Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Articles avec #benjamin voisin

L'étranger

Autant le dire d'entrée, j'étais moyennement chaud à l'idée de cette adaptation du roman de Camus.

Les lointains souvenirs que j'en gardais ne laissaient pas augurer d'un intérêt cinématographique : l'opacité cotonneuse de la psychologie de Meursault et son atonie émotionnelle ne risquaient-elles pas de générer plus d'ennui que d'intérêt ? Les interrogations philosophique du texte pouvaient-elles être transposées à l'écran ?

Eh bien, j'avais tort. François Ozon trouvent des moyens propres à l'art cinématographique pour nous faire ressentir des émotions. Le tableau de l'Algérie coloniale est d'abord très réussi. La puissance de l'été, la force du soleil et de la mer, sont ensuite remarquablement rendus à l'écran, comme la sensualité des deux corps de Benjamin Voisin et Rebecca Marder, insolents de beauté. 

Tous ces aspects sensoriels apportent un plus à l'écriture de Camus et font bien ressentir la primauté  exclusive que Meursault donne au corps et plus généralement aux sens, ce qu'il exprime d'ailleurs à plusieurs occasions dans le film. 

Ozon modernise et personnalise aussi son propos : les Arabes ne sont plus simplement à l'arrière plan (la maîtresse de Raymond obtient un prénom, la victime de Meursault une tombe) et le meurtre se teinte d'un homo-érotisme marqué. Mais ces innovations ozoniennes se fondent admirablement dans cette belle adaptation (cette belle interprétation serait d'ailleurs peut-être plus juste).

Un beau film.

François Ozon sur Christoblog : 8 femmes - 2001 (**) Swimming pool - 2003 (**) / Angel - 2007 (*) Potiche - 2010 (***) / Dans la maison - 2012 (**) /  Jeune et jolie - 2013 (*) / Une nouvelle amie - 2014 (***/  Frantz - 2016 (***/ L'amant double - 2017 (**) Grâce à Dieu - 2019 (****) / Eté 85 - 2020 (**) / Tout s'est bien passé - 2021 (**) / Peter von Kant - 2022 (**) / Mon crime - 2023 (**)Quand vient l'automne - 2024 (**)

 

3e

Voir les commentaires

L'effet Coubertin

Il y a beaucoup de choses sympathiques dans L'effet Coubertin : le jeu pince sans-rire de Benjamin Voisin, celui beaucoup plus marqué d'Emmanuel Bercot, toujours prompte à surprendre, et enfin la mise en scène distanciée et pas désagréable de Jérémie Stein (qui oeuvre à la très bonne série Parlement).

Malheureusement, et même si le film se laisse regarder sans problème, je n'ai pas pu m'empêcher d'être un peu décu. Il manque à ce comique de situation un petit quelque chose qui nous arrache un vrai rire (et pas seulement les sourires qui, eux, ne manquent pas).

La vraie réussite de L'esprit Coubertin, au-delà des lieux communs qui s'accumulent dans le village olympique (ça fornique à tout va), c'est pour moi le portrait à la fois très caustique et finalement assez réaliste des journalistes sur le plateau télé. Ces passages sont vraiment drôles, y compris si on s'attache à lire les bandeaux qui défilent en bas de l'écran, façon chaÎne d'information continue.

Plaisant, mais inconsistant.

 

2e

Voir les commentaires

Illusions perdues

Deux points rendent le film de Xavier Giannoli particulièrement intéressant : une écriture au millimètre et un casting d'enfer.

Sur le plan du script, le film est formidable. La complexité balzacienne est respectée dans l'esprit, même si le contenu du roman est assez profondément modifié. 

Giannoli parvient habilement à insérer des résonances contemporaines dans la trame narrative profondément romanesque du livre.

Côté interprétation, c'est du haut niveau. Tout d'abord, c'est une excellente idée d'avoir confié le rôle principal à un acteur peu connu, Benjamin Voisin (qu'on a quand même vu dans Eté 85 et surtout le très bon La dernière vie de Simon). De cette façon, on peut parfaitement s'identifier à l'odyssée du jeune provincial découvrant Paris. Vincent Lacoste est parfait dans son rôle de beau gosse cynique, et Xavier Dolan est formidable d'ambiguïté. Cécile de France, Salomé Dewaels, Gérard Depardieu, Jeanne Balibar, André Marcon ne sont pas en reste.

Comme la direction artistique est très propre (un peu trop ?) et la mise en scène sage et solide, le film est un divertissement tout à fait agréable, même si le rendu final l'apparente plus à une excellente production télé qu'à une véritable oeuvre de cinéma. On passe un très bon moment et le rythme enlevé du film rend sa durée (2h30) tout à fait supportable.

Xavier Giannoli sur Christoblog : A l'origine - 2008 (*) / Marguerite - 2015 (***) / L'apparition - 2017 (**)

 

3e

Voir les commentaires

Eté 85

Le nouvel Ozon est une gentille bluette, qui veut se donner des airs de suspense hitchcokien.

Si la première partie se laisse regarder sans déplaisir (l'ambiance du bord de mer, les flashforwards qui entretiennent un suspense, la tension du coup de foudre), la seconde déçoit par sa plate conformité.

Les réactions des uns et des autres sont à la fois prévisibles et ridicules. Si les deux acteurs principaux jouent leur partition avec conviction, il faut signaler que tous les seconds rôles sont très mauvais : Valeria Bruni Tedeschi surjoue terriblement, Philippine Velge est horripilante, Isabelle Nanty et Laurent Fernandez ne semblent pas quoi faire à l'écran, Melvil Poupaud n'est pas crédible pour un sou.

Le film n'évite pas alors le ridicule le plus absolu, lors de la pitoyable scène de la morgue, très mal jouée et mise en scène.

Ozon peine à maintenir son intrigue tout au long d'un long métrage : il lui faut l'entretenir par de sinueux détours qui ne passionnent pas (l'écriture de l'histoire, la relation au prof), alors que l'ambiance charmante du début se délite doucement.

 

2e

Voir les commentaires

La dernière vie de Simon

Il est assez rare que le cinéma français tente une incursion dans le cinéma de genre, a fortiori pour un premier film. C'est d'autant plus jouissif de voir la totale réussite que constitue le film fantastique de Léo Karmann, La dernière vie de Simon.

Difficile de parler du scénario, très malin, sans déflorer trop d'éléments, ce qui gâcherait véritablement le plaisir immédiat que procure ce beau film : disons simplement qu'il s'agit de suivre la destinée d'un jeune homme doté d'un pouvoir très particulier, à deux périodes de son histoire.

Tout est réussi dans ce film : la mise en scène est ambitieuse et diablement efficace, les interprètes sont tous formidables et le scénario passionnant. On est dès le début happé par cette histoire, et aspiré vers son dénouement par un aspirateur émotionnel et intellectuel comme on en voit très peu dans le cinéma français. Léo Karmann manifeste un talent particulier pour tisser une ambiance spécifique à chaque scène : innocence des jeux d'enfants, ambiance légèrement surnaturelle, immersion dans la nature, naissance d'un sentiment, traque policière.

Une belle et franche réussite.

 

3e

Voir les commentaires