filmer d'Ursula Meier dans cette deuxième partie, comme il y avait du Dardenne dans la première.

 

Au final, malgré quelques scories et une entrée en matière un peu pesante, un film particulièrement marquant et accompli, que je conseille avec enthousiasme.

 

3e

Voir les commentaires

La terre outragée

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/91/31/20045083.jpgPripiat, avril 1986. Anya et Piotr se marient, quand au même moment, l'accident de la centrale de Tchernobyl se produit.

 

Le film de Michale Boganim suit alors le destin de plusieurs personnages ne se connaissant pas, dont celui d'Anya, jouée par la filiforme Olga Kurylenko. Nous vivons avec eux les quelques ahurissantes journées qui ont suivi la catastrophe. Le film se projette ensuite dix ans plus tard, et nous retrouvons tous les protagonistes de la première partie (sauf un).

 

Le film m'a vraiment séduit dans sa première partie, évoquant un début de printemps radieux en Ukraine, donnant à voir un mariage dans la plus pure tradition russe (vodka, chansons mélancoliques, décors sordides) tout en montrant parfaitement l'inconséquence des autorités russes.

 

La deuxième partie, se situant donc en 1996, alors que des touristes visitent le site (mais comment peut-on avoir une idée pareille ?), et en plein hiver, m'a moins convaincu. J'ai trouvé que le film s'étirait inutilement, et certaines situations m'ont semblées maladroites.

 

Si la mise en scène est très solide, les acteurs plutôt convaincants, le film péche un peu par manque de rythme. Il est desservi par un scénario un peu trop didactique à mon goût.

 

Reste toutefois le sentiment d'avoir vu un film instructif et intéressant, à défaut d'être réellement émouvant.

 

2e

Voir les commentaires

I wish

J'ai pleuré en regardant I wish. Et pas qu'une fois.

Oh, bien sûr, j'entends déjà les ricaneurs et les cyniques qui ne vont pas me rater sur ce coup là, ergotant sur la longueur du film, l'état de mes glandes lacrymales, la paresseuse mise en scène de Kore-Eda, mon coeur d'artichaut dissimulé sous une carapace d'ironie feinte, l'aspect new-age / low-fi de l'oeuvre et mon tropisme pour les films ambitieux, polyphoniques et lacrymaux.

Mais n'empêche, I wish m'a transpercé de part en part, m'éblouissant par moment, m'ennuyant à d'autres, mais ne me laissant pas du tout indifférent.

L'histoire est bête comme chou : deux jeunes frères éloignés l'un de l'autre (l'un vit avec sa mère, l'autre avec son père) imaginent que s'ils font un voeu au moment où deux Shinkansen se croisent pour la première fois sur l'île de Kyushu, ce voeu de réalisera. Ben voyons.

Chacun des frères (vrais frères dans la vraie vie), possède sa bande de copain/copines qui eux-mêmes vont pouvoir émettre leur voeu.

Les enfants pourront-ils assister au croisement ? Si oui, leurs voeux se réaliseront-ils ? Le film ménage plus qu'il n'y apparaît un vrai suspense, dont le dénouement n'est pas aussi simpliste qu'on le pense. Il est même cosmologique, mais je m'égare.

Le plus important est l'étau de délicatesse et de justesse dans la mise en scène qui étreint le récit, et qui en fait un grand film mineur, en confirmant son réalisateur comme le plus intense du Japon actuel.

 

3e

Voir les commentaires

Twixt

A la sortie du dernier Coppola, on n'a guère le choix qu'entre la note maxi (si on est sensible au génie sous-jacent du film) ou la note mini (si on considère que ce génie n'est que sous-jacent)

Je suis pour ma part dans le deuxième cas, et je le regrette, car j'étais tout à fait disposé à aimer le film, et même à l'encenser, à la suite d'un Tetro qui m'avait ravi, à ma grande surprise.

Malheureusement, Twixt est d'un ridicule consommé. Tourné avec trois francs six sous, il propose une imagerie de carton pâte, cherchant en vain une esthétique qui se situerait à mi-chemin de David Lynch (les jeunes filles mortes, l'ambiance bizarre, les rideaux rouges) et Tim Burton (les gothiques, les arbres tordus, la pleine lune) : autrement dit nulle part.

Le scénario est complètement bâclé, à l'image de la fin, et le film ressemble curieusement à un film de fin d'étude, certes zébré d'éclairs de génie (ces cadres !), mais complètement bancal et bourré de facilités. Les jeunes filles entourant le beau garçon maquillé sont par exemple absolument ridicules. Le script est tiré d'un rêve que Coppola a fait à Istanbul, et on aurait souhaité qu'il soit un peu plus travaillé, d'autant plus que Van Kilmer propose un personnage attachant, sorte de Stephen King au rabais cherchant l'inspiration.

La présence d'Edgar Allan Poe finit par donner à Twixt un air de Minuit à Paris freak, ce qui sous ma plume, n'est pas un compliment. A éviter donc.

 

1e

Voir les commentaires

Gazette du FP2

FP2b

Le réglement, les participants, et les films sélectionnés, tout est ici.

Il est toujours temps de s'inscrire.

16 avril

Les défections se multiplient pour ce festival, puisque neil a annoncé qu'il renonçait, n'ayant pas pu voir Eva, comme Gagor.

Ffred a adoré Twixt, Bob Morane pas du tout. Serons nous 3 votants seulement cette fois-ci ?

5 avril

Les Adieux à la reine font figurent de favoris pour ce festival avec d'excellentes critiques chez pratiquement tous les participants. Ffred a beaucoup aimé Perfect sense, comme Bob Morane.

Neil a déjà vu Twixt, et a beaucoup aimé.

Comme moi, Marcozeblog a adoré Les adieux. 2 days in New York ne trouve pas beaucoup de défenseurs, et Hallyne résume assez bien le sentiment général.

Quant aux autres participants, ils semblent bloqués dans les starting-blocks.

Voir les commentaires

Sur la piste du Marsupilami

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/13/20/19955964.jpgLa bande-annonce du film m'avait paru très mauvaise, aussi est-ce un peu à reculons que je me suis décidé à aller le voir. Et, puis, une fois n'est pas coutume, le film est bien meilleur que sa BA : on y retrouve le meilleur de l'humour de Chabat, dont la plus parfaite matérialisation reste Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre.

 

Cet humour chabatesque est constitué des éléments suivants :

- un personnage ahuri et niais (lui-même), qui lorgne parfois du côté de M Hulot (la voiture qui évite par miracle plusieurs catastrophes alors que son conducteur étudie une carte)

- un casting haut de gamme, où chacun joue parfaitement sa partition (Debbouze, Testot, les seconds rôles)

- un morceau de bravoure qui casse la baraque :  les 3 minutes 30 de Lambert Wilson en Céline Dion, une scène déjà culte

- des mini-idées réparties un peu partout (le dessin animé de la prophétie, la parodie de jeu télévisé, le faux karaoké, le coati qui négocie...)

- des répliques idiotes, mais imparables (...qui n'existe pas, mais en réalité qui n'existe...)

 

Ajoutez à cela un soin particulier apporté aux décors et à la reconstitution d'ambiances (très beau plateau télévisé), une musique entraînante, un scénario solide, un respect des caractéristiques de la bestiole éponyme inventée par Franquin, et vous tenez un divertissement de bonne qualité que je recommande, surtout avec des enfants.

 

2e

Voir les commentaires

Colorful

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/69/30/19805668.jpgUn anime pour adulte, et qui n'est pas un Miyazaki : cela devrait déjà éveiller la curiosité d'une bonne partie des lecteurs de Christoblog.

A l'occasion de sa sortie en DVD, je reviens donc sur ce deuxième film du talentueux Keiichi Hara.

Un esprit errant (quelle belles scènes d'ouverture !) se voit donner une deuxième chance par un ange / diablotin (à moins qu'il s'agisse de Dieu lui-même ?) : revivre dans le corps d'un jeune garçon qui vient de tenter de se suicider.

Ce dernier semble dans un premier temps avoir mené une vie parfaitement heureuse. Puis les premières fissures apparaissent, faisant du long-métrage tout autre chose qu'un film pour ado : la mère trompait son mari, la petite copine se prostitue avec des hommes d'âge mûrs, le jeune garçon était persécuté par d'autres jeunes, la pression des concours l'oppressait, etc.

Le film brasse donc des problématiques essentielles du Japon d'aujourd'hui avec une esthétique proche du manga traditionnel, ce qui constitue un contraste parfaitement réussi.

Parfois, l'animation peut paraître imparfaite, et j'aurais souhaité un peu plus de rythme à la première partie. Il n'empêche que le film est une franche réussite, esthétique, narrative et émotionnelle. La chute est touchante, surprenante, et parfaitement réussie.

 

2e

Voir les commentaires