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Christoblog

En direct du Festival du film espagnol 2013

Mercredi 27 mars

Début timide : les deux séances des Amants passagers (en présence d'une partie des acteurs du film) étant complètes au Katorza, je me rapatrie sur l'UGC, et je suis très déçu, pour les raisons que j'explique dans ma critique.

Vendredi 29 mars

Véritable début de festival au Katorza avec un film dont je ne sais pas s'il sortira en France, Les enfants sauvages, film catalan de Patricia Ferreira. Beau portrait d'un trio d'adolescent un peu paumés, le film me surprend par la sensibilité de ses portraits, l'audace de son montage et l'efficacité de sa mise en scène. Un véritable thriller psychologique bati autour d'un évènement dont on ignore la nature exacte jusqu'à la fin ultime, et qui s'avère finalement une sorte de MacGuffin. Solide et plaisant.

Dans la foulée, c'est un plaisir délicat de retrouver Jean Rochefort impérial dans le dernier film de Fernando Trueba, L'artiste et son modèle. Une photographie magnifique et de beaux moments de cinéma.

Samedi 30 mars

La séance de 11h au Katorza, un samedi pluvieux et froid, possède toujours une saveur particulière. Ce matin c'est pour aller voir un film délicieux et adorable, Les hommes ! De quoi parlent-ils ?, qui porte très mal son titre original espagnol (Un pistolet dans chaque main), puisqu'il ne s'agit ni d'un polar, ni d'un western, mais d'une sorte de tableau en 5 actes de l'âme masculine de 30 à 50 ans, comme un croisement de Woody Allen et de Kieslowski. C'est malin, beau, magnifiquement joué et proprement jouissif. Pas de sortie française prévue pour l'insatnt et c'est bien dommage. J'écrirai prochainement un billet dédié à ce film très agréable.

Mercredi 3 avril

A 22h15, j'espère beaucoup d'Insensibles, relativement mal distribué en France en 2012, mais dont j'ai entendu beaucoup de bien. Malheureusement, le film, exploitant la veine fantastique dans laquelle les Espagnols excellent ces dernières années, ne parvient pas à dépasser le stade du convenu et de l'artificiel.

Samedi 6 avril

Passage éclair au Katorza pour le beau Ici et là-bas, premier film de l'espagnol Antonio Méndez Esparza, tourné au Mexique, et justement récompensé à la Semaine de la Critique 2012. Un beau film, émouvant, touchant, très juste. A noter que la séance fut troublé par le malaise d'un spectateur qui dut être évacué en urgence par les pompiers. C'est la première fois que j'assiste à cela dans une salle de cinéma, ce qui est finalement curieux, vu mon assiduité. Impressionnant.

Dimanche 7 avril

Dernier jour du Festival. En fin d'après-midi, je plonge avec angoisse dans The impossible, implacable chronique du tsunami en Thaïlande. Je connais bien ces coins là, et le film m'a procuré beaucoup d'émotions. Il commence très bien, mais malheureusement n'arrive pas à tenir sa trame réaliste sans fioriture, pour verser progressivement dans le pire sentimentalisme. C'est bien dommage.

Le film de clôture Hold-up (Atraco!) est ennuyeux au possible. Le film est d'un académisme rebutant. Il oscille entre plusieurs genre (comédie burlesque, puis sentimentale, film noir, chronique politique, revival des films de gangster des années 50), sans réussir à exceller dans aucune. C'est souvent affligeant, d'autant plus que le film semble avoir disposé d'un budget considérable. Typiquement un film de dimanche soir sur TF1, enfin, plutôt sur TSE, car il est fort peu probable que le film d'Eduard Cortès trouve jamais le chemin des écrans français.

Palmarès : le jury, présidé par Serge July a accordé sa récompense principale, le prix Jules Verne, à l'excellent Les hommes ! De quoi parlent-ils ? , et c'est bien mérité. J'espère qu'il trouvera un distributeur en France.

A l'année prochaine !

 

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Insensibles

Au départ, une idée intéressante : dans les années 30, on découvre un groupe d'enfant insensibles à la douleur. Cette particularité les rend dangereux (pour eux-mêmes et pour les autres, puisque il peuvent faire le mal sans l'éprouver). Du coup, ils sont enfermés dans un hôpital psychiatrique

Alors qu'on suit le sort de ces enfants (et de l'un d'entre eux plus particulièrement), le film propose un montage alternatif avec l'histoire d'un neuro-chirurgien atteint d'un cancer incurable qui recherche ses parents biologiques.

Les deux histoires, entrelacées, finiront évidemment par se rejoindre.

Face à ce film, j'ai éprouvé des sentiments contradictoires : au début, passablement agacé par le formalisme un peu suranné des décors et de la mise en scène, j'ai fini vers le milieu du film à m'intéresser au déroulement de l'intigue. C'est l'irruption de la guerre qui a provoqué ce déclic. Puis, au fur et à mesure que le film avançait, je l'ai de nouveau de moins en moins aimé, jusqu'au final, d'une laideur et d'une bêtise considérables.

Au final, l'impression que j'ai eu est celle d'un gâchis, dû à un excès de formalisme. Trop de décors tue les décors, trop d'intention nuit aux intentions. Le film est excessivement démonstratif, alors que sa trame est relativement saine. Un cas d'école en matière de ratage.

 

2e

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La maison de la radio

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/92/43/80/20460238.jpgVu en avant-première au Katorza, à Nantes, en présence de Nicolas Philibert.

Comme toujours au Katorza, Nicolas Philibert s'est longuement prêté au jeu des questions réponses, à l'issue de la projection de son film. Doux, précis, attentif, le réalisateur de Etre et avoir et de La ville Louvre, a très bien exliqué sa démarche de documentariste : choisir où poser sa caméra, se fier au hasard qui fait bien les choses, puis passer de très long mois, seul, au montage du film pour passer d'une centaine d'heures de rush à un film de 1h43.

L'objectif de ce documentaire est ambitieux. Filmer la radio en train de se faire, mettre des images sur les ondes sonores, est une affaire délicate, et même dangereuse. On pourrait en effet craindre que la magie de la radio ne soit ternie, souillée par les images : on n'a pas forcément envie de savoir quelle tête à ce présentateur qu'on écoute tous les jours dans sa voiture.

Nicolas Philibert a tourné dans les radios du groupe Radio France. On voit donc des émissions de France Inter, de France Culture et France Musique. Les sujets sont variés et c'est un des plaisirs du film que de passer d'une émission très connue (la matinale de France Inter) à la production de choses beaucoup plus pointues comme une dramatique sur France Culture, qui pour moi est la plus belle partie du film.

Ce qui frappe dans La maison de la radio, ce sont les choix audacieux de Nicolas Philibert (comme quoi le documentaire vaut bien la fiction en matière de réalisation) : cadrage au plus près, refus du hors champ, gestion des tempos et du montage alterné. On est frappé par le sentiment presque religieux qui semble habiter les présentateurs, techniciens et producteurs que l'on voit à l'écran. Leur travail souvent solitaire (étonnant plans des journalistes écrivant leur papier dans la nuit), leur concentration extrême, l'expressivité des visages lorsque les présentateurs s'expriment : tout cela est étonnant et donne une idée très belle et puissante de la création radiophonique.

Ajoutez à cela des personnages hors du commun (la rédac chef à la gouaille irrésistible, Frédéric Lodéon émergeant à peine de sa pile de CD, le stagiaire qui se fait tancer avec un sourire désarmant, l'écrivaine attendant anxieuse la première question) et vous obtiendrez les ingrédients d'une bonne soirée, hors des sentiers battus.

 

2e

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