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Bang gang

Il y a une ambiguité terrible dans le film d'Eva Husson : on ne sait jamais vraiment si la connerie des jeunes qu'on voit à l'écran est volontairement mise en exergue, ou pas.

Dans le premier de cas de figure (ils sont vraiment aussi cons), alors le film n'est pas intéressant parce que la vie des cons ne vaut que si elle est filmée de façon brillante ou décalée, et non pas comme une bleuette éthérée qui se finit en apothéose moralisatrice, façon Larry Clark explore la Bibliothèque rose.

Dans le deuxième cas (ils ne sont pas aussi cons), la réalisatrice échoue complètement à nous faire ressentir la perversité et/ou l'inconscience de ces jeunes, et encore moins l'ambiguité morale de la situation. En montrant le ciel pour exprimer les sentiments (sur le mode simpliste de "un nuage = une contrariété"), Eva Husson filme avec ses pieds. C'est comme si Mia Hansen-Love tournait un Partouze à Biarritz.

Dans les deux cas, l'aventure est un cul-de-sac esthétique, sentimental, narratif. Pour justifier un pareil ratage, il faut entourer le film d'une série de palliatifs qui fonctionnent comme des sous-titres : un complément au titre (Une histoire d'amour moderne) et le traditionnel carton "Inspiré de faits réels" en générique de fin.

Comme si l'inanité vaporeuse et grisâtre de ce qu'on venait de voir devait être justifiée.

 

1e 

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