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Christoblog

Articles avec #felix lefebvre

L'épreuve du feu

L'épreuve du feu est l'un des meilleurs films français que j'ai vu cette année.

Le sujet n'est pas si couramment traité au cinéma : que se passe-t-il si un garçon issu de la bourgeoisie ramène dans son groupe d'amis une fille pleine de verve, aux faux (et longs) ongles strassés, issue d'un milieu complètement différent du sien ?

Ce conflit de classe, auquel se heurtent violemment les sentiments, est traité ici d'une façon extrêmement subtile. Chaque personnage est finement dessiné avec ses contradictions et son passé (très touchant en ce qui concerne les deux principaux protagonistes), sans jamais être prisonnier de son déterminisme social.

On est donc surpris par l'évolution des évènements, absolument imprévisible, et touché par l'attitude des différents personnages. Il y a de la cruauté, mais aussi une grande empathie dans la façon dont Aurélien Peyre filme son petit groupe de jeunes.

La performance de l'actrice Anja Verderosa est prodigieuse, et m'a rappelé celle de Malou Khebizi dans l'excellent Diamant brut. Félix Lefebvre, que l'on a vu dans Rien à perdre en grand fils de Virginie Efira et surtout dans Eté 85, est lui aussi impeccable dans un rôle nuancé.

Une formidable découverte.

 

3e

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Rien à perdre

La filmographie de Virginie Efira devient passionnante. L'actrice, au faîte de sa renommée, choisit de plus en plus ses films, offrant à des réalisateurs/trices méconnus son image bankable et la garantie d'un certain nombre d'entrées.

Delphine Deloget, dont c'est le premier long-métrage, bénéficie ainsi d'une tête de gondole haut de gamme, pour illustrer un scénario formidable qu'elle a elle-même écrit. Virginie Efira est par ailleurs entourée d'un casting d'une qualité irréprochable : Félix Lefebvre, Mathieu Demy, Arieh Worthalter et India Hair sont absolument parfaits.

Rien à perdre brille par de nombreux aspects. Sa principale qualité est un scénario d'une finesse incroyable. Dans cette histoire d'enfant dont les services sociaux pensent qu'il est peut-être en situation de danger, on passe alternativement par plusieurs états d'âmes, adoptant alternativement les différents points de vue. 

Chaque personnage du film agit avec profondeur, aucune situation n'est traitée avec vulgarité ou facilité, et on est souvent surpris par le développement d'une situation. 

L'émotion n'est jamais loin, servi par le jeu à fleur de peau de Virginie Efira, qui atteint encore ici des sommets.

Du grand cinéma.

 

4e

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Mon crime

Ce nouvel opus de François Ozon est une sucrerie acidulée et colorée.

Une pièce de théâtre oubliée et un peu ringarde des années 30 est ici le véhicule d'un propos délibérément dans l'air du temps, important sur le fond (les femmes actrices de leur accomplissement, contre les hommes en majorité malfaisants) et léger sur la forme (les personnages sont réduits à des silhouettes, les jeux de mots approximatifs pleuvent à volonté, le film est émaillé de citations cocasses).

Il ne faut donc chercher ici ni profondeur psychologique, ni mise en scène ébouriffante, ni écriture élaborée : nous sommes dans un monde de carton-pâte dans lequel chaque acteur/trice fait son petit numéro, par ailleurs convaincant dans l'ensemble, dans un registre qui relève plus du théâtre de boulevard que du film d'auteur. Les artifices de mise en scène (les inserts en noir et blanc, les coupures de journaux du générique de fin) relèvent clairement du burlesque.

L'ambiance est donc à l'amusement, et la dose de poison et de mauvais esprit qu'Ozon aime instiller habituellement dans ses films est ici très, très légère. J'avais pour ma part préféré Potiche, dans le genre "numéro d'acteur + guimauve + comédie noire".

Mon crime est un divertissement honorable devant lequel il est légitime de sourire, et qui a également le mérite de mettre sur le devant de la scène deux grandes actrices, Rebecca Marder et Nadia Tereszkiewicz (un couple à la Audrey Hepburn / Marylin Monroe), qu'on n'a pas fini de voir sur les écrans.

 

2e

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Eté 85

Le nouvel Ozon est une gentille bluette, qui veut se donner des airs de suspense hitchcokien.

Si la première partie se laisse regarder sans déplaisir (l'ambiance du bord de mer, les flashforwards qui entretiennent un suspense, la tension du coup de foudre), la seconde déçoit par sa plate conformité.

Les réactions des uns et des autres sont à la fois prévisibles et ridicules. Si les deux acteurs principaux jouent leur partition avec conviction, il faut signaler que tous les seconds rôles sont très mauvais : Valeria Bruni Tedeschi surjoue terriblement, Philippine Velge est horripilante, Isabelle Nanty et Laurent Fernandez ne semblent pas quoi faire à l'écran, Melvil Poupaud n'est pas crédible pour un sou.

Le film n'évite pas alors le ridicule le plus absolu, lors de la pitoyable scène de la morgue, très mal jouée et mise en scène.

Ozon peine à maintenir son intrigue tout au long d'un long métrage : il lui faut l'entretenir par de sinueux détours qui ne passionnent pas (l'écriture de l'histoire, la relation au prof), alors que l'ambiance charmante du début se délite doucement.

 

2e

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