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Christoblog

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Infiltration

Imaginez la première partie de Full metal jacket dans un camp d'entraînement israélien dédié aux appelés souffrant de handicaps physiques ou mentaux, et vous obtiendrez Infiltration. Qui porte d'ailleurs assez mal son nom, car d'infiltration il n'est pas question.

Au menu donc : des instructeurs sadiques et limités (Sir, yes sir !), des souffre-douleur, des gros durs qui ont des projets, des beaux gosses qu'on suit lors des permissions, des épileptiques russes, etc.

Le film est l'adaptation d'un gros roman à succès et c'est là une de ses limites : on sent qu'il y a potentiellement de la matière scénaristique pour deux ou trois films, voire une série. Chacun des personnages n'est donc qu'esquissé, et on en conçoit une légère déception. On se questionne d'ailleurs jusqu'au bout pour connaître les raisons qui font que les uns et les autres sont là, et je suppose que le roman apporte les réponses.

Malgré une belle interprétation, une aisance dans la narration et une mise en scène fluide et efficace, le film ne décolle jamais vraiment, maintenant notre attention tout juste au-dessus du niveau où l'intérêt s'étiole.

 

2e

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Medianeras

Un sympathique petit film : voilà comment caractériser le premier long métrage visible en France de Gustavo Taretto.

Lui est phobique (influence Woody Allenienne clairement revendiquée), elle est architecte qui ne construit rien et ne prend jamais l'ascenseur. Tous les deux sont seuls et cherchent l'amour, maladroitement.

Le film multiplie les inventions plus ou moins originales, comme si le réalisateur/scénariste jetait toutes ses bonnes idées d'un coup dans son premier film. Parmi les plus intéressantes il faut citer les passionnantes digressions sur l'architecture de Buenos Aires, et la scène du suicide du chien, qui m'a beaucoup plu.

C'est frais, ça se regarde sans ennui (avec toutefois un gros coup de mou vers le milieu) et ça inspire naturellement la sympathie. Typiquement le genre de film à collectionner les prix du public, consensuel, mignon, parfois percutant... et se terminant bien !

Les bégueules (dont je ne fais pas partie) disent que tout ça n'a pas beaucoup de fond et fait très bobo. Ils se gaussent de l'utilisation par le scénario des livres-jeux Où est Charlie ? Ces gens là n'ont pas de coeur, où ne sont pas seuls. Ou les deux.

 

2e

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X-men : le commencement

Dieu sait si je peux être réfractaire au concept de film de super-héros, et aux comics en général.

C'est donc un peu contraint par les bons retours sur ce film que je m'y suis rendu, et aussi parce dans le casting (il faut dire incroyable, tous les jeunes dont on parlent y sont, ou presque) figurent deux de mes acteurs favoris : le merveilleux Michael Fassbender et la craquante Jennifer Lawrence.

Surprise : la première partie du film est une séries d'études psychologiques plus qu'un film de baston. Etre spécial, accepter sa différence, devenir adulte, faire des choix (entre le bien et le mal, sans vraiment savoir où se trouvent l'un et l'autre), entretenir une amitié, discipliner ses capacités : je n'aurais pas pensé trouver tout cela dans un film Marvel.

J'ajoute que la mise en scène est très belle, limpide, rappelant parfois Spielberg ou les meilleures réussites des films de genre, comme Casino Royale par exemple. L'ambiance 60ies a beaucoup de charme, les décors sont splendides et utilisés avec beaucoup de discernement. Tous les acteurs ont une pêche d'enfer (James McAvoy en gentil et Kevin Bacon en méchant sont parfaits) et même les scènes d'action de la deuxième partie sont belles, et n'en ajoutent pas dans le spectaculaire.

Le prototype du parfait pop-corn movie. Du coup, au risque d'être déçu, j'ai bien envie de voir ce qui va arriver à tous ces mutants fort sympathiques en regardant le reste de la saga, que je ne connais pas.

 

3e

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L'épouvantail

L'épouvantail commence par un premier plan d'anthologie : sous un ciel magnifique, un homme descend une colline calleuse avant de franchir maladroitement une clôture de fils de fer barbelé.  Son béret, ses lunettes rondes, ses vêtements élimés et ses cigares vont rapidement nous devenir familiers. Sa violence compulsive et son goût pour la bagarre aussi. Gene Hackman trouve probablement en Max le meilleur rôle de sa carrière. Il donne une profondeur charnelle et fragile à ce clochard monomaniaque qui sillonne l'Amérique.

Face à lui, le tout jeune Al Pacino est absolument magistral. Il campe un Francis lunaire, petite boule d'énergie noiraude rappelant le jeune Springsteen des débuts, évoluant vers une prestation de clown lunaire. Le film prend d'ailleurs parfois des airs de tragi-comédie italienne : la tristesse vient après, ou par le rire.

Nos deux compères ont leurs manies. Max a économisé pour ouvrir un car wash, il empile les couches de vêtement et dort toujours en plaçant une chaussure sous son oreiller. Francis veut retrouver la femme qu'il a quitté enceinte il y a 6 ans, et transporte avec lui un cadeau pour son enfant qu'il ne connait pas : une lampe de chevet.

Le road trip plutôt sympa devient au fur et à mesure des étapes une suite d'épreuves dont on pressent qu'elles pourraient, qu'elles vont, devenir tragiques. La force du film est de ne pas dévoiler trop tôt d'où viendra la catastrophe, mais de semer dans plusieurs scènes très belles des indices qui amènent à reconsidérer l'ensemble de l'aventure une fois terminée. Dans sa dernière demi-heure la narration atteint des sommets de violence mentale, et ceux qui ont vu le film n'oublieront pas de sitôt la scène étourdissante de douleur lors de laquelle Al Pacino téléphone à Annie.

Jerry Schatzberg, dont la carrière sera pour le moins irrégulière, réussit un coup de maître dans ce film qui lui vaudra la Palme d'Or à Cannes en 1973. Sa mise en scène, sans être renversante, est plutôt efficace, alternant curieusement les plages assez lentes (la première scène, celle de la rencontre au bord d'une route déserte, dure 7 minutes) et les accélérations brutales, parfois même chargées d'adrénaline.

Mais c'est surtout pour la performance des deux acteurs que le film mérite d'être vu. Hackman et Pacino sont époustouflants en clochards funambules.

4e
 

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Le complexe du castor

SND Le complexe du castor est à la fois très touchant et bancal.

Walter est en pleine dépression. Attention, pas la petite déprime que nous connaissons tous un jour ou l'autre, non, la vraie maladie, qui vous rend étranger à votre propre vie. Sa femme le vire, à regret, poussée par son grand fils, et pour protéger le plus petit.

Par miracle, Walter trouve une vieille peluche de castor qu'il enfile sur son bras gauche telle une marionnette et qui devient en quelque sorte son interprète vis à vis de l'extérieur.

Il faut reconnaître au couple Gibson / Foster l'immense mérite de rendre crédible cette situation improbable. Jodie Foster est vraiment remarquable, souple et subtile. Sa mise en scène est finalement à son image : élégante, recherchée et discrète à la fois. Mel Gibson n'a que très peu de variantes dans son jeu, mais il est très convaincant. Le castor est incroyable : je ne sais si des trucages numériques ont aidé à l'animer, mais on le croirait vivant.

Cette indépendance de la peluche (et de la part de personnalité de Walter qui le commande) augmente au cours du film jusqu'à devenir franchement inquiétante dans une scène exceptionnelle dont je ne peux évidemment rien dire...

L'histoire du fils est intéressante aussi. Il ne craint qu'une chose : ressembler à son père. Sa copine est jouée par Jennifer Lawrence,  que j'ai peiné à reconnaître après son magnifique rôle dans l'exceptionnel Winter's bone. Comme quoi, le maquillage....

Malgré toutes ces qualités, le film paraît toutefois maladroit par moment (la voix off, l'histoire du jouet), et finalement semble plus un conte qu'une histoire très travaillée. Cette impression est accentuée par certains manques, comme l'absence étonnante du corps médical dans l'histoire.

L'ensemble reste toutefois très solide, et l'émotion y rôde dans chaque plan.

 

3e

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Pourquoi The tree of life mérite sa palme

Jessica Chastain. EuropaCorp DistributionJe défend d'autant plus volontiers The tree of life que je ne lui ai pas donné la note maximale (cf ma critique). Mais comme l'ont dit deux jurés sur France Inter à midi (Olivier Assayas et Mahamat Saleh Haroun) le film est tellement neuf, il donne à vivre une expérience tellement innovante, qu'il est un jalon dans l'histoire du cinéma, et la Palme d'Or s'impose naturellement.

Le coeur du film, ce qui fait sa force, c'est la façon incroyablement sensuelle avec laquelle il dresse le portrait de cette famille des années 50. La mise en scène exalte la nature dans ce qu'elle a de plus beau (des feuilles qui bruissent, des jeux d'ombre filmés "à l'envers" sur le sol, de l'eau qui coule, un papillon) et en même temps dresse un portrait impitoyable de la vie à Waco / Texas, dans les années 50. Là même où grandit Terrence Malick.

Ceux qui s'acharnent sur la minute des dinosaures ont ils saisit l'ampleur de ce qui nous est proposé ? C'est entre autres ce qu'avait raté pitoyablement Les noces rebelles. Enfermement de la femme : elle cuisine, elle danse, elle court, elle aime, elle est silencieuse. C'est l'amertume du père : quel extraordinaire portrait de raté ! Brad Pitt joue un rôle finalement d'une finesse exaltante : il aurait pu être musicien, il aurait pu être un bon père, il aurait pu garder son emploi, il aurait pu sauver le jeune garçon qui se noie, il aurait pu, comme l'Amérique aurait pu. Rayonnement sélénique de la figure maternelle, écroulement triste et gris du père, engoncé dans les conventions castratrices et une religion étriquée.

Cette partie se distingue aussi par l'évolution du jeune garçon : premier éveil amoureux à l'école, premier plaisir de casser (les carreaux) et de faire souffrir (la grenouille attachée à la fusée). Bien sûr on pourra convoquer Freud à l'appui de cette partie, comme ce regard volé avec lequel le jeune garçon surprend sa mère dénudée. Le film propose d'ailleurs plusieurs de ces plans énigmatiques où un personnage et/ou le spectateur voit à travers le miroir  (un couple qui se dispute dans une maison, un malaise en arrière plan, la mère qui flotte, un tombeau de verre).

C'est un tableau bien noir de la middle class américaine que propose The tree of life, et cette partie du film est bien plus importante que les quelques visions de cosmos (qui d'ailleurs n'en sont finalement peut-être pas, qui sait ?). Un garçon qui grandit et qui souffre : il apprend à tuer le père (métaphoriquement il le coupe, en lui coupant la parole) et à torturer son frère en jouant avec sa confiance (superbes scènes avec l'ampoule électrique, puis la carabine). Malick arrive à instaurer une tension psychologique qui fait craindre la catastrophe, l'explosion de violence (mais la catastrophe est déjà arrivée, ce qui donne à chaque seconde de cette chronique la douceur triste d'une oraison funèbre)

Toute cette partie est mise en scène de la plus belle des façons, avec un art dont on n'a pas fini d'analyser les différents éléments : caméra flottante, découpage un peu décalé, cadrage improbable, lumière exceptionnellement maîtrisée, musique élégiaque, mouvements de caméra d'une grâce surnaturelle (virevoltant dans la maison, oscillant avec la balançoire, tournoyant avec les enfants quand le père s'en va, enfin). Je suis absolument certain que tout nouvelle vision du film donnera de nouveaux éléments à admirer.

Les autres parties du film se raccorde à ce tableau familial comme un cadre met en valeur un tableau - la vie de cette famille comprend à la fois le bien et le mal, la vie et la mort, la cruauté et la compassion, l'espoir et le désespoir, le hasard et la nécessité. Si on admet l'aspect presqu'autobiographique du film, Malick se place ainsi d'une certaine façon au centre de l'univers, ce qui est outrageusement immodeste - mais par son attitude de suprême discrétion, il contredit encore cette interprétation.

Une fabuleuse tentative de tout mettre dans un film, de faire rentrer en résonance le tout et le minuscule, l'universel et le particulier, de faire dialoguer les contraires, The tree of life est une oeuvre imparfaite, et insensée. 

En complément :
Belle analyse de Matthieu Gosztola sur le site Reflets du temps. L'interview enthousiaste d'Eric Neuhof sur le site du Figaro et le papier en faveur du film de Libération. Des blogueurs défendent le film : Philsiné, et les fous furieux d'ASBAF aussi.


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The tree of life

Jessica Chastain. EuropaCorp DistributionLa partie centrale de The tree of life, qui nous montre un enfant grandir entre des frères confiants, un père sévère et une mère aimante (magnifique Jessica Chastain) offre probablement les plus beaux moments de cinéma de cette année. Non seulement la virtuosité de Malick y est portée à un suprême niveau, mais on ressens physiquement toute une palette de sensations : la peur, l'émerveillement, la honte, le désespoir, la sensualité, la colère, l'amertume, la cruauté, l'incompréhension, l'éveil des sentiments.

 

Cette partie est tout simplement éblouissante, parsemée de scènes irréelles (la mère vole en dansant, on la voit dans un cercueil de verre) et d'autres terrifiantes de réalisme (un garçon se noie, le père licencié erre dans l'usine, quelqu'un fait un malaise au second plan). Si vous étiez prêt à lire un long article (mais vous ne l'êtes pas), je pourrais écrire 3 pages de commentaires sur toutes les implications scénaristiques, biographiques, esthétiques et psychologiques qui font de cette partie un moment de cinéma qui restera dans la mémoire des cinéphiles.
Cette partie mérite donc 5*.

Malheureusement il y a le reste. A propos de la partie cosmos/dinosaures, je ne suis pas aussi critique que la plupart. J'ai trouvé qu'elle entrait en résonance avec l'histoire de la famille de multiples manières, oniriques et anecdotiques (les enfants trouvent un os de dinosaure, il écrivent le mot volcan, la rivière est toujours la même). L'instant de la mort de l'enfant peut être vu à travers le prisme de la création de l'univers comme à la fois insignifiant et primordial. Cette partie aurait pu être plus courte, c'est vrai.

Le premier passage avec Sean Penn m'a bien plu aussi. La vie dans le gratte-ciel est montrée comme dans un rêve, et les souvenirs d'enfance viennent contaminer la réalité d'une superbe manière.

Pour ma part, ce sont les scènes finales qui m'ont gâché le plaisir : niaisement new age, sans émotions ni inventivité. Le film se termine sur une note vraiment vulgaire et plutôt désagréable.

Je ne me suis absolument pas ennuyé. Trois personnes sont parties avant la fin et quelques excités ont applaudis à la fin, cela faisait longtemps que je n'avais pas vécu ce double effet en salle, typique des films cultes. Une expérience de cinéma intense bien qu'imparfaite.

Lire aussi : Pourquoi The tree of life mérite sa palme

 

3e

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Le gamin au vélo

Cyril à presque 12 ans. Son père l'abandonne dans un centre spécialisé. C'est un enfant très difficile jusqu'au jour où il croise le chemin de Samantha, qui le prend en affection.

A partir de cette trame épurée, les frérots belges tissent leur toile habituelle, à partir d'ingrédients bien connus. 

D'abord des acteurs remarquables. Comment Cécile de France pouvait elle être si mauvaise dans le calamiteux Au-delà et si bonne ici ? Pataude et élégante à la fois, avec une pointe d'accent belge, véritable roc d'énergie positive, elle est magnifique. Le jeune Thomas Doret, en truite indisciplinée qui file entre les doigts des éducateurs spécialisés, est très convaincant lui aussi. Et quelle émotion de revoir Jérémie Renier en père indigne, lui qui fut découvert adolescent par les réalisateurs voici 15 ans dans La promesse.

Ensuite une mise en scène irréprochable, avec une caméra très proche des acteurs, qui semble capter la moindre émotion. Et puis un élément qui m'a particulièrement marqué dans ce film, c'est l'extrême qualité du montage et le rythme très enlevé du film, ce qui n'est pas toujours le point fort des Dardenne.

Enfin un scénario qui semble exacerber les tensions entre personnages, puis les décomprimer brutalement à travers une résolution inattendue, avant de les retendre avec encore plus de violence qu'avant. Remarquable, jusqu'au dénouement final, fort étonnant.

Si ce n'était une certaine impression de déjà vu et quelques points de détails (les virgules musicales qui ne collent pas vraiment à la sobriété du film, quelques scènes un peu plus faibles que les autres - comme celles impliquant le copain de Samantha), le film serait tout proche de la note maximale.  

 

3e

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La solitude des nombres premiers

Le PacteQuel film étonnant !

Dans un premier temps, je n'ai pas compris grand-chose à ce que je voyais. Le réalisateur tresse l'écheveau d'histoires se déroulant à 3 époques différentes (1984, 1991, 1998) présentées de façon entrelaçée. Pas facile donc de s'y retrouver, mais au bout de 15 minutes, c'est bon.

Les personnages : Mattia (génie des maths), Alice (boiteuse), Michela (soeur jumelle de Mattia, handicapée), Viola (à la fois copine et bourreau d'Alice).

Le scénario est puissant et je ne peux pas en révéler grand-chose sans courir le risque de vous gâcher le plaisir.

La mise en scène est très variée, riche, foisonnante et parfois même baroque, dans une veine qui n'est pas sans rappeler celle d'Amore, vu l'an passé. L'actrice Alba Rohrwacher, charismatique, jour d'ailleurs dans les deux films. Mais on s'attache ici encore plus aux personnages qu'à ceux d'Amore. Une dernière partie (située en 2007) nous projette dans l'avenir avec une rupture de ton assez incroyable, mais assez bien maîtrisée, jusqu'à une dernière scène réussie, ce qui est toujours une gageure pour un film de cette ambition.

Une petite question pour ceux qui vu le film (ou lu le roman) : avez vous compris cette scène où Alice surprend un groupe d'adulte en train de réciter des nombres ? Plus globalement qu'avez vous compris concernant la mère d'Alice ? Est ce que dans le roman les parents d'Alice apparaissent dans les autres époques que la première ?

Dans ces temps d'uniformité je conseille en tout cas La solitude des nombres premiers, à la fois thriller psychologique à la limite du fantastique (l'ouverture, le clown) ou du teen movie horrifique (les scènes d'humiliation), et chronique d'un amour contrarié par les différentes altérations de l'esprit (anorexie, auto-mutilation...).

 

3e

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Où va la nuit

Diaphana DistributionPour leurs retrouvailles après Séraphine, le réalisateur Martin Provost et Yolande Moreau nous offrent une oeuvre tout en retenue, sorte de polar en mode mineur, ou de chronique familiale désabusée - et nordiste (le film se passe en Belgique ). L'ombre des Dardenne survole le film.

Une femme assassine son mari. Et elle a bien raison. Le salopard, brute patibulaire qui la frappait, buvait, et terrorisait son fils, ne méritait pas autre chose. Sans compter qu'il tue une jeune fille dans un accident de la route.

Le policier en charge de l'assassinat de ce monstre ordinaire aimerait bien laisser tomber, comme beaucoup d'autres personnages du film (Vincent, la logeuse). Seul le fils n'admet pas le geste de sa mère.

Martin Provost fait décrire à son film des arabesques élégantes, enveloppées d'une sorte d'onctuosité sèche qui rend Où va la nuit tout à fait intéressant. Il faut souligner la maîtrise du réalisateur pour créer les ambiances et son don pour les élégants mouvements de caméra.

D'habitude Yolande Moreau me donne l'impression de jouer toujours le même rôle (le sien), et en vérité, c'est encore le cas. Mais pour une fois, cela ne me dérange pas.

 Le film a un peu de mal à se conclure, mais à part ça, il est tout à fait recommandable.

 

2e

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L'étrangère

L'étrangère est un beau film trop.

Ouh là là, il va falloir que je m'explique après une intro pareille.

Commençons pas le plus simple : l'actrice. Elle s'appelle Sibel (a-t-on déjà mieux porté son prénom ?) Kekilli. Outre le fait qu'elle ait commencé comme actrice de films X, on l'a surtout vue dans le chef-d'oeuvre (oui, le chef d'oeuvre) de Fatih Akin : Head on. Elle est simplement irradiante, magnifique, solaire.

Ensuite la mise en scène : elle est OK. Nickel classique dans les champs/contre-champs, peut-être un poil trop de plans de coupe à mon goût, mais bon, ça va. Un peu quand même too much dans certaines séquences tire-larmes.

Et enfin, le propos du film. Alors voilà : notre société occidentale (état de droit, pour résumer) est quand même plus maline (et plus adaptable) que cette vieille société traditionnelle patriarcale et turque, condamnée à l'immobilisme et au final à l'auto-destruction, fut-elle résidente  (en Turquie) ou délocalisée (en Allemagne).

Le film est donc clairement politique de ce point de vue, et son message est pour le moins complexe : peut-on quitter contre leur gré ceux qu'on aime ? Ou au contraire ne pas les quitter, toujours contre leur gré ? C'est tout le dilemme de notre héroïne qui ne choisit pas vraiment, et c'est ce qui m'a profondément énervé. Bref, vous ne comprenez probablement pas grand-chose à ce que je dis, mais (pour une fois) ce n'est pas grave : il s'agit en quelque sorte d'un débat sur la laïcité sans qu'il soit question de religion (d'ailleurs une actrice le dit : foutez donc la paix à Dieu, il n'a rien à voir là-dedans). Ou si vous voulez d'une baston éthique autour de valeurs : famille vs liberté, égalité des droits vs honneur.

Brrr, je n'ai pas l'impression d'être abusivement clair mais peut-être est-ce parce que le film m'a laissé cette impression de trop-plein, avec cette fin qui déborde un peu selon moi.

En tout cas un film intéressant, voyez-le et dites moi ce que vous en pensez.

 

3e

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Detective Dee

Le PacteOn ne peut qu'être épaté par le début de Detective Dee. Passée la désagréable impression liminaire provoquée par le gigantesque décors en carton-pâte numérique, le film surprend par sa complexité, son originalité dans les ambiances, son rythme insensé.

Cette première partie multiplie les situations curieuses, les décors improbables et les combats plus originaux les uns que les autres. Le film culmine alors dans un scène qui commence par une surréaliste attaque de cerfs et se termine dans une abstraction quasi complète, un des combattant n'étant plus figuré que par une trace rouge à l'écran.

On se dit à ce moment là qu'on tient un objet tout à fait singulier. Mais tristement le film prend alors un tour beaucoup plus convenu et pour tout dire moins chinois, plus hollywoodien. Un pathos un peu ridicule fait son apparition, et l'action tourne au film catastrophe tout à fait classique.

Du temps qu'ils tournaient tous les deux à Hong Kong, je plaçais Tsui Hark un cran sous John Woo. C'est toujours le cas. Sans démériter, Detective Dee est moins réussi que le dernier (très beau) film chinois de Woo, Les trois royaumes.

 

2e

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Tous mes pères

Malheureusement, vous ne pourrez pas voir ce film.

J'ai eu la chance de voir Tous mes pères dans le cadre d'un petit festival local et aucune date de sortie n'est prévue en France, ni d'ailleurs en Allemagne, son pays d'origine. Il s'agit typiquement d'un film de festival.

Et c'est bien dommage. A ma connaissance le film tente une expérience complètement radicale : le documentaire autobiographique instrumentalisé.

Je m'explique :

Documentaire : caméra DV, micro apparent, interview de face des personnes, instants volés

Autobiographique : le réalisateur Jan Raiber a envie d'aller filmer son père biologique, qu'il n'a jamais vu. Cette idée déclenche chez sa mère l'aveu d'une incroyable vérité : patatra, son prétendu père biologique (qui a versé pendant 18 ans une pension alimentaire...) ne l'est en réalité pas ! Et il ne le sait pas ! Et le vrai père non plus !

Instrumentalisé : parce qu'on ne peut s'empêcher de penser que les réactions des personnages seraient différentes sans la caméra.

Tout cela fait un mélange détonnant et follement excitant. On suit avec un ébahissement amusé les pérégrinations de notre Pied Nickelé allemand qui navigue entre ses trois pères, et qui met chacun devant ses responsabilités, accompagné par une mère formidable. Les révélations éclaboussent au passage le demi-frère (qui apprend à cette occasion que son frère ne l'est pas) et les grands-parents qui tirent sur tout ce qui bougent.

C'est cruel, c'est pétri de matière humaine, c'est drôle, c'est émouvant quand dans une incroyable pirouette du destin on découvre que le vrai père de Jan ... n'a jamais eu d'enfant avec sa femme.

Tout cela est filmé à l'arrache en deux semaines et demi, et fait l'effet d'une bombe.

 

3e

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Tomboy

Laure a 10 ans. Arrivée dans un nouveau quartier, un quiproquo la fait passer pour un garçon : elle joue le jeu. La confusion des genres dure tout l'été, jusqu'au jour où...

Ce deuxième film de Céline Sciamma (Naissance des pieuvres)  est merveilleux. Il accumule les bienfaits pour l'oeil et l'esprit : beau jeu des jeunes acteurs/actrices et des parents (Mathieu Demy parfait), scénario tendu comme la course d'une flèche, très belle photographie, délicate et précise (le film a été tourné avec le fameux appareil photo Canon 7D).

Mais c'est la mise en scène qu'il faut ici surtout saluer. Il y a dans ce film la même qualité que dans Lady Chatterley : c'est ce que je me disais pendant tout le film, avant de voir la réalisatrice remercier Pascale Ferran dans le générique de fin. Le parti pris est de filmer les enfants à leur hauteur, et les parents sont presque toujours hors champ. Cela donne un ton inimitable au film, à la fois très intérieur et très sensuel. La deuxième particularité de Tomboy est de tirer un profit maximal d'un décor a priori quelconque : un immeuble lambda d'Ile de France. Sous les caresses de la caméra de Céline Sciamma, la forêt devient un lieu de danger, un pont et ses rambardes rouges semble sortir d'un film d'Imamura, une baignade dans un plan d'eau devient un combat initiatique...

Mouvements fluides et cadres au cordeau, la réalisatrice ne nous donne pas seulement une leçon de beau cinéma, elle nous offre une oeuvre dans laquelle tous ses choix font sens, et servent admirablement le propos.

Tomboy, c'est un thriller psychologique d'1h20 qu'on suit en apesanteur, ravi et anxieux à la fois. Pour moi le meilleur film français de l'année.

 

4e

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Hot fuzz

StudioCanalSuite des aventures de la paire Simon Pegg / Nick Frost, sorte de Laurel et Hardy modernes, sur Christoblog.

Après Shaun of the dead (film culte comme on peut encore le vérifier dans Scream 4 qui en montre quelques extraits) et avant le réussi Paul, Hot Fuzz est une parodie de film policier.

Un des meilleurs policeman londonien est exilé dans un village de la campagne anglaise dans laquelle il va faire respecter la loi avec la même rigueur que dans la capitale, y compris sur des sujets mineurs, comme l'évasion ... d'une oie. Une série de meurtre abominable vont pourtant se dérouler dans ce village tranquille, dont on découvrira les auteurs (et leur mobile débile) dans la deuxième partie du film.

C'est plein de trouvailles agréables, comme ce combat improbable dans un village miniature, et le film regorge de rebondissements étonnants. Je lui reproche d'abuser lors du retour dans le village de scènes d'action un peu trop pam-boom-tactactac, qui ne sont pas du tout second degré et détonnent par rapport à l'ensemble du film, mais qui visent peut-être à montrer que le duo a acquis des moyens financiers qu'il n'avait pas lors de leur premier film.

Un divertissement agréable que je mettrais en tête sur mon podium, avant Paul (dans lequel Nick Frost a cependant son plus beau rôle) et Shaun of the dead. 

 

2e

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Easy money

MK2 DiffusionLe héros de Easy money, JW, jeune étudiant fauché, cherche à intégrer le monde des trafiquants de drogue, comme celui de Jewish Connection. Leur objectif se ressemble : JW cherche à s'élever socialement, alors que Sam voulait sortir de son milieu d'origine. La fin sera approximativement la même.

On peut dire que le réalisateur, Daniel Espinosa, voit grand.

 

Le scénario qu'il filme est volontiers complexe, exposant plusieurs personnages principaux évoluant dans une intrigue foisonnante. La première partie où l'on assiste à l'ascension de ce Rastignac suédois est assez réussie et m'a même beaucoup plu. La partie médiane du film est par contre un peu molle, véhiculant de plus en plus de clichés, et si la fin réussit à remettre un peu de tension, elle ne m'a pas convaincu.

La mise en scène se veut recherchée et résolument chic et choc : insertion de microscopiques flashforward annonçant la scène suivante, montage cut et saccadé, ambiance glauque et beaux mouvements de caméra. Il y a du Inarritu nordique chez Espinosa, même si la maîtrise n'est évidemment pas la même.

Pour résumer : des choses intéressantes, mais peut mieux faire.

 

2e

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We want sex equality

Sally Hawkins, Jaime Winstone et Andrea Riseborough. ARP SélectionJe recommande chaudement We want sex equality à tous ceux qui ont aimé Le discours d'un roi.

Les ingrédients sont en effet les mêmes : contexte historique, casting parfait, interprétation exemplaire, mise en scène agréable, décors et montage méticuleux, scénario efficace, accent british a gogo.

De plus, les deux films parlent au fond de la même chose : ce qui est juste de faire, et la capacité à assumer son destin.

Nous suivons l'histoire de 187 femmes employées d'une usine Ford en Angleterre en 1968, qui luttent pour obtenir le même salaire que les hommes. C'est tout bête, mais finalement, et toute proportions gardées, ce qui les meut est de la même nature que ce qui a animé Martin Luther King pour défendre la cause des noirs aux USA. Chaque être humain se vaut, voilà ce que nos jeunes et moins jeunes femmes nous démontrent.

Le film se regarde avec un plaisir gourmand. Il y a de l'humour, de la réflexion, du charme, de l'émotion (mais pas de sexe !).

Je conseille vraiment de le voir tant qu'il est à l'affiche, et tout particulièrement en couple...

 

4e

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En chair et en os

Démarrage en douceur au festival espagnol 2011 avec un bon petit Almodovar

C'est la première fois depuis longtemps que je revisite un film de Pedro en reculant aussi loin dans le temps (le film a 14 ans) ! Cela procure une étrange sensation, pas désagréable.

Almodovar apparaît clairement comme un cinéaste à la fois classique et majeur, à l'instar d'un Sirk, d'un Mankiewicz ou d'un Visconti. Sa mise en scène est brillante (voir cette scène d'ouverture époustouflante dans laquelle Penelope Cruz accouche dans un bus), sa direction d'acteur parfaite (tout le casting semble donner le meilleur de lui-même), son scénario retors (d'après Ruth Rendell), son montage réfléchi, ses tics déjà manifestes (sexe cru, intérieurs colorés, gros plans, musiques mélodramatiques).

Difficile de parler plus de Carne tremula (le titre original, difficilement traduisible - chair vacillante ? - est beaucoup plus beau que le titre français), sans en déflorer l'intrigue. Il s'agit de couples qui s'aiment - ou pas - et qui sur plus de 10 ans auront à faire avec la culpabilité, la jalousie, l'amour, le sexe, le handicap, la mort. C'est puissant, enlevé, rien à redire, c'est du mélo efficace servi par un Javier Bardem en fauteuil roulant, pivot malfaisant de l'histoire, impressionnant.

La soirée était dédiée à l'actrice Angela Molina, qui était présente et qui m'a fascinée : longs cheveux, silhouette magnifique, sourire solaire, nous gratifiant d'anecdotes croustillantes sur ces deux ans de vie nantaise, il y a 30 ans. Elle habitait près du château des Ducs et des oies la poursuivaient, elle et sa fille. Son premier mari est originaire des Sables-d'Olonne et elle nous a fait un beau récit de ces baignades dans l'Atlantique, elle qui ne connaissait que le liquide amniotique de la Méditerranée.

Une belle soirée.

 

3e

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Ma part du gâteau

Moins : Allez, le dernier Klapisch est vraiment une sous-merde rétrograde. Autant d'idées reçues dans un seul film, c'est simplement pas envisageable : la pauvre dunkerquoise est vraiment une looser pitoyable, les clichés sont tellement appuyés que le film relève plus de la décalcomanie que du cinéma.

La lourdeur des scènes pseudo-émouvantes n'a d'égale dans le film que la tendance lourdingue de la bande-son. Etc, etc...

Plus : Ben bizarrement le film m'a plus touché que je ne pensais qu'il le ferait. Alors je m'explique : et si Ma part du gâteau dessinait un portrait idéal (au sens de parfait) du méchant du XXIème siècle ? Car enfin, le film refuse une évolution qui parait évidente : celle qui aboutirait à un happy end où le méchant ne serait pas méchant. Ici (et n'est-ce pas le mérite de Klapisch ?) le méchant reste vraiment méchant jusqu'à la fin et, finalement, le mirage de Pretty Woman reste un mirage. Depuis quand a-t-on vu personnage aussi dérangeant que celui joué par Lelouche (ignoble rapace sexuel à Venise, raclure infatuée sur le balcon de l'hôtel londonien, narrant laconiquement sa conquête au téléphone) ?

Le cinéma de Klapisch possède bien des défauts.

Grâce au diable il admet bien des qualités, dont la moindre n'est pas l'empathie. Quand au sens du rythme, le cinéaste et ses assistants semble le posséder à la perfection. J'ai donc aimé, presque malgré moi.

 

3e

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Boxing gym

Boxing gym est un documentaire minimaliste : Frederick Wiseman, le réalisateur, film frontalement l'intérieur d'une salle d'entraînement dédiée à la boxe, sans chichis et sans fioritures. Techniquement les moyens sont très limités (éclairages naturels, cadrage à l'épaule...), et les partis pris de mise en scène sont radicaux : si des extraits de conversations sont captés, jamais les personnes filmées ne s'adressent directement à la caméra.

Le résultat est très intéressant, d'un double point de vue : esthétique et éthique.

Esthétique : les innombrables exercices ressemblent à de la danse. La géométrie d'un élastique tendu en diagonale d'un ring, la chorégraphie de plusieurs paires de pieds, la beauté étrange des différents appareils de torture utilisés, un gros plan sur des gants : chaque scène possède une beauté formelle indéniable, et l'ensemble finit littéralement par hypnotiser. J'ai pensé plusieurs fois à des cérémonies religieuses devant les sortes de transes que montre le film : derviches tourneurs au Texas...

Ethique : c'est l'aspect tout à fait étonnant du film. Alors que la salle de boxe devrait être le lieu où la violence et l'agressivité se concrétisent, voilà que par un étonnant renversement de perspective, elle devient une sorte de parangon de démocratie égalitaire. Sous la coupe d'un manager génial, doux et compréhensif, la petite salle est un microcosme dans lequel tous se valent. Riches (très riches) / pauvres (très pauvres) / Noirs / Blancs / Hispanos / jeunes (très jeunes) / vieux (très vieux) / hommes / femmes / gros / minces / pros / amateurs / malades (épileptiques, asthmatiques) : tout le monde aide tout le monde et respecte tout le monde.

Boxing gym, outre le fait d'être un excellent documentaire, est aussi une merveilleuse leçon de vie. A voir absolument en complément de Fighter.

 

3e

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