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Christoblog

Articles avec #laurence fishburne

Megalopolis

A quelles conditions aimerez-vous Megalopolis ?

Si vous aimez les films dont rien de dépasse, cohérent de bout en bout, maîtrisé et de bon goût, alors n'allez pas voir le dernier Coppola.

Si au contraire vous aimez être surpris à chaque plan par mille trouvailles visuelles, que vous ne rechignez pas à faire un effort dans les quinze premières minutes du film pour identifier les personnages et les liens qui unissent, et que vous supportez une certaine dose de kitsch romano-futuriste, alors le film est pour vous.

Megalopolis réussit un exploit inhabituel : allier une recherche esthétique de tous les instants (une mise en scène flamboyante, une direction artistique invraisemblable) à des thématiques qui obligent le spectateur à activer ses méninges. On aura en effet rarement brassé autant de thématiques ambitieuses dans un seul film : le sens de la vie, la lutte pour le pouvoir, la frontière entre le bien et le mal, l'épiphanie de la naissance, la nature du temps, la substance de l'amour, l'art du spectacle et du cinéma.

Le film regorge de scènes d'anthologie et de visions qui sidèrent, souvent à la fois vulgaires et poétiques. On pense à Méliès, bien sûr, et d'une certaine façon, c'est toute l'histoire du cinéma qui défile sous nos yeux.

Tout cela n'a aucun sens, ou plutôt à tellement de sens possibles qu'on ne sait plus où donner de la tête, et du regard. Il y a toujours un détail à l'écran qui devient instantanément magique : une mimique d'Adam Driver, le jeu exceptionnel d'un figurant, un gadget futuriste et inutile dans un coin du cadre, une inscription amusante, un effet inattendu, un son étrange. 

On le dit de beaucoup de films, mais je pense qu'ici cela se justifie pleinement : vous adorerez ou vous détesterez ce film, le moyen terme ne semble pas envisageable. J'ai adoré.

Francis Ford Coppola sur Christoblog : Conversation secrète - 1974 (***) / Tetro - 2009 (***) / Twixt - 2012 (*)

 

4e

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Matrix

Expérience étonnante de revoir le film des soeurs Wachowski (qui à l'époque étaient frères) plus de vingt ans après sa sortie.

Le début de Matrix garde tout son potentiel de séduction : vitesse d'exécution, mystère diffus et séduisant, explications rationnelles assez rapides, personnages attachants. L'idée motrice du film (le monde tel que nous le connaissons ne pourrait être qu'une illusion) recycle bien sûr des questionnements philosophiques sur la nature de la perception de la réalité qui sont très anciens et ont nourri bien des oeuvres de Platon à Descartes, mais le traitement du sujet est ici parfaitement juste et très ludique. 

Il est impressionnant de voir à quel point plusieurs scènes de la première partie du film ont marqué durablement l'imaginaire collectif : la fille en rouge, le "suivez le lapin blanc", la pilule bleue ou la rouge. Autre point notable : la direction artistique du film (décors, costumes, accessoires) a très bien vieilli.

Malheureusement, toute la seconde partie du film est aussi poussive que le souvenir que j'en gardais. Elle se réduit à une enfilade de scènes d'action hyper stylisées sans beaucoup d'intérêt, ringardisées par les jeux vidéos et s'inspirant vaguement de films asiatiques, sans en atteindre le niveau d'élégance. Les pantalonnades au ralenti de Keanu Reeves paraissent aujourd'hui vues et revues.

Donc, à la fois lassant et intellectuellement stimulant. 

 

2e

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Contagion

On peut vraiment se demander ce qui est arrivé à un réalisateur de la classe de Soderbergh pour rater un film dans d'aussi grandes largeurs.

Je vous raconte : Gwyneth Patrol mange du cochon à Hong Kong, trompe son mari et meurt. Matt Damon prend un air tout droit sorti de Au-delà, l'infâme étron de Eastwood, et sa femme meurt (heureusement qu'il a perdu au passage ses facultés de communication avec les ténèbres). Marion la Môme Cotillard est enlevée par un gentil chinois qui ne la relâchera que si elle sauve une quarantaine d'enfant chinois qui vivent dans une sorte de club vacance de fortune (?!).

Jude Law est méchant, comme d'habitude, et il se coiffe comme Tintin, avec une petite houpette. Kate Winslet est la moins pire, dommage qu'elle meure la bave au lèvre en tentant de donner une couverture à un autre malade. Le héros de Breaking Bad est déguisé et porte une casquette.

Dans ce film dont le scénario semble avoir été écrit par une limace formolisée, tout sonne faux : l'histoire, les scènes de fin du monde, les émeutes, les réactions des personnages, la musique. Je ne vois rien à sauver, c'est un ratage complet sur toute la ligne, le film échoue à faire naître la moindre tension dramatique ou psychologique, la moindre empathie.

C'est de l'anti-cinéma, un peu comme si on voyait un journal télévisé de France 3 Minneapolis, les bons sentiments en plus (le gentil médecin se sacrifie pour le fils de l'homme de ménage). On en vient à souhaiter que l'épidémie décime tout le monde un peu plus vite que ça.

C'est très mauvais, à un point qui situe le film dans les abysses du classement de l'année 2011.

PS écrit en 2024 : le virus présenté dans le film s'inspire beaucoup de virus existants, dont le SRAS, H1N1, la grippe et surtout Nipah, qui présente bien des points communs avec le MEV du film (les animaux en cause, les attaques neurologiques). Le revoir aujourd'hui après avoir vécu la période Covid est peut-être une expérience à tenter. 

 

1e

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