Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Articles avec #steven soderbergh

Presence

Rattrapage Canal+

Cette première collaboration entre Soderbergh et le scénariste David Koepp est aussi convaincante que la seconde (The insider).

On retrouve ici la même intelligence dans le déroulement de l'histoire, associée à une concision appréciable (le film dure 1h25).

Le point de vue de ce film de fantôme pas comme les autres est très intéressant. La caméra se met tout simplement à la place du fantôme qui "accueille" la nouvelle famille emménageant dans la maison qu'il occupe, et qui se réfugie bien volontiers dans le placard de la jeune fille.

Petit à petit on devine l'histoire de ce fantôme, tout en observant avec plaisir la façon dont la famille réagit à sa présence (ses interventions sont discrètes, sauf dans un cas bien particulier que je ne peux déflorer ici).

Le tout file à vive allure vers une résolution spectaculaire qu'on ne voit pas vraiment venir, malgré les nombreux indices semés intelligemment tout au long du film. 

Techniquement, le film est intégralement tourné avec un objectif à très courte focale (grand angle), ce qui surprend un peu au début. On finit par s'habituer au procédé lorsqu'on a compris que cela reflète la vision d'un être surnaturel.

Une réussite qui plaira même à ceux qui n'aime pas les films de fantômes.

Steven Soderbergh sur Christoblog : Che (l'Argentin) - 2009 (*) /  Contagion - 2011 (*) / Effets secondaires - 2013 (****) / Ma vie avec Liberace - 2013 (***) / Logan Lucky - 2017 (**) / The insider - 2025 (**)

 

2e

Voir les commentaires

The insider

Passé relativement inaperçu lors de sa sortie en mars dernier, le dernier film de Steven Soderbergh rappelle combien ce dernier peut être un cinéaste élégant et efficace.

Il nous offre ici une sorte de Cluedo d'espionnage stylé : six personnes dont un couple, et un traitre parmi ces six personnes. Sur cette base minimaliste, le cinéaste américain tisse une intrigue aiguisée comme un rasoir, dans laquelle tout le monde soupçonnera tout le monde, et qui trouvera une résolution brillante et alambiquée, mitonnée par le scénariste David Koepp.

Dans ce jeu des ombres millimétré, le couple Cate Blanchett / Michael Fassbender fait merveille, affichant avec décontraction une classe imparable.

Le film est court (1h30), sec et hyper-stylé, doté d'une photographie étonnante et très typée (arrière-plans très flous, couleurs ternes, halos de lumières artificielles). L'ensemble est plaisant, ouvrant quelques fenêtres originales sur les thèmes préférés de Soderbergh, notamment celui des confessions sexuelles salées, déjà abordé dans son premier film, Sexe, mensonge et vidéo.    

Une bonne soirée.

 

2e

Voir les commentaires

Logan Lucky

Ce Soderbergh est un divertissement honorable, qu'on oublie très vite.

On est ici dans le film de casse, pas très différent finalement de la série des Oceans, car utilisant les mêmes ficelles : longue mise en place à travers des séances de préparation amusantes, puis longue opération émaillée de rebondissements (et qui ne nous montre qu'une partie de la réalité pour mieux nous surprendre ensuite), puis épilogue apportant un surcroît de surprises.

La spécificité de Logan Lucky, c'est le milieu dans lequel l'action se déroule : une Amérique rurale qu'on imagine sans peine voter Trump. Dans ce cadre agréablement pittoresque, Soderbergh essaye de nous faire prendre les protagonistes pour des benêts, sans y parvenir réellement.

Tout cela est assez sympathique à regarder (bien qu'un poil trop long), grâce notamment à la mise en scène virtuose et au casting impeccable (Daniel Craig, Adam Driver, Channing Tatum, Riley Keough).

 

2e

Voir les commentaires

Ma vie avec Liberace

Parfois, je suis fier d'être français.

En voyant Michael Douglas et Matt Damon présenter dans le plus grand festival de cinéma du monde le dernier film de Steven Soderbergh, alors qu'aux USA personne n'a jugé bon de le considérer comme tel et de le sortir en salle (c'est la chaîne de télé HBO qui l'a diffusé), j'ai joui d'habiter le pays le plus cinéphile du monde.

Le film est un plaisir gourmand. Classique sans être ennuyeux, instructif sans être didactique, Ma vie avec Liberace se savoure comme un énorme pot de fraises Tagada.

Michael Douglas est exceptionnel (je lui aurais donné le prix d'interprétation à Cannes), les décors et costumes sont ébouriffants et la réalisation de Soderbergh classieuse.

Si l'on décape l'aspect too much de Liberace, l'histoire racontée (n')est finalement (que) une belle histoire d'amour : passion / indifférence / rupture. L'environnement de showbiz queer ajoute au film une touche d'exotisme à la fois intrigante, et parfois glaçante. La folie qui envahit subrepticement le personnage principal (faire en sorte que ses amants lui ressemblent) est fascinante.

L'interprétation de Scott par Matt Damon, bien qu'intéressante, m'a paru un poil empesée, empêchant l'émotion de prendre complètement son envol. L'irruption du SIDA est toutefois particulièrement bien évoquée, et donne à la fin du film un caractère de sourde et touchante nostalgie.

Ma vie avec Liberace est un film hautement recommandable et parfaitement délicieux.

 

3e

Voir les commentaires

Effets secondaires

Je ne pensais plus devoir attendre quelque chose d'agréable de la part de Soderbergh, surtout après le lénifiant, et lui aussi médical, Contagion.

Erreur ! Autant Contagion souffrait d'une intrigue lâche et d'approximations coupables, autant Effets secondaires renoue avec une solidité scénaristique de premier ordre.

Le film évolue d'une chronique de la folie vers un thriller criminel, tout en multipliant les fausses pistes (film procès contre les labos, film thèse sur la responsabilité morale et juridique).

J'ai pris un plaisir primaire à me faire manipuler avec autant de brio, quitte à gober quelques renversements de points de vue dans l'absolu improbables, mais finalement très cohérents au sein du film.

La mise en scène de Soderbergh est extrêmement maîtrisée, très classique dans sa forme et sa façon d'utiliser les effets, visant tous à amplifier le suspense ou à l'inverse l'explication. On est proche ici de l'esprit du meilleur d'Hitchcock. 

Soderbergh impose un style dépouillé, sobre, et en même temps expressif, qui le place dans une longue et noble lignée de cinéastes classiques, prenant plaisir à raconter une histoire complexe et plaisante.

Jude Law est tout bonnement époustouflant, et le reste du casting est proche de la perfection. La musique est remarquable.

Difficile de trouver un défaut au film, qui procure du plaisir en flattant l'intelligence, ce qui est de moins en moins courant.

 

4e

Voir les commentaires

Contagion

On peut vraiment se demander ce qui est arrivé à un réalisateur de la classe de Soderbergh pour rater un film dans d'aussi grandes largeurs.

Je vous raconte : Gwyneth Patrol mange du cochon à Hong Kong, trompe son mari et meurt. Matt Damon prend un air tout droit sorti de Au-delà, l'infâme étron de Eastwood, et sa femme meurt (heureusement qu'il a perdu au passage ses facultés de communication avec les ténèbres). Marion la Môme Cotillard est enlevée par un gentil chinois qui ne la relâchera que si elle sauve une quarantaine d'enfant chinois qui vivent dans une sorte de club vacance de fortune (?!).

Jude Law est méchant, comme d'habitude, et il se coiffe comme Tintin, avec une petite houpette. Kate Winslet est la moins pire, dommage qu'elle meure la bave au lèvre en tentant de donner une couverture à un autre malade. Le héros de Breaking Bad est déguisé et porte une casquette.

Dans ce film dont le scénario semble avoir été écrit par une limace formolisée, tout sonne faux : l'histoire, les scènes de fin du monde, les émeutes, les réactions des personnages, la musique. Je ne vois rien à sauver, c'est un ratage complet sur toute la ligne, le film échoue à faire naître la moindre tension dramatique ou psychologique, la moindre empathie.

C'est de l'anti-cinéma, un peu comme si on voyait un journal télévisé de France 3 Minneapolis, les bons sentiments en plus (le gentil médecin se sacrifie pour le fils de l'homme de ménage). On en vient à souhaiter que l'épidémie décime tout le monde un peu plus vite que ça.

C'est très mauvais, à un point qui situe le film dans les abysses du classement de l'année 2011.

PS écrit en 2024 : le virus présenté dans le film s'inspire beaucoup de virus existants, dont le SRAS, H1N1, la grippe et surtout Nipah, qui présente bien des points communs avec le MEV du film (les animaux en cause, les attaques neurologiques). Le revoir aujourd'hui après avoir vécu la période Covid est peut-être une expérience à tenter. 

 

1e

Voir les commentaires

Che (l'Argentin)

Avec Mesrine, voici un nouveau biopic en forme de diptyque.

Il faut espérer que cela ne devienne pas une habitude visant à doubler les recettes tout en délayant le propos, car autant le film de Richer était comme un TGV fonçant vers son point de fuite (connu dès les premières images) autant celui de Soderbergh est un tortillard qui tourne en rond sans qu'on sache exactement d'où il part et où il se dirige.

Les entrelacements d'époques, particulièrement confus au début du film, sont à ce titre exemplaires : leur sens profond reste caché. Toute la campagne cubaine du Che est montrée sans âme, sans envergure.

La mise en scène est paresseuse, la narration approximative, le montage paraît avoir été fait sur un coin de table. Les scènes censées être dramatiques (exécutions, viols, trahisons, combats) sont filmées sans conviction, sans relief.

Finalement c'est comme si toute l'énergie de Soderbergh et de Del Toro s'était épuisé avant que le film commence, dans le travail qu'ils ont du réaliser pour convaincre les studios du bien fondé de leur projet.

Le résultat est bizarrement plat et sans émotion, et ne m'encourage pas à voir la seconde partie.

 

1e

Voir les commentaires