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Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

Bellamy

J'aime Claude Chabrol en tant que personne.

Il fait partie de ces gens avec qui il doit être très agréable d'aller manger une tête de veau en discutant de la dernière intégrale présentée à la cinémathèque française. Son immense érudition, son sens de la répartie, son expérience en font un passionnant chroniqueur de l'actualité cinéphilique.

C'est parce que je l'aime que cela m'embête de ne pas avoir aimé Bellamy.

J'aimerais pouvoir dire que son travail s'apparente à celui d'Hitchcock, par la façon qu'il a d'attacher plus d'importance aux relations entre les personnages qu'à l'évolution psychologique de chacun d'eux. Ce serait presque vrai, sauf que le suspense n'est pas au rendez-vous.

La machine se grippe, peut-être dans les invraisemblances ehontées du scénario (tomber sur une vendeuse qui est la petite amie du cadavre en allant acheter des étagères : incroyable, non ?). Ou alors dans le jeu artificiel de la plupart des acteurs (Gamblin remportant la palme du tout et n'importe quoi). Ou dans les répliques paresseuses ("C'est mal de tuer" dit Bellamy). Ou dans le suspense avorté (ridicule séance de la chanson au tribunal, fin prévisible). Ou dans les clichés rebattus (la bimbo est une salope qui couche avec le commissaire Leblanc).

Bon j'arrête là, cela me rend triste. Chabrol semble s'amuser en dilettante pour son dernier film au cinéma, alors que la matière du scénario méritait mieux. 

Le plus triste est que par moment, on peut sentir la patte d'un grand réalisateur, dans le tout début par exemple où par la simple grâce du montage (lent au cimetière marin, puis saccadé pour approcher de Bellamy) Chabrol arrive à exprimer tout un contexte.

Dommage, cher Claude. 

 

1e

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Les noces rebelles

Michael Shannon. DreamWorks PicturesQuel est le plus gros défaut des Noces rebelles ?
Difficiles à dire tellement ils sont nombreux.

D'abord le scénario est indigent, mou et approximatif. Pourquoi cet homme et cette femme sont-ils ensemble : c'est encore un mystère pour moi. Je sais, vous allez me dire c'est le cas pour beaucoup de couples, mais au moins Sam Mendes aurait pu essayer de rendre PLAUSIBLE leur coup de foudre initial, ce n'est pas le cas.


Ensuite pourquoi Paris, qu'est ce qu'April y ferait, quelles sont ces compétences ? Mystère et boule de gomme. Je veux bien envisager une aventure parisienne, mais il faudrait que celle ci soit CREDIBLE. Les scènes de sexe sont risibles (d'ailleurs la salle a ri, je vous jure). Et pour finir, qu'on puisse avorter en jupon en étalant deux serviettes par terre, puis descendre tranquillement un escalier, puis seulement commencer à saigner, son corsage toujours impeccablement repassé, tout cela fait un peu PROPRET.

D'ailleurs la mise en scène de Mendes est curieusement propre elle aussi, plate et lisse, désincarnée, frappée par la même malédiction que celle de Soderbergh dans Che. Filmer froidement les banlieues froides des fifties ne suffit pas à faire un film.

Et les acteurs ? Absents. Des enfants inexistants (dans une crise de couple, c'est bizarre), un De Caprio juvénile qui n'a pas beaucoup changé depuis Titanic, un fou pas trop mal (photo) qui insuffle un peu de vie au film et une Kate Winslet qui empêche le film de sombrer corps et biens (Titanic encore, incroyable comme elle a plus / mieux vieilli que Di Caprio).

Et si Sam Mendes n'était qu'un faiseur besogneux ? A vérifier.

 

1e

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Che (l'Argentin)

Avec Mesrine, voici un nouveau biopic en forme de diptyque.

Il faut espérer que cela ne devienne pas une habitude visant à doubler les recettes tout en délayant le propos, car autant le film de Richer était comme un TGV fonçant vers son point de fuite (connu dès les premières images) autant celui de Soderbergh est un tortillard qui tourne en rond sans qu'on sache exactement d'où il part et où il se dirige.

Les entrelacements d'époques, particulièrement confus au début du film, sont à ce titre exemplaires : leur sens profond reste caché. Toute la campagne cubaine du Che est montrée sans âme, sans envergure.

La mise en scène est paresseuse, la narration approximative, le montage paraît avoir été fait sur un coin de table. Les scènes censées être dramatiques (exécutions, viols, trahisons, combats) sont filmées sans conviction, sans relief.

Finalement c'est comme si toute l'énergie de Soderbergh et de Del Toro s'était épuisé avant que le film commence, dans le travail qu'ils ont du réaliser pour convaincre les studios du bien fondé de leur projet.

Le résultat est bizarrement plat et sans émotion, et ne m'encourage pas à voir la seconde partie.

 

1e

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I feel good

Le PacteJe préfère le dire tout de suite : je n'ai absolument rien contre les personnes agées et encore moins contre celles qui s'éclatent dans la chorale rock de I feel good, au contraire.

Des gens qui chantent Springsteen et les Clash ne peuvent pas être mauvais. Et d'ailleurs le concert de la fin, filmé tout simplement comme un concert, m'aurait probablement agréablement diverti.

Le problème, dans I feel good, est donc celui de qui l'a fait, à savoir le pitoyable et inutile Stephen Walker. Loin de la rigueur (et du génie) d'un Depardon, de la fantaisie raisonnée d'un Antoine de Maximy, voici l'exemple type du documentariste manipulateur, truqueur et qui n'a rien à dire.

Contemplez ses traveling inutiles sur les banlieues, ses plans dérisoires sur les serveurs ou les passants. Regardez comment il filme ses personnages en plongée pour mieux les dominer, comment il les met en scène pour mieux les ridiculiser (voir photo), comment il les pousse dans leurs travers (le sexe ou les bons mots). Ecoutez comment il ne garde d'eux que 2 ou 3 phrases. Et surtout voyez comment il exploite sans scrupule la mort et la souffrance, surveillant la veuve du récent mort pendant le concert en espérant qu'elle craque, faisant semblant de respecter l'annonce du décès d'un autre tout en l'enregistrant : honte, honte et honte. 

 

1e

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La vie aquatique

Bill Murray. Buena Vista International Le cinéma de Wes Anderson est comme une mayonnaise. Ce n'est pas parce que qu'on y met les mêmes ingrédients que ça marche à chaque fois.

Dans La vie aquatique, comme dans les autres films d'Anderson on trouve donc :

- une famille déjantée avec des relations parents / enfants compliqués

- des personnages qui se cherchent eux-mêmes, se cherchent les uns les autres et s'esquivent

- une quête, mais de quoi ?, telle est la question

- un univers visuel à mi-chemin entre pop et BD pieds nickelés

- des trouvailles visuelles géniales (les animaux fabuleux comme l'hippocampe arc en ciel ou les crabes berlingots)

un jeu décalé des acteurs

- des personnages ridicules et/ou TRES typés (Klaus, le représentant de la banque)

- des tics récurrents (les scènes filmées dans les pièces "découpées" comme des boites à hamsters)

- une francophilie évidente (l'hôtel Citroën)

Dans La vie aquatique, même si certains moments sont très bons, la mayonnaise a du mal à monter. Les extraits de films sont vraiment trop tocs, les scènes de violence vraiment trop cheaps, et les personnages n'ont pas cette profondeur, ce supplément d'âme qu'auront les trois frères de A bord du Darjeeling Limited.

Il y a dans La vie aquatique en germe une personnalité exceptionnelle qu'il faudra discipliner pour l'épanouir. A suivre. 

 

1e

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Quantum of solace

J'ai fait partie de ceux qui avaient été bluffé par Casino Royale. J'avais vu le film à Paris, dans une salle comble qui avait applaudi à la fin ! Le film m'avait enthousiasmé, non pas en tant que Bond, car je ne suis pas spécialement fan de 007, mais simplement en tant que film d'action / sentiments.

Je l'avais trouvé intéressant au niveau du scénario, du rythme, de la parfaite exploitation des paysages et des décors (le casino au Monténégro était particulièrement réussi), du suspense, de l'épaisseur des personnages (Craig et Eva Green, excellents tous les deux et formant un beau couple, il faut le dire).

Quantum of Solace se présente comme une suite de Casino Royale, mais il n'en est que le codicille raté. Reprenons point par point les qualités de Casino royale :


Le scénario est cette fois inintéressant (malgré la signature du très bon et expérimenté Paul Haggis qui réalise lui-même des films honnêtes comme Dans la vallée d'Elah ou Collision). Les paysages traversés sont mal exploités (Bolivie, Italie, Haiti) et les manifestations filmées (le palio à Sienne, l'opéra) semblent lourdement "plaquées" sur l'histoire et ne s'y intègrent pas.

L'exploration des sentiments reste très superficielle et même caricaturale (oh oh la petite fille témoin de la mort de sa mère et de sa soeur se vengera-t-elle ? oh oh, et alors Bond le fera lui aussi ?). Craig est toujours assez charismatique mais son jeu très fermé, très "je serre les machoires et je fonce", très "je suis un bloc noir de reseentiment et je ne sourirai pas, non, non", use un peu.

Amalric fait un méchant potable mais notablement sous exploité. Olga Kurylenka a des petits airs de Sophie Marceau jeune, mais son jeu n'a pas la subtilité de celui d'Eva Green.

Enfin là où Casino Royale optait pour un réalisme violent et simpliste, Quantum nous sert de nouveau quelques scènes qui franchissent la limite du crédible (le saut en parachute, le festival de pyrotechnie dans le désert).

Bref pas grand-chose à sauver dans le film, qui en plus manque singulièrement de rythme : vous avez déjà vu Bond rester 10 minutes assis sur une moto sans rien faire ?
 

1e

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Vicky Cristina Barcelona

Scarlett Johansson. Warner Bros. FranceAprès sa trilogie londonienne, Woody continue son tour d'Europe et nous emmène cette fois-ci en Catalogne.

Le film commence sur les chapeaux de roue. Voix off dessinant à grands traits les contours des personnages, puis arrivée en force de Javier Bardem, tout en virilité assumée, dans une scène excellente où il fait des propositions, disons, assez abruptes, à nos deux touristes américaines.

Les réactions contrastées, toutes en nuance, de la brune Vicky et de la blonde Cristina, puis le week end à Oviedo sont vraiment délicieux. Le marivaudage est drôle et profond à la fois.

De retour à Barcelone, le film se gâte. Il commence à tourner un peu en rond, il se traîne, Woody donne l'impression de prendre son temps, tout amoureux qu'il est de Scarlett Johansson. L'irruption de Penelope Cruz, n'arrange rien, car elle est beaucoup moins crédible que les deux autres actrices et en fait trop (un peu comme d'habitude). La venue du mari de Vicky ajoute dans la dernière partie du film un peu d'intérêt par le ridicule contraste qu'il forme avec Bardem, mais la morale qu'il dessine est un peu poussive : Allen=Europe=personnage de Bardem=créateur, alors que mari de Vicky=matérialisme=superficialité.

Le coup de feu final tombe un peu à plat.

On a dit que le film était très sensuel, mais Woody n'est sexuel qu'intellectuellement, et à vrai dire il ne sait pas trop comment filmer les scènes de sexe. Tantôt il ne les filme pas (les amants tombent hors champ), tantôt la prise de vue en très gros plan est un peu floue, tantôt un coin de table masque opportunément ce que tout le monde voudrait voir.

Même la scène entre Scarlett et Penelope, sensée être un summum de sensualité, laisse de marbre. Rien à voir avec le trouble sensuel extrême que procurait le baiser des deux héroïnes de Mulholand Drive (tiens, une brune et une blonde aussi).

Par moment, le film fait vraiment "Woody visite l'Europe", après Venise, Paris, Londres : Barcelone, et son parc Guell, sa Sagrada Familia, etc...

La bonne surprise du film est l'actrice Rebecca Hall, que je ne connaissais pas, et qui est très bien.

 

2e

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Le silence de Lorna

Le silence de Lorna a obtenu le prix du meilleur scénario au festival de Cannes 2008.

D'une certaine façon, lorsqu'on a dit ça, on a tout dit.

Le scénario est en effet effectivement très bien, et rappelle immédiatement le cinéma de Kieslowski, référence en matière de dilemme psychologique.

Le problème est que ce scénario, très bien charpenté, n'est qu'un séduisant squelette que les frères Dardenne peinent à habiller de chair.

Si l'actrice Arta Dobroshi est parfaite, les personnages masculins sont un peu trop typés et manquent de complexité. Le rythme du film est celui qu'en sport on qualifierait de faux lent : on ne s'ennuie pas vraiment, mais on n'est pas vraiment entraîné non plus. La comparaison avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours est cruelle. Ce dernier film nous atteignait en plein coeur, il instillait une ambiance de tension extrême, viscéralement éprouvante, Le silence de Lorna ne fait que jouer avec notre intellect, sans vraiment nous émouvoir.

La séquence de fin est à ce titre exemplaire : ni vraiment onirique, ni vraiment réaliste (une fugitive qui ne se retourne jamais ?), ni vraiment poétique, elle est .... vraiment bizarre.

Le cinéma des frères Dardenne est souvent sec comme un coup de trique, il en oublie quelquefois l'obligation de plaire. 

 

2e

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Kung fu panda

Paramount Pictures FranceBon, j'ai accompagné ma fille Valentine voir Kung Fu Panda.

Résultat : ma fille ne m'a pas dit en sortant : "c'est trop bien" ou "trop génial". Un signe.

Le fait est que l'animation américaine a perdu ces dernières années le peps retrouvé un temps par les productions Dreamworks et Pixar.

Sans démériter, Kung Fu Panda est assez ennuyeux et on aura plus de matière à lister ce qui manque qu'à énumérer ce qui y figure.

Allons-y : pas de second degré, pas de morceaux chantés et irrésistibles, pas de subtilité dans le scénario, pas de rythme, aucune originalité, pas de lyrisme, pas d'évolution de la psychologie des personnages. Voilà.
Que dire de plus ? Au début on peut croire un instant que le film va être une sorte d'apologie des gros et des obèses qui finissent par transcender leur état à force d'opiniâtreté (même en restant parfaitement stupides).

Las ! Il deviendront as du Kung Fu, en débit du bon sens, comme les autres... Pas aussi mauvais que Bee l'abeille (notre étalon de nullité en matière d'animation) mais beaucoup moins bon que Schrek, Mulan ou l'Age de Glace.

 

1e

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Be happy

Poppy est merveilleuse, pleine de vie et de fantaisie, rayon de soleil dans la grisaille de Londres, toujours enthousiaste, altruiste, voulant le bonheur de tous. Souriante, gaie, voyant le bon côté des choses, patiente avec les enfants. Que des qualités ! (sauf les fringues, mais elle anglaise, donc à moitié pardonnée).

Poppy est chiante, factice, maniérée. Poppy est aveugle à ce qui l'entoure, elle veut être dans l'empathie mais n'y est jamais vraiment. Poppy n'écoute pas les autres. Sa bonne humeur chronique est un danger public, un pousse au meurtre. Elle porte sur les nerfs. Ses amis en ont marre, les mecs la fuient (qui aurait envie de vivre avec une Chantal Goya hystérique ?).

Mike Leigh est un cinéaste subtil, qui peint un Londres attendrissant, qui dirige ses acteurs à la perfection (extraordinaire Scott !), et qui arrive à montrer comment l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Mike Leigh est un cinéaste opportuniste qui a perdu la force sèche de ses premiers longs métrages et qui se fourvoie dans une comédie sentimentale qui commence comme un Woody Allen, se finit comme un Amélie Poulain et a essayé entre temps de se prendre pour l'Almodovar des débuts (Pepi..).

Faites votre choix. En ce qui me concerne je me suis ennuyé pendant de longs moments et Poppy m'a plus énervé qu'amusé, mais je comprends que l'inverse soit vrai.

 

2e

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Gomorra

Le PacteQuand on a lu le livre avant de voir le film, on est toujours déçu. Ce vieil adage de lecteur cinéphile se vérifie une fois de plus avec Gomorra.

Le livre de Roberto Saviano est une bombe documento-romanesque. Tout y est : des visions d'apocalypse (comme le premier chapître, qui donnerait une scène d'ouverture au film beaucoup plus forte que la vraie, déjà vue cent fois chez Scorsese et d'autres), des histoires romanesques, de la profondeur psychologique et sociologique. Le livre est à la fois un brûlot politique et un écrit plein de suspense (l'écrivain est infiltré). Bref de la matière à cinéma.

Le résultat filmé est décevant. Face à la richesse surabondante du livre, Matteo Garrone a sélectionné quelques destins individuels. Mais sans le background explicatif et journalistique du livre, les maigres intrigues du film deviennent presque incompréhensibles (qui comprendra pourquoi Maria est tuée ? comment fonctionne le marché de la contrefaçon et à quoi correspondent les enchères que montre le film ?), et on a beaucoup de difficultés à s'attacher aux personnages.

L'ennui n'est pas loin, surtout dans la première partie du film.

Reste une mise en scène assez élégante, mélangeant avec bonheur le style "caméra à l'épaule" et une recherche esthétique et mélancolique dans les tons et les ambiances (la voiture accidentée parmi les fausses statues, le buldozzer sur la plage...).

La récompense cannoise semble un peu généreuse, c'est probablement le caractère social du film qui l'explique. Un conseil : lisez le livre.

 

2e

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Scoop

Je profite de l'été et des soldes sur les DVD pour voir des films que j'ai raté à leur sortie.

Ainsi, j'attendais beaucoup de Scoop. Trop sûrement.

J'ai adoré Match Point, trouvant que Woody Allen revenait en pleine forme après toute une série de film mineurs et presque auto parodiques.

Si Scoop n'est pas nul, il n'est pas réussi non plus. Le scénario, beaucoup plus prévisible et moins retors que celui de Match Point, ne vaut pas grand chose. L'idée du bateau de la mort est une belle idée, qui rappelle la fantaisie du Woody du tout début, mais elle n'est pas vraiment exploitée.

Woody lui même, en tant qu'acteur, en fait beaucoup trop, même si l'idée du magicien / metteur en scène est intéressante. Il finit par être ridicule, on dirait du Luchini sous amphétamine. Hugh Jackman est transparent. Scarlett Johansson est par contre absolument craquante et on voit bien que notre tombeur de Woody est tombé amoureux d'elle et lui offre ce film comme un écrin. Il faut dire qu'avec ses lunettes et ses moues de fille un peu bêtasse elle est vraiment renversante.

 

2e

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Marie Antoinette

Kirsten Dunst. Sony Pictures EntertainmentSofia Coppola ne s'embarrasse pas de psychologie, ni de politique et encore moins de sociologie.

Ce qui l'intéresse, c'est un regard "à plat", dans lequel peut s'exprimer la sensualité brute (des êtres, de la nature, de la lumière, voire du temps qui passe) et aussi ses propres goûts (en matière de musique par exemple).

Dans Virgin Suicide ou Lost in Translation, ses parti-pris collaient finalement assez bien au(x) sujet(s). Incommunicabilité, autisme, suicide inexplicable, barrière de la langue et de la culture : tous ces éléments s'harmonisaient très bien avec la mise en scène distancée et esthétisante de Sofia Coppola.

Dans Marie Antoinette, le récit n'arrive pas à décoller, et quand on connait la biographie écrite par Antonia Fraser dont le film est tiré, c'est bien dommage. La vie de la reine a été en effet d'une complexité incroyable, d'une tristesse infinie, et l'évolution de la petite autrichienne tout au long de sa vie est un sujet dramatique de première importance.

Que le film ne traite que la période versaillaise et occulte toute la descente aux enfers (les Tuileries, la fuite à Varennes, la Conciergerie, l'horrible façon dont les enfants seront traités, la mort de Louis XVI, le procès, sa propre mort), c'est bien sûr un choix de Sofia Coppola, mais quel dommage de se priver de cette dimension qui fait tout le sel du personnage historique. Du coup, le projet, dont on comprend vite qu'il vise surtout à restituer la futilité de l'époque en multipliant les nuances de roses et les recettes de gâteau à la fraise, devient un peu vain.

La performance de Kirsten Durst est tout de même éblouissante, elle est assez proche de la Marie Antoinette qu'on a en tête après les 600 pages du livre de Fraser. Jason Schwartzman, impayable dans le récent A bord du Darjeeling limited, est assez convaincant dans le rôle d'un Louis à la fois digne et dépassé par les évènements.

Tous les autres personnages ne sont malheureusement qu'esquissés, Fersen en particulier est assez raté.
Le film n'échappe pas à une certaine miévrerie (la rêverie à propos de Fersen sur le champ de bataille...). Il peut également procurer certains moments de grâce.

 

2e

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Le diable s'habille en Prada

Anne Hathaway et Meryl Streep. Twentieth Century Fox FranceOn mesure la qualité vraiment originale de Juno en voyant un archétype de la comédie américaine formatée comme Le diable s'habille en Prada.

Dans ce film tout est calculé pour plaire, et c'est ce qui ne me plait pas.

Anne Hathaway joue si bien la cruche que cela en devient ridicule, et surtout peu crédible : comment croire qu'une jeune femme qui ne connait rien à la mode et s'habille comme....vous et moi, se transforme du jour au lendemain en super woman qui porte de la haute couture comme un mannequin.

 

J'ose à peine parler de l'histoire d'amour avec le petit copain saucier (oui oui saucier, je ne l'invente pas, on se croirait dans ... Ratatouille) qui n'accepte pas le changement dans les horaires de travail et l'apparence de sa Dulcinée. Et l'aventure parisienne avec l'écrivain est d'un "cliché" à couper le souffle.

Le film aurait pu être une étude de moeurs subtile sur les drogués de boulot, et sur le milieu de la mode. Il n'est finalement qu'un présentoir vain et inutile qui encadre une belle prestation de Meryl Streep, impeccable, comme toujours.

 

1e

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La zona, propriété privée

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/65/86/46/18906895.jpgLes critiques concernant le premier film mexicain de Rodrigo Pla sont trop bonnes.

Car ce dernier vaut essentiellement par son sujet. Un lotissement de luxe, hyper protégé des favellas alentours, vivant en quasi aurtarcie, est tout à coup pénétré par un corps étranger : quelques voleurs qui profitent d'un accident pour s'introduire dans l'espace sacralisé. Que va-t-il se passer ? Comment les habitants, la police, l'extérieur vont ils réagir ?

A partir de ce thème assez excitant (dont certains articles lus dans la presse disent qu'il ne reflète que timidement la réalité), Pla va dérouler un récit assez prévisible, mais efficacement mené.

Le résultat est suffisamment anxiogène pour avoir attiré l'attention du plus grand nombre. De mise en scène il n'est pas vraiment question, mais ce n'est pas le plus important.

Il reste du film certains plans, comme celui du terrain de golf sur fond de favella, impressionnant.

 

2e

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Le premier venu

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/65/61/62/18910240.jpgJacques Doillon est un grand cinéaste.


Et comme cela faisait 4 ans qu'il n'avait rien produit, tout le monde attendait son nouveau film avec impatience.

Le sujet : une jeune fille (étudiante et parisienne probablement) passe une nuit avec une petite frappe de la Somme. Elle se fait violer, ou pas, la chose est ambigue. Mais en tout cas elle décide de suivre son amant (violeur ?) d'un soir et de l'aimer, quoi qu'il arrive, quoiqu'il en coûte. S'en suivent 2 heures de marivaudages verbeux, assez élégantes, mais aussi par moment un peu vaines.
Problème principal : les acteurs, dans une distribution particulièrement hétérogène.

Gérald Thomassin (qui était le petit criminel de Doillon il y a 18 ans) est un diamant brut, mais sa vie est un peu à l'image de son rôle (drogue, désinvolture) et on se demande toujours quelle frontière entre l'homme et l'acteur. Clémentine Beaugrand est très mignonne au début, mais à force de regarder le bout de ses pieds en se dandinant, on se demande si le personnage a été vraiment écrit, ses attitudes sont souvent incohérentes.

C'est d'aillleurs globalement le reproche principal qu'on peut faire au film, par rapport à ceux de Rohmer ou de Mouret, qui sont également très "écrits", c'est que la cohérence interne des personnages ne saute pas aux yeux.

Guillaume Saurrel, quel bel acteur !, est le seul gars normal du coin, mais en tant que flic, est ce bien crédible qu'il n'agisse pas alors que l'agent immobilier a disparu ? Enfin Jany Grarachana, le père de Costa, semble tout droit sorti de Bienvenue chez les Ch'tis, comme, dans une moindre mesure, Gwendoline Godquin et son accent à couper au couteau. Ils sont tous les deux un peu en déphasage par rapport au triangle amoureux.

Par tranche de 10 secondes le film peut être génial. En quelques secondes et quelques mimiques d'un acteur, Doillon peut faire passer une palette incroyable de sentiments. Sur la durée de deux heures, la sauce ne prend pas car le scénario est vraiment, vraiment trop improbable.

Les paysages de la baie de Somme, baignés par une lumière rasante de fin d'hiver, s'accordent bien au film : marécageux, beaux, ringards.

2e



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There will be blood

There will be blood n'est pas un mauvais film. Comme No country for old man ou comme La nuit nous appartient, il représente une certaine qualité américaine.

Le scénario est ambitieux, et se rapproche de celui de Casino par exemple : ascension puis décadence d'un homme seul (et sans pitié).

La mise en scène est classique, avec quelques tics tout de même, et sans génie. Les acteurs sont bons, et Daniel Day-Lewis est même très bon, mais très bon comme on est très bon quand on essaye d'avoir un oscar, c'est à dire prévisiblement très bon.

L'aspect historique n'est pas inintéressant. Il y a par moment un certain sens de la dramaturgie, comme au début par exemple.

A part ça, on s'ennuie ferme.

Les pistes que le film ouvre (le conflit entre pouvoir spirituel et temporel, le faux frère, le fils exclu) sont toutes avortées et aucune ne trouve son plein développement dramatique comme Scorsese a su si bien le faire dans Casino par exemple ou dans les Affranchis.

A ce titre le rôle du prédicateur est totalement saboté : il devrait être l'égal du héros principal, mais il n'en est que le faire-valoir. Les deux derniers plans du film sont à ce titre pitoyables. La musique enfin - pour moi qui suis très sensible à la bande son - est insupportable : sirènes d'avions, scies circulaires fonctionnant à l'infini, cordes désacordées, la musique amplifie les carences du film.

A éviter.

 

2e

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Cloverfield

Michael Stahl-David et Jessica Lucas. Paramount Pictures FranceJ’aime bien les films de monstres. De King Kong au Hulk de Ang Lee, en passant par Alien, La Guerre des Mondes ou le remarquable film coréen de l'’année dernière (The Host), je trouve que le sujet permet aux vrais cinéastes de pleinement s'’exprimer.

D’ailleurs en général, les films de genre, par le cadre contraint qu’'ils imposent, renforcent la créativité.  C’est donc plein d’'enthousiasme que j’'ai été voir Cloverfield, d’autant plus que le film est produit par JJ Abrams, le génial créateur des séries Alias et Lost, probablement le meilleur raconteur d’histoire sévissant en Amérique du Nord.

Le procédé (le film n'est constitué que de scènes filmées par un des personnages) est amusant car il induit simultanément plaisir et frustration. Plaisir du voyeur, frustration quand un des personnage dit « ne filme pas ça », ou que la caméra tombe et nous fait rater une scène importante (on se prend à prier pour que quelqu’un la ramasse et que le film puisse continuer…). D’'une certaine façon, ce type d’'expérience permet de mieux réfléchir à la puissance divine du metteur en scène dans un film « normal » qui nous fait voir ce qu’il veut, comme il le veut, sans que notre esprit remette en cause son côté démiurgique.

Hélas, mis à part de plaisir intellectuel et ludique, cette histoire de monstre détruisant Manhattan est d'’une grande platitude et le film est au final très décevant, certains personnages ou certaines péripéties étant même baclées.

 

Une sorte d'humour noir (le personnage qui filme joue à faire peur à ses copains dans le couloir du métro alors que de vraies horribles bestioles les observent dans le noir) sauve un peu le film, qui reste quand même très faiblard, dommage.

 

1e

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Sweeney Todd

Difficile de donner un avis sur Sweeney Todd sans évoquer d'abord le musical de Broadway dont il est l'adaptation.

N'allez pas voir ce film si vous n'aimez pas ce genre-là, avec ses morceaux chantés qui se ressemblent tous, leur orchestration grandiloquente, la minceur générale de l'intrigue et une certaine mièvrerie.

Ceci étant dit, je me suis fermement ennuyé durant toute la première heure. Au début tout est trop : trop de maquillage, trop de gris dans les décors, trop de cheveux hirsutes, trop de regards noirs de Johnny Depp, trop de noirceur quand c'est noir, trop de blondeur quand c'est blond, trop de méchanceté chez les méchants, trop de fleur bleue chez Johanna.

La deuxième heure est plus intéressante, à partir du moment où les deux comparses élaborent leur nouvelle recette de tourte.

A partir de là, la noirceur devient telle que le film redevient intéressant. On se rend compte que les gentils sont en faits plus méchants que les méchants. La virtuosité de Tim Burton s'exprime à plein, par exemple dans la séquence où Mrs Lovett rêve du bonheur en bord de mer. Le contraste avec la première partie fait l'intérêt du film, dommage qu'il faille bailler une heure pour en arriver là.

A chaque film de Tim Burton, je me demande s'il est un vrai grand cinéaste ou simplement un habile filmeur qui n'aime rien tant que transformer Johnny Depp en clone de Robert Smith.

Ce n'est encore pas avec Sweeney Todd que mes idées vont s'éclaircir.NB : si vous avez vu et aimé Borat, vous apprécierez le barbier italien !

 

2e

 

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No country for old men

Bon, ce n'est pas facile de dire du mal d'un film des Coen quand on a adoré Arizona Junior, Blood Simple, Miller's Crossing ou Fargo.

Encore plus difficile quand la critique cannoise a dit beaucoup de bien du film, le présentant comme une Palme d'or potentielle, alors qu'à mon avis le seul rival de 4 mois, 3 semaines, 2 jours ne pouvait être finalement que Zodiac. Et que la presse en général va l'encenser la semaine prochaine.

Mais franchement, si les frères Coen ne figuraient pas au générique, qui s'intéresserait à cette série B qui se donne des grands airs ?

Résumons nous : le rythme est lent, la véracité psychologique des personnages improbable (Javier Bardem est une caricature, les seconds rôles inexistants), et surtout la dramaturgie des scènes sensées être éprouvantes, ou au moins stressantes, est complètement ratée. On s'y ennuie fermement.

Le découpage du film est bancal, par exemple toute la fin avec les plans concernant Tommy Lee Jones est pédante, sans être prenante. En réalité on ne rentre jamais réellement dans le film. D'une certaine façon, je me disais dans la salle : ca y est, les frères Coen se regardent filmer, comme parfois Woody Allen s'est regardé filmer.

Alors qu'ils ont le même potentiel que lui, les frères Coen deviennent un Tarantino sous Prozac, ils devraient faire une cure d'amphétamines. Même la traduction du titre anglais en français, bizarrement accouplée au titre original, est grotesque.

Manque de rythme, d'émotions, d'innovations. Bref, à éviter. 

 

2e

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