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Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

Incendies

Incendies est tiré de la célèbre pièce de Wajdi Mouawad, que je n'ai pas vue.

Pour commencer, j'ai un problème avec le scénario. Je veux bien admettre les coïncidences, c'est même souvent le ressort dramatique par excellence, mais là, franchement, et même en considérant que le monde est petit, ça fait beaucoup. Je pense à la prison + la piscine, ceux qui verront le film comprendront.

Mais bon, passons. Ce ne serait pas si grave si le réalisateur canadien n'avait échangé sa caméra contre une truelle. Il utilise les morceaux musicaux comme des parpaings, les changements de focale comme des marteaux-piqueurs et les flashbacks comme des bulldozers. La nuance n'est pas son fort, témoin cette scène ridicule ou le jeune fils fait une plaisanterie sur le viol vraiment mal venue.

Les scènes de violence ne sont pas tournées de façon professionnelle (lors de l'assassinat de Wahab on dirait que le flingue est en plastique) et la volonté de faire de la belle image nuit cruellement au réalisme du film (le bus en feu...).

De nombreux plans de remplissage nuisent également au rythme du film, qui apparait finalement bancal et comme inachevé. Heureusement que les actrices jouant Nawal et Jeanne Marwan tirent leur épingle du jeu : elles sauvent globalement l'essentiel.

Denis Villeneuve fera bien mieux ensuite, lorsqu'il aura réduit son style à l'essentiel.

 

2e

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Somewhere

Sofia Coppola filme très bien l'ennui. Si bien qu'on finit par s'ennuyer ferme en regardant son film.

Résumons nous : un acteur hollywoodien qui a tout (Ferrari, alcool et blondasses a gogo) ne trouve pas beaucoup de sens à sa vie. Sa fille de 11 ans avec qui il va vivre quelque temps lui fait sentir ce qu'il a raté. Voilà. C'est tout. (Ici baillez).

On a connu Sofia Coppola (un peu) plus subtile que dans ce film. Illustration : premier plan fixe sur un circuit de voiture, la Ferrari noire sort et entre dans le champ une dizaine de fois. Baillez. Encore plus lourd : pour illustrer l'incommunicabilité entre le père et sa fille, le film fait crier au père "Excuse moi de ne pas avoir été là" alors que ce dernier se trouve sous un hélicoptère qui envoie les décibels comme 10 groupes de heavy metal. Et tout est à l'avenant. Autre tic insupportable :  les répétitions de scène (je joue à la Wii, puis je rejoue, je me douche, puis je me redouche, je me trompe de nom en baisant une fois, puis deux, je reçois un message d'insultes, puis un deuxième, puis un troisième). Re-baillez.

Allez. Je lance la vacherie attendue (je ne serai pas le seul) : il fallait probablement avoir couché avec le président du jury (Tarantino) pour avoir le Lion d'Or cette année. C'est d'autant plus triste que ces dernières années Venise s'était distingué par la sûreté de ces choix (par exemple le magnifique The Wrestler en 2008).

Finalement, Sofia Coppola filme le milieu qu'elle connaît avec les moyens de ce même milieu : le résultat n'est pas dérangeant (comme peuvent l'être les romans de Bret Easton Ellis par exemple), il est simplement vain et auto-parodique, comme un collage raté de ses trois films précédents.

Bien sûr, certains esthètes pugnaces aimeront. Je peux deviner ce qu'ils écrireront. Ca ressemblera à ça :
Sofia Coppola réussit parfaitement à donner cette sensation de vide qui emplit petit à petit l'esprit du personnage principal par une succession de vignettes originales et poétiques, qui flottent dans le temps comme autant de bulles irisées. La jeune Cléo apporte une gravité virevoltante dans ce vide abyssal et le remplit comme elle remplit l'espace de la patinoire par ses arabesques et celui de la piscine par ses singeries expressives, et bla, et bla... je pourrais continuer comme ça pendant une heure.

Mais au final (l'homme gare sa Ferrari en plein désert et part, seul, marchant sur la route tel un lonesome cow-boy post-moderne) croyez moi : vous re-re-baillerez !

Sofia Coppola sur Christoblog, c'est aussi Marie Antoinette.

 

1e

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Another year

Affreux.

Il y a des films mauvais, des films ennuyeux et des films insupportables. Another year fait partie de cette dernière catégorie, qui englobe en l'espèce les deux premières.

L'acteur principal (Jim Broadbent) est nul. Quand il regarde la caméra, on a l'impression qu'il oublie ce qu'est le cinéma. Il éructe de temps à autre une phrase convenue avant d'aller pianoter sur son ordinateur au ralenti. Une catastrophe. Sa femme est à peine meilleure.

Le couple principal est donc inexistant et on se prend souvent à se demander : mais quel intérêt de s'intéresser à ces faux bobos même pas drôles ?

Le problème N°1 du film est que chaque personnage semble écrit une fois pour toute en début de film et ne change plus d'un iota jusqu'à la fin, ignorant superbement les interactions avec les autres. Le fils, la copine du fils, l'ami Ken : ces personnages ne sont que des caricatures grossières. Le vrai personnage un peu intéressant du film est Mary (Lesly Manville), la copine sur le retour qui drague tout ce qui bouge, y compris le fils de ses amis. Elle est aussi caricaturale que les autres, mais elle évolue et on s'intéresse un peu à elle.

Quant aux messages que véhicule le film, on ne peut qu'être interrogatif : Cultivez votre jardin ? Ne vous occupez que superficiellement de vos amis ? Soyez écologiquement conforme ? Je sais tourner un film sur la solitude ? Je peux être aussi chiant qu'Antonioni ? A force de brouiller les pistes, Mike Leigh s'embourbe, avec une rare inélégance, et sur la longueur (2h09 interminables).

Bon, je renonce un peu à raconter tout ce qui fait de ce rogaton une des pires productions de 2010, parce que le coeur n'y est pas. 

 

1e

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Nobody knows

Après le très beau Still walking, j'ai eu envie de me plonger dans la filmographie de Hirokazu Kore-Eda.

Nobody knows a très bien été accueilli à Cannes 2003, décrochant un prix d'interprétation masculine par l'intermédiaire de son jeune acteur de 14 ans, Yagira Yuya (photo ci-contre).

Le prétexte est simple : 4 enfants (2 filles, 2 garçons) sont livrés à eux-mêmes dans un appartement tokyoïte, alors que leur mère poursuit au loin une énième histoire d'amour. On devine au passage que chacun des enfants a un père différent, bien que l'identité des géniteurs n'est d'ailleurs qu'imparfaitement établie.

Le film m'a déçu. Je l'ai trouvé long (2h20) mais surtout manquant de ressorts dramatiques (il n'y en a qu'un en vérité, traité en ellipse de telle façon qu'il n'émeut pas réellement). Le scénario est lâche et décevant, et même si l'interprétation des acteurs est passable, je trouve que la personnalité de chacun des enfants n'est pas assez développée. Je m'attendais à plus d'inventivité de la part du scénariste.

J'ai aussi trouvé que l'image DVD était vraiment mauvaise, ceci expliquant en partie peut-être ma déception. La vie quotidienne à Tokyo (les supérettes, les rayons de mangas, les Pachinkos, la ligne de métro Yamanote, les distributeurs de boissons, etc) est par contre parfaitement montrée et cela contribue à donner un certain charme à ce film lent et un peu paresseux.

En bref je n'ai pas retrouvé cette sérénité tendue qui émanait de Still walking

 

2e

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Un balcon sur la mer

Marie-Josée Croze. Les Productions du Trésor - Europacorp - France 3 Cinema - Pauline's AngelJe n'attendais que très peu du film, et c'est ce que j'ai eu.

Le début est pourtant pas mal du tout. Belle mise en scène, intrigue légèrement hitchcockienne sur le thème de l'usurpation d'identité sur fond d'Algérie française, beaux parallèles présent/passé, enfants/adultes... peut-on rattraper le temps perdu ? Si Dujardin ne me convainc toujours pas dans les rôles sérieux, Marie-Josée Croze est plutôt bonne. Une belle lumière aussi.

Pourquoi le film se saborde-t'il brusquement vers son premier tiers en révélant platement et gauchement (pauvre Claudia Cardinale, c'est bien triste de la voir dans cet état) son mystère nodal, puis en greffant des intrigues improbables et inintéressantes (l'arnaque, la romance entre l'héroïne et l'italien) : on se le demande.

Plus le film avance, plus il devient insipide et sans âme, finissant carrément dans le pathétique ridicule, pélerinage nimbé de bonnes intentions en Algérie, et final sous la pluie étiré au possible ("Je me suis perdu" !) en passant par une tirade très mal écrite de Dujardin dans un appartement vide.

Probablement Nicole Garcia a mis trop d'elle même dans ce film, son implication l'a paralysée dans son expression, et le résultat réussit à ne pas être émouvant alors que sa matière première est potentiellement super-mélodramatique.

Bien essayé, mais donc raté au final.

 

2e

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A bout portant

Gilles Lellouche. Gaumont DistributionFred Cavayé est l'auteur du remarqué Pour elle, dont le remake américain Les trois prochains jours est sorti mercredi dernier.

Avec A bout portant (drôle de titre passe-partout qui n'a que peu de rapport avec l'intrigue) il creuse son sillon dans la veine "film d'action couillu à la française". Malheureusement, même si la mise en scène est assez efficace et le film globalement regardable, les grosses incohérences du scénario viennent plomber l'impression finale.

Par exemple : comment, dans la scène d'ouverture, un gars qui a une plaie béante dans le ventre peut il presque semer deux gars en pleine forme qui ne sont au début qu'à 10 mètres de lui ? Plus grave, le clan des flics pourris n'est pas très crédible (ramener la femme enceinte dans les locaux de la police pour la balancer par la fenêtre ?!) et Lanvin (de plus en plus mauvais au fil des films) en fait des kilos. Il est un acteur des années 80 et le restera toute sa vie, on peut le craindre.

Les ficelles sont très grosses, voire énormes. En ce sens Cavayé est destiné à être américanisé facilement et rapidement.

Finalement ce sont les deux acteurs principaux qui s'en tirent le mieux. Gilles Lellouche, en brave p'tit gars halluciné et bagarreur, et Roschdy Zem, impérial en tueur impassible, arrivent à faire tenir le film debout. De peu.

2e

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Memory lane

Memory lane est un film mineur en mode mineur.

Je ne sais pas quoi ajouter d'autre : il ne s'y passe que des évènements sans consistance, avec des personnages de jeunes adultes qui n'ont même pas la fantaisie (sans parler de la libido) d'adolescents. Bref, en 2010, sachez que le comble du hot c'est de prendre la main d'une copine en marchant.

Le film a l'air de plaire aux Cahiers, aux Inrocks et à d'autres, qui pensent que le fait de capter un regard suffit à faire un film. Mais que nous montre vraiment le réalisateur ? Des feuilles mortes et des jeunes adultes qui font de la musique, vont à la piscine, se baladent, vont à des fêtes. Bref, ce que vous avez fait ce week-end.

Memory lane c'est un petit peu Les petits mouchoirs avec 25 ans de moins, et sous Lexomyl.

Le plus bizarre c'est qu'on ne s'ennuie pas vraiment. Comme quoi Mikhaël Hers doit avoir du talent. Espérons que pour son second film il ait aussi un scénario, ou quelque chose qui y ressemble. Et qu'il arrête de vouloir copier maître Kieslowski en mettant le même inconnu sur le chemin de ses principaux personnages.

 

1e

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8 femmes

Après la réussite Potiche, j'ai eu envie de découvrir 8 femmes, un autre film d'Ozon avec Catherine Deneuve.

Il y a bien des points communs entre les deux films : une atmosphère de théâtre de boulevard, des couleurs criardes, des performances d'actrices. Pourtant, la où Potiche réussit parfaitement à créer une dynamique comique et nostalgique, 8 femmes reste bloqué sur son concept de base : numéros successifs parfois brillants, parfois ratés, qui cumulés ne font pas un vrai film.

Catherine Deneuve, Danièle Darrieux, Firmine Richard et Ludivine Sagnier assurent le minimum. Huppert est très bonne et Fanny Ardant assez performante dans un rôle de femme fatale qui lui va comme un gant (cette robe rouge !). Mes deux préférées sont Emmanuelle Béart, bombe sexuelle comme jamais, et Virginie Ledoyen, irrésistible en jeune fille modèle. Leurs confrontations sont les meilleurs moments de ce film, pas désagréable à regarder, mais qui n'arrive jamais à se départir de son côté artificiel.

Les 8 passages chantés sont de qualité variables mais contribuent à casser le rythme du film. A chaque fois, certaines actrices regardent la performance de l'autre en semblant apprécier la chansonnette, oublieuses de leur propre personnage. Ces passages sont alors révélateurs du problème principal du film : tout le monde regarde tout le monde jouer.

Trop de stars tue les stars.

 

2e

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Le monde sur le fil

Carlotta FilmsExpérience bizarre hier soir au Katorza dans le cadre du festival du cinéma allemand.

3h25 de projection pour visionner un film retrouvé de Rainer Werner Fassbinder, datant de 1973, et réalisé pour la télévision.

Le scénario est diabolique. Un savant qui a conçu un ordinateur super-puissant capable d'engendrer un monde virtuel peuplé de quasi-humains disparait mystérieusement. Il est remplacé par son adjoint. Des choses bizarres se passent, des interactions entre les deux mondes se produisent : et si le vrai monde était lui-même la création d'une machine encore plus puissante ?

En 1973 Internet n'existait pas et les jeux vidéos non plus. Le film est donc véritablement révolutionnaire et annonce par son sujet Matrix, Avatar et Inception.

Comme d'autres films de Fassbinder il a malheureusement mal vieilli. Certaines scènes sont vraiment ridicules (la chute de la palette de briques, le berger allemand, la mort finale sur le toit de la voiture) et la longueur du film rend certains passages un peu longs difficilement supportables.

Et pourtant on ne peut qu'être absolument bluffé par certains aspects de mise en scène réellement virtuoses, à base de jeux de miroir d'une infinie complexité et filmés par une caméra vive et tournoyante. On retrouve ainsi par éclair des éclats du génie de Fassbinder, servi ici par une pléiade d'acteurs de bon niveau, à commencer par le héros joué par Klaus Lowitsch, bloc d'intelligence et de raison au milieu d'un univers d'étrangeté. Les personnages affichent pour certains des visages de pantin, ou portent des vêtements bizarres, dans un Paris giscardien résolument moderno-kitsch-lynchien à la sauce 73.

Bref, une curiosité pour cinéphile que je suis content d'avoir vue, mais que je ne conseillerais pas à mes amis. 

 

2e

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Rubber

Rien de pire qu'un film-concept qui ne s'assume pas.

Rubber pourrait pleinement assumer son pitch de base, aussi fumeux soit-il : filmer un pneu tueur et télépathe. Mais non, activant un vieux réflexe français (intellectualiser à tout va), Dupieux ajoute une laborieuse mise en abyme accompagnée de tics pontifiants (cette intro qui ne rime à rien) qui plombent absolument le film en l'enfermant dans un format qui le rapproche plus de l'art contemporain que du cinéma.

Au final Rubber oscille entre ambition artistique avortée (que certains pourront prendre pour de l'outrecuidance), amateurisme (Dupieux n'est pas encore véritablement réalisateur) et ridicule. 

 

1e

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La princesse de Montpensier

Mélanie Thierry. StudioCanalQuelque chose ne va pas dans ce film. En y réfléchissant longuement (au moins 10 minutes) je pense que c'est le casting.

Mélanie Thierry a le charisme d'une huitre et les minauderies timidement esquissées du haut de son 1,60 mètre ne font pas sentir du tout le vertige de l'amour absolu que le scénario dessine pourtant de façon subtile.

Grégoire Leprince-Ringuet est encore plus mauvais que d'habitude, marmonnant dans sa barbe des paroles inaudibles tout en souffrant de la comparaison avec son inférieur (théorique) dans le film : Lambert "Thibérine" Wilson, encore tout habité par la grâce.  En somme on dirait que Tavernier s'est désintéressé de ses personnages pour se concentrer sur les costumes, les décors, les scènes de guerre, toutes choses par ailleurs assez bien montrées.

Au final, la vision du résultat constituera une bonne soirée pour lectrices de Télé7jours lors du passage en clair sur TF1.

 

2e

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Buried

Ryan Reynolds. Rezo FilmsIl fallait que ce film fut fait.
Et ben voilà, maintenant on est débarrassé.

Parmi les films basés sur un concept, on avait la Corde d'Hitchcock en un seul pseudo-plan et Lifeboat se déroulant entièrement dans un canot de sauvetage, Speed qui a fait beaucoup de petits jusqu'à Unstoppable dans le genre "comment j'arrête ce bidule ?", Cube que j'avais trouvé assez rigolo avec son côté "qu'est ce qu'on fout là ?", etc

Vous avez peut-être d'autres idées  de films-concepts?

Buried nous fait le coup du "je suis capable de filmer un mec enfermé dans un cercueil" pendant 90 minutes.

Notons tout de suite qu'il respecte scrupuleusement la règle du jeu puisqu'on ne verra rien d'autre que l'intérieur de la boite (sauf via l'écran du téléphone portable). Par contre, il triche abondamment sur la géométrie spatiale du cercueil, en sortant par de longs travelling arrière de la caisse, en le filmant de l'extérieur par les fentes, en y réalisant des mouvements de caméra acrobatiques... Ce qui fait que dans toute la première partie du film, le cercueil ne semble pas enterré mais comme suspendu dans un espace indéfini. Sur la fin, retour à une réalité plus terrienne puisque le sable fait son apparition, à l'extérieur puis à l'intérieur.

Le scénario, assez malin au commencement, peine à tenir la distance. Si la fin est assez amusante, les rebondissements de la dernière demi-heure font un peu remplissage pour tenir la distance (le doigt, la copine italienne, etc...). On retiendra ici et là quelques bons points (le directeur du personnel, excellent) et d'autres carrément risibles (la barrière de feu). Certains verront dans le film une parabole sur la présence américaine en Iraq.

A voir par curiosité, mais j'ai été déçu de ne pas avoir peur. Et je ne suis pas devenu claustrophobe non plus.

 

2e

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The american

George Clooney. Mars DistributionJe ne vais pas m'étendre trop longuement sur ce film (si je puis dire, car d'une certaine façon que la décence réprouve, je le pourrais) : il est tout simplement à peine concevable de rater son coup à ce point-là.

En effet, tout est mauvais dans The american. Il ne s'agit pas d'ergoter comme dans le cas de Vénus noire ou de Biutiful,  qui ne m'ont pas vraiment plu, mais qui sont de vraies oeuvres, non sans intérêt.

Ici, tout sonne faux : le scénario, qui réussit à être à la fois simpliste et approximatif, les décors tout droit sortis d'un croisement de Géo et de Paris Match, Clooney, qui joue comme un pied, et ses faire-valoir(e)s qui ne valent que par leur tour de poitrine, généreux, il faut le dire.

On a peine à imaginer que Corbijn fut le réalisateur responsable du sublime Control. Comme quoi, le passage aux deniers US se traduit quand même le plus souvent par une chute incontrôlée (c'est le cas de le dire) dans la médiocrité.

Ite missa est.

 

1e

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Vénus noire

Vénus noire est une nouvelle démonstration du fait que les bonnes intentions ne font pas les bons films. Certes, l'histoire que raconte Kechiche est intéressante, bien que très connue de ceux qui suivent un peu l'actualité : il s'agit de la dégradante exploitation d'une femme noire africaine aux attributs sexuels sur-développés.

Dégradation qui emprunte à tous les modes : exhibitionnisme, examen indécent par des scientifiques, prostitution, vente du cadavre. L'histoire se déroule au XIXème siècle et trouve un épilogue à la fin du XXème avec la restitution du corps à l'Afrique du Sud.

Le cinéma de Kechiche est puissant, dense et même dans certaines scènes (les deux premières par exemple) virtuose. Sa manière unique de capter les regards et les expressions des figurants est remarquable.

Son problème, comme dans certains de ses précédents films, est de ne pas réussir à canaliser complètement cette énergie. Du coup, le film présente un certain nombre de points faibles et de déséquilibres véritablement gênants.

Certains aspects sont complètement ratés, par exemple les décors lointains de Paris et Londres qu'on dirait peints par un enfant de 10 ans, ou l'idylle bucolique et platonique entre Sarah et le jeune naturaliste, qui tombe complètement à plat.

Les tics habituels de Kechiche gênent aussi plus que d'habitude (mouvements de caméra incessants, très gros plans sur les visages), même si le réalisateur s'est assagi depuis L'esquive. Et surtout, après un bon départ, l'intérêt pour le destin de la Vénus s'étiole progressivement, probablement par un effet de répétition de certaines scènes qui deviennent lassantes.

On en vient à culpabiliser de ne pas éprouver de compassion pour cette pauvre fille !  L'horreur se banalise quand elle est répétée à ce point : Kechiche aurait probablement gagné en impact en raccourcissant son film d'une heure.

Le jeu de la jeune Yasmina Torrès, particulièrement opaque et inexpressif, n'aide pas à générer de l'empathie.

Vénus noire renvoie constamment à Elephant Man, le magnifique film de David Lynch, et bien sûr, souffre cruellement de la comparaison.

 

2e

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Achille et la tortue

Takeshi Kitano et Kanako Higuchi. Océan FilmsAchille et la tortue intéressera particulièrement :

- les fans de Kitano cinéaste

- ceux qui envisage la peinture comme concept

- les fans de l'artiste peintre Kitano, en particulier ceux qui ont vu l'exposition récente à la fondation Cartier (beaucoup des toiles qu'on voit dans le film rappellent l'expo)

Takeshi Beat Kitano y explore la figure de l'artiste possédé par son art (mais impuissant à produire une oeuvre de qualité) à trois ages de la vie : l'enfant, le jeune adulte, l'homme mûr.

La partie de l'enfance, un peu longuette, montre un héros mutique et obsédé, qui déjà met sa vie et celles des autres en danger. Dans la deuxième partie, la meilleure à mes yeux, les expériences d'art conceptuel tournent à la catastrophe quand un jeune peintre se tue en projetant une voiture transportant des seaux de peintures contre une toile. Cette période donne à voir une scène de happening hallucinante durant laquelle 4 déjantés rivalisent de défis stupides sur une scène : très représentatif des performances de Kitano sur la télé japonaise, façon Jackass.

La dernière, franchement amère, montre l'artiste en prise avec une sorte de folie qui ne connait plus de limite : il prostitue sa fille, puis dessine avec du rouge à lèvre sur son cadavre, sa femme le quitte, il manque de mourir brulé en peignant un feu.

Bien entendu, tout cela est intelligent, beaucoup de clins d'oeil rendent le film intellectuellement stimulant. Mais il manque au final un je ne sais quoi qui emporte l'adhésion du coeur au-delà de celle de l'esprit.

 

2e

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Biutiful

Javier Bardem. ARP SélectionC'est à un voyage monotone dans un long tunnel d'ennui et d'indifférence que nous invite Inarritu.

J'ai découvert le réalisateur il y a deux jours à travers 21 grammes. J'avais trouvé sa mise en scène assez intéressante. Dans Biutiful, cette virtuosité un peu brute tourne à vide, produisant des images fades et sans relief, ne suscitant pas le début d'un commencement d'empathie.

Le scénario est squelettique : il convenait pour un court métrage. Inarritu l'étend tristement pendant plus de 2h15, en partant dans plusieurs directions qui jamais ne se rejoignent pour former un vrai film : dénonciation réaliste d'un phénomène social (le travail des clandestins), drame familial, fable surnaturelle, chronique médicale d'une déchéance physique. La musique insiste lourdement sur quelques moments clés avec une franche indélicatesse (riffs de guitare ou piano solo).

Très rarement, une fulgurance rappelle ce que le réalisateur est capable de faire : le long plan séquence de l'entrée dans la boite de nuit, par exemple. Mais ces quelques pépites ne sauvent pas le film. Que Bardem ait obtenu le prix d'interprétation masculine à Cannes est surprenant : sa grande carcasse adopte le masque buté de la douleur pendant 95 % du film.

En résumé (elle est un peu facile, mais j'y ai pensé pendant le film tellement je m'ennuyais) : Biutiful ne l'est pas.

 

2e

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Les petits mouchoirs

Bon, je vais laisser à d'autres le soin d'éreinter le film de Canet.

Les raisons de le faire ne manquent certes pas : un côté bobo à Arcachon très mièvre, des surlignages musicaux d'un goût horrible, une fin ratée dans les grandes largeurs, le sentiment que ce genre de film de potes a été fait mille fois, du classique Mes meilleurs copains au récent et fade Coeur des hommes.

Et pourtant, par un tour de passe-passe assez étrange, et malgré ses défauts innombrables, je ne me suis pas ennuyé en regardant les 2h36 des Petits mouchoirs.

Peut-être le fait que Cluzet, l'acteur que j'aime détester, l'homme qui ne se départit jamais de son air "j'ai un balai dans le cul", trouve ici un rôle qui lui va comme un gant : maniaque obsessionnel de première bourre, ignoble et insupportable, cible des avances d'un Magimel très bien en gay refoulé.

On peut (peut-être) trouver une qualité au film : l'art d'établir un casting assez cohérent. Valérie Bonneton par exemple est extra, et Marion Cotillard très bonne aussi, par exemple dans une scène de bouée assez amusante.  Lafitte a des airs de Michel Leeb idiot (pléonasme ?). Gilles Lellouche s'en tire bien aussi, en clone de Jean Dujardin.

Canet possède un ego sur-dimensionné qui lui permet de faire passer une certaine énergie dans son film (public de jeunes femmes trentenaires en bande ce soir, qui ont applaudi à la fin du film, vous voyez le genre...). Il lui reste à trouver du talent. 

 

2e

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Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Freida Pinto et Josh Brolin. Warner Bros. FranceOn va voir le dernier Woody Allen comme on va voir le dernier Lelouch : en devinant qu'il ressemblera au précédent, qui lui-même ressemblait au précédent, qui...

La petite musique allenienne semble bien usée désormais, au propre (les arrangements jazzy old fashion aigrelets) comme au figuré. Rien de nouveau dans l'intrigue : des chassés-croisés, une voix off difficilement supportable, des marivaudages en toc, une pute aux gros seins, un artiste manqué. Bref les stéréotypes usuels du maître.

Dans cet opus qu'on oubliera aussi vite que le précédent, il y a pourtant une dose de cruauté qui aurait pu sauver le film, si Woody avait chaussé les lunettes / bistouris qui avaient rendu si brillant le diamant Match Point.

Malheureusement tout est mou dans ce film, de la réalisation à la lumière en passant par le jeu ridicule des acteurs et actrices. Seule Naomi Watts semble à la hauteur : elle minaude superbement en essayant ses boucles d'oreille, puis peut vraiment être infâme avec sa mère.

A part elle, encéphalogramme plat.

 

1e

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Ces amours là

Laurent Couson. Rezo FilmsLe dernier Lelouch est très mauvais :
- les acteurs jouent comme des pieds
- la mise en scène est paresseuse (ce débarquement poussif, qui est à Spielberg ce qu'une trotinette est à une Ferrari)
- les afféteries habituelles du réalisateur deviennent insupportables.

Tout est mauvais, mais certaines choses sont pires : les chansons (argh...), la voix off (pffff...), le personnage que joue Audrey Dana (qui confond le fait de baiser le premier venu, fut-il nazi, et l'amour... c'est ballot), les accents américains et allemands d'acteurs français, les faux films muets, Liane Foly, les décors du vieux Paris...

Le film n'est pas simplement nul, il devient ignominieux quand il fait des trains de déportés des lieux où on peut tranquillement draguer assis, ou quand il habille les prisonniers du camp d'Auschwitz (tous en pleine forme) d'un joli pyjama rayé tout propre, gris et bleu.

Il est enfin d'une prétention folle du début (Lelouch nous dédie le film ainsi qu'à ces 7 enfants : c'est pas un tout petit peu de l'ego shooté au viagra, ça ?) à la fin (c'est le premier réalisateur que je vois incorporer un best of de ses propres films dans une de ses oeuvres, de la masturbation cinéphilique d'une rare intensité).

Si le ridicule tuait, nous n'aurions plus aucun Lelouch à aller voir.

 

1e

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Le voyage extraordinaire de Samy

StudioCanalLe voyage extraordinaire de Samy prouve deux choses : la première, c'est que les européens égalent désormais les américains dans les techniques d'animation, deuxièmement, que les européens sont encore loin des américains en matière de scénario (je pense à l'histoire de Nemo par exemple, qui se déroule dans le même milieu).

Si les images sont très belles et les personnages attachants, la succession de saynètes qui constitue le film ne parvient pas à capter de façon durable l'attention du spectateur adulte.

On a droit au passage à une sorte de catalogue du petit militant écologiste (la marée noire, la chasse de la baleine, les filets trainants, les ordures déversées par les bateaux, les sorties d'égout dans la mer...) très politiquement correct.

Les 6/10 ans apprécieront probablement l'histoire de Samy, de son ami Ray et de son amoureuse Shelly, trooooop mignonne.

1e

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