Histoires de la nuit
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L'intérêt des livres de Laurent Mauvignier réside avant tout dans leur qualité littéraire : une langue dense et riche, lourde de sens cachés et de digressions signifiantes.
Autrement dit, l'intérêt du roman Histoires de la nuit ne réside pas vraiment dans son intrigue.
L'adaptation un peu sèche qu'en fait Léa Mysius, ne s'appesantissant pas sur la profondeur psychologique des personnages, ni sur leur relation, a pour résultat de donner une oeuvre aux faux airs de thriller, qui peine à trouver sa place dans le spectre des genres possibles.
Le film n'est pas à proprement parler une chronique sociale : les personnages sont superficiels, en particulier celui de Thomas, joué par un Bastien Bouillon qui a l'air un peu perdu, et dont on ne perçoit pas la nature profonde. On ne comprend pas non plus la réelle nature de sa relation avec Cristina.
Quand aux contextes sociologiques potentiellement effleurés par le film (les difficultés du monde agricole, la condition d'artiste en manque de succès, la réinsertion d'anciens délinquants), ils ne forment qu'une toile fond qui n'accroche pas l'attention.
Histoires de la nuit n'est pas non plus un home invasion traditionnel, même s'il en a tous les atours. Il manque de nerfs et d'efficacité pour être palpitant. La réalisatrice ne se montre pas vraiment à l'aise avec la violence, comme le démontre la calamiteuse scène de gunfight à l'extérieur.
Je suis donc resté perplexe devant ce drôle d'objet, et ai surtout trouvé un intérêt à observer le jeu exceptionnel de Benoît Magimel qui n'a pas d'équivalent pour jouer les méchants doucereux dont on sent qu'ils peuvent instantanément devenir des tueurs.
C'est pour moi le seul élément vraiment convaincant du film.
Léa Mysius sur Christoblog : Ava - 2017 (***) / Les cinq diables - 2022 (**)

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