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Christoblog

Ghibli Museum, Mitaka, Japon

Ghibli 1J'y étais (la preuve à gauche).

D'abord, il faut réserver sa place de France, par le biais d'une agence spécialisée. ensuite il faut se débrouiller pour trouver le bon train au départ de Tokyo (Chuo line) qui part de la bonne gare (Shinjuku) vers la bonne direction. Puis s'arrêter au bon endroit (Mitaka, à 20 minutes de la capitale) et trouver enfin le bus. Tout un parcours initiatique pour les vrais fans de Miyazaki : pénétrer dans l'antre du créateur de Totoro se mérite.

Ce qu'on visite est bien un musée, et non les studios eux-mêmes.

L'ambiance est très cohérente avec les oeuvres du maître : passage un peu mystérieux où les adultes doivent se pencher pour accéder à des pièces minuscules, escaliers de fer forgé, ascenseurs apparents, vitraux vieille Europe représentant si on les regarde de plus près les dessins animés du studio.

Au rez-de-chaussée on voit des installations spectaculaires et belles qui montrent comment fonctionne un dessin animé à l'aide de stroboscopes (sacrée persistance rétinienne !).

A l'étage ce sont les oeuvres du studio Ghibli qui sont évoquées à travers des dessins préparatoires, des aquarelles (magnifiques !), des planches peintes, des storyboards (eh oui, vous êtes vraiment là au coeur de la création). Le tout est présenté dans des pièces simulant les bureaux ou ateliers des artistes : cendriers débordants, nombre de livres sur l'Europe occidentale impressionnant, maquettes de machine volante, anciennes gravures, nuanciers, pots de verre remplis de centaines de crayons de couleur, etc.

Les tout petits trouvent des aires de jeu où s'amuser, dans le chat-bus de Totoro par exemple, transformé en peluche géante.
 
L'architecture est sympa, faite de recoins, de fresques bizarres, et de plein de détails à rechercher : petits personnages Ghibli 2dissimulés, lézard peint sur un mur...

Dans une vraie de salle de ciné on voit un court-métrage inédit reprenant les personnages et le monde de Totoro : les chat-bus se transforment ici en TGV, en mille et une pattes, en Air-chat-bus, conduisant jusqu'à un félidé monstrueux caché au sein d'une forêt (presque) impénétrable et dont le visage à l'expressivité de la grand-mère dans Le voyage de Chihiro. 

L'orage menace, on nous interdit de nous rendre sur la terrasse (cf photo ci contre, vous remarquez les robots métalliques issus si je ne me trompe pas du Château dans le ciel), donc j'achète des peluches de Totoro (la star absolue du musée) et une maquette du fameux avion de Porco Rosso : un Savoia S 21 un peu trafiqué. Vous pouvez aussi acheter une réplique du fusil de Nausicaa pour la modeste somme de ... 2000 euros.

C'est beaucoup plus petit et plus beau que Disneyland, et mille fois plus classe.

 

4e

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Serial noceurs

Vince Vaughn et Owen Wilson. Metropolitan FilmExportAprès le ridicule Ou sont passés les Morgan ?  j'enchaîne dans l'avion Pékin Paris sur Serial Noceurs.

Le film est meilleur, surtout grâce à la performance de Vince Vaughn, assez performant en obsédé du sexe, vulgaire, énergique, baratineur en diable, sorte d'esthète de la goujaterie qui ne supporte pas de comparaison dans le genre.

Sinon, Owen Wilson est angélique (qui craque pour lui, mesdames / mesdemoiselles ?) même dans ses pratiques ignobles, et va tomber diablement amoureux de la fille du ministre des finances.

L'esthétique du film ne vaut pas tripette, et son début (une sorte de long clip/trip enchaînant les scènes de parasitage de mariage puis de filles en sous-vêtements affriolants) m'a particulièrement énervé.

La farce noire tourne à la fable romantique, et le film perd son sel : dommage !

Après ces deux exemples typiques de comédies américaines formatée, il me saute aux yeux que la moindre originalité (l'école Apatow, les films de Reitman) semble extraordinaire dans le paysage US, même si les films en question ne sont que tout juste bons.

 

2e

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Où sont passés les Morgan ?

Sarah Jessica Parker et Hugh Grant. Sony Pictures Releasing FranceLe charme des longs voyages en avion (Paris Tokyo via Pékin, c'est 11/12 heures) réside aussi dans le fait de regarder des films que je ne serais jamais allé voir au cinéma. Certes les conditions sont déplorables (écran tout petit, VF) mais bon, il n'y a pas grand-chose à faire d'autre...

Donc me voilà embarqué dans cette comédie kitchissime, ringarde et lourdingue, réunissant l'héroïne de Sex and the city et le bellâtre britannique préféré de ces dames.

Le résultat est pitoyable, on ne sait pas de quoi il faut rire le plus : du scénario hyper-formaté, de la vision très "Bienvenue chez les ch'tis" qui est donnée des braves gars de la campagne, de l'invraisemblance totale des épisodes violents, du tueur mafieux à la petite semaine qui raterait un éléphant dans un couloir. C'est nul, et en plus je ne pense pas que ça le revendique. Les deux acteurs principaux jouent leur petite musique et touchent leur enveloppe. J'étouffe plusieurs bâillements et appelle l'hôtesse pour avoir un verre d'eau... le film suivant est un peu mieux.

 

1e

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Un peu de vacances

Christoblog va marquer une pause de 4 semaines le temps d'un périple japonnais. Le 30 juillet est programmé la visite du musée Ghibli à Mitaka, à l'ouest de Tokyo : comptez sur moi pour un article à la rentrée qui vous racontera ma visite chez Chihiro, Princesse Mononoké et Tortoro !

En attendant vous pouvez :
- picorer dans ma liste de 200 et quelques critiques et me laisser des commentaires qui me montreront que Christoblog n'a pas été laissé tout seul pendant le mois d'août
- noter ce blog en cochant le maximum d'étoiles, là, à droite

A bientôt à la rentrée pour les critiques d'Uncle Boonme, de Des dieux et des hommes, du dernier Woody Allen, de The Housemaid, et bien d'autres....


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Punch-drunk love

Punch drunk love est un objet boursouflé, sans âme, sans souffle, qui ne tient pas dans la durée. Une sorte d'exercice de style qui sert principalement son auteur, par ailleurs réputé colérique et égocentrique.

Le pauvre Adam Sandler essaye de composer un personnage à la croisée de Ben Stiller et de Mr Bean, sorte de sous-monsieur Hulot coincé et caricatural (avec le même costume bleu durant tout le film). Il essaye désespérément de paraître poétique mais l'indigence de l'intrigue et les tics du réalisateur le rendent plutôt ridicule.

Le film n'est donc qu'une succession de saynètes qui constituent autant de courts métrages plus ou moins réussis (l'harmonium, le supermarché, les méchants pas très dangereux, les effets de couleurs, la collection de bons de réduction donnant droit à des miles) mais en aucun cas un long métrage qui se tient.

A la vue de ce très surestimé Punch-drunk love, je comprends mieux pourquoi j'ai été si déçu par There will be blood : on n'y retrouve, bien que très atténués, les mêmes défauts : une afféterie bien prétentieuse dans la mise en scène, une superficialité tape-à-l'oeil, des scènes franchement ratées et des personnages transparents.

Paul Thomas Anderson devrait être plus modeste et penser plus à ses films qu'à lui-même, il deviendrait alors peut-être un peu plus cinéaste.

 

1e

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Les derniers jours du monde

Le voyage que propose Les derniers jours du monde est une expérience qui dépasse celles que procurent la plupart des films.

La fin du monde est là. Sans l'être. Dans la tête du personnage principal (exceptionnel Mathieu Amalric, une fois de plus), c'est comme si elle n'existait pas. Son amour pour Lae, la mort de ses parents, sa femme (excellente Karin Viard), sa fille et son écharpe : tout cela compte plus pour lui que l'apocalypse. Peut-être est ce pour cela qu'il traverse les villes et les pays sans succomber à l'hécatombe générale.

Discrètement, l'ambiance d'apocalypse est pourtant installée avec un brio assez exceptionnel par les frères Larrieu : un vol d'hélicoptère, une patrouille sur le Lot d'encagoulés sur zodiac, une eau jaune qui sort du robinet, des explosions, une pénurie de papier, des vautours, une chouette, un hôtel rempli de cadavres.... tout cela est à la fois brillant et distant.

Le film ressemble à une fusion Dardenne-Desplechin  / Kubrick-Lynch. Il doit sa sourde et profonde vitalité à une brochette d'acteurs/actrices exceptionnelle.

Dépaysant, comme un mauvais rêve dont on aime se souvenir.

 

4e

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Toy story 3

Walt Disney Studios Motion Pictures France15 ans déjà !

C'est bizarre de penser qu'en 1995 Toy story constituait une sorte d'innovation ultime : film d'animation entièrement numérique. On était globalement surpris que cette modernité extrême puisse susciter autant d'émotion que les bons vieux Disney .... En 2010, c'est presque l'inverse : on est surpris de voir apparaître dans le paysage numérique un dessin animé à l'ancienne, comme L'illusionniste.

Toy story 1 (et 2 aussi) avaient impressionné par leur qualité d'émotion, de second degré, d'intelligence... L'opus 3 réunit les mêmes qualités, avec en plus, ce sentiment diffus et profond que provoque la nostalgie et la claire perception du temps qui passe. Ce qu'ont raté dans les grandes largeurs les Bronzés, Pixar le réussit à la perfection : comment jouer avec les sentiments de ceux qui ont vu en 1995 l'original et combler en même temps les nouveaux venus ?

Réponse :
- en recyclant habilement le meilleur des origines : un Buzz l'éclair version hispanique irrésistible
- en innovant brillamment dans le sadique : l'ours qui sent la fraise, vrai/faux méchant tout à fait machiavélique et déstabilisant
- en maniant le second degré avec brio : l'idée fabuleuse d'une Barbie et d'un Ken plus vrais que nature, dans des camps opposés
- en jouant juste ce qu'il faut avec les émotions : la dernière scène de la transmission des jouets, qui arrive à être profondément touchante sans être larmoyante

Toy Story 3 ne bouleverse pas le monde l'animation, comme a pu le faire le génial Fantastic Mr Fox en ce début 2010, mais il constitue une incontestable réussite pour Pixar, semblant décidément condamné à éviter l'échec.

 

3e

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Tamara Drewe

Charlotte Christie et Jessica Barden. Diaphana DistributionJe n'étais que moyennement enthousiaste à l'idée d'aller voir le dernier Stephen Frears : et j'avais tout faux. Tamara Drewe est en effet un film tout à fait plaisant.

Nous sommes à la campagne, dans une drôle de chambre d'hôtes n'abritant que des écrivains en train d'essayer d'écrire (et n'y arrivant que très partiellement). Le mari de la tenancière, très (trop) dévouée, est lui au contraire un écrivain à succès, adultère et cynique à souhait.

Dans ce petit monde rance et rural, une jeune femme sexy originaire du village et qui s'est fait refaire le nez vient semer la zizanie (et un peu plus) : Tamara Drewe.

A travers 4 saisons les couples vont se former, puis se défaire, chacun des protagonistes semblant subir plus ou moins directement les conséquences des actions d'autres, en particulier celles de l'amour juvénile et effréné d'une jeune collégienne (cf photo) du village pour une star de rock. S'en suit une sorte de carrousel sentimental qui donne au film des airs de Songes d'une nuit d'été.

Oh, bien sûr, Tamara Drewe ne marquera pas l'histoire du cinéma, mais on passe franchement un bon moment car le talent de Frears est celui d'un vieux routard efficace, le scénario est millimétré et le casting franchement réussi, du rock star (une sorte de Prince blanc) aux vaches noires et blanches qui jouent un rôle déterminant dans cette histoire, en passant par les collégiennes, très ... anglaises.

Le contentement ne serait que superficiel si la fin ne venait mettre une touche de comédie noire, à travers une accumulation de circonstances aussi drôles qu'inattendues : une spécialité anglaise de surprendre tout le monde par une péripétie dramatique et pourtant drôle, se concluant en l'occurrence par un nez cassé.

Un bon film pour l'été.

 

3e

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Flandres

Voilà un film dans lequel on a beaucoup de mal à entrer, et ... duquel on sort difficilement.

Cela commence dans le Nord, dans les Flandres. Les hommes, les femmes, les moeurs sont rudes. Demester est amoureux de Barbe, qui est amoureuse de plusieurs garçons. Tout cela est filmé d'une façon très abrupte, les dialogues sont parfois difficilement audibles, les rapports sexuels expéditifs et les sentiments à peine esquissés. Les Dardenne, en comparaison, semblent tourner des comédies tellement Flandres est dur, froid, triste.

Puis les quelques jeunes hommes que l'on vient de suivre partent en guerre dans une métaphore de pays désertique et semble-t-il plutôt arabe (l'Algérie, le Moyen Orient...). Il vivent là des expériences déjà montrées dans d'autres films (tuer des innocents, violer des femmes, perdre des amis au combat, être perdus, avoir peur, voir des hommes torturés...) comme Full Metal Jacket, par exemple. Dumont filme ces parties un peu maladroitement, même si certaines scènes sont très efficaces, abordées absolument frontalement, avec la volonté manifeste d'éviter toute fioriture.

Le film alterne alors des scènes de guerre dans le désert et des scènes dans les Flandres autour de la très belle actrice Adelaïde Leroux, trouvant dans cette alternance un équilibre fragile, intriguant et finalement assez séduisant. Il y a dans la façon de filmer de Dumont un petit quelque chose qui rappelle Terrence Malick.

Flandres n'est pas un film à regarder pour se remonter le moral un dimanche après-midi pluvieux de novembre (sauf avant une pendaison programmée, peut-être), mais c'est un film qui peut difficilement laisser indifférent.  Grand Prix du jury, Cannes 2006.

 

3e

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Année bissextile

Pyramide Distribution Laura est seule. Désespérément seule. De temps à autre, elle sort et ramasse un mec, qui la baise vite fait. Elle raconte des bobards à sa mère, son employeur, son frère. Elle se masturbe en regardant le couple de voisins, heureux.

Nous sommes fin janvier. Une page du calendrier se tourne, Laura coche en rouge la date du 29 février. Chaque jour qui passe est marqué d'une croix noire. Le film avance, comme un train lancé lentement et inéluctablement contre un mur, vers cette date fatidique.

Un jour de janvier, Laura rencontre Arturo, avec qui elle débute un jeu sadique. Arturo se présente le soir, elle se livre à lui et à ses caprices sexuels. A chaque fois, il vont plus loin. Un peu dans la scatologie, puis dans la violence. Pourquoi ? Pour exister ? Peut-être vaut-il mieux être la victime consentante d'un sadique que de ne rien être du tout ? Laura est elle plus masochiste, tendance suicidaire, qu'Arturo est sadique ? Ou est ce que le but du film est de faire converger la violence vers cette date du 29 février, et pourquoi ?

Année bissextile est un très beau thriller psychologique. Tourné quasiment en plans fixes et dans le huis clos d'une chambre, il trouve un souffle qui nous scotche jusqu'à la fin. Bien que bien moins impressionnant au niveau de la mise en scène, il me rappelle l'excellent Fausta : même maîtrise du récit, même talent de l'actrice principale. Cette dernière rend le film crédible et émouvant, elle crépite comme un éclat d'humanité au milieu de la solitude.

 

3e

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Tournée

Miranda Colclasure. Le PacteJe ne suis pas objectif quand je parle de ce film pour plusieurs raisons :

1 - j'adore Mathieu Amalric

2 - je fais partie de ceux qui ont vu (en vrai) le spectacle New Burlesque, à Nantes, au hangar à bananes, en 2007

A ceux qui ne savent pas ce qu'est ce spectacle, il faut imaginer un strip tease trash, les Folies Bergères à la sauce Cramps, une Yvette Horner shootée aux amphets, quelque chose de complètement ahurissant, provocateur et tendre à la fois, maniant le xième degré à la perfection. Mimi Le Meaux, Kitten on the Keys... elles sont toutes superbes, plantureuses et attendrissantes à la fois. Roky Roulette, sorte de Iggy Pop sur ressort, seul homme de la troupe, assure comme une bête.

Bon, et le film alors ? La tentation serait grande de répondre : on s'en fout, tellement le portrait collectif de notre bande de strip-teaseuse post ringardes se suffit à lui-même. Oui, un simple documentaire aurait déjà suffit à notre bonheur : pleines d'énergies, tellement américaines par leur positivisme béat, insouciant et pragmatique (cf la scène de l'amant éjaculateur précoce). Quelles personnalités ! Quel beau tableau de la vie On the road !

Amalric souhaite ajouter un prétexte personnel en présentant son propre personnage comme un producteur déchu, devant rallier nuitamment Paris pour (à la fois) récupérer ses 2 garçons pour le week end et trouver une salle à Paris pour sa troupe. Le prétexte, s'il paraît accessoire au début, finit par trouver sa justification dans la juxtaposition de ce groupe de femmes décidées, enjouées, et de ce cérébral ironique - si vieille Europe.

Ainsi, est ce finalement le contact de 2 mondes que le film donne à voir, toujours à la bordure ouest du plus ancien des deux, comme longeant la frontière invisible, qui ne pourra être dépassée que lors d'un passage dans une île de l'Atlantique.

Sur cette île, les deux mondes peuvent enfin converger, charnellement du moins, dans l'ambiance délétère (et un peu facile) d'un vieil hôtel abandonné.

Tournée est - décidément - une expérience avant d'être un film (de la colle sur un téton, le bruit d'un flipper dans un bar, une chanson à la guitare quand tout le monde devrait dormir, un livreur de pizza au coucher du soleil à St Nazaire...).  Allez-y.

 

3e

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Romance

Ce film de Catherine Breillat avait occasionné un petit scandale à sa sortie, en 1999.

Marie aime son mec, qui ne lui fait pas l'amour, mais qui drague d'autres filles en boite. Marie a quand même besoin de sexe : elle se laisse donc baiser par Rocco Siffredi (pas si impressionnant que ça au passage), un inconnu dans une cage d'escalier qui la viole, et un François Berléand qui l'initie à l'art subtil du bondage et des pratiques SM.

Tout ça est très intellectuel, surligné par une voix off qui balance des platitudes éculées ou absconses. Le film n'est ni sulfureux, ni sensuel, ni brillant, ni excitant.

L'effet scandale parait bien inexplicable aujourd'hui. Le fait qu'on aperçoive 3 ou 4 fois un sexe masculin ne le rend pas pornographique.

Le film inspire une sensation de froid (à l'image de l'appartement qu'habite Marie, blanc et propre comme un magasin Lacoste) et de jeu intellectuel. Je m'attendais à une bombe incontrôlable : je ne savais pas que la bombe était glacée.

 

1e

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Les soeurs de Gion

Ouf ouf ouf, j'aime bien parler de films que personne n'a vu et pour lesquels je n'aurai aucun commentaire (d'ailleurs il suffit que j'écrive cela pour qu'un petit malin décide d'en laisser un - de commentaire).

Bref, j'avais adoré Contes de la Lune Vague ... et aussi Les Amants Crucifiés. Donc je regarde ce film de Mizoguchi d'il y a ... 74 ans ... et je suis assez déçu. De la magie des oeuvres citées ci-dessus je ne vois pas grand-chose, sauf peut-être quelques beaux plans séquences, et des attitudes féministes qui sont diablement en avance sur leur temps.

Sinon le film est assez ennuyeux, bien que très court, heureusement, et à vrai dire, les acteurs masculins se ressemblent tellement tous que je ne suis pas sûr d'avoir suivi toute l'intrigue. Bref, il s'agit de geishas cherchant protecteurs, une vieille, et sa soeur, plus jeune, plus moderne, mais aussi manipulée au final.

C'est noir, c'est sûrement un moment de cinéma important, mais au final ça suscite l'ennui, surtout dans cette version un peu floue par moment.

Ma critique reflète l'état d'esprit d'un spectateur lambda et un peu obtus, mais si vous êtes cinéphile vous apprécierez cette approche érudite et pertinente sur le blog de Nostalgic du cool.

 

1e

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Promets moi

Mirjana Karanovic. Jean-Marie LeroyAlors voilà. Je suppose qu'il faut tomber amoureux de l'actrice principale pour apprécier ce film de Kusturica (pas très dur comme vous pouvez le constater à gauche).

Sinon, et c'est mon cas, vous resterez dubitatif face à un grand déballage serbo-foutraque dans lequel un burlesque à la Tati côtoie l'image léchée et acidulée d'une Amélie Poulinovitch.

Pourtant, bien que le film m'ait copieusement exaspéré (l'homme volant, c'est vraiment n'importe quoi) j'ai du mal à en écrire le plus grand mal. C'est comme si le conflit entre le bandit moustachu (un Groucho Marx qui veut reconstruire les twin towers en Serbie) et les deux frères chauves suscitait en moi une sorte de plaisir coupable, du genre : je lis des BD sous les draps quand j'ai 8 ans.

Il reste l'actrice et ses chapeaux, et le jeune acteur, tous deux très intéressants, et quelque chose de grand qu'on devine de la part de Kusturica, comme l'écho du génie enfoui sous la meringue et les effets trop appuyés.

 

Un drôle de film, à défaut d'être un film drôle.

1e

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L'illusionniste

Pathé DistributionBon, ceux qui me connaissent savent que je ne fais pas toujours dans la dentelle.

Le film m'a beaucoup déçu, mais en introduction peut-être faut-il dire qu'il est tellement lié à Tati (par tant d'aspects que je ne peux détailler ici), que l'intérêt qu'on peut éprouver envers lui est directement lié à l'intérêt qu'on porte à Tati lui-même. Or ce dernier m'a toujours passablement ennuyé. Ceci expliquerait donc cela.

Donc, vous voyez bien ce que va être mon opinion:

En + : des images magnifiques, dignes d'un Miyazaki très en forme, un portrait d'Edimbourg superbe.


En -, le reste, une intrigue rabougrie et ambigüe qui ne suscite qu'un intérêt limité. Je ne détaille pas le sujet cousu de fil blanc (est-ce que le vieux magicien est amoureux de la jeune insouciante transparente ?), il n'en vaut pas la peine.

Bof, bof, et l'aspect quasi-muet du film n'arrange rien. Une réussite esthétique, c'est bien, mais ce n'est pas suffisant pour déchaîner le flot de critiques laudatives que j'ai pu lire.

 

2e

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Rude boy

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51lG3LQSP%2BL._SL500_AA300_.jpgRude boy est une sorte de film culte. Tourné en 1980, il est un peu l'ancêtre de ce qu'on appellerait aujourd'hui une docu-fiction. Il nous présente la vie de Ray, raté quasi intégral, alcoolique, travaillant dans un sex shop, et qui a des idées plutôt raciste. Ray devient un peu par hasard roadie des Clash, mais brille par son incompétence (il a du mal avec les écrous) et sa capacité à draguer les filles dans les concerts.

Le scénario est donc inintéressant au possible mais le film vaut d'être vu pour deux raisons :

1 - Il nous présente un tableau passionnant de l'Angleterre de la fin des années 70. On a un peu oublié aujourd'hui combien l'extrême droite (le National Front) était présente, et comment Thatcher a surfé sur cette tendance pour accéder au pouvoir : les images d'archive montrant ses discours sont exemplaires. On a aussi oublié combien la vie semblait morne et à quel point le mouvement punk était vraiment révolutionnaire dans ce contexte.

2 - Voir les Clash en début de carrière, zonant de salle miteuse en hôtel cheap, est quelque chose de fascinant. Le groupe dégage une impression d'énergie brute comme probablement aucun autre ne l'a jamais fait. Car derrière le génial et regretté Joe Strummer (ses 2 improvisations au piano montrent combien ce gars était possédé par la musique), c'est un gang nerveux comme un electro-choc qu'on voit dans des scènes de concert stupéfiantes. Un Mick Jones génial (ah cette interprétation, seul au micro, de Stay Free), un Paul Simonon monté sur des échasses d'épileptiques et un Topper Headon s'entraînant sur un punching ball comme si sa vie en dépendait. Un commando de mecs secs comme des brindilles, arborant des T-shirt des Brigades Rouges sans savoir exactement ce qu'elles sont, qu'on croirait branchés sur le 220 volts et semblant foncer dans une Angleterre quasi fasciste comme un TGV insouciant.

 

Le plus grand groupe du monde ?

2e

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Summer wars

Superbe !

Difficile de résister au charme du dernier opus de Mamoru Hosoda (La traversée du temps).

Cela commence comme dans un Imamura : une grande réunion de famille à la campagne, avec des repas qui rappellent ceux de l'excellent Still walking, une ambiance et des images très classiques. La jeune Natsuki s'invente un petit ami, Kenji, pour faire plaisir à sa grand-mère. Wabisuke est le fils illégétime du patriarche de la famille, et il revient après avoir disparu pendant 10 ans et avoir dilapidé l'héritage. Le film montre donc une grande famille, avec chaque membre qui a sa propre personnalité (le flic colérique, le pompier, celui qui rappelle constamment les exploits antiques du clan, les enfants, le jeune geek, etc). Une savoureuse galerie de portraits.

Kenji est un prodige en maths. Un soir il reçoit un mail bizarre : une longue suite de chiffres : est-ce un défi ? Il répond le matin après avoir travaillé toute la nuit, et sans le savoir vient de donner les armes nécessaires à une monstrueuse créature sévissant dans OZ, l'univers virtuel dans lequel le monde entier peut se connecter. A partir de ce moment les intrigues entre OZ et la vieille maison familialle vont s'interpénétrer, mettant en jeu une catastrophe nucléaire, sur un mode à la fois efficace et extrêmement touchant.

L'alternance des images magnifiques de OZ, rappelant l'univers déjanté d'un Murakami, et celles, traditionnelles, d'un Japon éternel, est très stimulante.

Le scénario est travaillé, l'émotion au rendez-vous, le rire aussi. Une réussite à tout point de vue. A voir absolument si vous le pouvez, la distribution est une fois de plus confidentielle.

 

4e

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L'autre rive

L'Autre Rive pourrait être ce film de festival de plus, road movie d'Europe / Asie centrale multi primé, peu vu et globalement inintéressant.

Il ne l'est pas.

D'abord grâce à cet acteur enfant qui louche (ce n'est pas un simple gimmick, il louche et c'est tout). Ensuite grâce à ces paysages incroyables et ses scènes étonnantes qui se déroulent sous nos yeux, sans affect, sans pathos. Ce qui différencie L'Autre Rive de ses "comparants" c'est probablement cela : la volonté de faire sec, simple, frappant, tout en privilégiant une certaine idée de ce qui est beau.

Restent de belles rencontres, par exemple cette soirée quasi onirique chez le couple dont on se demande s'ils sont bons samaritains ou ogres potentiels.

Une belle soirée entre Géorgie et Abkhazie, dépaysante à souhait.


2e

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Enter the void

Wild Bunch DistributionRegarder Enter the Void me rappelle cette blague idiote du fou qui dit "Ca fait du bien quand ça s'arrête" après s'être écrasé pendant des heures le pouce gauche avec un marteau tenu dans la main droite.

Première partie

Le générique est très chouette. Illisible. Sauf qu'on voit très bien Noé. Japonais. Psychédélique. Hype. Sympa. D'une certaine façon le film serait parfait s'il s'arrêtait là.

Deuxième partie

C'est un peu la suite d'Irréversible. Montage serré, caméra subjective (à chaque fois que le personnage principal cligne de l'oeil il y a un noir à l'écran, il fallait y penser), Oscar est un dealer à Tokyo, il a une soeur, Linda, un copain Alex, un client Victor. A ce moment là (30 minutes environ après le début du film), tout va bien, on ne s'ennuie pas trop.

Troisième partie

Oscar est tué. Son âme erre au-dessus de la ville.  Pendant deux heures on a droit à l'enchaînement : caméra plongeante sur les rues de la ville, scène de l'intrigue, plongée de la caméra dans un objet circulaire (vagin, égout, cendrier, lampe, feu de cuisinière, etc), sorte de vision d'un intérieur galactique ou vaginal (ou l'inverse), puis re-scène de l'intrigue, plongée... bref vous avez compris. Sans les tics de Noé l'intrigue tient en deux lignes : Oscar baisait la mère de Victor, c'est pourquoi Victor a niqué Oscar, Alex en pinçait pour Linda, qui elle se laissait séduire par Mario. C'est tout. C'est tout ? C'est tout.

Deux heures, c'est long. On a le temps de regarder en biais les voisins de calvaire. Les flash-backs sont tellement ridicules que je n'ose même pas en parler.

Si on cumule les scènes qui ne signifient rien (écrans monochrones, trip lié à la drogue, survol de la ville, matrice pleine de synapses colorés) on doit bien atteindre 45 minutes. C'est trop. Ah oui, on voit l'intérieur d'un vagin pendant l'acte (c'est marrant comme c'est éclairé de l'intérieur, ça doit être la mère Noël), et aussi après la réincarnation le cordon qui est coupé. Délivrance ! Enfin on peut sortir...

J'ai envie de dire à Noé : chiche de faire un film sans lumière rouge, sans plongée, et sans que la caméra tourne une fois autour de son axe. Fais ça, et après on discutera.

La psychologie nunuche qui s'attache au pauvre développement moral ne mérite même pas qu'on s'y attarde : je tête ma mère donc je fume, etc... En matière de psychédélisme à deux ronds, on touche le fond. Le livre des morts tibétain est commenté dès le début afin qu'on comprenne bien : quand deux personnes font l'amour, na na ni na na na, et à la fin tous les couples du Love Hotel dégagent des volutes positives : Hosanna ! Oscar est mort et ressuscité : à ce moment là, Enter the Void fait partie des films qu'on a honte de regarder jusqu'au bout tellement c'est bête.

RIP.

 

1e

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Control

Control raconte l'ascension de Ian Curtis, chanteur mythique de Joy Division, qui s'est suicidé à 23 ans.

Que vous connaissiez, ou aimiez, la musique de Joy Division a peu d'importance. L'intérêt du film est ailleurs, dans le magnifique portrait d'un jeune Rimbaud épileptique, issu du fond de l'Angleterre. 

Control fait partie de ces films qui possèdent une sorte de grâce intrinsèque. Tout ce qu'il tente, tout ce qu'il propose, semble parfait et adéquat, parfaitement dans le ton.

Les moments de création, le mariage et la petite fille arrivés trop tôt, puis un véritable amour, rayonnant, lumineux. L'angoisse de la maladie, augmentée de celle de l'inspiration, puis de celle de la culpabilité du à ses incartades conjugales, tout cela est superbement montré. Le film est tourné dans un noir et blanc, riche, profond, chaud, l'exact opposé de celui du Ruban Blanc.

Quelle émotion profonde de suivre cette belle histoire racontée avec talent, servie une mise en scène inspirée et une direction d'acteur époustouflante ! (J'ai commencé par dire que ce n'était pas le plus important, mais la composition de l'acteur Sam Riley est incroyable, notamment dans les quelques scènes de concerts).

Bonus, pour ceux qui ont connu cette époque, on croise les ombres de Bowie, de Lou Reed, de Cabaret Voltaire, des Sex Pistols, des Buzzcocks, des Clash...

Une telle maestria dans la mise en scène laisse augurer d'une grande carrière pour Anton Corbijn.

 

4e 

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