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Christoblog

Articles avec #austin butler

Pris au piège

Le nouveau film de Darren Aronofsky est un agréable exercice de style.

Le principe du film est bien connu : un jeune (et beau) innocent se retrouve fortuitement en possession d'un objet très précieux que plusieurs gangs de méchants convoitent.

Le programme est donc attendu, et consiste comme prévu en une série de scènes d'action impressionnantes, ponctuée par de petites vignettes plus calmes, lors desquelles le spectateur attendri est appelé à découvrir que notre héros a aussi un coeur (c'est à dire une amoureuse, et une mère supportrice des Giants).

Aronofsky propose une mise en scène extrêmement effcicace et un montage à la fois nerveux et plaisant. Mais le véritable intérêt du film se trouve à mon avis dans le fait que la violence est ici montrée dans une crudité très réaliste : les personnages se font vraiment mal en se battant (au point par exemple de perdre un rein) et nous ressentons physiquement cette violence.

Les différents milieux new-yorkais décrits sont aussi très bien croqués, à l'image de ces Juifs orthodoxes sanguinaires.

Un bon moment pourvu qu'on aime les cavalcades folles et les gros calibres.

 

2e

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The bikeriders

D'un livre de photographie de Danny Lion qui le fascina enfant, le cinéaste américain tire une oeuvre académique, qui séduit plus par la qualité de ses portraits que par sa narration.

On suit sans déplaisir l'histoire de ce groupe de motards, des origines à sa profonde transformation, à travers le destin de trois personnages principaux.

Austin Butler campe un beau gosse ténébreux avec une gueule à la James Dean convaincante, alors que Jodie Comer joue sa femme sans grande conviction. C'est Tom Hardy, dans un beau rôle de méchant boss malgré lui (façon Tony Soprano), qui emporte le morceau dans un casting assez plan-plan.

Pour le reste, l'évolution narrative est prévisible, les relations entre les personnages assez téléphonées, et la mise en scène à la fois convenue et efficace. La trame temporelle est inutilement compliquée par une série d'allers-retours sans grand intérêt. 

Le film vaut principalement par son aspect sociologique : le milieu des motards de cette époque est bien reconstitué, et l'étonnant mélange de règles inutiles et d'esprit libertaire produit parfois de beaux moments de tension dramatique.

A noter que Michael Shannon, qui joue un petit rôle, signe ici sa sixième collaboration avec Jeff Nichols en six films : un bel exemple de fidélité.

Une oeuvre appliquée, intéressante à défaut d'être passionnante.

Jeff Nichols sur Christoblog : Take shelter - 2011 (**) / Mud - 2012 (**) / Midnight special - 2016 (*) / Loving - 2017 (**)

 

2e

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Elvis

Le début du film laisse présager le pire : montage épileptique, caméra prise de tournis, idées de raccord d'une vulgarité crasse, couleurs agressives. Pour être bref, la mise en scène que seul peut produire un ego au stade ultime de l'hypertrophie.

Heureusement, cela ne dure que dix minutes. Le style de Luhrmann s'assagit progressivement (même s'il reste hyper-démonstratif) pour petit à petit épouser avec une relative délicatesse l'épopée d'un héros qu'on va découvrir génial et torturé. L'emphase véhiculée par le trop-plein d'intentions du film convient finalement bien à la personnalité d'Elvis et à sa tragique histoire : elle est à l'image de ses costumes et de ses déhanchements, outrancière et séduisante.

Si on arrive à juguler son aversion au mauvais goût (j'y suis parvenu, hormis peut-être pour la dernière demi-heure) on ne peut être que séduit par cette histoire saisissante, jouée merveilleusement par deux acteurs prodigieux : Tom Hanks, incroyable de perversité avenante, et  Austin Butler, dont la rayonnante animalité n'a rien à envier à celle du King.

La perversion des rapports entre le colonel et Elvis est sondée avec une grande acuité, le lien qui unit le chanteur à la communauté noire est montrée avec une empathie communicative et les 2h39 du film s'écoulent vite, et bien.

Allez, disons-le, une réussite qui enthousiasmera tous les amoureux du rock (qui ne mourra jamais) et pourra bien intéresser les autres.

 

3e

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