Mon nom est clitoris
/image%2F0894743%2F20210307%2Fob_155dd5_mon-nom-est-clitoris4.jpg)
Sortie DVD
Rien de bien original dans ce premier film des jeunes cinéastes Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet : une dizaine de jeunes filles, filmées dans l'intimité de leur chambre, parlent de leur sexualité. On se dit que l'idée est à ce point simple qu'il n'est pas possible que quelqu'un ne l'ait pas déjà eue.
Si le procédé est pour le moins basique, le résultat est frappant. Les témoignages face caméra sont à la fois légers, profonds et émouvants. Bien qu'il n'y soit révélé aucun élément vraiment renversant, la fraîcheur et la spontanéité de chacun des entretiens rendent le film très attachant : on y mesure instantanément l'étendue des progrès qu'il reste à faire sur la connaissance qu'ont les filles de leur sexe, sur le consentement ou sur le rôle de l'école.
L'intérêt de Mon nom est clitoris ne résulte donc pas des quelques séquences qui ponctuent les séquences de témoignages, assez convenues même si certaines sont utilement pédagogiques, mais bien dans le discours sans fard et la personnalité des jeunes interviewées. Certaines sont incroyables de perspicacité et de maturité.
Une des forces du film est aussi de mettre en évidence les points communs entre les différentes expériences, au-delà des spécificités de parcours. Le montage, qui montre les différentes réponses à la même question, est de ce point de vue très habile.
Un travail indispensable qui gagnerait à être largement montré dans les écoles. A noter dans les bonus du DVD une belle séquence sur les retrouvailles de six des interprètes, quatre ans après le tournage.

/image%2F0894743%2F20140129%2Fob_3371b8_pas.jpg)
/image%2F0894743%2F20201205%2Fob_69202d_petitefille.jpg)
/image%2F0894743%2F20201003%2Fob_8090f7_honeyland.jpg)
/image%2F0894743%2F20200910%2Fob_19ffb6_ados.jpg)












Quand on critique un documentaire, il faut toujours être attentif à distinguer le sujet de la forme.
Difficile, lorsqu'on aime le cinéma, de ne pas être passionné (et ému) lorsque la voix gourmande de Bertrand Tavernier s'élève pour célébrer le septième art.
Dans ce film, Jean-Stéphane Bron adopte les codes du cinéma documentaire de Wiseman (tournage dédié à un milieu donné - ici, l'Opéra de Paris, un regard a priori neutre, du temps donné au temps), et pourtant le résultat est loin de valoir celui du maître américain.
Dans le vaste monde des documentaires, L'ultima spaggia souhaiterait se creuser une petite place à côté des géants Depardon / Wiseman / Rosi.
Ours d'or à Berlin cette année, Fuocoammare fait partie de ces documentaires magnifiques (comme ceux de Depardon ou de Wiseman) qui suscitent autant d'émotions que les plus grandes oeuvres de fiction.
Le dernier film du génial Raymond Depardon repose sur un dispositif à la fois modeste et génial.
: Non, et non, et non !
: Mouais, pourquoi pas
: A découvrir