J'attendais beaucoup du film australien Animal kingdom. Le pitch était intrigant : une famille de malfrats
australiens violents et cruels, et un drame shakespearien mêlant apprentissage et trahison...
Malheureusement, le résultat est passablement raté. La faute d'abord à l'acteur principal James Frecheville, qui joue le jeune neveu intégrant sans vraiment le vouloir le gang des oncles. Son jeu
a l'expressivité d'une brique. Et même d'une brique immobile, car une brique lancée, ou transportée en brouette, manifesterait probablement plus de sentiments que notre ami James, mutique,
acnéique, et dont la largeur du cou semble inversement proportionnelle au talent.
La mise en scène est maniérée (du genre à mettre des ralentis quand la tension est à son comble), et la bande-son du film procure la même sensation qu'une colonne de fourmis en procession vers
votre cerveau à travers votre conduit auditif. Le scénario enfin est cousu de fil blanc, il en devient risible sur la fin : après une ellipse gigantesque, le dénouement prévisible arrive... par
surprise.
Regardez la photo ci-dessus : le film ne se prend pas pour de la m...e, et n'hésite pas à singer le Tintoret ou Véronèse... les Sopranos avaient osé le même type d'image, mais eux
pouvaient se le permettre. Faites circuler les kangourous, il n'y a rien à voir.
Je garde un vague souvenir, plutôt bon, du
premier Scream. L'équilibre entre peur et second degré était à l'époque assez nouveau. Puis je n'ai pas vu les deux opus suivants.
Pour ceux qui ne sont pas des fans, comme moi, le film apparaitra comme un navet. Il ne fait ni frissonner, ni rire.
Les scènes avec le tueur sont répétitives et dénotent d'un immense manque d'inspiration que Wes Craven essaie de justifier par une ultime pirouette : le film serait un film sur des tueurs
s'ingéniant à copier le premier Scream et le remake doit respecter l'original.
Ce qui se veut drôle est pitoyable. Les acteurs sont nuls, le scénario est écrit avec les pieds.
Les personnages sont tellement bêtes qu'on a envie de les trucider tous soi-même en une demi-heure, et de rentrer se coucher.
Essential killing est un concept film. Autant le savoir avant d'y aller, sinon l'atterrissage risque d'être brutal, un peu comme pour celui qui irait voir Enter the void ou Le guerrier silencieux sans avertissement.
Vincent Gallo joue un taliban arrêté dans son pays, transféré dans un pays d'Europe de l'Est (la Pologne ?), et qui s'évade à l'occasion d'un accident.
Il ne dit pas un mot durant tout le film, erre dans la neige, et lorsqu'il rencontre une fermière isolée (Emmanuelle Seigner en fermière isolée !), cette dernière est muette, ce qui tombe bien.
Que fait le fugitif ? Il cherche à manger (poisson cru, écorce d'arbre, fourmis, sein d'une cycliste qui allaite). Il fuit (beaux paysages enneigés). Il tue, sans qu'on puisse d'ailleurs y voir autre chose qu'un malheureux concours de circonstances (un bûcheron à la tronçonneuse, des poursuivants, des automobilistes). Il se rappelle (flash-backs ensoleillés et un tantinet caricaturaux de son pays : moutons, femme voilée, appel à la prière). Dans le dernier plan, ne reste plus qu'un cheval, on supposera que notre héros est mort.
C'est minimal et parfois très beau. Gallo est effectivement halluciné (on le serait pour moins que ça). Le film ne tient debout que grâce à une photographie magnifique et une belle mise en scène. Après un début tonitruant (quelles scènes d'hélicoptère !), j'ai trouvé que le film s'étiolait progressivement, cédant au passage à quelques facilités scénaristiques.
Mouais bof, un rapide mot pour acter le fait
que j'ai été voir ce truc avec ma fille de 8 ans.
D'abord, le film n'a de 3D que le nom. En fait de 3D il s'agit de plans en 2D qui se superposent, comment dire ? Comme des marionnettes thaïlandaises sur plusieurs plans. Ouais c'est ça : de la
2D en mille-feuilles, bref l'arnaque totale. Il faudra quand même un jour dire : "Stop à la 3D prétexte à majorer le tarif d'entrée".
Voilà.
Autre chose ? Ah oui, la bonne surprise c'est qu'il y a un semblant de scénario, pas trop nunuche, et qui peut se lire à plusieurs niveaux. Pour le reste, c'est difficile à décrire : si vous
connaissez Titeuf, vous serez peut-être déçu, si non, vous serez au mieux intrigué, au pire indifférent.
A noter toutefois une apparition assez réussie de Johnny en vieux rockeur fringant et fatigué, et quelques jeux de déformation de mots amusants. Un spectacle honorable, qui finalement se révèle
être un petit peu Le Petit Nicolas d'aujourd'hui, le pipi-caca-zizi-sexuel en plus.
Suite à un échange de DVD avec pierreAfeu et heavenlycreature (une pratique qu'on pourrait d'ailleurs généraliser
entre blogueurs de confiance), je peaufine ma connaissance des performances du duo anglais Simon Pegg / Nick Frost.
Autant leur découverte dans le récent Paul m'a finalement convaincu, autant j'ai trouvé Shaun of the dead assez décevant. Le film semble en effet
beaucoup plus cheap, moins riche en référence et en subtilités, que Paul. Les zombies sont ici vraiment
pitoyables, et les effets spéciaux sont (volontairement ?) bien ringards, de telle façon qu'on n'a jamais vraiment peur.
Je n'ai donc pas réellement accroché, même si un certain second degré est effectivement présent et que l'exercice est britannique en diable, ce qui lui assure une note minimale de **. Prochaine
étape : Hot fuzz.
Jimmy
Rivière est un film sympathique qu'on aimerait conseiller.
D'abord, ce n'est pas tous les jours qu'un film prend pour cadre le monde des gens du voyage. De plus, son réalisateur Teddy Lussi-Modeste est lui-même issu de cette communauté.
Ensuite l'acteur principal, Guillaume Gouix (vu dans l'excellent Poupoupidou), est vraiment étonnant, et il faudra suivre sa carrière attentivement. Enfin, le scénario est co-signé par
Rebecca Zlotowski, qui a montré son savoir-faire dans son premier film : Belle épine.
Malheureusement, le film ne décolle pas vraiment par la faute de plusieurs imperfections notables. Certains dialogues sont vraiment démonstratifs, voire carrément neuneu (la scène à la fenêtre,
sorte de balcon à la Roméo et Juliette, cheap et ampoulé). La description de la communauté paraît bien artificielle (comparée à l'aspect hyper-réaliste de La BM du seigneur) et les
scènes de boxe thaï sont ridicules (comparées aux combats de Fighter).
A part Guillaume Gouix et le pasteur, le reste de la distribution est peu convaincante. Hafsia Herzi n'est pas à l'aise, elle peine décidément à confirmer. Quant à Béatrice Dalle en manager de
boxe, elle est aussi crédible que ne le serait Vanessa Paradis en ouvrière spécialisée. La réalisation enfin est faite de trucs et astuces sans liens entre eux, elle tâtonne sans trouver son
style.
Au final, on ne sait pas trop quoi penser du film qui présente à la fois quelques promesses (la superbe scène d'ouverture par exemple), et des faiblesses très importantes.
Manoel de Oliveira est né le 11 décembre 1908. Imaginez : il avait 37 ans à la fin de la deuxième guerre mondiale !
Ces dernières années, il réalise un film par an.
Maintenant voyons si vous êtes pessimiste ou optimiste, suivant la première idée qui vous passe par l'esprit :
- très pessimiste : à ce rythme là, il nous reste 29 Lelouch à supporter (brrr...)
- pessimiste : 22 Eastwood
- optimiste : 65 Fatih Akin (yes !)
- très optimiste : 61 Aronofsky
Le problème, c'est de rester vivant pour voir tous ces films...
Bon, à part ça, je ne m'explique pas trop l'engouement de certaines critiques pour L'étrange affaire Angélica, présenté à Cannes 2010 (film du mois pour les Cahiers, quand même). L'histoire tient sur un billet de métro : un jeune photographe tombe amoureux d'un jeune fille morte qui lui sourit alors qu'il prend en photo son cadavre. C'est mimi, mais ça ne fait pas un film. Surtout que Manoel, à 103 ans, ne fait évidemment plus trop bouger sa caméra. Donc, c'est très lent, assez théâtral et démonstratif, ennuyeux. J'ai trouvé les rêves particulièrement moches et il faut que le critique des Cahiers s'envole vers des comparaisons hasardeuses et stratosphériques (Chagall !) pour trouver matière à défendre le film.
Je ne peux pas réellement dire que c'est nul, parce qu'on sent bien qu'il y a un grand réalisateur derrière la caméra, mais je ne conseillerais pas le film à des amis (sauf peut-être s'ils sont simultanément insomniaques et lusophones).
Au premier abord, on pourrait trouver un intérêt à ce film.
Une mise en scène assez élégante, un montage nerveux, des acteurs qui donnent le meilleur d'eux-mêmes sans se caricaturer. Bref, un moment de plaisir sans conséquences, pour un dimanche soir
pluvieux par exemple.
Et puis, le temps passant, on se rend compte que Les femmes du 6e étage, outre le fait de véhiculer des stéréotypes assez affligeants, voire dérangeants (sur les femmes, sur les
espagnols....), est bâti sur un scénario particulièrement outrancier, ce qui apparaît pleinement dans la deuxième partie du film.
En effet, difficile de dire que les scènes de sexe avec Luchini soient enthousiasmantes - et mêmes crédibles (!!). Quant à la fin du film en Espagne, elle est d'un ridicule consommé.
C'est donc en ultime analyse assez mauvais dans son inconséquence, bien que regardable dans sa première partie, grâce au jeu tout en nuance de Luchini, qui campe un "adulte dans lequel
un grand gamin sensible sommeille" assez crédible.
Certains vont penser que je m'acharne contre les frères Coen.
Pourtant cette fois-ci je partais dans les meilleures dispositions d'esprit : de bonnes critiques, un pitch sympa, de bons acteurs....
Et patatra, les frères Coen semblent définitivement englués dans une sorte de conformisme soft et sans surprise, certes agréable à regarder, mais complètement insipide.
La vision de l'Ouest qu'ils donnent, loin d'être réaliste (ceux qui soutiennent cette thèse devraient regarder Deadwood), est incroyablement ripolinée. Les pommes y sont plus rouges et brillante qu'au Leclerc du coin, et quand la jeune héroïne sort d'une rivière en furie, elle n'est tout simplement ... pas mouillée. On dira que je pinaille, mais comment se sentir immergé dans un film quand tout est artificiel à ce point (cf la rue du village comme sortie d'un village Disney) ? Le plus modeste objet du décors (la corde du pendu, la pierre tombale) semble absolument neuf, acheté le jour même au Walmart d'à côté. Et je ne parle même pas de l'usage abondant de clichés éculés (coucher de soleil, concours de tir, ciel étoilé, lonesome cow-boy).
Le scénario est aussi d'une faiblesse criarde. Pas une péripétie qu'on ne voie arriver à 10 km...
Au départ j'ai pu croire que la jeune actrice allait sauver le film à elle seule. Et puis d'une façon incompréhensible, son personnage, pourtant original et émouvant, s'efface progressivement pour laisser place à des archétypes sans relief.
Quant à la fin, elle est pitoyable et gâche le peu d'estime que le film pouvait susciter : maladroite, triste, lourdasse. Un succès au box-office qui fera la joie de TF1 en prime time, un fiasco artistique.
Le pitch de 127 heures sera bientôt connu de tous, mais si vraiment vous tenez à ne rien savoir du film, arrêtez de lire ce texte, la phrase suivante comprend un gros spoiler.
Donc, voici l'histoire (vraie) d'Aron Ralston, parti seul en randonnée dans un canyon, coincé pendant 127 heures sous un rocher tombé sur son avant-bras et qui finit par se le couper (le bras), avec un couteau émoussé.
Le film ne laissera donc personne indifférent, vu l'extraordinaire aventure de ce jeune homme. Pour ma part il m'a exaspéré.
On sait que le réalisateur, Danny Boyle, ne fait pas dans la finesse. Il semble toujours férocement attaché à ses manies de teenager attardé post-MTV : split screen, montage speed, plan décadré, musique à fond, zoom arrière accéléré, ralentis expressifs, hélicoptère, très gros plan, nuages filmés en accéléré, etc. L'attirail de mise en scène de Boyle ressemble à un grand capharnaüm tendance et tape à l'oeil, une vraie caverne d'Ali Baba.
Le problème, c'est que cette manière convient quand il s'agit de suivre dans leur délire des jeunes gens embarqués dans une odyssée picaresque et indienne (Slumdog millionnaire) ou de raconter les déambulations d'un groupe de pieds nickelés écossais (Trainspotting), mais elle est absolument inadaptée pour cette histoire, qui devrait nous entraîner dans des abysses de réflexion. C'est comme si Tarantino appliquait le style Kill Bill à une vie de Sainte Thérèse de Lisieux.
Les bras m'en tombent.
Les effets sont donc hyper-soulignés dans leur forme, et insignifiants quant au fond (la romance niaise avec la blonde, les flasbacks papa maman, le fantasme de boire du coca !!). Boyle joue même le jeu du gore pour le passage boucherie-charcuterie, en laissant tout de même un morceau bien proprement découpé sous la masse rocheuse. Je me demande si l'anecdote qui nous montre l'ami Ralston prendre en photo son appendice abandonné est réel. Si oui, ce mec est donc bel et bien barge, comme le début du film le laisse supposer.
Pour finir, je voudrais signaler que nos amis les loups pratiquent depuis longtemps l'exercice (se couper la patte avec les dents quand ils sont pris au piège) et qu'on n'en fait pas toute une histoire.
En
regardant l'Arnacoeur, j'ai été obsédé pendant tout le film par une particularité physique de Vanessa Paradis, visible sur la photo ci-contre : le trou béant que l'actrice exhibe entre
les incisives supérieures.
Du coup j'ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur le film. J'ai d'abord commencé à imaginer les avantages matériels que pouvaient procurer cette particularité. Par exemple il est possible de
boire une margarita à la paille, bouche fermée. On doit pouvoir aussi trouver une manière de siffler en mettant sa langue au bon endroit et en soufflant très fort. Si on mange des cerises, on
peut cracher les noyaux discrètement.
Etc.
Ensuite je me suis demandé si d'autres acteurs et actrices présentaient la même caractéristique. Un visage me trottait dans la tête sans que je puisse mettre un nom dessus. Quelqu'un aux cheveux
noirs avec un sourire large comme ma cuisse et une faculté à trouver les emmerdes.... hum, Yannick Noah ? Non.... Béatrice Dalle ! Mais oui, les deux possèdent ce qu'on appelle "les dents de la
chance" ou les "dents du bonheur". Ronaldo aussi me semble-t-il.
Pendant que Romain Duris et Vanessa plongent tout habillés et tout énamourés dans une piscine en effrayant de pauvres dauphins, une rapide recherche sur internet me donne des détails sur cette
malformation, dont le nom scientifique est diastème. Le diastème est souvent congénital. L'orthodontie peut le traiter de différentes façons et le trou peut être comblé chez l'enfant. Chez
l'adulte une solution consiste à revêtir la surface extérieure des dents adjacentes de facettes.
D'un point de vue ethnologique, certaines peuplades du Nigéria trouve ça très joli. Comme quoi, tout est relatif.
Ben voilà. Je pense qu'en lisant cet article vous en savez assez sur le film, qui est à l'image du sujet de cet article : vide et creux, une béance dans le panorama pourtant sympathique des
comédies françaises de qualité.
Je trouve que le film de Zack Snyder n'est pas sans rappeler le cinéma de Christopher Nolan.
Je détaille mon point de vue :
- même caractère bavard (et j'en rajoute dans la voix off, et je multiplie les allers-retours temporels)
- même jouissance enfantine dans la manipulation des joujoux technologiques (il y a des images numériques d'éclatement fragmenté presque similaires dans Watchmen et Inception)
- même surabondance narrative légèrement mégalomaniaque (2h28 pour Inception, 2h42 pour Watchmen)
- même volonté de revisiter les mythes de super-héros (voir The dark night)
- mêmes maladresses dès qu'il s'agit de faire autre chose que développer une esthétique chic et choc, ou que bâtir des cathédrales de spéculations intellectuelles un peu foireuses (les
pleurnicheries de Marion Cotillard dans Inception, une scène de sexe à mourir de rire dans Watchmen)
Le film est long, très long à démarrer. Quand il commence à nous raconter les histoires individuelles de Jon et Rorschach, il devient beaucoup plus intéressant. Il est assez amusant de voir nos
super-héros se débattre avec des problèmes d'humains assez basiques. La frontière entre le bien et le mal est suffisamment floue pour rendre le film plutôt original dans le contexte
américain.
L'ambiance rétro de cette uchronie dans laquelle Nixon fait trois mandats et où les USA gagne la guerre du Viet Nam est assez bien rendue, même si son caractère volontairement très artificiel
peut ne pas plaire. Quelques aspects font se demander si Snyder n'est pas un peu (complètement) réac (les scènes ridicules au Viet-Nam justement, ou l'emploi récurrent du terme "liberals" comme
insulte)
Watchmen se présente donc comme un fourre-tout indigeste, amphigourique, pas inintéressant et dispensable à la fois.
Alors que le Tron initial savait distiller une poésie visuelle inventive et novatrice, le nouvel opus est une coquille vide sans aucun intérêt.
Ne parlons même pas du scénario, inexistant, vide, creux, idiot. Ne parlons pas non plus des personnages : Jeff Bridges en gourou new-age qui parle aux étoiles avec sa grande cape blanche, et qui est siiiii heureux de revoir son grand gamin de fils. Ce dernier, demeuré, dilettante, s'essaye au second degré dans un film qui ne s'y prête pas.
Parlons alors de l'univers visuel. Autant celui du premier Tron arrivait à nous faire ressentir "l'intérieur de la machine" autant celui du deuxième (et dernier, s'il vous plait) est stupidement formaté aux normes contemporaines.
Les méchants sont plutôt surlignés en orange, les gentils en bleu. Quand ils se battent avec les disques, on dirait des combats tirés de blockbuster lambda avec juste ce qu'il faut de chinoiseries. C'est niais, inepte.
Le film est tellement mauvais qu'il décourage l'analyse, le choix des éléments dont on peut se moquer parait infini : le ciel orageux (bouh, ça fait peur), les recyclages poussifs du premier opus (les voiles solaires, les combats de disque), les personnages ridicules (le tenancier de la boite ressemble à un Franck Dubosc numérique), la prestation abominable des Daft Punk casqués, les incohérences scénaristiques, la pauvreté de l'intrigue....
C'est lamentable, c'est à fuir, c'est nul.
C'est au premier Tron ce que Dany Boon est à Franck Capra.
Difficile de parler de ce film en toute objectivité. En effet la relation fusionnelle entre le réalisateur et ses acteurs est tellement forte qu'on a du mal à considérer le film comme une oeuvre de fiction.
Comme on ne peut pas réellement dire qu'il s'agit d'un documentaire, voilà notre esprit cartésien d'analyste filmique pris en défaut et comme ... dans un no man's land ! Pour mieux se rendre compte de cet aspect du film, je conseille la lecture de cet article, dans lequel on apprend que le réalisateur s'est fait fait tirer dessus à balle réelle lors du tournage d'un court-métrage avec ces mêmes acteurs.
Du côté des + : une atmosphère unique, la découverte d'un univers auto-suffisant inconnu (les Yéniches, leurs valeurs, leur langue, leur mode vie), quelques éclairs intéressants dans la mise en scène, une belle tension dramatique dans la première demi-heure du film.
Du côté des - : des tics agaçants (les gros plans, les reflets), une juxtaposition de scènes sans rapports entre elles (les sermons), une progression du scénario très irrégulière, des moments quasi incompréhensibles, un aspect décousu (qu'on comprend mieux en connaissant les conditions de tournage).
Au final un OFNI (Objet Filmique Non Identifié), difficilement appréciable sur la base de concepts classiques et qu'on considérera plutôt comme un témoignage remarquable, en se demandant ce que le réalisateur pourra faire après avoir fait ça.
Je n'ai pas du tout adhéré au film. Et donc, je me suis ennuyé du début à la fin, regardant Ricardo Darin et Martina Gusman (la compagne du réalisateur à la ville) se débattre dans une histoire à laquelle je n'ai rien compris.
Regarder des poissons dans un aquarium : voilà exactement ce que j'ai ressenti durant la projection de Carancho. Regarder le poisson-ventouse nettoyer la vitre pendant une heure, la parade de deux bestioles se séduisant mutuellement, et des bagarres de poissons-combattants qui se mordent l'un l'autre. Les acteurs sont aussi expressifs que des Characidés ou des Guppies. Du coup, j'ai eu beaucoup de mal à rester jusqu'au bout. Je me suis senti oppressé sans être aspiré.
Ce qui me fait sourire, ce sont les critiques (comme celui du Monde) qui ont bien étudié le dossier de presse et qui exposent des données qui ne sont absolument pas dans le film : le nombre de morts sur les routes en Argentine par exemple.
Si on s'en tient au contenu uniquement, les péripéties du personnage principal restent complètement opaques et incompréhensibles. Il signe des trucs, fomente des machins et manigance des choses. Quoi exactement, en quoi consistent ces fameuses arnaques ? Bof, on ne sait pas trop.
L'histoire d'amour m'a laissé aussi complètement froid, à l'orée d'un baillement même pas bienveillant.
C'est filmé en plans resserrés (l'aquarium !) dans une atmosphère glauque et oppressante : ce n'est pas sans qualité et je comprends qu'on puisse aimer. Mais pour moi, peut-être un peu trop attaché à une trame narrative qui se tienne, c'est brouillon et confus.
Autant le dire tout de suite, je suis sorti de la salle super énervé.
Payer 12,70 € pour voir un film en 3D dans une salle parisienne, ça me gonfle prodigieusement. On ne le dira jamais assez : la 3D n'apporte pratiquement rien au cinéma, en tout cas pour l'instant. La plupart des plans de ce film sont absolument normaux et comme d'habitude on a ajouté en post-production un effet qui va bien en 3D : des capsules de bouteilles dégommées par Kato et qui volent vers nous. La belle affaire.
D'autre part un détail idiot : regarder de la 3D en VO a quelque chose de complètement stupide puisque l'immersion totale qu'est sensée représenter le procédé est gâchée par ces mots en français qui s'incrustent (bien à plat) entre les meubles du premier plan et les personnages au fond.... ou l'inverse.
Et le film là-dedans ? Insignifiant. On l'aurait projeté au public sans dire que c'était Michel Gondry qui l'a réalisé, je suis certain que personne ne l'aurait deviné. C'est à peine si ici ou là un petit effet (une caméra à l'envers, des arbres qui s'enflamment) rappelle un tout petit peu qu'un réalisateur inventif tient la caméra. Quel gâchis.
En plus, le deuxième degré ne fait qu'effleurer le récit et le film finit par ressembler à ce qu'il veut caricaturer : un bon gros film américain de baston avec pyrotechnie à tous les étages. Dire que j'ai lu que Gondry pensait avoir inventé de nouvelles façons de filmer les scènes d'actions ! Il n'a pas pas du en voir beaucoup car les siennes n'ont vraiment rien d'original. Les prestations de Seth Rogen en benêt infatué, raciste et sexiste, et de Christoph Waltz en méchant sans charisme, sauvent (un peu) les meubles.
Mais au final, j'ai quand même l'impression très désagréable de m'être fait arnaqué.
Si certains se contentaient de faire ce qu'il
savent faire (de la télé, des BD, de la musique, diriger des revues de cinéma), cela nous épargnerait la vision de mauvais films qui ne ressemblent à rien comme Mammuth, Gainsbourg,
Rubber et le présent Je suis un no man's land.
Parce qu'on ne s'improvise pas cinéaste.
Ce que n'a pas compris Thierry Jousse, comme ses collègues qui ont commis les longs-métrages ci-dessus, c'est qu'un film ce n'est pas seulement un enchaînement
d'idées qu'il suffit de filmer.
Une fan envahissante, un costume de cosmonaute, des parents émouvants, un pitch surnaturel, une chanson de Katerine, un look seventies, une partie de baby-foot mélangés ne font pas une oeuvre
cinématographique.
Il faudrait un point de vue, une sensualité, une progression, et de vrais choix. A force d'hésiter entre le drame familial, l'ambiance mystérieuse (on songe à la série Le Prisonnier), la comédie sentimentale (avec morceaux chantés), le portrait d'artiste (Philippe Katerine) et le délire foutraque, le film finit par ressembler à une
mayonnaise dont les ingrédients n'ont pas pris.
Une fois que c'est raté, c'est raté. Et même les quelques fulgurances sympathiques, plutôt situées dans la deuxième partie du film, ne réussissent pas à sauver l'ensemble, d'autant plus que la
fin est particulièrement mauvaise.
Il y a des films où je me prépare à écrire une mauvaise critique, et je le fais. Des films où je m'apprête à sortir le dézingueur à recharge automatique, et à l'issue desquels je suis obligé de le remballer.
Et puis il y a des films où je me prépare à tresser des louanges, avec des tournures de phrase pratiquement prêtes une heure avant le film ... et puis je m'endors d'ennui pendant la séance.
Ce n'est pas que le film n'est pas intéressant, mais parmi les dix-huit interviews qui s'enchaînent pour nous raconter Shanghai, certaines sont intéressantes, mais d'autres un peu (beaucoup) lassantes.
Et puis les visions de l'actrice Zhao Tao errant dans les rues sans un mot n'apportent rien, au contraire. Comme l'insertion de courts extraits de films d'Antonioni, Hou Hiao Hsen et Wong Kar Wai, dont je ne comprends pas vraiment le sens. En plus tout cela est très compliqué si vous n'êtes familier de l'histoire de la Chine du XXème siècle.
Au détours de quelques plans on sent parfois l'immense potentiel qu'a Jia Zhang-Ke (comme dans ses films précédents Still life et 24 city) et qui éclatera un jour à la face du monde, j'en suis certain.
Nul, pitoyable, bâclé, mièvre, superficiel, mou, racoleur, ridicule, ennuyeux, plat, vide de sens, inutile : et vous, quel adjectif trouverez-vous pour qualifier l'infâme Au-delà ?
Regardez Matt Damon sur cette photo : il ressemble à une éponge. Et bien, en vérité je vous le dis, il joue comme une éponge, il parle comme une éponge.
Cécile de France est toute contente d'être là, elle rigole en bêtasse franchouillarde, essayant de se doubler elle-même en Français et n'y arrivant que partiellement. Pauvre France (l'autre), montrée d'une façon aussi caricaturale que le rugby dans Invictus. Mitterrand vu par le fin connaisseur Eastwood : coureur et malhonnête ! Ca c'est de l'annalyse politique de haute volée !
Seul avantage de ce navet abyssal, c'est que l'imposture qui consiste à considérer Eastwood comme un grand réalisateur devrait normalement commencer à apparaître clairement aux yeux de tous.
Au-delà est en-dessous. De tout.
Certains trouvent que ma critique manquent d'arguments. Alors voici un complément.
Les Bisounours chez les morts. Ils sont sympas les morts. D'abord, ils sont toujours très disponibles pour répondre à Matt, notre interphone céleste. Gentil papa incesteux demande à fifille de lui pardonner. Bouh, comme c'est beau. Madame demande à Monsieur de refaire sa vie avec une autre, et sans traîner. Bouh, comme c'est altruiste. Jason a l'air de s'éclater comme un fou là-haut, il rigole tout le temps, trop drôle d'être mort. En plus il intervient dans la réalité, sauve son frère, et le remet face à ses responsabilités : soit un homme, aurait dit l'inspecteur Harry. Et une petite question amusante : si notre médium prend les mains de son frère, il parle avec ses parents ?
Les Bisounours au pays des catastrophes. C'est beau un tsunami. Quand vous êtes sur un balcon et que vous voyez tout ce beau spectacle en bas (sans que votre immeuble tremble, c'est un miracle), vous ne pouvez vous empêcher d'être ému. Quelques plans plus tard, votre immeuble a disparu de la plage (il a du avoir une faiblesse inopinée), mais ouf, au milieu des débris bien rangés par petits tas d'égale hauteur, et au milieu de cadavres déjà soigneusement alignés sous des draps miraculeusement repassés, vous retrouvez, par hasard, votre bien-aimée ! Celle-ci, emportée par les flots furieux n'a pas lâché le bracelet acheté à la petite fille (trooop mignonne) dont le nounours a suivi par miracle notre journaliste rescapée, le tout dans une eau cristalline.
Marcus, sur le quai de métro, n'a pas un cheveu qui bouge, et ne semble pas souffrir des oreilles alors qu'une bombe de grande puissance vient d'exploser dans un espace confiné à quelques dizaines de mètres de lui : ce gosse a quelque chose de spécial, vraiment.
Les Bisounours savent conclure. Ha, cette scène finale ! Une seule comparaison possible : notre grand Lelouch sur un scénario de Musso, notre futur prix Nobel de littérature. Tout y est : le regard éperdu de Cécile, la vision de Matt qui se voit tendrement chercher les lèvres de son amour, les mains qui s'unissent, la caméra qui tournoie, le ralenti, la musique. Rien à redire, c'est parfait. Et le décor, j'oubliais cette sublime galerie couverte, romantique en diable et si naturelle.
Je m'arrête là mais j'en aurais d'autres : Les Bisounours et Tonton, Les Bisounours au pays des pubs Blackberry, Les Bisounours font de la cuisine italienne, Les Bisounours jouent au travelling, Les Bisounours visitent une clinique, Les Bisounours à France Télévisions, Les Bisounours écrivent un livre, etc, etc.
J'attendais beaucoup de ce film, mais comme souvent avec la "nouvelle comédie américaine", celle des Stiller, Carell, Black et consorts, je suis déçu.
On s'attend en effet, d'après la réputation du film, à assister à une parodie outrancière et passablement déjantée des films de guerre.
Or si Tonnerre sous les tropiques commence en effet dans cet esprit avec de fausses bandes-annonces assez marrantes, sa critique du système holywoodien et
sa capacité d'auto-dérision s'éteignent très rapidement.
A partir du moment où nos héros sont abandonnés dans la forêt (la scène gore de la disparition du metteur en scène, la seule de vraiment mauvais goût), le film devient progressivement ce qu'il
entendait initialement moquer : un blockbuster dans lequel ça canarde dru. Il y a parfois de bons moments, mais ceux ci ne suffisent pas à sauver l'ensemble. C'est finalement le maquilleur qui
mérite un Oscar : il réussit un maquillage surprenant de Robert Downey Jr en noir (voir photo) assez confondant. Dans ce personnage qui s'ingénie à parler comme un black pendant toute l'aventure
réside d'ailleurs l'effet comique le plus efficace. Deuxième exploit : grimer Tom Cruise jusqu'à le rendre méconnaissable, transformé en magnat ignoble jurant comme un charretier.
Lorsque ce dernier danse (incroyablement !) sur du rap, le film atteint alors son but : surprendre en décalant.