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Christoblog

Chant des mers du sud

Arizona FilmsJ'adore aller voir des films malais ou kirghizes, parce que généralement, personne ne conteste mes opinions. D'ailleurs je parie que ce billet ne va pas attirer beaucoup de commentaires....

Alors voilà : une femme russe, perdue à la frontière de l'Empire, quelque part en Asie Centrale, accouche d'un enfant noiraud. Son mari, parfaitement blond, la suspecte d'avoir eu une relation avec le voisin, Assan. 15 ans après, le fils a grandi et il préfère aller avec les éleveurs de chevaux nomades qu'à l'école, confirmant les soupçons de son père.

Le film commence très bien, avec un montage sec et rapide (la lenteur comme posture esthétique - ou comme conséquence de manque de moyens - est souvent le problème des films du sud), un scénario intrigant, des personnages attachants et une mise en scène précise et fluide. Au milieu du film, Marat Saralu semble perdre inexplicablement le fil de son histoire, s'égarant dans un flash back improbable. Les personnages de dissolvent dans la nature immense en même temps que le film lui-même. On commence à s'ennuyer. Les paysages restent certes magnifiques mais on regrette un peu l'énergie débordante du début.

Le film est tout de même intéressant, c'est la première fois que je vois le sujet des Russes du far east traité au cinéma et la confrontation âme slave / esprit mongol fait des étincelles.

Le cinéma des steppes sur Christoblog, c'est aussi Tulpan. Et puis si vous aimez cette région jetez un oeil aux quelques photos de mon voyage en Ouzbékistan.

 

2e

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Locataires

Pretty Pictures Locataires est un film contemplatif. Autant être prévenu : mieux vaut ne pas y entrer après une dure journée de travail, sous peine de s'endormir. Le héros ne doit pas prononcer un mot de tout le film, d'ailleurs est ce vraiment un homme, ou un fantôme ?

Il erre dans les rues et s'introduit dans les maisons des autres (sans rien y voler) pour y vivre : il se lave, se restaure, effectue de menues tâches ménagères (la lessive, toujours à la main, la réparation d'appareils divers), joue au golf, puis s'en va.

Un jour, il rencontre une femme battue par son mari..

Le film étonne par sa capacité à évoluer de la chronique d'un fait divers vers une sorte de surnaturel - mais pas vraiment- avec une légèreté qui n'est pas si courante dans le cinéma coréen. La mise en scène est impressionnante de maîtrise et réussit à faire de ce film un objet qui ne ressemble à rien de connu, de moi en tout cas.

Une chronique tendre et décalée, qui tisse ensemble espoir et silence.

 

2e

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Anvil !

Zootrope FilmsExcellent.

Que vous soyez fan de heavy metal ou pas (ce qui est mon cas), je vous recommande chaudement ce documentaire. Anvil est un groupe qui eut un bref moment de gloire dans les années 80, puis connut une longue, longue période de galère et d'oubli.

Le film nous emmène à la découverte des deux piliers du groupe : Lips, sorte de grand enfant dont les capacités d'émerveillement et d'espoir paraissent inépuisables, et Robb, plus secret, plus taciturne. Les deux sont soudés depuis leur plus tendre enfance (si on peut dire, pour une enfance dont Black Sabbath était la bande son).

Nos deux tendres durs sont filmés dans leur vie quotidienne, leur famille et on suit aussi évidemment la vie du groupe. Les aventures d'Anvil sont aussi drôles que pitoyables : une tournée catastrophique en Europe (concert exceptionnellement raté au fin fond de la Roumanie : Transylvania Monsters !), un enregistrement homérique à Douvre, une tournée des maisons de disque désespérante...

On est fascinés, tant par l'énergie du tandem, que par leur superbe lucidité. Certains moments sont ubuesques, je pense au concert à Prague, au mariage, ou à la désopilante expérience de Lips dans un centre d'appel vendant des lunettes de soleil.

C'est frais, c'est enthousiasmant, c'est court. C'est à voir si ça passe près de chez vous.

 

3e

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I love you Phillip Morris

EuropaCorp DistributionI love you Phillip Morris (rien à voir avec les cigarettes) raconte une histoire vraie.

 

Celle de Steven Russel, arnaqueur gay de haute volée, qui tombe follement amoureux de son co-détenu.


Le film hésite perpétuellement entre deux styles : le film d'arnaques / usurpations d'identité (à la Catch me if you can) et la comédie romantique gay.

Après un démarrage bien rythmé, cette hésitation nuit au déroulement de l'histoire qui s'embourbe en milieu de film, avant de rebondir à la fin par une sublime ultime arnaque qui permet de finir sur une bonne impression.

 

Un des points forts du film est la prestation étonnante des deux acteurs. Carrey est égal à lui-même, un peu moins démonstratif que d'habitude, tout à fait crédible dans son rôle. Ewan McGregor est surprenant, jouant brillamment un gay fragile et bonne poire.

Le film ne fait qu'effleurer les troubles de la personnalité de Steven Russel (qui est-il vraiment ?) et c'est un peu dommage, car sous le vernis de la comédie facile, on perçoit fugitivement un océan de ténèbres. 


3e

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Hellboy (I et II)

Doug Jones. Gaumont Columbia Tristar FilmsGuillermo Del Toro est un cinéaste visionnaire.


Les deux Hellboy le démontrent, ainsi que le magnifique Labyrinthe de Pan.

En effet, ce ne sont pas les scénarios qui font l'intérêt de ces deux opus réalisés à 5 ans d'intervalle, même si la patte de l'auteur américain de comics Mike Mignola rend l'intrigue ... mythologiquement consistante.

L'intérêt des deux films est ailleurs.

D'abord les inventions visuelles, notamment en ce qui concerne les décors et surtout les monstres, sont magnifiques, à la fois originales et poétiques, inquiétantes et séduisantes. Dans ce domaine Hellboy II : The golden army, sorti en 2008 est éblouissant.


Les mini-monstres qui ouvrent ce deuxième épisode, le marché des trolls sous le pont de Brooklyn, l'immense monstre vert en forme de fleur, la "Pythie aux cent yeux" dans sa grotte sont autant de morceaux de bravoure étourdissants.

 

Ensuite, le deuxième degré ironique et léger qui court dans les deux films est délicieux. La figure de Hellboy, grand enfant et terreur à la Bud Spencer, amoureux jaloux et fugueur invétéré, est particulièrement réussi. Son désir de reconnaissance est très touchant. Les autres comparses sont formidables, en particulier l'inénarrable homme-poisson Abe.

 

Au final, en regardant les deux films en deux soirées, on retrouve un plaisir pop corn et grand spectacle intelligent qui devient rare.

 

Noir, beau, drôle, poétique.

 

3e



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Le décalogue (6 à 10)

6 : Tu ne seras point luxurieux

Evidemment on pense à Fenêtre sur cour. Et la référence à Hitchcock n'est pas si bête, car comme le grand Alfred, Kieslowski est expert en dissection de sentiments. Ici un jeune garçon observe la vie sexuelle débridée d'une jeune adulte et tombe amoureux d'elle. Il se rencontrent. Que va t'il se passer ? D6 explore la frontière entre l'amour et le sexe, le désir de vivre et la pulsion de mort. La virtuosité de Kieslowski rend une fois de plus les personnages de cette histoire inoubliables. L'opus est sorti au cinéma sous le titre (trompeur) de Brève Histoire d'Amour.

7 : Tu ne voleras pas

C'est l'opus qui m'a le moins convaincu. Une mère qui a eu un enfant très jeune a grandi auprès de sa propre fille, à qui on a menti durant toute son enfance en lui disant que sa mère était sa grand-mère. La grand-mère a donc "volé" la fille de sa fille, mais celle dernière va reprendre son bien. L'intrigue est plus simpliste que d'habitude et la virée à la campagne que propose cet épisode est un peu décalée. Mais la grand-mère qui n'éprouve aucun scrupule à déposséder sa fille restera comme un des personnage les plus noirs de tout le cycle.

8 : Tu ne mentiras pas

Très beau. Une conférencière rencontre sa traductrice américaine, qui s'avère être une petite fille juive qu'elle a croisé au moment de la guerre. Elle aurait pu la sauver, mais elle ne l'a pas fait : pourquoi ? D8 rappelle un peu D1 par sa complexité et sa variété : l'épisode où la vieille femme erre dans la cour d'immeuble puis les appartements squattés est kafkaïen, il y a plein de détails bizarres, comme ce tableau qui ne tient jamais droit. Et un moment vertigineux où un élève soumet à sa classe, comme "exercice philosophique", le dilemme constituant la trame de D2.

9 : Tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin

D9 commence par un coup de tonnerre, par la grâce d'un montage saccadé : un homme apprend qu'il restera pour toujours impuissant. Il a une femme jeune et séduisante. Il lui conseille de prendre un amant. A-t-on le droit d'être jaloux, quand on est impuissant ? Les premières minutes sont un concentré de mise en scène kieslowskienne : jeux de reflets, de transparence, jeux de focales, de lumières, travellings latéraux... D9 se présente ensuite comme un épisode particulièrement dense psychologiquement, un peu sur le mode de D2. On y vit un des moments les plus troublants de tout le cycle avec un regard caméra particulièrement saisissant, qui démasque à la fois le mari et le spectateur voyeur.

10 : Tu ne convoiteras pas les biens d'autrui

Le Décalogue se termine en beauté avec un épisode très fort, porté par deux acteurs excellents, dont le futur acteur de Trois couleurs : blanc, Jerzy Stuhr. Deux frères héritent de leur père (entraperçu dans D8) une collection de timbres qui vaut une fortune. Dans la collection figure une série de deux timbres autrichiens très célèbres, dans laquelle manque le rose. Il n'existe qu'un exemplaire de ce timbre mythique dans toute la Pologne et son propriétaire l'échange contre .... un rein. Péripéties, changements de ton inhabituels, D10 est un des moments forts du Décalogue.

L'ange

Dans chaque épisode, sauf D10, apparaît un homme blond, souvent dans les moments les plus importants, quand les personnages sont confrontés à des moments décisifs. Il est assez facile à détecter, sauf dans D7 ou il apparaît au loin, sur le quai de gare, au moment où l'héroïne prend le train. Par rapport à ce qui figure dans les bonus, je crois l'avoir vu à un autre endroit : en peintre, dans la prison de D5.
Ouaip, c'est un jeu.
Il y en a un autre : repérer dans chaque épisode les personnages des autres épisodes. Dans les derniers, il est facile de reconnaître les personnages des premiers, dans l'autre sens, c'est plus dur.... à moins de re-regarder le Décalogue à l'envers.

Décalogue 1 à 5

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Mother

Bong Joon-Ho s'impose de film en film comme un des cinéastes les plus prometteurs du cinéma mondial.

Mother en impose par sa maîtrise dans tous les domaines : une scène d'ouverture mémorable, un scénario millimétré, une mise en scène discrète mais puissante et une direction d'acteurs époustouflante.

Le sujet est le suivant : un simple d'esprit est accusé d'avoir assassiné une écolière. Une balle de golf découvert près du cadavre l'accuse. C'est donc une sorte de version en mode mineur du premier film de Bong, Memories of Murder, qui présentait l'enquête menée contre un tueur en série de jeunes filles, dans un coin de campagne coréenne.

Sa mère va le défendre, se battre comme une chienne, en menant une enquête parallèle, et l'intrigue va connaître pas mal de rebondissements. Jusqu'où une mère qui aime peut-elle aller pour sauver son fils ? Le film au-delà de sa parfaite maîtrise formelle, réussit comme d'habitude dans le cinéma coréen à juxtaposer les genres (comédie, film à énigme, film gore, polar, drame) avec brio.

Une certaine ambiguité malsaine est présente tout au long du film, liée aux relations psychologiques compliquées entre la mère et son fils.

Je ne sais pourquoi, mais j'ai souvent pensé à Almodovar, durant le film, peut-être à cause de la manipulation du spectateur, de l'excellence de la bande son, ou des traits psychologiques déviants.

A voir, même si on a un peu de mal à entrer dans le film au début, pour une deuxième partie absolument brillante.

 

3e

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Lebanon

CTV International L'originalité de Lebanon tient avant tout à son point de vue inédit : l'intégralité du film (sauf les 10 dernières secondes) est tournée à l'intérieur d'un tank.

Ce parti pris donne une tonalité évidemment particulière aux évènements qui arrivent à l'extérieur : ceux-ci paraissent lointains, et même s'ils sont affreux, ils semblent en grande partie irréels, vus à travers un viseur qui fait penser à un moniteur vidéo.


Claustrophobes s'abstenir, donc, car l'intérieur d'un tank n'est pas très aéré, surtout pour y faire tenir 4 personnes, voire plus…

Sinon, les péripéties s'enchaînent classiquement dans un film qui traite de la guerre : des innocents meurent, des officiers sont incompétents, des sadiques y trouvent leur compte, le commandement est parfois totalement aveugle, les soldats pensent à leur mère, certains ont peur, d'autres vont mourir, etc.

Parfois un élément traverse la membrane qui sépare le tank du monde extérieur et agite le microcosme interne de nos 4 protagonistes : une roquette, un officier, un prisonnier, un cadavre.
Au final, la guerre est montrée pour ce qu'elle est : confuse, injuste, sanglante.

Lebanon n'est pas révolutionnaire, mais il marque probablement une date dans le cinéma israélien, et se laisse regarder sans ennui.

 

2e

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Le décalogue (1 à 5)

Petits moyens, grande ambition.

Tourné pour la télévision polonaise en 1988, le Décalogue est l'oeuvre creuset de Kieslowski. Son épicentre en est l'âme humaine : que veut-elle, que peut-elle, que vaut-elle ?
Très peu vu par les cinéphiles, le Décalogue est pourtant une oeuvre majeure du cinéma mondial.

1 : Un seul Dieu tu honoreras

Magnifique premier opus. Un petit garçon est élevé par son père (qui ne croit pas en Dieu mais dans les mathématiques) et sa tante (qui elle croit en Dieu). Celle qui y croyait, celui qui n'y croyait pas... Le petit acteur est extraordinaire et le lien avec son père est très fort. L'émotion est incroyable dans les 20 dernières minutes et tout l'art de Kieslowski éclate dès ce premier film : mélange parfait de sensualité et d'intelligence, symbiose de la mise en scène et du scénario. Les enseignements moraux sont inexistants, il n'est pas dans l'intention du réalisateur de démontrer ou d'illustrer le commandement en question. Reste un belle histoire émaillée d'évènement troublants, voire surnaturels (l'ordinateur, le personnage au bord du lac, la mort du chien), en contraste complet avec une Varsovie plus grise que grise.

2 : Tu ne commettras point de parjure

Une femme. Son mari est gravement malade. Elle est enceinte, mais pas de lui. Doit elle avorter ? Sa mort éventuelle change-t-elle sa décision ? Quelle responsabilité porte le médecin qui suit le mari ? Dans cette deuxième livraison, un peu moins intense que la première, Kieslowski réussit toutefois une fois de plus à nous captiver dans un premier temps par les visages, les voix, les cadres, puis à partir de la demi-heure environ par le scénario, et enfin par la chute. Comme si un puzzle savant se mettait progressivement en place sous nos yeux.

3 : Tu respecteras le jour du seigneur

Pour cet opus, Kieslowski s'éloigne résolument du commandement en question, il faut dire assez spécifique. Le jour du seigneur, c'est la nuit de Noel. Je ne dirai rien de l'intrigue cette fois : comme dans D2 il faudra attendre la toute fin pour tout comprendre. Ce qui est intéressant, c'est la violence des sentiments et des images, qui tranche avec les deux premiers volets. Ici on montre un cadavre (dans D1, l'ellipse était totale - et admirable), on joue avec sa vie, on ment effrontément. On croise dans les premières secondes le principal personnage de D1 : comme chez Balzac, les personnages vont et viennent dans un grand tableau d'ensemble, il s'agit d'illustrer la vaste comédie humaine. Et toujours cette mise en scène et cette direction d'acteurs virtuose.

4 : Tu honoreras ton père et ta mère

Cet épisode est assez différent des 3 premiers. Son intrigue semble au départ plus claire que les autre, en réalité elle possède des doubles fonds, évidemment. On aperçoit dans l'ascenseur au début le médecin de D2 si je ne me trompe pas. L'énigme de ce qu'on contient la lettre nous tient en haleine jusqu'à la fin, même si la chute m'a paru un peu décevante.

5 : Tu ne tueras pas

Pour moi le chef-d'oeuvre du Décalogue, et un chef-d'oeuvre tout court du cinéma mondial. Des personnages dessinés avec une maestria fantastique, des scènes d'assassinat montrée d'une façon insoutenable, une image travaillée à l'extrême avec cet effet jaunâtre et obscurci sur les bords, un montage aux lignes temporelles entrecroisées, tout est superbe dans ce film. Le plus puissant réquisitoire contre la peine de mort qui existe et un des plus beaux moments de cinéma jamais vu. Une version long métrage de cet opus est sortie au cinéma.

 

... la suite Décalogue 6-10


 

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Océans

Pathé Distribution Perrin hésite trop entre différents genres dans son film pour que ce dernier soit réussi.

Fable écologique, documentaire animalier, hymne à la mer (les bateaux dans la tempête), plaisir purement esthétique ou poétique. Les passages avec le jeune garçon sont particulièrement gnan-gnan, les commentaires sont abscons et pseudo-philosophiques, certaines images font carrément new age (la galaxie, le vieux gréement) sans qu'on n'y comprenne grand chose.


Les images sont belles, certes, mais pour la plupart vues et revues de nombreuses fois : dauphins, raies mantas, baleines, phoques, manchots sur la banquise...

Les images vraiment nouvelles, belles, abstraites, étranges, auraient fait un bon film de 20 minutes. Je pense aux pieuvres, à la rencontre des araignées de mer genre film fantastique, au combat entre le crabe et l'animal "dont je ne connais pas le nom mais qui possède de drôles d'yeux montés sur antennes et qui vit dans un coquillage mais qui n'est pas un bernard l'ermite", à l'anguille (?) bleue et jaune qui joue au ruban, à l'iguane, aux vers noirs et blancs.

Décevant.

 

1e

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In the air

George Clooney et Vera Farmiga. Paramount Pictures FranceJason Reitman est le réalisateur de Juno.

Il n'est donc pas étonnant de retrouver dans In the air le mélange doux-amer + épicé qui faisait le charme de son film précédent.

Difficile d'écrire sur ce film des propos définitifs, tant l'impression finale est ambigüe.


Dans une des premières scènes du film, une hôtesse demande à Clooney : "Do you want a can sir ?", et lui comprend "Do you want a cancer ?". Cette réplique est à l'image du film, on ne comprend jamais vraiment ce qu'on devrait comprendre (ou ce qu'on aimerait devoir comprendre, mais c'est la même chose, ou l'inverse),

Clooney se plante approximativement sur tout ce qui est essentiel, et la fin du film est assez abrupte pour qu'on ne puisse pas le critiquer ouvertement. Ni le louer abusivement. Bref, un moment pas désagréable, pas non plus un trait de génie. Et cette idée bizarre d'insérer des témoignages de personnes réellement virées....

Ne pas exclure complètement au moment de se demander ce qu'il faut voir.

 

2e

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100 000 !

Cette nuit le compteur de Christoblog a passé la barre des 100 000.

C'est un peu ridicule à côté des "millionnaires" qui me font l'honneur et le plaisir de fréquenter ces modestes pages : Anna et ffred. Mais bon, pour moi, c'est plus que ce que je pouvais imaginer en commençant à écrire ces billets.

Merci à tous ceux qui passent me voir (700 par jour), qu'ils laissent ou pas des commentaires. Parmi ceux dont j'ai la trace, spécial dédicace au nantais PierreAfeu, qui fut un des premiers blogs que je fréquentai - si ce n'est le premier, ainsi qu'à heavenlycreature, autre Nantais, fredastaire, dasola, georges, pL, Vincent, plus récemment Platinoch et j'en oublie bien sûr.... D'autres ne font pas de commentaires, mais je sais qu'ils (elles) sont là, n'est ce pas Cécile ?

Merci à Stoni qui nous amuse avec son blog Cinéphilie récréative.

Et maintenant Cap sur le million !

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24 heures chrono (Saisons 1 à 7)

FOX.

A sa création en novembre 2001, 24 h chrono avait fait l'effet d'une bombe. Son concept insensé de figurer la durée du temps réel à l'écran (enfin presque car il faut enlever les temps de pubs), ses split screens, les acrobaties que le scénario devait suivre pour se plier à ces contraintes, la noirceur de ses intrigues, le dénouement dramatique de la première saison : tout contribuait à faire de 24 un des éminents acteurs de l'Age d'Or des séries qui voyait s'épanouir simultanément Alias, les Sopranos, Oz et Six Feet Under (entre autres).

Ces jours ci débute aux US la saison 8 de 24, et je la regarderai probablement.... pourquoi ? Parce que 24 est une drogue dure.

On a beau passer en revue les nombreux défauts de la série on ne peut s'empêcher d'y revenir. Pourtant ces défauts sont nombreux : des scénarios qui se ressemblent chaque année, des invraisemblances dans les intrigues qui peuvent atteindre des sommets (les deux bombes atomiques, la mort de Jack, le retour de Tony, etc...), les relents réactionnaires liés aux scènes de tortures, la personnalité de Kiefer Sutherland qui se la pète grave, etc....

Alors pourquoi, pourquoi y revenir chaque année ?

Parce que ON NE SAIT JAMAIS OU CES FOUS FURIEUX VONT NOUS EMMENER. Quelquefois dans des saisons géniales (la 5, par la grâce d'un président époustouflant de bassesse morale), dans un épisode sidérant (celui où la plupart des personnages récurrents meurent en 10 minutes), ou à la découverte de personnages secondaires attachants ou fascinants (les époux Palmer, Nina bien sûr, Michelle Dessler, Audrey Reynes, Chloe O'Brien ou plus récemment Renée Walker).

Plaisir absolu de ne pas savoir : n'est ce pas le propre de la bonne série ?

De plus, 24 arrive toujours à éviter (de peu) le piège du manichéisme et surfe toujours avec habileté avec l'actualité (les islamistes, etc...). La série est aussi superbement réalisée. Elle arrive à développer des arcs narratifs qui courent sur 5/6 épisodes puis qui s'éteignent doucement pour rebondir totalement ailleurs.

Donc, après 7 saisons (dont 6 à Los Angeles et 1 à Washington), 13 ans de "temps réel" pour Jack, plusieurs présidents des USA usés, prêt à embarquer pour un ultime trip, à New York cette fois ci. C'est parti.

24 heures chrono, saison 8

 

2e à 4e suivant les saisons.

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A serious man

Michael Stuhlbarg. StudioCanalBof bof.

Les frères Coen et moi sommes fâchés depuis Barton Fink. On ne peut pas s'empêcher de se voir de temps à autres, et comme les vieux couples, j'ai l'impression de ne plus voir que leurs défauts.

En l'occurrence, le reproche principal que je ferai à A serious man, c'est qu'il considère les personnages comme des caricatures, ou des marionnettes, ce qui pour ma part coupe court à toute empathie et génère l'ennui.

Alors, oui, il y a par instant un certain plaisir intellectuel et quelques moments bien vus, comme la bar mitzvah du fils complètement parti après avoir fumé un pétard, mais ... voilà, c'est tout et c'est un peu triste.

Peuvent tellement mieux faire.

 

1e

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The host

Dans The Host, le seul personnage sensé est une petite fille.

Malheureusement celle-ci va être enlevée dès le tout début du film par l'affreuse bestiole et passer ensuite tout son temps dans l'antre du monstre, planquée dans les égouts exactement comme une noisette est stockée par un écureuil. Elle va ensuite prendre toute une série de décisions parfaitement raisonnables.

A part elle, le tableau dressé par le film est pathétique - le père est simplet et s'endort tout le temps, son oncle est diplômé mais au chômage, et quand il envoie des cocktail molotov sur le calamar géant, il rate systématiquement sa cible. Sa tante est une tireuse à l'arc qui rate la médaille d'or parce qu'elle ne se décide pas à tirer et le grand-père est idiot lui aussi.

La société coréenne est taillée en pièce : forces de police impuissantes, scientifiques menteurs et dissimulateurs, politiques manipulés par les américains et population stupide (scène particulièrement amusante ou les gens lancent des canettes au monstre comme des cacahuètes à un singe).

Même le monstre est un peu ridicule : en sortant de l'eau la première fois, il se ramasse sur les escaliers, grosse bête maladroite.

L'intérêt du film est dans ce contraste saisissant : une mécanique parfaite digne des standards américains (monstre très bien fait, suspense, scènes d'action, scénario millimétré, montage puissant) confrontée à une "comédie des ratés" particulièrement caustique, le tout teinté de l'émotion liée à la petite fille et empaqueté dans une réussite visuelle ébouriffante : le fleuve Han, ses ponts et les égouts forment un théâtre magnifique.

 

3e

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Invictus

Invictus ne va pas m'aider à changer d'opinion sur Eastwood, que je juge incroyablement surestimé par la critique en général (encore la couverture de Télérama cette année).

Ses films s'enchaînent et démontrent de plus en plus qu'il tend vers un académisme US bien pensant, manichéiste, et sans grande inventivité.

Gran Torino marquait un léger mieux qui paraît bien lointain aujourd'hui.

Si la première partie du film est acceptable (les biopics ont toujours un intérêt intrinsèque par définition), la seconde sombre dans une sentimentalité et un angélisme bébêtes. Les scènes montrées durant la finale sont à ce titre d'une stupidité larmoyante difficilement égalable (un petit garçon noir qui sympathise avec des policiers blancs, des gardes du corps bourrus, blancs et noirs, qui se donnent une virile poignée de main de réconciliation....)

Le plus frappant est la maladresse intrinsèque avec laquelle sont reconstituée les scènes de rugby : on y voit des coups de pied d'engagement grostesques, et des incongruités manifestes (le tableau des scores change alors que le ballon n'a pas encore franchi les poteaux).

Je vois dans cette façon de ne pas saisir les subtilités du rugby, sport fantaisiste et combat impitoyable, une sorte de métaphore de l'Amérique droite dans ses bottes tentant d'approcher - sans la comprendre - la vieille Europe, puisque le rugby est avant tout caractéristique du couple franco-britannique, colonies comprises.

Abdelatif Benazzi, qui était capitaine de l'équipe de France dans le bourbier de Durban, en demi-finale, disait l'autre jour à la radio que le rugby montré dans le film n'était même pas du niveau de 3ème division. On se rappelle qu'il marqua ce jour-là à deux minutes de la fin un essai, refusé par l'arbitre, qui aurait éliminé les Boks (une péripétie essentielle dans l'histoire de la coupe du monde), qu'Eastwood, ou ses scénaristes, ne semblent pas connaître.

Restent les prestations des acteurs pour que le film ne sombre pas totalement. Freeman est sidérant en Nelson Mandela et Matt Damon très convaincant. Cela ne rattrape pas la mollesse tristounette du scénario, ni l'inconsistance de la mise en scène, mais m'empêche de qualifier le film de catastrophe.   

 

2e

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Fais moi plaisir

Emmanuel Mouret est injustement méconnu.

Son précédent film, Un baiser s'il vous plait, était une merveille de comédie. Fais moi plaisir, bien que nettement moins bon, est plaisant à regarder.

Dans sa première partie on retrouve la verve rohmérienne qui faisait mouche dans un Baiser, mélange improbable et parfaitement efficace de propos à sous-entendus salaces, de banalités affligeantes énoncées (comme) en alexandrin, et de moues expressives.

A partir du moment où le héros (Mouret himself) pénètre à l'Elysée, la comédie devient plus visuelle - façon Tati, Sellers ou même Buster Keaton. C'est moins convaincant à mon sens, même si la mécanique parfaitement huilée fonctionne très bien.

Un vent frais dans la comédie française.

 

2e

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Sur écoute / The wire (Saison 1)

Dominic West. Home Box Office (HBO)

J'avais lu que la série était hyper réaliste. Je m'attendais donc à une image un peu crade, genre caméra à l'épaule. En fait, première surprise, ce n'est pas du tout le cas. L'image est parfaite, la mise en scène très élaborée. Un produit haut de gamme, comme seule HBO peut en produire. 

L'impression de réalité résulte de ce qui est montré, plus de la façon dont les choses sont montrées. L'intrigue nous amène à côtoyer tous les protagonistes d'une immense affaire de trafic de drogue : flics, dealers, boss blacks, indics, politiques, procureur, consommateurs, etc.... Le premier effet de réalité est celui ci : aucun point de vue n'est privilégié, tous sont intéressants, et égaux devant ... le téléspectateur.

Le second effet de réalité réside dans le tissage des histoires. Un évènement anodin figurant dans l'épisode 2 trouvera sa suite dans l'épisode 7. La narration apparaît donc comme un puzzle dont chaque épisode est une pièce : on n'est pas si loin des effets littéraire d'un Balzac ou d'un Dos Passos. L'effet d'addiction est donc très important sur le long terme.

Enfin, la série refuse la facilité : pas de cliffhanger en fin d'épisode, sensé maintenir le suspense. La façon dont se termine chaque opus est souvent "cut", le dernier plan ne signifiant rien de particulier, un procédé que pratiquait avec bonheur la série Six Feet Under. Cette façon de faire augmente de coefficient de réalisme : on croit voir la réalité plus qu'une oeuvre d'art, puisque la terminaison n'est pas conçue, n'est pas mise en scène. Plaisir du voyeur.

Evidemment, tout cela ne tiendrait pas longtemps si le scénario n'était pas excellent et les acteurs, chacun dans leur rôle, extrêmement attachants.

Une première saison très convaincante donc, qui pourtant est eclipsée par le début de la deuxième, qui élève l'art de la série au niveau des meilleures productions cinématographiques.

Saison 2

 

4e

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Top 2009 permanent

               
  

  MK2 Diffusion

Memento Films Distribution  


****

1 - Fish tank
2 - The wrestler
3 - Vincere
4 - Welcome
5 - Departures

***
6 - Les trois royaumes
7 - La merditude des choses
8 - The chaser
9 - Slumdog millionnaire
10 - Tetro
11 - Looking for Eric
12 - Fausta
13 - L'étrange histoire de Benjamin button
14 - OSS 117 : Rio ne répond plus
15 - Etreintes brisées
16 - Un prophète
17 - Harvey Milk
18 - La vida loca
19 - A propos d'Elly
20 - Still walking
21 - Gran Torino
22 - In the loop
23 - Accident
24 - Là-haut
25 - Le petit Nicolas

**
26 - Star trek
27 - Le ruban blanc
28 - Espion(s)

29 - Romaine par moins trente
30 - Fais moi plaisir
31 - Non ma fille, tu n'iras pas danser
32 - Humpday
33 - Avatar
34 - Sin nombre
35 - Parking
36 - Good morning England
37 - Amerrika
38 - Mary and Max
39 - Ponyo sur la falaise
40 - Whatever works
41 - Inglourious basterds
42 - Rapt
43 - Les chats persans
44 - Tulpan

45 - L'age de glace 3
46 - District 9
47 - La journée de la jupe

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48 - A l'origine
49 - Vengeance
50 - Bellamy
51 - Les noces rebelles
52 - Les beaux gosses
53 - Che (L'argentin)
54 - Lucky Luke
55 - Le chant des oiseaux



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