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Christoblog

[REC]

Manuela Velasco. Wild SideLes Espagnols sont plus forts que nous pour les films d'horreur.

Témoin ce [REC] assez plaisant et qui a collectionné les récompenses (Gérardmer, Sitges). Le concept est à la mode (Le Projet Blair Witch, Cloverfield), c'est celui de la caméra subjective, c'est à dire que ce que vous voyez est sensé être ce qu'a filmé un des personnages du film. Ici le prétexte est un reportage de télévision sur les pompiers.

Malheureusement, la sortie nocturne de nos amis bomberos va mal tourner, on s'en doute.

L'équipe intervient dans un immeuble dans lequel crie une vieille femme. Rapidement les autorités interdisent aux occupants (et aux pompiers, et aux journalistes) de sortir. On subodore le pire, qui ne manque pas d'arriver : un sale virus rode et pas de mal de monde va être contaminé.

Cela ne fait pas vraiment peur, mais le début est assez intéressant. Disons, jusqu'à l'entrée du biologiste. Pendant cette période on ne sait pas trop où on est. On se moque gentiment des journalistes qui ne veulent jamais arrêter de filmer, le policier essaye de maintenir l'ordre, les changements de tempo sont assez prenants (je pense à ces interviews assez cocasses de tous les habitants lors d'un temps mort dans l'atelier de confection). Ensuite ça devient un peu grand guignol et on voit bien que les réalisateurs ont du mal à finir leur film.

Le scénario tire mieux parti de la caméra subjective que Cloverfield, à mon avis. 

 

2e

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Le temps d'aimer et le temps de mourir

Le film est tiré d'une oeuvre d'Erich Maria Remarque dont le titre est "Le temps de vivre et le temps de mourir".

Que Sirk, ou les producteurs, je ne sais pas, ai transformé vivre en aimer est symptomatique. En effet, rarement l'amour aura aussi bien été montré que dans ce film : Liselotte Pulver et John Gavin, tous deux très bons, nous proposent ce qu'il y a de plus pur, de plus absolu en matière d'amour.

Pour dire la vérité, je suis entré dans ce film à reculons : mon premier Sirk (Tout ce que le ciel permet) m'ayant passablement déçu.

Donc, je suis là par un soir d'été, un peu embêté par des ennuis professionnels et les moustiques, et puis, et puis .... le film m'entraîne. Au début, je me dis "c'est un mélo classique, il va se passer et ceci, et cela...". Et puis, rien ne se passe comme prévu, le scénario (excellent) nous emmène quasi systématiquement là où on ne pense pas aller. Chaque plan est anéanti, remis en question, par le suivant, dans une sorte de tourbillon brillant et vertigineux.

Le film est concentré sur une permission d'une vingtaine de jours, entourée au début et à la fin, de scènes de guerre. Et durant cette vingtaine de jours, c'est toute une vie qui va se jouer. A un moment un personnage secondaire dit à Gavin : "Tu as déjà dépensé 3 jours, ce qui représentent 10 ans d'une vie !".

Un scénario de première bourre, des acteurs principaux irrésistibles, des acteurs secondaires excellents, et une mise en scène exceptionnelle dans sa sobriété. Combien de mouvements de caméra sublimes ? d'images magiquement surréalistes (le corbillard abandonné, le cheval qui brûle, etc...) ? d'éclairs assourdissants de beauté ?

Un chef d'oeuvre, condensé de beauté pure.

 

4e

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Whatever Works

Woody Allen et Larry David. Mars DistributionAprès 4 films en Europe, comment Woody allait-il négocier son retour at home ?

En trouvant en Larry David, entre autre acteur pivot de la fameuse série Seinfeld sur HBO, son parfait alter ego. Vieux, suffisant, bavard, hypocondriaque, misanthrope, goujat, il est parfait au début du film.

Il s'adresse à la caméra et dialogue avec les spectateurs (qu'il est le seul à discerner, car il a une "vision globale" des choses). C'est un génie. C'est pourquoi il a le droit d'être ignoble avec les enfants à qui il enseigne les échecs.

Sa rencontre avec la jeune bêtasse de province est assez amusant, bien qu'improbable, et donne lieu à toute une série de sorties plus méchantes les unes que les autres de la part de notre insupportable héros. Il faut dire que Evan Rachel Wood parvient à camper un personnage d'une sottise incommensurable. Encore une petite jeunette bien sexy déniché par notre vieux Woody, hum.

Dans la deuxième partie du film les parents de la petite sotte apparaissent et, pour moi, le film perd progressivement de son intérêt, tant les modifications affectant le père et la mère sont totalement invraisemblables. Quelle morale veut donner Woody Allen à cette deuxième partie ? Que la force de vie est plus forte que le cynisme ? Que le plus important est de trouver sa voie et de se réaliser ? Plus le film glisse vers sa fin, et plus l'aspect moralisateur un peu mièvre s'amplifie.

J'aurais préféré un plus de noirceur, et de profondeur psychologique, à l'image du merveilleux Match Point, le meilleur film de Allen depuis des lustres.

 

2e

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Phénomènes

Affiche teaser américaine. 20th Century FoxPhénomènes est à l'image de la carrière de son réalisateur, Night Shyamalan.

Sixième Sens, son troisième film, mais celui qui a marqué sa rencontre avec le grand public était franchement réussi.

Même si les ficelles y étaient un peu grosses, il fonctionnait, et bien malin celui qui peut se targuer d'avoir vu arriver le twist final sans avoir été prévenu avant. Incassable présentait un petit intérêt. Les films suivants marquent une longue dégringolade se terminant avec le pénible Jeune fille de l'eau, puis ce tristounet Phénomènes.

Et bien, pour le film, c'est pareil. Commencement sur les chapeaux de roues avec des images intrigantes, bizarres. Un terrible virus se répand qui pousse ses victimes à se suicider. Une ambiance qui évoque un peu Hitchcock et de très loin le Spielberg de la Guerre des Mondes, sans le sens inné de l'entertainment de ce dernier, évidemment.
Et puis au bout de 20 ou 30 minutes, le film périclite, se délite progressivement, sous l'influence du jeu transparent de Mark Wahlberg (mais pourrait il en être autrement ?), de l'indigence du scénario, du ridicule des péripéties.

L'ensemble est enrobé d'une sorte de message écologique mièvre et se finit en eau de boudin avec une dernière scène ridicule à Paris.

Comme quoi une bonne idée ne fait pas un film, loin de là.

 

1e

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L'age de glace 3

L'intérêt de l'age de glace 3 n'est certainement pas le scénario, assez quelconque.

C'est, comme dans les premiers opus, l'association des personnalités dissemblables des principaux personnages qui amuse.

La vivacité des observations et quelques trouvailles (la scène du gaz hilarant par exemple) laisse une impression pas déplaisante.
Sid est évidemment le plus réussi, élevant le niveau de bêtise (et de laideur) inconsciente à un très haut niveau. Diego vieillit, sa vue baisse, il a des états d'âmes. Manny se prépare à être un vrai papa poule, tout en restant la grosse bête maladroite qu'on connaît. Ellie sa compagne semble être le seul être équilibré dans la troupe. Les deux oppossums sont toujours aussi insupportables. Un nouveau compère apparaît en aventurier déjanté : Buck.

On pourrait rêver d'un épisode qui creuserait la veine relationnelle, sur lequel ne soufflerait aucun souffle d'aventure, et qui se contenterait de conter la vie quotidienne de notre petite horde : une sorte de Friends à l'age de glace...

Si le résultat n'est pas désagréable il faut tout de même reconnaître que le formule s'essouffle et que l'originalité du premier épisode est déjà bien loin, d'autant plus que Madagascar utilise les mêmes recettes, avec des références socio-culturelles plus riches.

Même Scrat, qui va découvrir l'amour, puis son épuisement dans un raccourci saisissant et assez machiste, n'est plus aussi craquant. Un divertissement honorable.

 

2e

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Fausta

Magaly Solier. Jour2fêteQue dire à propos de Fausta ?

Factuel : ce film a obtenu l'Ours d'or à Berlin (succédant à The Wrestler).

Esthétique : c'est probablement d'un point de vue visuel le plus beau film que j'ai vu depuis....que je tiens ce blog. Le nombre de plans d'anthologie est de l'ordre de la trentaine. Le travelling arrière sur le bateau et le tunnel est ce que j'ai vu de plus beau cette année.

Réaliste : si avant d'aller voir le film, on m'avait dit à quel point je me ferais chier pendant (en partie) je n'y serais pas allé. Si on m'avait dit à quel point son charme vénéneux pouvait être proche de celui de Mulholand Drive (dans un genre tout différent) j'y aurais couru.

Tiers mondiste : pour voir ce Lima là.

Médical : comment une pomme de terre enfoncée dans le vagin peut elle germer sans lumière ? (Vous allez me dire les pommes de terre dans les caves germent aussi).

Révolutionnaire : si vous voulez en savoir plus sur le Sentier Lumineux, n'allez pas voir ce film.

Scénaristique : le film est plus retord que sa trame linéaire semble le dessiner. Repensez y après l'avoir vu.

Ethnographique : des mariages comme ça, hein, vous saviez que ça existait ?

Mélomane : vous pensiez que des mélodies pareilles pouvaient être chantées ?

Midinette : elle a quelque chose cette actrice vous trouvez pas ? Pendant 90 % du film on dirait une huitre, mais LE moment où elle sourit, c'est BON, non ? Ca libère.

Et si tout simplement Berlin était plus audacieux que Cannes ?

 

3e

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Amerrika

Voilà typiquement le genre de film sympa auquel il est difficile de résister.

Une famille palestinienne est d'abord filmée en Palestine. Le mur (vision saisissante de cette horreur). Les contrôles israeliens haineux, mille fois montrés mais toujours aussi pénibles. Paysages désertiques. On y est vraiment, et sans la langueur traditionnelle des films proche-orientaux, ici le montage est rythmé.

Par un bonheur inespéré, la maman et son fils peuvent partir aux US rejoindre de la famille : contrastes en pagaille. Chaud / froid. Fantasme / réalité. Gay à cheveux bleux / mamma orientale.

Le film prend alors un rythme de croisière pas désagréable mais d'où toute surprise notable est exclue. Les méchants sont méchants (esquissés seulement), le gentil est gentil (et sauve la réputation de l'Amérique : le proviseur).

Les USA viennent d'envahir l'Iraq, cette famille palestinienne (et même pas musulmane) va se faire donc traiter d'Oussama comme il se doit par les red necks. Finalement une situation assez peu montrée, sauf dans les séries (je pense à 24 heures chrono).

Le plus intéressant dans le film, c'est la façon dont la famille d'accueil se délite. La performance de l'actrice principale tient la baraque : moins sculpturale et explosive que Ronnie Elkabetz, plus ronde, mais avec autant de pêche.

 

2e

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L'illusionniste

Affiche américaine. Michael London ProductionsJe ne me souviens pas trop du moment ou L'illusionniste est sorti. Il me semble peu de temps après Le prestige, un autre film sur le même milieu. Je confondais d'ailleurs un peu les deux, n'ayant pas vu le Prestige non plus.

Sur DVD ce qui frappe en premier lieu ce sont les couleurs volontairement jaunies, le flou hamiltonien et la reconstitution toute hollywoodienne de la Vienne du début du siècle. Tout ce décorum fait un peu toc.

L'histoire d'amour adolescente est tournée de façon vraiment mièvre. Lorsque Eisenheim commence ses tours l'intérêt montre d'un cran, mais malheureusement les numéros ne sont pas assez développés à mon goût.

Norton n'est vraiment pas un acteur que j'apprécie, je le trouve totallement insipide. Il l'est toutefois moins que Jessica Biel, absolument transparente. La bonne surprise vient de Paul Giamatti, changeant radicalement de monde après Sideways, mais toujours aussi "terrien", et accrochant l'intrigue à quelque chose de crédible.

Le film apparaît seulement sur sa fin comme un long prologue destiné à conduire à un twist insensé et diabolique, et dont le policier prend conscience grâce à une succession de flash backs très rapides, exactement comme à la fin de Sixième sens. Mais n'est pas Shyalaman qui veut.

 

1e

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Departures

Regent ReleasingIl faut bien le dire, c'est un peu parce que Departures avait emporté l'Oscar du meilleur film étranger au nez et à la barbe de Entre les murs (et de Valse avec Bachir) que j'ai eu envie de le voir.

L'histoire est celle d'un jeune japonais, joueur de violoncelle pas assez doué pour faire carrière à Tokyo, qui retourne dans sa province natale. Il va trouver un peu par hasard un travail dont personne ne veut, car il est tabou au Japon : préparer les cadavres avant leur mise en bière. Il va d'abord l'exercer sans le dire à sa femme, puis ... il va se passer plein de choses, et ce n'est pas le moindre des mérites de ce superbe film que de nous emmener à travers une histoire pleine de rebondissements.

Vous allez me dire, brrr, comme sujet on trouve plus joyeux. C'est vrai en principe, mais Six Feet Under, pour les connaisseurs, a largement prouvé que les histoires de croques-morts peuvent être captivantes, marrantes, et même sexy.

Le film a ceci d'étonnant qu'il multiplie les changements de ton : pendant toute la première heure du film, les rires fusent d'ailleurs dans la salle. A la fin, ce sont plutôt les sanglots retenus et les reniflements discrets qui prédominent, mais sans que le pathos soit sur-exploité, c'est simplement l'histoire qui atteint une densité exceptionnelle dans la deuxième partie.

Le film doit beaucoup aux remarquables acteurs. Le jeune héros est d'abord à la limite du burlesque, puis il s'opacifie, gagne en profondeur tout au long du film. Sa femme, petite souris inexistante, va elle-même profondément évoluer. Le patron est formidable de hiératisme patibulaire, et tous les seconds rôles sont parfaits.

La vie provinciale japonaise est superbement montrée, dégageant une belle impression Tsutomu Yamazaki. Metropolitan FilmExportde naturalisme et de symbolisme à la fois. L'intérêt des scènes de mise en bière, documentaires au début, pittoresques au milieu, romanesques vers la fin, est sans cesse renouvelé.


Mais la qualité ultime du film est dans la perception qu'il donne de l'éternel sujet vie/mort, décliné très subtilement à travers de nombreux sujets (printemps/hiver, animal/végétal, mort des parents / abandon des enfants). Il montre d'une manière bouleversante l'emprise de l'amour sur la mort.
Departures a rencontré un grand succès au Japon, et a gagné fort justement de nombreux prix internationaux avant de triompher à Los Angeles.

Un film magnifique, à découvrir immédiatement.

4e

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Etreintes brisées

Ce n'est probablement pas avec ce film qu'Almodovar pouvait espérer gagner la Palme d'Or. Il n'est pas mauvais, ce n'est simplement pas le plus abouti de son auteur, loin de là

Moins alerte que Volver, moins complexe que La mauvaise éducation, moins intense que Parle avec elle, Etreintes brisées souffre un peu d'anémie.

On s'intéresse d'assez loin aux personnages, sans que je sache bien expliquer pourquoi : peut être sont ils un peu trop caricaturaux dans leur ensemble à l'image du fils gay Ray X, et même dans une certaine mesure du personnage de Lena elle-même.

De temps à autre, Almodovar, qui semble globalement tourner ce film avec le frein à main serré, se lâche et redevient un immense cinéaste le temps d'une scène (lorsque Pénélope "double" son propre personnage projeté sur l'écran par exemple, une scène sublime, ou lors des travelling latéraux entre Harry et celui qu'il ne sait pas être son fils, ou en filmant simplement des draps). 

Un petit creux relatif donc à mon sens dans la carrière de l'espagnol, en forme d'hommage passionné à Penelope Cruz, et un peu limité par cela peut-être. Pedro devrait peut-être se ressourcer en allant voir ailleurs et autre chose, comme Woody Allen l'a fait en allant tourner 3 fois en Angleterre, puis une fois en Espagne. Almodovar à New York, ça aurait de la gueule, non ?

A voir quand même bien sûr, ne serait-ce que pour Penelope en blonde.

 

3e

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The president's last bang

Bénéficiant d'une très belle édition DVD chez Potemkine voici l'occasion de découvrir un film dont on a dit beaucoup de bien, par Im Sang-soo, le réalisateur d'Une femme coréenne et du Vieux Jardin.

Le thème du film est la reconstitution de l'assassinat du président/dictateur Park Chung-hee en 1979. Il montre la journée avant, puis la nuit suivant le crime.

Tout d'abord, et comme dans beaucoup de films coréens on est fasciné par la qualité technique de la production : mise en scène, photo, jeu des acteurs. Ensuite surpris par la première demi-heure, un peu pagailleuse, passant d'un personnage à l'autre sans que l'on comprenne bien ce qui se passe, ni qu'on s'attache aux personnages. La scène du crime est assez ahurissante, l'assassin (directeur de la CIA coréenne si je ne m'abuse) se décidant semble-t'il sur un coup de tête, entraînant ses collaborateurs dans un plan dont le moins qu'on puisse dire est qu'il est complètement foireux. La dernière partie, qui montre les suites de l'assassinat est dans la même veine surréaliste, le meurtrier n'a rien anticipé et vogue à vue, ses aides ne savent plus quoi faire et tournent en rond dans la ville déserte, le conseil des ministres se réunit dans une ambiance délétère. On se croirait dans un drame shakespearien revu en opéra-bouffe.

Comme dans beaucoup d'autres films coréens, les personnages masculins sont tournés en ridicule et se révèlent incapables, quelque soit leur niveau : du général qu'on découvre en slip, jusqu'au trouffion qui ne connaît pas son chef et au garde du corps qui hésite à partir. Truffé de scènes tout à fait étonnantes et originales (comme le nettoyage des cadavres à la mitraillette, ou de longs et somptueux travellings), The president's last bang est une curiosité à découvrir.

Le coeur a un peu de mal à s'impliquer dans la narration, mais la tête y trouve son compte.

 

2e

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Looking for Eric

Après Johnny Hallyday chez Johnnie To, voici à nouveau, dans un tout autre registre, un acteur non professionnel français dans un film étranger.

Eric Cantona s'en tire merveilleusement bien, bien mieux à mon avis que notre Johnny national dans Vengeance.

A la limite de l'auto-parodie, que dis-je, à fond dans l'auto-parodie, Canto est assez génial. Maniant le Français à merveille, avec la mauvaise foi délicieuse qu'on lui connait, enchainant les aphorismes à la noix comme des perles sur un collier (voir dans le générique de fin le plus célèbre d'entre eux, celui des mouettes), roulant des gros yeux en expliquant que le NON doit venir des BALLS, il est à la fois conforme à son image et plein d'humanité, voire de poésie.

Ce en quoi le film est très intéressant, c'est qu'il est avant tout un film de Loach avant d'être un film avec Cantona. Un Loach assez léger mais très émouvant, rythmé sur un excellent tempo et dans une gamme douce amère qui sonne très juste. Toute la première partie est réellement excellente grâce à des acteurs et actrices remarquables (Steve Evets exceptionnel, Stéphanie Bishop très bonne). Les flash backs sont très bien filmés et l'ensemble (réalisme à l'anglaise / accent de Manchester / romantisme / Cantona en fantôme de luxe) fonctionne à la perfection, un peu comme un conte moderne.

Avec l'intrigue du pistolet, le film baisse à mon avis d'un ton, qui correspond d'ailleurs à une baisse de fréquence dans les apparitions cantonesques. D'une certaine façon, il reproduit dans cette deuxième partie le schéma de Gran Torino (conflits inter générationnels, violence de gang) dans un registre évidemment totalement différent.

Finalement un bon moment en provenance de Cannes.

 

3e

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Vengeance

Johnny Hallyday. ARP SélectionJ'aime bien Johnnie To. Son dyptique Election 1 et 2, vu il y a deux ans, était vraiment excellent et faisait penser au meilleur Scorsese par son ampleur dramatique, la complexité de ses personnages et l'intensité de sa dramaturgie.

Vengeance commence bien, par une séquence assez caractéristique du style de To : parfaitement maitrisée, maniant l'ellipse superbement. Quand notre Johnny à nous arrive, c'est à dire juste après, ca se gâte. Oh, ce n'est pas qu'il est spécialement mauvais, mais comment dire : on croit à son personnage comme on croirait à Danny Boon dans un biopic de Sartre.

Et son accent n'arrange rien. L'intrigue se développe ensuite filandreusement : l'ex tueur à gage venu à Macao venger sa fille perd peu à peu la mémoire, progressivement il ne sait plus qui il doit tuer, ni pourquoi. En soi, le sujet est intrigant, et même peut-être passionant. Le problème c'est que les quelques mimiques de Johnny (moue satisfaite en cuisinant les pâtes, digne de la palette de Don Camillo) casse la magie. Le film aurait été bien plus fort avec un acteur du cru, c'est sûr.

To paraît lui même peu inspiré, sombrant par moment dans un maniérisme pompier sans intérêt, nous ménageant des scènes ridicules (la désignation des tueurs par quelques mots piqués dans le journal, la séance de tir sur le vélo). On a même droit à un passage ridiculement new age dans lequel Johnny en immersion dans la mer, et sous la pleine lune, voit tous les morts venir le saluer. Tristement Johnny devient meilleur lorsque son personnage perd sa mémoire : n'y voyez pas malice de ma part.
Les gun fights sont filmés poussivement, sans imagination, comme du sous John Woo. Bref, vous pouvez passer votre chemin et éviter cette première déception cannoise.

 

1e

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Star trek

Paramount PicturesN'étant pas un spécialiste de Star Trek, c'est vierge de tout a priori que je suis allé à la rencontre de Spok, le bonhomme bizarre aux oreilles pointues.

Ce qui m'intriguait plutôt, c'était de voir ce que donnait la nouvelle production de JJ Abrams. De ce côté là on n'est pas dépaysé : lettrages sortis de Fringe, matière rouge qui rappelle la boule géante en suspension au dessus de la ville russe dans Alias, paradoxes temporels comme dans Lost. La mise en scène est très efficace et les scènes d'ouverture (le combat, puis la poursuite dans l'Iowa) en sont de magnifiques exemples : rapides, efficaces, et installant en quelques minutes des personnages attachants, tout en donnant à voir des images somptueuses.

A part la mise en scène, appréciable, le reste me laisse assez froid, le scénario est peu profond, et à part Spok, très intéressant, les autres personnages sont un peu fades. Le paradoxe temporel est traité légèrement à mon sens et avec beaucoup moins de subtilité que dans bon nombre d'oeuvres traitant du sujet. Les quelques personnages "exotiques" (la femme verte, etc) sont amusants.

Par rapport à d'autres productions d'Abrams, le manichéisme outrancier des personnages, surtout le "méchant", est décevant. Les dernières scènes laissent présager une suite : si c'est le cas, espérons que les intrigues y seront un peu plus subtiles et les évènements un peu moins improbables.

 

2e

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Romaine par moins 30

Sandrine Kiberlain. UGCAllez, après la (super) bonne surprise OSS 117 pourquoi ne pas être un peu aventureux et continuer d'explorer le continent des comédies françaises ?

Voici donc la suite des aventures de Romaine, personnage inventé par Agnès Obadia, la réalisatrice, et précédemment joué par elle même dans une série de courts-métrages que je n'ai pas vu (mais sont ils visibles ?).
 
Au programme, les mésaventures canadiennes d'une fille un peu flippée, pleine de petites et de grandes phobies, passablement maladroite, semblant toujours dépassée par les évènements (quoique, la fin montre que pas tant que ça finalement). Sandrine Kiberlain est curieusement à l'aise dans ce rôle de loufoque qui se réveille dans le lit de mecs qu'elle ne connaît pas, ou qu'un acupuncteur en délicatesse avec le fisc néglige.

Le début du film, vif, alerte, est très réussi et culmine admirablement dans une scène de mariage nocturne d'anthologie. Après ce climax, forcément le rythme faiblit un peu mais l'histoire reste plaisante et jamais niaise.

J'ai vu le film un samedi soir, après un bon restau et ma conclusion est : un bon film de samedi soir. 

 

2e

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Still walking

Un beau film.

Le sujet est assez traditionnel : une famille se réunit à l'occasion de l'anniversaire de la mort du fils aîné, qui s'est noyé en sauvant un enfant.

Le fils cadet est plus ou moins un raté, il est évidemment brimé et mal dans sa peau. Il s'est marié avec une veuve qui a déjà un enfant. Il y a aussi une soeur, insouciante et pleine de vie, mariée à une sorte de benêt et qui a deux enfants turbulents.

Les parents vivent dans le souvenir de leur aîné mort, à l'évidence leur préféré. Le père est une sorte de Pialat médecin, bougon et taciturne, la mère est encore alerte mais d'une cruauté étale. Finalement, une sorte de La vie des morts au Japon.

Le film est agréable à regarder, quoiqu'un peu long, et très subtil. Les acteurs et actrices sont beaux, bons et chacun développe sa personnalité tout au long du film. Les thèmes traités sont multiples et la mise en scène est délicate, réfléchie et sereine. La photographie est belle.

Certains moments sont magiques (la visite surréaliste de l'enfant sauvé par le frère noyé, le papillon). L'ombre portée du mort n'empêche pas le film d'être plein de vie.

Un succès critique mérité.

 

3e

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OSS 117 : Rio ne répond plus

Allez, une fois n'est pas coutume : je l'avoue, j'ai bien rigolé.

Le premier degré est inexistant, le deuxième fonctionne, le troisième est jouissif, le quatrième, bien qu'improbable, marche aussi. Le cinquième semble réservé aux initiés, mais tout le monde peut en profiter.

Dujardin est extraordinaire. Il invente un style à lui tout seul (ses sourcils !), encore plus abouti que dans le premier opus. Ses rôles moins rigolos joués récemment contribuent peut-être à conférer une densité particulière au personnage. Dans ce film les moments où il quitte son rôle de play-boy obtus (le camp hippie, le vertige) sont particulièrement bien vus.

Personne depuis les Monty Python avait réussi a jouer aussi bien dérision et charme, non-sens british et sensibilité à fleur de peau.

Le film sort d'un no-man's land (la comédie française second degré) pour y retourner, en nous gratifiant au passage d'un chapelet de répliques collectors. Les décors sont splendides, l'atmosphère 60ies très bien reconstituée.

D'une certaine façon, et je me risque à un parallèle osé, OSS 117 enfonce Bond et la partie sud-américaine de son Quantum of Solace (si je puis dire, et nobostant le fait qu'un doigt dans les fesses sorti de son contexte, etc...).

Rien à dire de plus sinon qu'un crocodile grillé serait le bienvenu. Peut-être à l'amicale nazi du coin ?

 

3e

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Ponyo sur la falaise

Pour commencer, entendons-nous bien : je suis fan de Miyazaki depuis les années 80. Et je considère que Le Voyage de Chihiro est un véritable chef-d'oeuvre. C'est pourquoi j'attends avec impatience et anxiété toute nouvelle production des studios Ghibli.

Alors, je ne vais pas pouvoir le cacher bien plus longtemps : Ponyo m'a pas mal déçu, comme d'ailleurs le précédent opus, Le Château ambulant.

Bien sûr, on retrouve ici des fulgurances typiques du maître : la somptueuse scène d'ouverture sous-marine, les vagues/personnages/poissons inquiétantes et ondulantes.

Cependant il manque quelque chose qui rende le film marquant et inoubliable : peut-être un méchant qui tienne la route, un onirisme qui s'assume jusqu'au bout (comme dans Chihiro), ou un scénario qui tienne la distance d'un long-métrage.

Le film n'est malheureusement pas loin d'être ennuyeux, et je me suis surpris à me laisser contaminer par les bâillements de Ponyo. L'écologisme un peu new wave qui baigne le film n'est pas la meilleure veine poursuivie par Miyazaki, je préférais de loin le sanglier inquiétant de Princesse Mononoke.

Au final reste une désagréable impression de redite et aussi celle d'un film un peu trop infantile pour un public adulte.

 

2e

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40 ans, toujours puceau

Steve Carell. United International Pictures (UIP)Aguiché par les promos de la FNAC sur les comédies déjantées américaines (Farrelly, Carell, Stiller) me voilà doté de 6 DVD à regarder, dans un genre que je connais à vrai dire assez mal.

Au pif je commence donc par cette histoire de puceau de 40 ans : après tout, l'idée en vaut une autre.

Autant être clair : le début est passablement raté. On ne rit pas, ce qui est le comble pour une comédie, et on sourit à peine. Petit à petit le film développe une intrigue qui va le projeter vers un registre différent de celui pour lequel il est vendu (la comédie grasse).

C'est le jeu "blanc" de Carell qui permet le tour de passe-passe. Au fur et à mesure du film ce dernier paraît le seul mec normal de la distribution, les autres sont des allumés, des barges, des obsédés et les autres filles (à part sa copine) sont des folles ou des nymphomanes. Au final le film tire plutôt vers la comédie romantique, ce qui trouve son aboutissement dans un final très Bollywood. Donc pas mal, sans plus.

A noter que la seule scène hilarante du film (l'épilation d'un torse terriblement poilu) est revenue trois fois dans mon week end : dans 40 ans toujours puceau, dans une pub pour Granola au ciné, et dans la bande annonce de l'Age de Glace 3.

On s'en fout, vous me direz.

C'est vrai.

 

2e

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Tout ce que le ciel permet

Ce film est un peu comme un bonbon très sucré, du genre de ceux qui alternent les lignes blanches et les lignes colorées, et qui aurait été farci au sel.

A la vue c'est rigolo, et pas forcément appétissant. Dans la bouche c'est un peu dur et sucré. A l'intérieur, c'est piquant et amer.
Le registre des 2 acteurs principaux (Rock Hudson a la banane sauvage et Jane Wyman en jeune vieille) est tellement limité que le film en devient géométrique : on ne peut s'intéresser qu'aux relations entre les personnages, ces derniers sont trop inexpressifs.

Du coup, l'intérêt du film c'est bien sûr l'extraordinaire cruauté du contexte social (enfants, conventions des classes sociales, différence d'age, image de soi) qui empêche la veuve de vivre son amour pour le jeune jardinier.

Le résultat final, bien qu'intéressant et émaillé de scènes étonnantes (le poste de télévision offert comme un cercueil aux illusions, les interventions délirantes et psychanalytiques de la fille), est tout de même un peu indigeste et relativement daté.

 

2e

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