Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Articles avec #sebastian stan

Fjord

Dans le nouveau film de Cristian Mungiu, deux parties sont renvoyées dos à dos : une famille traditionnaliste roumaine farouchement chrétienne et les services de protection de l'enfance de l'état norvégien.

Ces derniers sont montrés sous leur plus mauvais jour : kafkaïens, sans contre-pouvoir, et aux prérogatives qui semblent abusives (la Norvège est la championne d'Europe des retraits d'enfants injustifiés suivant les statistiques de la cour européenne des droits de l'homme).

Cet état de fait rend le film légèrement bancal et ne maintient pas son point de vue strictement à mi-chemin des deux points de vue : c'est un peu dommage car cela nuit un peu à son équilibre, tout en suscitant des polémiques inutiles.

En ce qui concerne les qualités cinématographiques de Fjord, nous sommes dans du haut niveau : l'écriture est fine et détaillée, la composition des plans particulièrement élégante (sans atteindre la qualité du plan de groupe sidérant qui éclairait R.M.N.), le développement de l'intrigue suffisamment complexe pour que l'on soit tenus en haleine jusqu'à la fin.

La direction d'acteurs est une nouvelle fois impeccable avec un couple au top niveau, Sebastian Stan impressionnant d'opacité résolue, Renate Reinsve parfaite en mère offensée.

Il manque toutefois un petit quelque chose pour que l'exercice de style parfaitement maîtrisé soit un chef d'oeuvre : peut-être un peu plus d'ambiguïté morale, une âpreté plus radicale, un éclair de poésie (que le thème de la marche sur l'eau semble vouloir apporter sans y parvenir tout à fait) ou une accélération surprenante de la narration.

Une Palme d'or correcte, mais pour moi bien inférieure à celles de ces trois dernières années.

Cristian Mungiu sur Christoblog : 4 mois, 3 semaines, 2 jours - 2007 (****) / Au-delà des collines - 2012 (***) / Baccalauréat - 2016 (***) / R.M.N. - 2022 (***)

 

3e

Voir les commentaires

The apprentice

A quelques semaines de la si importante présidentielle américaine, il faut absolument aller voir The apprentice.

Le film d'Ali Abbasi nous fait voir Donald Trump avant le succès. Il nous fait ressentir d'une façon presque charnelle l'extrême médiocrité du bonhomme et son incommensurable confiance en soi, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer. 

L'extrême culot, allié à une souveraine mauvaise foi, soulève des montagnes, comme le montrait également la série Tapie. Mais Trump ne serait certainement pas Trump s'il n'avait pas rencontré l'avocat Roy Cohn, mentor d'une exceptionnelle immoralité, magistralement campé par un Jeremy Strong (Succession) au sommet de sa forme.

La mise en scène d'Abbasi est sage (on est loin de démence de ses films précédents). La reconstitution du New-York des années 70 est incroyablement réussie.

The apprentice se regarde avec une délectation honteuse (car les deux "héros", auxquels ont finit par s'attacher par la grâce de la narration, sont tout de même des salopards de la pire espèce) et une curiosité malsaine : le film nous fait entrer dans la fabrique du monstre. Ou comment un petit con écervelé peut devenir un dangereux magnat, pris en main par un Pygmalion génial et sans scrupule. 

Ali Abbasi sur Christoblog : Border - 2019 (****) / Les nuits de Masshad - 2022 (****)

 

2e

Voir les commentaires