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Christoblog

Articles avec #norvege

La trilogie d'Oslo : Désir

Des trois opus de la trilogie d'Oslo, Désir est celui qui a reçu le moins bon accueil critique.

Il faut dire que sa forme est moins ample que celle des deux autres parties : Rêves offrait une variation polyphonique autour de la notion de réalité et Amour dessinait une vaste carte du tendre moderne.

Désir, lui, ne montre pratiquement que des dialogues ayant pour sujets deux évènements étonnants concernant deux amis ramoneurs (!) : le premier a eu une relation sexuelle avec un client (alors qu'il n'est pas homosexuel), et le second fait un rêve persistant dans lequel David Bowie le regarde comme une femme (!!).

Les deux amis échangent avec leur compagne respective sur ces sujets lors de longues conversations lors desquelles toute une variété de sentiments d'une étonnante profondeur se font jour. La mise en scène, qui pourrait être statique, se réinvente constamment, à l'image de la première scène lors de laquelle la caméra pivote doucement dans un somptueux mouvement.

Haugerud introduit également dans son récit de curieux évènements, qui apportent au film une tonalité d'étrangeté poétique : une maladie de peau erratique, un attrape-rêve suspendu, une thérapeute qui soliloque sur Hannah Arendt. Toutes choses qui semblent amplifier et faire résonner la sourde interrogation qui constitue l'épine dorsale du film : quelle est la véritable nature du désir, et plus largement peut-être, qu'est ce que la masculinité ?

Ainsi, ce qui ne paraît être de prime abord qu'une anecdote salace s'avère au final une profonde interrogation existentielle.

Une superbe conclusion à la trilogie, qui place Haugerud parmi les grands.

La trilogie d'Oslo sur Christoblog : Rêves - 2025 (**) / Amour - 2025 (***)

 

3e

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La trilogie d'Oslo : Rêves

Alors que l'opus intitulé Amour est radicalement polyphonique, Rêves est beaucoup plus resserré  : Haugerud s'intéresse ici exclusivement à l'histoire de Johanne, ou pour être plus précis à l'histoire que se raconte Johanne.

Autant Amour était ouvert sur le monde et la variété des sentiments, autant Rêves est presque claustrophobique par construction, à force de ne voir le monde qu'à travers les yeux de son héroïne.

L'exercice est donc complètement différent, mais ce qu'il y a d'interessant, c'est que les qualités d'écriture et de mise en scène sont les mêmes : attention extrême aux variations de l'âme qui effleurent sous les visages, classicisme épuré dans la façon de filmer, parfois zébrée d'éclairs chatoyants, douce causticité dans les dialogues, toujours ciselés.

Si j'ai été moins attiré par les états d'âmes de la jeune Johanne que par les tribulations des personnages d'Amour, je dois tout de même avouer que la découverte de ce cinéaste norvégien de 61 ans est pour moi un des faits marquants de 2025, tant son cinéma paraît évident et profond à la fois.

Je recommande cet exercice de style très contemporain, qui interroge la notion de réalité avec brio.

 

2e

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La trilogie d'Oslo : Amour

De la trilogie de Dag Johan Haugerud, Amour est pour moi le meilleur, opus et de loin.

Le film permet de suivre la trajectoire de personnages haut en couleur : Marianne, médecin célibataire, Tor, infirmier gay, Bjorn, papa récemment divorcé, et beaucoup d'autres.

Chacun est extrêmement attachant : Haugerud excelle à les filmer au plus près de leurs désirs, souvent très intenses, mais aussi décrits avec une grande finesse. J'ai souvent pensé au meilleur de Woody Allen, ou aux films les plus récents d'Emmanuel Mouret. Les conversations sont très crues quand elles portent sur le sexe, et contribuent à donner au film une teinte résolument moderne.

Un autre des points forts du film, c'est de prendre Oslo (et ses bateaux qui relient les différents quartiers) comme magnifique théâtre de l'action : rarement une ville aura été aussi bien filmée, notamment de nuit. La mise en scène est de ce point de vue d'une élégance rare.

J'ai été plusieurs fois ému, amusé, choqué, surpris par ce que proposait le film, riche en idées originales sur nombre de sujets : l'histoire, le sexe, l'amitié, la parentalité, la maladie, la mort, le plaisir, la vocation.

Du grand art.

 

3e

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Valeur sentimentale

Le nouveau film de Joachim Trier commence par une scène de toute beauté, dont le personnage principal est ... une maison.

Cette  introduction est tellement délicate et brillamment filmée qu'on se dit qu'on tient peut-être là un grand film, digne d'être comparé au chef-d'oeuvre de Trier, Oslo, 31 août.

Malheureusement, l'enchaînement avec les atermoiements de Nora, actrice de théâtre qui panique avant d'entrer en scène (?!), nous laisse de marbre. A l'image de tout ce qui va suivre dans le film, les états d'âmes du personnage joué par l'actrice fétiche de Trier, Renate Reinsve, ne parviennent pas vraiment à captiver (j'ai trouvé que l'actrice qui joue sa soeur, Inga Ibsdotter Lilleaas, était plus intéressante).

Il faut dire que le film cultive l'entre-soi : on est entre gens de la profession, qui se formalisent d'un rien, s'expriment mezzo voce, et souffrent pour des raisons qui nous semblent bien futiles (jusqu'à une révélation bien trop tardive, et dont le poids émotionnel n'est curieusement pas mis en valeur, ni par l'écriture, ni par la mise en scène).

L'impression globale générée par le film est celle d'un drame bourgeois filmé par un Bergman propre sur lui, plutôt bien écrit et filmé avec élégance, mais dont on ne sait trop quoi penser : parfois ennuyeux quand il décrit de chichiteuses souffrances, et parfois amusant quand il manie la causticité distanciée (le metteur en scène qui offre les DVD d'Irréversible et de La pianiste à son petit-fils). 

A vous de voir.

Joachim Trier sur Christoblog : Oslo, 31 août - 2012 (****) / Back home - 2014 (**) / Thelma - 2017 (*) / Julie en 12 chapitres - 2021 (**)

 

2e

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Loveable

Loveable m'amène à me poser une question simple : peut-on faire un bon film avec un personnage principal antipathique ?

Et ma réponse est résolument négative dans ce cas d'espèce. Les états d'âme de Maria sont très communs : elle a du mal à gérer ses enfants et sa vie professionnelle. OK. C'est probablement le sort de plus de la moitié de la population mondiale féminine, mais dans le cas de Maria, cela semble insurmontable. 

Assez terrible en tout cas pour décider de partir (puis le regretter), de regarder dans le vide pendant plusieurs minutes (des heures en temps ressenti par le spectateur), d'aller voir une psy (qui l'invite à dormir, à court d'arguments thérapeutiques peut-être), de régler quelques comptes avec sa mère (très mal jouée), de se faire larguer une deuxième fois (par un mari trop beau et trop lisse pour être crédible, même si on lui donne instinctivement raison), puis de rembarrer une amie sincère.

J'ai personnellement voué une sincère animosité envers le personnage joué par l'actrice Helga Guren, jamais à court d'expédients grotesques (grimaces devant le miroir, torsions acrobatique de la bouche et dos tristement vouté), servis il est vrai par un scénario et une mise en scène ne reculant devant aucune facilité (artiste de rue chantant "Ne me quitte pas" juste après la scène de séparation, scènes rejouées maladroitement, fin ouverte irrésolue).

C'est une catastrophe dont je ne m'explique pas le succès critique. Pas aimable, du tout.

 

1e

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Sick of myself

Kristoffer Borgli signe ici un film dérangeant et très original.

Sick of myself commence comme une comédie à la mode scandinave : une jeune femme, unie à un artiste ayant le vent en poupe, souffre d'un manque de reconnaissance.

Les blessures d'égo et les humiliations répétées donnent lieu à de petites scènes délicieusement méchantes. Lorsque l'héroïne Signe décide d'attirer sur elle l'attention par le biais d'une grave maladie dont les symptômes sont obtenus à l'aide d'un médicament russe, les choses se compliquent. 

Le film dérive alors vers quelque chose de plus poignant, une sorte de body horror existentiel qui fonctionne comme une spirale infernale.

Ce sont donc les changements de ton qui font tout le sel de ce premier film norvégien : tour à tour grinçant, amusant, cruel, il dissèque merveilleusement plusieurs aspects de notre société contemporaine. On ne peut s'empêcher de penser au cinéma d'Ostlund, en moins exubérant.

Un réalisateur à suivre.

 

3e

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La symphonie des arbres

Retour aujourd'hui sur un film sorti discrètement en 2021, que j'ai découvert lors du dernier Festival Le grand bivouac, à Albertville.

Ce documentaire norvégien suit un luthier italien, Gaspar Borchardt, qui rêve de fabriquer un violon d'aussi bonne qualité que les Stradivarius, et qui pense que pour cela il lui faut le bois d'un arbre très spécifique qui ne pousse que dans les Balkans.

La caméra de Hans Lukas Hansen suit Gaspar avec attention et attendrissement sur une période de six ans. On le suit donc dans son improbable recherche, en particulier lors de différents voyages en Bosnie. 

Le contraste entre le caractère lunaire et délicat du luthier opiniâtre et la rudesse de la population locale confère au film une irrésistible drôlerie, mâtinée de mélancolie. Gaspar n'est plus très jeune, et ce défi un peu irréel est peut-être une façon pour lui de tirer un bilan de sa vie.

Parviendra-t-il à trouver l'arbre magique et à offrir le violon de ses rêves à la jolie soliste néerlandaise à qui il l'a promis ? Impossible de vous le dire, tant l'intérêt de ce joli film documentaire à la limite de la fiction réside dans le suspense lancinant qu'il propose. 

Réalisation impeccable et image d'une grande qualité pour ce quasi-thriller, d'une grande originalité.

 

3e

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The innocents

Cela commence comme un thriller d'épouvante classique : musique bien inquiétante, mouvements de caméra sur-signifiants, bruits qui font sursauter, décor à l'unisson.

On est dans le style "pour bien comprendre que la petite fille est méchante on va la montrer en train d'écraser un ver de terre".

Et finalement, il se terminera de la même façon : parcourant les chemins bien balisés du film qui cherche à faire peur. Entre temps, il y aura eu un frémissement, quelques passages lors desquels on aura été étonné par un plan, ou intrigué par un changement de perspective... mais au final, rien de bien enthousiasmant, ou novateur.

On songe à Morse, qui était infiniment plus déstabilisant et profond. Ici, les astuces et les procédés sont bien trop évidents pour ne pas gêner la catharsis. The innocents est une oeuvre formatée et un peu froide, qui ne parvient qu'épisodiquement à dépasser son statut d'exercice de style.

Eskil Vogt sur Christoblog : Blind - 2015 (*)  

 

2e

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Julie en douze chapitres

Pour ceux qui, comme moi, avaient été éblouis par Oslo 31 août, il avait été cruel de voir Joachim Trier se perdre au fil de ses films suivants, tous plus ou moins ratés.

Julie en 12 chapitres permet de retrouver le cinéaste norvégien dans ce qu'il a de meilleur : une grande sensibilité dans l'exploration des sentiments et des états d'âme, des idées de mises en scène renversantes (la merveilleuse scène dans laquelle le monde entier se fige) et une capacité à renouveler sans cesse l'intérêt du spectateur.

Il y a une forte probabilité pour que ce film devienne culte pour les spectateurs, et encore plus spectatrices, qui ont l'âge de Julie (en gros, les trentenaires). Il dessine en effet une sorte de Carte du Tendre de cette génération, entre hésitations, expérimentations et réalisation de soi-même. C'est souvent réussi (le chapitre "Infidélité") et aussi parfois un peu moins enlevé (les chapitres de la fin à propos d'Aksel).

On retrouve avec plaisir l'acteur d'Oslo, le magnétique Anders Danielsen Lie, et on découvre la pétillante Renate Reinsve, prix d'interprétation féminine à Cannes cette année. Cette dernière irradie le film comme rarement une actrice peut le faire.

Un film primesautier, bien qu'assez peu original, qui semble saisir l'essence même de la vie. A découvrir.


2e

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Utøya, 22 juillet

Il y a dans la démarche du réalisateur Erik Poppe une fausse modestie qui rend son film insupportable.

Pour faire simple, disons que la caméra suit en temps réel et en un seul long plan-séquence une jeune fille durant les 72 longues minutes que durèrent le massacre sur l'île d'Utøya, le 22 juillet 2011. 

Cela pourrait paraître modeste, mais le dispositif tourne vite à la performance : Erik Poppe semble très absorbé par la façon dont il va faire bouger sa caméra, quitte à filmer des choses insignifiantes pour meubler. Comme il fait de son personnage principal une bonne samaritaine qui veut sauver tout le monde (contrairement aux autres jeunes gens qui courent dans tous les sens d'un bout à l'autre du cadre), on doute vite du réalisme de ce qu'on voit, ce qui est un comble quand on sait que le film s'inspire de témoignages des victimes.

On n'est donc pas très à l'aise en regardant le film, malaise aggravé par la séquence où l'on voit une jeune fille mourrir lentement en direct, filmée avec beaucoup de complaisance et des effets très maladroits (la maman appelle sa fille pile au moment où celle-ci vient de rendre l'âme). Utoya, 22 juillet qui aurait pu être un bel hommage aux victimes ou un film instructif sur ce qui s'est passé ce jour-là, est plus énervant qu'émouvant ou dérangeant.

Au final, on ne tire rien de ce film creux qui se regarde le nombril.

 

1e

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Thelma

Dieu sait si j'ai aimé Oslo, 31 août, meilleur film pour moi de l'année 2012.

Las, son réalisateur Joachim Trier ne cesse depuis de me décevoir : son film précédent (Back home) m'avait interloqué (pour être gentil) et celui-ci m'a catastrophé, si je puis utiliser cette tournure familière.

Je vais donc, à contre coeur, énumérer ma liste de récriminations. Le scénario est cousu de fil blanc. Tout y est dessiné avec une lourdeur qui devient gênante, et qui est en contradiction totale avec la légèreté de traitement que nécessiterait l'intrigue. Exemples : la vue en plongée qui ouvre le film est inquiétante à souhait, les vols d'oiseaux rappelle avec une lourdeur kolossale Hitchcock, le portrait de la méchante grand-mère enfonce tous les clichés à trois sous, la fin avec la guérison par imposition des mains est ridicule, le retour de la disparue ne rime à rien, etc.

Le film fait fasse à un double handicap : le scénario est d'une faiblesse criarde, enfilant les poncifs du genre fantastique, et la mise en scène sert ces poncifs avec une servilité de débutant. Le résultat ressemble au final à une série Z d'auteur, chacun de ces deux défauts majeurs aggravant l'autre. Et réciproquement. 

On pense sans cesse à Grave, de Julia Ducourneau. La thématique principale étant exactement la même : il s'agit dans les deux cas de peindre l'éveil à sa sexualité d'une jeune femme, associée à une transgression de l'ordre du bizarre. La comparaison est très cruelle, tant le film de la jeune française était choquant, iconoclaste, décoiffant et celui de Trier convenu, suranné, froid.

Thelma convoque aussi des souvenirs de L'exorciste, de Carrie, de Morse, références qui toutes mettent en exergue son caractère souffreteux et innabouti. 

A fuir. Malheureusement.

 

1e

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Natür therapy

Représenter à l'écran les pensées d'un homme qui marche : c'est le défi que se propose de relever le réalisateur norvégien Ole Giaever.

Bien sûr, Natür therapy évoque Wild, le beau film de Jean-Marc Vallée, qui s'attaquait au même type de sujet, même si la marche de Reese Whiterspoon était beaucoup plus longue et spectaculaire. Dans les deux cas, les personnages sont à un tournant de leur vie, et doivent prendre (ou pas) des décisions radicales.

Le film de Giaever se situe à une sorte de croisement scandinave entre la sensibilité psychologique extrême de Oslo, 31 août et la distanciation cynique de Snow therapy. On est parfois compatissant envers le personnage et sa crise de la quarantaine mal gérée, mais le plus souvent c'est plutôt avec un oeil goguenard qu'on regarde Ole Giaever se débattre dans ses contradictions : il est à la fois acteur et réalisateur, et on ne peut s'empêcher de penser que le film est autobiographique.

La façon de montrer la nature norvégienne et de l'intégrer au récit est habile, les rebondissements humoristiques viennent ponctuer le récit avec bonheur. La vision du film est donc agréable, sans être renversante. Il lui manque un peu de profondeur et d'originalité pour susciter un enthousiasme plus entier.

 

2e

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Blind

Ce film m'a tellement énervé que je vais me faire un plaisir de spoiler abondamment. Ne lisez donc pas plus loin si vous voulez ne pas savoir.

Dans les tout premiers plans du film, il y a cette image bizarre, parmi d'autres qui n'ont rien à voir : un concombre revêtu d'une capote.

Le réalisateur Eskil Vogt nous donnera l'explication plus tard, mais pour faire court : Ingrid est aveugle, obsédée sexuelle (grave !), dépressive et elle écrit un roman. Le film insère donc des images du roman qu'elle est en train d'écrire dans quelques images du présent.

Cela pourrait être une bonne idée, mais la réalisation du film gâche une intention louable. Là où il faudrait entretenir l'ambiguité, Vogt sème la confusion. Là où il faudrait rendre ses personnages empathiques, il les éloigne de nous.

Le résultat est assez pédant, plein d'aspérités désagréables et au final franchement ennuyeux. 

J'ai vu récemment en DVD un film méconnu sur le fait d'être aveugle, bien plus intéressant que celui-ci : Imagine.

 

1e   

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Oslo, 31 août

En cette année 2012, il semble que le centre de gravité de la cinéphilie pourrait bien se déplacer vers le nord, avec Oslo, 31 août , le très beau film russe Portrait au crépuscule et l'adaptation de Millenium en Suède. Sans compter les très bonnes séries TV danoises (Borgen, The killing).

Le deuxième film du norvégien Joachim Trier (le premier, Nouvelle donne, est passé relativement inaperçu en 2008) est en effet un choc esthétique de première ampleur.

On ne peut qu'être admiratif devant l'élégance extrême de la caméra, très fluide, sensuelle, toujours en mouvement, qui suit pendant 24 heures environ l'errance dans Oslo d'un jeune junkie sortant d'une longue cure de désintoxication.

Le scénario est une sorte de road movie cantonné à la capitale norvégienne : multiplication de rencontres éphémères avec de vieilles connaissances (amis, famille, dealer) ou avec des inconnus (une rayonnante jeune fille, un partenaire de rave, un recruteur).

Si l'intrigue est minimaliste, le film parvient à installer une tension qui va croissant, par le biais d'une question lancinante : Anders replongera-t-il ? Il parvient à dépasser la contingence de sa trame narrative pour se muer en une sorte de biographie rêveuse (des images de films super 8, des photos de famille, par moment une loghorée de souvenirs en voix off) et même en une réflexion globale sur la condition humaine (la confession de l'ami d'enfance).

Cet aspect presque Malickien du film culmine dans une scène exceptionnelle qui donne à Anders, attablé dans un café, une sorte de capacité d'extra-lucidité, qui lui permet d'entendre toutes les conversations l'environnant, et même de suivre par la pensée des inconnus jusque dans leur vie quotidienne.

Le film approche la perfection visuelle dans de nombreuses scènes (les vélos dans la rue, les images stroboscopiques de la rave, les derniers plans) et est porté par un acteur, Anders Danielsen Lie, charismatique.

Un film noir, superbe, qu'il faut absolument voir.

 

4e

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