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Articles avec #zach galifianakis

Birdman

On savait Inarritu doué. Je n'aurais pas parié qu'il puisse être génial.

Pourtant, Birdman s'avère exceptionnel à tout point de vue. On aura rarement vu la virtuosité de la caméra épouser aussi parfaitement la tortueuse imagination d'un créateur. Birdman est à la fois la tragédie d'un petit homme, la dissection d'un système, une réflexion sur l'art de jouer et un concentré de contemporanéité.

Le principe du "plan unique" est ici utilisé avec une subtilité dérangeante : il ne s'agit pas pour le réalisateur de faire croire qu'il a tourné son film en un seul plan, mais plutôt de suggérer que le monde entier peut tenir dans un théâtre de Broadway et ses environs immédiat - comme il pourrait tenir dans beaucoup d'autres endroits au monde. La caméra furète dans les coins et les recoins avec malice et distinction, les transitions temporelles s'enchaînant avec une maestria ahurissante. Les détracteurs du film peuvent vomir leur bile, le tour de force script+réalisation+montage est proprement unique.

Toute cette science pourrait n'être que poudre de perlimpinpin attrappe-oscars, mais les acteurs et actrices se chargent de donner au film un supplément d'âme : ils décrochent tous quasiment leur meilleur rôle, à commencer par la sidérante prestation d'Emma Stone, qui nous offre une tirade d'anthologie.

L'ego, l'amour, la fidélité, le désir, le jeu, l'acte de jouer, la célébrité, les medias, les relations hommes/femmes et parents/enfants : Birdman englobe tous ces sujets, en les survolant certes, mais en les survolant avec une poésie douce et bienveillante, que ponctue des scènes de duettistes sur le fil, Keaton/Norton, Norton/Stone, Keaton/journaliste, Keaton/Watts...

Il serait illusoire de chercher une profondeur à Birdman, le film ne prétend pas au carottage émotionnel de La vie de l'Adèle ou au vertige métaphysique d'Oslo, 31 août, il lorgnerait plutôt du côté d'un manièrisme à la Gaspard Noé, ou à la Winding Refn, débarrassé de l'obsession de violence (et ... réussi). 

Le film d'Inarritu est comme un morceau de rap : soit vous être emporté par le flow, et le prochain mouvement de caméra est systématiquement un enchantement, parce que chaque minute qui passe renforce le tour de force, soit à l'inverse vous rester à quai, et il est probable dans ce cas que le film vous paraisse vain, fat et artificiel, chaque minute qui passe étant une torture insuppportable.

En ce qui me concerne, film tourbillon, oeuvre totale, pétaradante et sussurante, Birdman s'impose comme le deuxième grand film de l'année, après Snow Therapy.

 

4e

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Very bad trip

L'idée originale de Very bad trip (The Hangover en vo, allez comprendre pourquoi on traduit un titre anglais en anglais) est assez plaisante et porteuse de nombreuses potentialités.

Quatre hommes enterrent la vie de garçon de l'un d'eux lors d'une soirée à Las Vegas et au réveil ... ils ne sont plus que trois, l'un d'entre eux a perdu une dent, il y a un tigre dans la salle de bain de leur chambre, un bébé dans le placard, et le matelas d'un lit se trouve empalé sur le doigt d'une statue. Aucun ne se souvient de rien.

A partir de cette idée, vous (ou moi) pourriez imaginer tout un scénario compliqué dans lequel la vérité se ferait progressivement jour, dévoilant un enchaînement machiavélique de circonstances plus absurdes les unes que les autres. Ou même, en étant un peu lynchien, vous pourriez imaginer une sorte de cauchemar dans lequel nos héros découvrent avoir commis les pires ignominies...

Hélas, le film ne comprend rien de tout ça. Les explications viennent (trop) rapidement et sont (trop) simplistes. Le mystère de départ disparaît et la comédie formatée prend le dessus. Quel dommage !

 

1e

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