Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

Notre jour viendra

Il a plusieurs genres de mauvais films :
- les mauvais films qui font du fric : a priori, ils sont faits pour ça, rien à dire
- les mauvais films qui auraient pu être bons si le réalisateur ne s'était pas trompé en route
- les mauvais films qui s'en foutent d'être des mauvais films, et voire même qui cherchent à l'être

Dans cette dernière catégorie on peut distinguer les séries B ou Z, fauchées, parfois sympathiques, et les films friqués, sponsorisés, qui sont pour le coup froidement antipathiques.

Notre jour viendra fait partie de ces derniers. Il n'est pas provoquant quand il voudrait être provoquant, ni drôle quand il le voudrait. Vous savez, c'est comme le cousin un peu bourré qui raconte une blague qui ne fait rire personne dans un repas de famille. Tout le monde est un peu gêné et le pauvre gars est pitoyable.

Romain Gavras a les moyens et il s'amuse : voiture de luxe dans les paysages industriels du Nord, habitants demeurés, montgolfière sur fond de coucher de soleil, petite fille rousse qui sort d'on ne sait où et qui regarde la débauche de sieur Cassel, plus cabotin que jamais (mais n'est pas Depardieu qui veut, et Gavras n'est pas Blier). Les roux sont en guerre contre le reste du monde, mais faire un film, ce n'est pas tourner un clip.

Le film est tendance, creux, vide. Il y a peut-être pire, mais je ne l'ai pas encore vu cette année.

 

1e

Voir les commentaires

Happy few

Elodie Bouchez, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle et Roschdy Zem. Le PacteRidicule, c'est le premier mot qui vient à l'esprit après avoir vu Happy few.

Résumons : A est avec B, C avec D. Lors d'une soirée A couche avec D, B avec C. A couche aussi un peu avec C (les femmes !), mais sûrement pas B avec D  : on n'est pas ici dans un porno gay style Honoré.

C'est que dans cette histoire d'adultère organisé, tout le monde est bien sage. Il ne s'agit pas de faire n'importe quoi : dans cette scène ridicule de sexe dans la farine (ouah, le fantasme !), chaque partenaire est avec son non-légitime et il ne s'agit pas de regarder à côté, et encore moins de toucher. Les corps eux, ne semblent pas trouver ça super rigolo, la sensualité et le libertinage se sera pour une autre fois. C'est de l'adultère tristounet.
Le dénouement est particulièrement savoureux dans le genre idiot. A est vexée parce que C avait couché une fois avant le fameux repas avec D : pas bien du tout ! 

Si on ne croit pas une minute à cette histoire improbable de bobos qui ne semblent jamais devoir travailler, on croit encore moins au contexte socio-culturel des personnages. Les enfants sont filmés, sans donner l'impression d'être présents dans le film. Les professions et le passé des uns et des autres sont esquissées sans profondeur : imaginer Elodie Bouchez en ex Nadia Comaneci, c'est comme imaginer Delarue en ex moine boudhiste.

Bref tout cela n'a ni queue ni tête (dans tous les sens), et plus que ses acteurs, ce sont les spectateurs que le film roule dans la farine.

 

1e

Voir les commentaires

The town

Rebecca Hall et Jon Hamm. Warner Bros. FranceDe The town, je n'ai pas grand-chose à dire si ce n'est que ce type de film est à ceux de James Gray ce que le peintre du vide-grenier de votre quartier est à Renoir.

Je veux dire : le film n'est pas honteux, il est même respectable, mais il n'est pas très bon.

Les intentions de Ben Affleck sont sincères, je n'en doute pas. Que le résultat soit au mieux efficace (à certains moments), au pire mièvre (à d'autres) n'est pas en tant que tel un élément de critique constructive.

Quelquefois le regard critique s'émousse et la bonne volonté, le jeu compassé et les rebondissements qui n'en sont pas (on va dire des remolissements ?) font figure de caviar bon marché un dimanche soir de fin d'été.

 

2e

Voir les commentaires

Benda Bilili !

Sophie Dulac DistributionBenda Bilili! bénéficie sur Allociné d'une note spectateurs ahurissante (4 et quelques), aussi ai-je fait un effort pour aller voir ce documentaire tourné au Congo et en Europe et racontant la formation et l'évolution d'un groupe de musiciens handicapés.

Franchement, à part une poussée de bonne conscience téléramesque (handicap+pauvreté+Afrique+musique ne laissera pas un coeur démocrate-chrétien de marbre), je ne vois pas ce que les spectateurs ont pu trouver à ce film.

L'image est piteuse, l'évolution des péripéties poussive, la profondeur de champ sur le contexte personnel des protagonistes quasi nulle. Quant à la vision sociologique ou politique du pays, je n'en parle même pas, on n'y voit goutte.

Surnage la figure hallucinée du jeune enfant jouant d'un instrument improbable (voir ci-contre), qu'on voit grandir au fil des années.

Le niveau du film ne dépasse donc pas celui d'un reportage sur Planète.

Dans le même genre, Anvil ! a représenté en début d'année  une sorte de modèle à découvrir si vous ne l'avez pas vu, dans un genre de musique ô combien différent, il est vrai.

 

1e

Voir les commentaires

L'histoire de Richard O.

Bac FilmsSexe et cinéma / 3

Si vous ne connaissez pas ce film, surtout ne changez rien. En commençant ce cycle "sexe et cinéma" je ne pensais pas me payer de navets d'auteurs comme celui-ci. Damien Odoul est un cinéaste confidentiel (bien que l'Histoire de Richard O. ait été présenté en compétition à la Mostra) et je pense savoir pourquoi.

Le principe est coquet : notre héros Amalric (sexy comme un pilier de bistro dépressif, cheveux gras, barbe hirsute, fringues d'une laideur incommensurable) se tape un maximum de femmes (13 parait-il, je ne les ai pas compté) en un minimum de temps : le film ne dure qu'1h15, heureusement. Bien sûr, il y a des scènes de sexe explicites, comme on dit.

Voilà c'est tout, ça vous dit ?

PS : Le moins qu'on puisse dire c'est que la vision que le film donne des fantasmes féminins semble bien machiste (genre : fais-moi mal, viole moi, prends moi comme une bête). La mise en scène est prétentieuse, l'image laide. Il y a un second rôle qui joue comme un pied et a une tronche de neuneu (Stéphane Terpereau) : c'est le rabatteur de Richard. Le film se concentre sur lui dans le dernier quart d'heure, on ne sait pas trop pourquoi. Tout cela n'a aucun sens. Il faut que je choisisse un film plus rigolo pour la suite de mon cycle.

PS 2 : j'ai regardé quelques scènes 24 heures après la première vision pour vérifier si c'était vraiment le pire film que j'ai jamais vu. Réponse : OUI. Il détrône donc le calamiteux Chant des oiseaux.

Sexe et cinéma sur Christoblog :
Année bissextile (***) de Michael Rowe, Romance (*) de Catherine Breillat.

 

1e

Voir les commentaires

Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)

J'étais prêt à aimer ce film.

D'abord parce qu'un précédent opus du réalisateur m'avait intrigué et en partie séduit, d'autre part parce que j'ai une tendresse particulière pour la Thaïlande et son cinéma, enfin parce que quand un grand festival quitte les sentiers mainstream, cela me plait plutôt.

Malheureusement, et même avec toute la bonne volonté du monde, il faut bien conclure que je trouve pas grand-chose à sauver dans cette palme.

La mise en scène est rudimentaire, le plan fixe étant la norme, dont la caméra tremblotante est l'unique et rare variante (dans la grotte, sous l'eau). La photographie, qui souvent est somptueuse chez Weerasethakul, est incroyablement laide, à tel point que je pensais être tombé sur une copie endommagée. Le propos est décousu, et sa charge symbolique m'a complètement échappé.

Le gouffre entre mon esprit et le film est tellement grand que je n'ai vraiment rien compris ce que je voyais : où sont ces fameuses vies antérieures dont parlent le titre, dans le poisson chat ? Le buffle de la première scène a t'il un sens ? Et les ouvriers laotiens ? Comment raccorder les photos montrées dans la séquence du rêve dans le futur et ce qui est raconté par ailleurs ? Et quel est le rapport entre les derniers plans lynchiens dans la chambre d'hôtel et le reste du film?

Ce qu'on peut sauver dans le film tiendrait en 10 minutes, il dure malheureusement 1h50. Il fut des palmes d'or discutées ou controversées, mais là, à part quelques critiques qui considéreront que Weerasethakul est plus un artiste plasticien qu'un cinéaste, je ne vois pas qui pourra aimer, sauf à être maso ou défoncé. Ou peut-être boudhiste.

 

1e

Voir les commentaires

Inception

Difficile pour moi de me faire une idée bien arrêtée sur ce film.

Le début est intéressant, exposant une idée assez stimulante : il est possible de pénétrer dans l'esprit des gens lors de leur rêve, et d'y voler des secrets. Il est également possible, bien que beaucoup plus difficile, d'y déposer des idées.

Les scènes de rêve sont filmées comme dans la réalité, et les personnages y jouent leur propre rôle, procédé qui permet quelques retournements intéressants du genre : "ce que vous voyez n'est pas ce que vous croyez".

A partir de ce schéma, Christopher Nolan bâtit une oeuvre volontairement complexe en y insérant :

  • une histoire d'amour compliquée entre son héros et sa femme qui ont partagé des moments intenses dans un monde de rêve, jusqu'à une tragédie dont je ne parlerai pas
  • une escalade dans les rêves "emboités" (je rêve que je rêve que je rêve...) vertigineuse : jusqu'à 4 niveaux
  • le concept assez nébuleux de Limbes (quand on meurt dans un rêve, mais seulement dans certaines conditions, on erre dans une zone indécise pendant un temps ... incertain)

L'impression est que la machine s'emballe dans une explosion de créativité non maîtrisée, un peu comme dans Lost par exemple, ou dans la série des Matrix. Nolan semble vouvoir donner son 2001, l'Odyssée de l'Espace ET son Eyes wide shut EN MEME TEMPS, ce qui n'est évidemment pas possible.

Di Caprio peut enchaîner pépère des mimiques déjà exploitées dans Shutter Island : amour tragique, remords éternels, culpabilité, doute sur la réalité qui l'entoure...

On ne peut que relever la grosse balourdise de l'approche typiquement US de la psychanalyse et de l'inconscient : les secrets y sont enfermés dans des coffres (!) les réactions de défense de l'inconscient se matérialisent dans les rêves sous forme d'armée, de milice et de tueurs (cf le niveau dans la neige, on dirait du James Bond cheap), et le sexe en est complètement absent. Les lois de la physique ne sont pas mieux traitées : dans un monde en apesanteur, débloquer le frein de sécurité d'un ascenseur ne fera pas chuter celui-ci.

La fin est un peu à l'image des hésitations, et de la sophistication alambiquée du film : on n'est pas bien sûr d'en comprendre le sens, et peut-être d'ailleurs n'y en a t-il pas, Nolan étant peut-être aussi perdu - et épuisé - que nous (cela fait longtemps qu'on est perdu avec cette histoire de totems, mais je ne vais pas développer mes arguments, sinon on y passera la nuit).

Je précise pour ceux que cette timide histoire d'amour par delà le temps et l'espace intéresse qu'ils devraient lire Hypérion de Dan Simmons, ouvrage dans lequel figure un exemple parfait de ce type d'histoire

 

2e

 

Voir les commentaires

Serial noceurs

Vince Vaughn et Owen Wilson. Metropolitan FilmExportAprès le ridicule Ou sont passés les Morgan ?  j'enchaîne dans l'avion Pékin Paris sur Serial Noceurs.

Le film est meilleur, surtout grâce à la performance de Vince Vaughn, assez performant en obsédé du sexe, vulgaire, énergique, baratineur en diable, sorte d'esthète de la goujaterie qui ne supporte pas de comparaison dans le genre.

Sinon, Owen Wilson est angélique (qui craque pour lui, mesdames / mesdemoiselles ?) même dans ses pratiques ignobles, et va tomber diablement amoureux de la fille du ministre des finances.

L'esthétique du film ne vaut pas tripette, et son début (une sorte de long clip/trip enchaînant les scènes de parasitage de mariage puis de filles en sous-vêtements affriolants) m'a particulièrement énervé.

La farce noire tourne à la fable romantique, et le film perd son sel : dommage !

Après ces deux exemples typiques de comédies américaines formatée, il me saute aux yeux que la moindre originalité (l'école Apatow, les films de Reitman) semble extraordinaire dans le paysage US, même si les films en question ne sont que tout juste bons.

 

2e

Voir les commentaires

Où sont passés les Morgan ?

Sarah Jessica Parker et Hugh Grant. Sony Pictures Releasing FranceLe charme des longs voyages en avion (Paris Tokyo via Pékin, c'est 11/12 heures) réside aussi dans le fait de regarder des films que je ne serais jamais allé voir au cinéma. Certes les conditions sont déplorables (écran tout petit, VF) mais bon, il n'y a pas grand-chose à faire d'autre...

Donc me voilà embarqué dans cette comédie kitchissime, ringarde et lourdingue, réunissant l'héroïne de Sex and the city et le bellâtre britannique préféré de ces dames.

Le résultat est pitoyable, on ne sait pas de quoi il faut rire le plus : du scénario hyper-formaté, de la vision très "Bienvenue chez les ch'tis" qui est donnée des braves gars de la campagne, de l'invraisemblance totale des épisodes violents, du tueur mafieux à la petite semaine qui raterait un éléphant dans un couloir. C'est nul, et en plus je ne pense pas que ça le revendique. Les deux acteurs principaux jouent leur petite musique et touchent leur enveloppe. J'étouffe plusieurs bâillements et appelle l'hôtesse pour avoir un verre d'eau... le film suivant est un peu mieux.

 

1e

Voir les commentaires

Punch-drunk love

Punch drunk love est un objet boursouflé, sans âme, sans souffle, qui ne tient pas dans la durée. Une sorte d'exercice de style qui sert principalement son auteur, par ailleurs réputé colérique et égocentrique.

Le pauvre Adam Sandler essaye de composer un personnage à la croisée de Ben Stiller et de Mr Bean, sorte de sous-monsieur Hulot coincé et caricatural (avec le même costume bleu durant tout le film). Il essaye désespérément de paraître poétique mais l'indigence de l'intrigue et les tics du réalisateur le rendent plutôt ridicule.

Le film n'est donc qu'une succession de saynètes qui constituent autant de courts métrages plus ou moins réussis (l'harmonium, le supermarché, les méchants pas très dangereux, les effets de couleurs, la collection de bons de réduction donnant droit à des miles) mais en aucun cas un long métrage qui se tient.

A la vue de ce très surestimé Punch-drunk love, je comprends mieux pourquoi j'ai été si déçu par There will be blood : on n'y retrouve, bien que très atténués, les mêmes défauts : une afféterie bien prétentieuse dans la mise en scène, une superficialité tape-à-l'oeil, des scènes franchement ratées et des personnages transparents.

Paul Thomas Anderson devrait être plus modeste et penser plus à ses films qu'à lui-même, il deviendrait alors peut-être un peu plus cinéaste.

 

1e

Voir les commentaires

Romance

Ce film de Catherine Breillat avait occasionné un petit scandale à sa sortie, en 1999.

Marie aime son mec, qui ne lui fait pas l'amour, mais qui drague d'autres filles en boite. Marie a quand même besoin de sexe : elle se laisse donc baiser par Rocco Siffredi (pas si impressionnant que ça au passage), un inconnu dans une cage d'escalier qui la viole, et un François Berléand qui l'initie à l'art subtil du bondage et des pratiques SM.

Tout ça est très intellectuel, surligné par une voix off qui balance des platitudes éculées ou absconses. Le film n'est ni sulfureux, ni sensuel, ni brillant, ni excitant.

L'effet scandale parait bien inexplicable aujourd'hui. Le fait qu'on aperçoive 3 ou 4 fois un sexe masculin ne le rend pas pornographique.

Le film inspire une sensation de froid (à l'image de l'appartement qu'habite Marie, blanc et propre comme un magasin Lacoste) et de jeu intellectuel. Je m'attendais à une bombe incontrôlable : je ne savais pas que la bombe était glacée.

 

1e

Voir les commentaires

Les soeurs de Gion

Ouf ouf ouf, j'aime bien parler de films que personne n'a vu et pour lesquels je n'aurai aucun commentaire (d'ailleurs il suffit que j'écrive cela pour qu'un petit malin décide d'en laisser un - de commentaire).

Bref, j'avais adoré Contes de la Lune Vague ... et aussi Les Amants Crucifiés. Donc je regarde ce film de Mizoguchi d'il y a ... 74 ans ... et je suis assez déçu. De la magie des oeuvres citées ci-dessus je ne vois pas grand-chose, sauf peut-être quelques beaux plans séquences, et des attitudes féministes qui sont diablement en avance sur leur temps.

Sinon le film est assez ennuyeux, bien que très court, heureusement, et à vrai dire, les acteurs masculins se ressemblent tellement tous que je ne suis pas sûr d'avoir suivi toute l'intrigue. Bref, il s'agit de geishas cherchant protecteurs, une vieille, et sa soeur, plus jeune, plus moderne, mais aussi manipulée au final.

C'est noir, c'est sûrement un moment de cinéma important, mais au final ça suscite l'ennui, surtout dans cette version un peu floue par moment.

Ma critique reflète l'état d'esprit d'un spectateur lambda et un peu obtus, mais si vous êtes cinéphile vous apprécierez cette approche érudite et pertinente sur le blog de Nostalgic du cool.

 

1e

Voir les commentaires

Promets moi

Mirjana Karanovic. Jean-Marie LeroyAlors voilà. Je suppose qu'il faut tomber amoureux de l'actrice principale pour apprécier ce film de Kusturica (pas très dur comme vous pouvez le constater à gauche).

Sinon, et c'est mon cas, vous resterez dubitatif face à un grand déballage serbo-foutraque dans lequel un burlesque à la Tati côtoie l'image léchée et acidulée d'une Amélie Poulinovitch.

Pourtant, bien que le film m'ait copieusement exaspéré (l'homme volant, c'est vraiment n'importe quoi) j'ai du mal à en écrire le plus grand mal. C'est comme si le conflit entre le bandit moustachu (un Groucho Marx qui veut reconstruire les twin towers en Serbie) et les deux frères chauves suscitait en moi une sorte de plaisir coupable, du genre : je lis des BD sous les draps quand j'ai 8 ans.

Il reste l'actrice et ses chapeaux, et le jeune acteur, tous deux très intéressants, et quelque chose de grand qu'on devine de la part de Kusturica, comme l'écho du génie enfoui sous la meringue et les effets trop appuyés.

 

Un drôle de film, à défaut d'être un film drôle.

1e

Voir les commentaires

L'illusionniste

Pathé DistributionBon, ceux qui me connaissent savent que je ne fais pas toujours dans la dentelle.

Le film m'a beaucoup déçu, mais en introduction peut-être faut-il dire qu'il est tellement lié à Tati (par tant d'aspects que je ne peux détailler ici), que l'intérêt qu'on peut éprouver envers lui est directement lié à l'intérêt qu'on porte à Tati lui-même. Or ce dernier m'a toujours passablement ennuyé. Ceci expliquerait donc cela.

Donc, vous voyez bien ce que va être mon opinion:

En + : des images magnifiques, dignes d'un Miyazaki très en forme, un portrait d'Edimbourg superbe.


En -, le reste, une intrigue rabougrie et ambigüe qui ne suscite qu'un intérêt limité. Je ne détaille pas le sujet cousu de fil blanc (est-ce que le vieux magicien est amoureux de la jeune insouciante transparente ?), il n'en vaut pas la peine.

Bof, bof, et l'aspect quasi-muet du film n'arrange rien. Une réussite esthétique, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant pour déchaîner le flot de critiques laudatives que j'ai pu lire.

 

2e

Voir les commentaires

Enter the void

Wild Bunch DistributionRegarder Enter the Void me rappelle cette blague idiote du fou qui dit "Ca fait du bien quand ça s'arrête" après s'être écrasé pendant des heures le pouce gauche avec un marteau tenu dans la main droite.

Première partie

Le générique est très chouette. Illisible. Sauf qu'on voit très bien Noé. Japonais. Psychédélique. Hype. Sympa. D'une certaine façon le film serait parfait s'il s'arrêtait là.

Deuxième partie

C'est un peu la suite d'Irréversible. Montage serré, caméra subjective (à chaque fois que le personnage principal cligne de l'oeil il y a un noir à l'écran, il fallait y penser), Oscar est un dealer à Tokyo, il a une soeur, Linda, un copain Alex, un client Victor. A ce moment là (30 minutes environ après le début du film), tout va bien, on ne s'ennuie pas trop.

Troisième partie

Oscar est tué. Son âme erre au-dessus de la ville.  Pendant deux heures on a droit à l'enchaînement : caméra plongeante sur les rues de la ville, scène de l'intrigue, plongée de la caméra dans un objet circulaire (vagin, égout, cendrier, lampe, feu de cuisinière, etc), sorte de vision d'un intérieur galactique ou vaginal (ou l'inverse), puis re-scène de l'intrigue, plongée... bref vous avez compris. Sans les tics de Noé l'intrigue tient en deux lignes : Oscar baisait la mère de Victor, c'est pourquoi Victor a niqué Oscar, Alex en pinçait pour Linda, qui elle se laissait séduire par Mario. C'est tout. C'est tout ? C'est tout.

Deux heures, c'est long. On a le temps de regarder en biais les voisins de calvaire. Les flash-backs sont tellement ridicules que je n'ose même pas en parler.

Si on cumule les scènes qui ne signifient rien (écrans monochrones, trip lié à la drogue, survol de la ville, matrice pleine de synapses colorés) on doit bien atteindre 45 minutes. C'est trop. Ah oui, on voit l'intérieur d'un vagin pendant l'acte (c'est marrant comme c'est éclairé de l'intérieur, ça doit être la mère Noël), et aussi après la réincarnation le cordon qui est coupé. Délivrance ! Enfin on peut sortir...

J'ai envie de dire à Noé : chiche de faire un film sans lumière rouge, sans plongée, et sans que la caméra tourne une fois autour de son axe. Fais ça, et après on discutera.

La psychologie nunuche qui s'attache au pauvre développement moral ne mérite même pas qu'on s'y attarde : je tête ma mère donc je fume, etc... En matière de psychédélisme à deux ronds, on touche le fond. Le livre des morts tibétain est commenté dès le début afin qu'on comprenne bien : quand deux personnes font l'amour, na na ni na na na, et à la fin tous les couples du Love Hotel dégagent des volutes positives : Hosanna ! Oscar est mort et ressuscité : à ce moment là, Enter the Void fait partie des films qu'on a honte de regarder jusqu'au bout tellement c'est bête.

RIP.

 

1e

Voir les commentaires

Mammuth

Gérard Depardieu et Isabelle Adjani. Ad Vitam Mammuth est un film faux.

Je m'explique : on essaye de nous faire croire que Depardieu (qui s'exprime comme dans Tartuffe) est un boucher quasi analphabète.

La "Province" est montrée comme un monde de ploucs - mais quand même avec des lettres : les gros cons prospecteurs s'appellent Poelvoorde, les fantômes Adjani (au passage affligeante), les croque-morts Dick Annegarn : c'est Groland au Fouquet's !

Le problème de Mammuth est que la bonne distance n'est jamais trouvée : Kervern et Delépine se foutent-ils de la gueule des provinciaux avec des tics purement parisianistes, où veulent ils dire autre chose ? Et quoi ?

Le scénario est ridicule, les intentions surlignées : quand on veut signifier qu'un personnage s'ennuie, on le montre tournant dans une pièce comme un lion en cage, original, non ?

L'afféterie de l'image au gros grain rend l'ensemble assez insupportable de prétention. Depardieu cabotine (mais peut-il désormais faire autre chose ?). On songe (tristement) à The Wrestler, comme on pourrait songer aux Monty Python en regardant la 7ème compagnie.

Les deux réalisateurs semblent se complaire dans la masturbation réciproque, à l'image de la scène entre les deux cousins.

Mammuth n'est pas seulement mauvais, il est inutile. Ou l'inverse.

 

1e

Voir les commentaires

Lola

EquationJ'ai été voir Lola en souvenir d'un réalisateur philippin, autrefois renommé, décédé en 1991, et qui s'appelait Lino Brocka.

J'ai vu de lui un film, Bayan Ko, que peu de ceux qui liront cet article auront vu, mais qui, pour moi, est un des films qui a marqué mon entrée en cinéphilie, en 1985.

Les Philippines sont depuis restées discrètes dans le domaine du cinéma, jusqu'à l'irruption du doué Brillante (le bien nommé) Mendoza. Je n'ai pas vu les premiers films de ce dernier (Serbis, Kinatay), fortement auréolés d'une aura scandaleuse (pornographie, viol, meurtre).

Venons-en à Lola : le prétexte est simple. Une rixe entre deux jeunes gens tourne mal. L'un meurt. Les deux protagonistes ont des grands-mères (lolas) à forte personnalité. Les deux familles sont très pauvres.  La grand-mère de la victime veut un enterrement décent pour son petit-fils, la grand-mère de l'infortuné assassin souhaite un accord à l'amiable avec la famille de la victime : en clair, verser une grosse somme pour solde de tout compte, et que son fils soit libéré. Les deux grands-mères vont-elles arriver à trouver un accord ?

Sur cette intrigue simplissime, Mendoza tresse un film qui n'est pas horrible, mais qui n'est pas non plus passionnant. Le film vaut pour deux choses : le jeu des deux grand-mères, spectaculaire dans leur énergique détermination, mais attendu, et surtout la description quasi documentaire d'une Manille sous les eaux : ses vols à la tire, ses tribunaux de quatre sous, ses taxis collectifs, ses prisons surpeuplées, ses usuriers, ses vendeurs ambulants.... c'est sous cet aspect "terrain" que le film peut le plus intéresser.

 

2e

Voir les commentaires

Copie conforme

William Shimell et Juliette Binoche. MK2 DiffusionIl fait chaud à Nantes. L'été arrive et je vais voir le dernier Kiarostami au Katorza alors que le Palmarès n'est pas encore tombé : je me crois un peu à Cannes... les quais de Pornic vont bientôt ressembler à la Croisette.

L'idée du film est bonne : on voit un couple se former. Lui, essayiste qui vient de publier un livre sur la copie dans l'art, elle, qui tient une galerie et a un enfant ado. Le couple nouveau-né, à la faveur d'un quiproquo, se mue en couple qui se déchire après 15 ans de mariage.

Belle idée, ratage complet. Copie conforme n'est pas un film, mais l'idée d'un film.

On voit par là que la place de Kiarostami est plus aujourd'hui dans les galeries d'"art contemporain que dans les salles de cinéma. Car de cinéma, il n'est guère question dans Copie conforme : la direction d'acteur y est exécrable (même Binoche semble buter sur les mots), la mise en scène outrageusement explicite, les symboles ridicules dans leur lourdeur démonstrative. Un seul exemple ? Pour illustrer l'incommunicabilité dans le couple, quoi de mieux que de montrer Binoche tenter d'exprimer ses voeux de bonheur à de jeunes mariés à travers une fenêtre qui ne veut pas s'ouvrir... et tout est à l'avenant, profondément ennuyeux, désespérément pataud.

Mon esprit était si peu impliqué dans ce que je regardais que j'ai pu imaginer plusieurs Copies conformes (rigolo non, des copies de copie, non ?), même histoire, mais tournés par Lynch, Cronenberg, Kieslowski, Bergman ou Sirk. Des cinéastes.

Et maintenant, attendons dimanche, l'heure du Palmarès et de la diffusion du dernier épisode de Lost, au soleil. 

 

1e

Voir les commentaires

Les fils de l'homme

Conseillé par des amis blogueurs, me voici en train de taper dans la pile de DVD au lieu d'aller dans les salles. J'attends mercredi et les premiers films de Cannes....

C'est brillamment mis en scène. Owen est méconnaissable, et joue probablement LE rôle de son début de carrière. C'est bien foutu, dans un genre qui mixerait le meilleur du jeu vidéo futuriste glauque genre Half Life, le plus bon de la Sci-fi intelligente (je pense à Battlestar Galactica), et la quintessence du roman d'anticipation. La reconstitution du Londres de 2027, sans enfant puisque le genre humain est devenu stérile, est assez réussie, anxiogène et tristement réaliste. Les scènes d'action sont époustouflantes.

Pourtant le film ne parvient pas à décoller. Comment dire ? Entre le gore, du genre je perds un bras lors de l'explosion terroriste, et le sentimental, style je mets des coeurs biens larmoyants à chaque fois qu'il faut pleurer : il faut choisir !

Cuaron ne choisit pas vraiment et pond un bébé (!) hybride qui n'emporte pas mon adhésion, même si je suis bien conscient des qualités du film.


2e

Voir les commentaires

Irréversible

Mars DistributionBon, je viens de voir le film et je n'ai pas trop envie d'en parler, mais d'un autre côté, plus vite je le ferai et plus vite je pourrai passer à autre chose.

Vous remarquerez que j'ai mis à la fois 3* (mais j'aurais pu en mettre 4 ou 18, ça ne change pas beaucoup l'esprit de ce que je veux dire) et "Je n'aime pas".

Expliquons d'abord les 3* (ou 4, ou 18) : vous en prenez PLEIN LA GUEULE.

Vous avez beau être prévenu (je l'étais), vous êtes préparé à la scène du viol (pas la pire à mon sens), à celle de l'extincteur (ah oui, celle-là a du faire sortir des centaines de spectateurs des salles au bout de 10 minutes de film), bref vous avez beau être conditionné, le début du film est extrêmement pénible, et réussir à la regarder sans baisser les yeux une seule fois constitue à lui seul un défi, un exploit. C'est tellement chiant que ça en devient grandiose, si on peut dire. Ce qui m'a le plus emmerdé pour ma part, ce sont les rotations perpétuelles de la caméra autour de son axe, vraiment saoulantes, et le son, sorte de magma informe qui empêche d'entendre les dialogues. Cette partie, en soi, est déjà un objet cinéphilique intéressant, bien qu'objet de torture pour le spectateur lambda.

Si vous arrivez à passer le début, la suite est belle (oui, simplement belle) et la structure du film, du pire au meilleur, est excitante, réussie. La caméra dessaoule progressivement, les performances d'acteurs sont étonnantes, l'intrigue qui se noue - ou se dénoue, car le temps file à l'envers, hum je ne suis pas super clair, là - et qui éclaire le début du film, est intéressante. La fin du film est donc bien du cinéma, et pas de l'art vidéo conceptuel comme le début pourrait le laisser croire.

Que le film ait été en sélection officielle à Cannes est tout à l'honneur du festival, il fallait oser. Donc je résume : c'est immonde à regarder, c'est brillant, c'est recherché, on ne peut pas (si on est cinéphile) dire que le film ne marque pas (surtout en 2002 !) un moment essentiel du cinéma.

Alors pourquoi je n'aime pas ce film ?

Non pas pour sa violence (sa barbarie diront certains) mais pour sa surenchère d'effets. Imaginez le même film, avec moins de rouge, moins de "Tu connais Tenia" répétés 150 fois, moins de tics sonores, moins de rotations de caméra, moins de bites reconstituées en 3D (c'est dans les bonus du DVD) : alors pour le coup, vous tenez peut-être un chef-d'oeuvre.

En relisant un vieux billet sur 4 mois, 3 semaines, 2 jours , je tombe sur une phrase que j'ai écrite il y a presque 3 ans et que j'avais oubliée : "Le film réussit ce qui en cinéma est une sorte de Graal : montrer l'indicible avec la plus grande économie de moyen."

Voilà, rien à ajouter.

 

3e

Voir les commentaires

<< < 10 20 30 31 32 33 34 35 36 37 > >>