Youth
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Il faut aujourd'hui un certain aplomb pour défendre Sorrentino.
Il faut en tout cas résister à l'influence du triumvirat de la bien-pensance cinéphilique tendance soporifique thaïlandaise : Libération, Les Inrocks, Les Cahiers.
Pour ces gens-là, Sorrentino est définitivement classé avec une véhémence haineuse comme un réalisateur pompier (lire ma Lettre ouverte aux Cahiers), alors que Gomes et Weerasethakul, pour ne citer qu'eux, sont géniaux avant même d'avoir levé leur caméra.
Pour le spectateur vierge de tout a priori que je suis, la vision d'un film de Sorrentino génère deux émotions opposées : le plaisir que procurent les trouvailles baroques d'un réalisateur surdoué, et l'ennui qui découle de voir ces trouvailles juxtaposées sans constituer un ensemble cohérent et profond.
Dans La grande belleza, le plaisir était largement supérieur à l'ennui, parce que le sujet se prêtait admirablement à la démesure triste de la mise en scène.
Ici, et même si le film abordent les mêmes sujets que le précédent (la vieillesse, la sublimation par l'art, la déchéance physique), ce n'est pas tout à fait le cas.
Si la photo est toujours admirable, les images incroyablement bien composées, le plaisir est un peu gâché par une impression d'épate à tout prix (la scène d'ouverture, le clip de la pop star, le concert de la fin). La retenue de Michael Caine (excellent) et de Harvey Keitel fait pourtant mouche au début du film. Associée à le netteté suisse, cette sourdine inhabituelle donne une tonalité nouvelle au cinéma de Sorrentino : on navigue dans une sorte d'humour british, et les répliques spirituelles fusent.
Malheureusement, l'équilibre précaire du film se délite dans son dernier tiers (le pitoyable concert de fin, atrocement filmé, la lévitation du bonze, ridicule).
Je rêve d'un jour où Sorrentino débarassera son cinéma de toutes ses scories (Hitler ! Maradona ! Miss Monde qui pense ?!) pour exprimer pleinement ses incroyables qualités de plasticien et d'amuseur.

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L'éveil d'Edoardo est un gentil petit film italien du jeune cinéaste Duccio Chiarini, vite sorti en juin, et rapidement retiré des rares salles qui le projetaient.
Les pisse-froid un peu snobs écriront sûrement beaucoup de mal à propos du dernier film de Matteo Garrone : trop clinquant, trop international, trop beau.../image%2F0894743%2F20240114%2Fob_81d4ae_lesmerveilles.jpeg)
Quel film étonnant que celui-ci, torrent d'émotions et description d'une enfance comme une autre, placée comme par erreur dans un milieu hystérique.
Le grand succès italien de l'année (7 Donatello, l'équivalent de nos Césars, le film a battu
L'intérêt principal de Viva la liberta, c'est la performance une fois de plus impressionnante de Toni Servillo, qui joue ici d'une façon spectaculairement différente deux frères jumeaux./image%2F0894743%2F20200930%2Fob_8ad202_aquadro.jpg)
Salué par le Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes 2013, Salvo s'avère être le parfait film d'auteur qui se la pète.
Quel intérêt à aller voir Un château en Italie si on n'est pas de la famille Bruni-Tedeschi ?
Qu'est-ce qui pousse Irène, l'héroïne de Miele, à partir régulièrement au Mexique acheter des produits vétérinaires qui serviront à accompagner dans la mort des malades en Italie ?
Il y avait quelque chose de profondément touchant à voir Bernardo Bertolucci recevoir une ovation à Cannes 2012, en projection spéciale de son nouveau film Moi et toi. Rivé dans la chaise roulante qu'il ne quitte malheureusement plus depuis plusieurs années, son visage était rayonnant./image%2F0894743%2F20260128%2Fob_27d8b8_lagrandebelleza.jpg)

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Reality est très plaisant à suivre dans sa première partie. Matteo Garrone y dessine un tableau attendrissant de la société napolitaine : obésité, faconde, palais décatis, arnaques en tous genres, tronches de cirque, gouaille maximale. On est littéralement emportés par un tourbillon de sensations, conçu par une caméra virtuose et un peu tape-à-l'oeil (grues et hélicoptère sont de sortie)./image%2F0894743%2F20240114%2Fob_037646_corpoceleste.jpeg)
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Les critiques sont globalement injustes vis à vis de
Amore est une sorte de cauchemard pour le critique, en tout cas pour moi. Le film est tellement foisonnant en terme de références, de styles de mise en scène et de propos qu'on passe rapidement du plus grand énervement à une certaine émotion.
: Non, et non, et non !
: Mouais, pourquoi pas
: A découvrir