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Christoblog

Les lignes de Wellington

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/31/65/20200358.jpgLes lignes de Wellington aurait pu être un film de Raoul Ruiz, puisque ce dernier y a travaillé avant de disparaître, mais c'est finalement un film de Valeria Sarmiento, la compagne du maître.

Le film nous transporte au début du XIXème siècle, durant la guerre opposant le Portugal, aidé des anglais, aux troupes napoléoniennes du général Masséna.

Le récit est très curieusement agencé, puisqu'on fait successivement connaissance avec une quinzaine de personnages qui semblent n'avoir aucun rapport entre eux, avant que leur destinée ne se rejoignent subtilement (et très partiellement).

Le scénariste Carlos Saboga tisse le même genre d'entrelacs savants qui faisaient le charme des Mystères de Lisbonne, d'une façon toutefois plus intellectuelle et moins romanesque que dans le chef d'oeuvre de Ruiz. On est ici plus du côté de Perec que de celui des Mille et une nuits ou d'Alexandre Dumas.

La réalisation de Valéria Sarmiento est souple, classique, mais il faut le dire, sans les éclairs de génie et les travellings de folie de son défunt mari. L'ambiance morbide et cruelle de l'exode est toutefois envoûtante, et on a rarement vu un film de guerre aussi long (2h31) sans y entendre quasiment un coup de fusil. Les ruptures de ton orientent l'oeuvre dans sa deuxième partie vers une farce languide et par moment désespérément noire : toutes les femmes (même vieilles, même mortes) semblent devoir y être violées, et par les deux camps s'il vous plait.

Un film hors norme, une curiosité dans laquelle quelques stars viennent, parfois brièvement, saluer le maître Ruiz : Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Isabelle Huppert, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric, Elsa Zylberstein, Marisa Paredes, John Malkovitch.

A voir si vous avez le temps.

 

2e

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Les invisibles

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/55/11/20101917.jpgPrésenter Les invisibles comme un documentaire regroupant des témoignages d'homosexuels étant nés il y a 70 ou 80 ans est réducteur.

Il s'agit certes de cela, mais pas seulement. La force du film est surtout de nous présenter des personnes, certes homosexuelles, mais avant tout amoureuses, ou l'ayant été. Les invisibles est donc un grand film d'amour, comme en témoignent la scène inaugurale, magnifique, du coup de foudre dans le rétroviseur, ou celle dans laquelle une femme parle du grand amour de sa vie, Gundrun.

Dans l'évocation du temps qui passe, des lieux qui comptent, des photos qui traversent le temps, surgit à chaque témoignage l'histoire d'une vie, et de ses amours. On oublie souvent d'ailleurs que ce sont des homosexuels qui parlent, sauf lorsque les souvenirs évoquent l'engagement politique dans les années 60 et 70, ou les odieux et violents rejets dont toutes ces personnes ont été les victimes (famille, travail, église, parti communiste). 

Le talent de Sébastien Lifshitz réside non seulement dans l'art d'éclairer son sujet et de le cadrer à la perfection, mais aussi dans l'entrelacement des récits et dans les plans de coupe qui rythment et ponctuent les interviews, donnant à réfléchir sur ce qu'on vient d'entendre. En utilisant des plans représentant la nature, des animaux, des ciels, la mer, des paysages urbains, Lifshitz semble situer ses personnages dans un ensemble plus grand, dans lequel l'inélucatibilité de l'homosexualité s'inscrirait dans un ensemble qui la dépasse.

Evidemment le film entre en écho avec l'actualité et le mariage pour tous (magnifique scène ou un couple visite une chapelle abandonnée et rêve de s'y marier), et on devrait imposer à tous les députés une séance de visionnage collective avant tout débat sur la question.

Le dernier point important à dire concernant le film est son irrésistible énergie, les personnages sont vifs, alertes, pleins d'énergie et de joie de vivre. Ils font rire le spectateur autant qu'ils l'émeuvent.

L'amour conserve.

 

3e

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Royal affair

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/71/62/20159650.jpgIl m'arrive parfois d'aller voir un film sans que je comprenne bien moi-même pourquoi j'y vais.

 

Je me demande par exemple ce qui m'a poussé à aller voir ce film danois de plus de deux heures, retraçant une partie du règne de Charles VII, à la fin du XVIIIème siècle.

 

Quelques échos lointains de bonnes critiques ? Une vague aspiration passagère pour les films en costumes (qui me fera aller voir ce soir Les lignes de Wellington) ? La curiosité de voir si Mads Mikkelsen est plus crédible ici que dans La chasse ? Celle de peut-être reconnaitre un des acteurs des séries danoises récentes (The killing, Borgen) ? La présence de Gabriel Yared et Lars von Trier (comme producteur) au générique ? Le prix d'interprétation à Berlin pour Mikkel Boe Folsgaard ?

 

Sûrement un peu de tout ça. Et mes attentes étaient en partie fondées : Mads Mikkelsen trouve en effet ici un rôle à sa mesure, Folsgaard est excellent, les costumes, la musique et les décors sont de toute beauté, et j'ai effectivement reconnu l'acteur qui joue le flic dans The killing et le rédac chef dans Borgen.

 

Quant au film en lui-même, il est assez instructif d'un point de vue historique puisqu'il montre comment sous l'influence d'un seul homme l'esprit des Lumières (Voltaire, Rousseau) a pu transformer l'Europe. Lorsqu'on constate la pauvreté intellectuelle des débats politiques actuels, cela fait un choc.

 

La mise en scène de Nicolaj Arcel est très classique, et le film ne parvient cependant pas à éviter de distiller de petites doses d'ennui régulières qui en bout de course m'empêchent de vraiment le conseiller. L'émotion n'arrive pas vraiment : reste la curiosité intellectuelle et un plaisir esthétique certain.

 

2e

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