Oui
/image%2F0894743%2F20250929%2Fob_880789_oui-copie.jpg)
Pour commencer, il me faut dire que Nadav Lapid est à la fois un cinéaste doué et un fin (et acide) observateur des évolutions de la société israélienne.
On peut donc, si on regarde ses films comme des sortes de témoignages, y trouver un intérêt.
Ces précautions étant prises, je dois avouer que Oui m'a profondément déplu. Le film m'est en effet apparu comme un fouillis peu maîtrisé, accumulant les effets, les tics, les essais approximatifs. Si Nadav Lapid n'était pas par ailleurs si réservé et humble, on pourrait juger cette manière extrêmement prétentieuse : on a l'impression qu'il s'agit d'en "mettre plein les yeux", plutôt que de prendre soin de son spectateur.
Les thématiques se superposent dans le film sans se fondre entre elles (deuil des parents, difficulté de vivre en couple, d'être un artiste, culpabilité face aux destructions de Gaza, horreur du 7 octobre, nostalgie du passé). Tout cela ne fait pas un film, d'autant plus que les modalités choisies, en gros un montage épileptique et des situations grotesques, ne favorisent pas l'empathie.
Pour aller un peu plus loin, Oui comporte trois parties. Dans la première, La belle vie, on suit un couple danseuse/clown complètement déjanté faire leur travail dans des fêtes délirantes. On pense à certaines scènes de La grande belleza, la démesure baroque et hédoniste en moins, la morbidité masochiste en plus. C'est long, lourd et insupportable de vacuité repue.
Dans la deuxième partie, Le chemin, il est question d'un amour d'enfance et de la mort d'une mère. Le film s'adoucit et devient légèrement plus intéressant. Dans la dernière partie, La nuit, onirique et sadique, on suit un magnat russe se faire lécher les chaussures par sa cour (entre autres choses).
J'ai déjà dit de Nadav Lapid qu'il était un brillant intellectuel et un cinéaste imaginatif, qui fait des films peu aimables sur des personnages antipathiques. C'est ici encore plus vrai, et Oui dure 2h30, qui m'ont parues très, très longues.
Je le déconseille donc fermement, sauf si vous prenez plaisir à souffrir et réfléchir en même temps.
Nadav Lapid sur Christoblog : L'institutrice - 2014 (**) / Synonymes - 2019 (**) / Le genou d'Ahed - 2021 (**)
![]()
/image%2F0894743%2F20140129%2Fob_3371b8_pas.jpg)
: Non, et non, et non !
: Mouais, pourquoi pas
: A découvrir