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Christoblog

Articles avec #canada

Incendies

Incendies est tiré de la célèbre pièce de Wajdi Mouawad, que je n'ai pas vue.

Pour commencer, j'ai un problème avec le scénario. Je veux bien admettre les coïncidences, c'est même souvent le ressort dramatique par excellence, mais là, franchement, et même en considérant que le monde est petit, ça fait beaucoup. Je pense à la prison + la piscine, ceux qui verront le film comprendront.

Mais bon, passons. Ce ne serait pas si grave si le réalisateur canadien n'avait échangé sa caméra contre une truelle. Il utilise les morceaux musicaux comme des parpaings, les changements de focale comme des marteaux-piqueurs et les flashbacks comme des bulldozers. La nuance n'est pas son fort, témoin cette scène ridicule ou le jeune fils fait une plaisanterie sur le viol vraiment mal venue.

Les scènes de violence ne sont pas tournées de façon professionnelle (lors de l'assassinat de Wahab on dirait que le flingue est en plastique) et la volonté de faire de la belle image nuit cruellement au réalisme du film (le bus en feu...).

De nombreux plans de remplissage nuisent également au rythme du film, qui apparait finalement bancal et comme inachevé. Heureusement que les actrices jouant Nawal et Jeanne Marwan tirent leur épingle du jeu : elles sauvent globalement l'essentiel.

Denis Villeneuve fera bien mieux ensuite, lorsqu'il aura réduit son style à l'essentiel.

 

2e

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Les amours imaginaires

MK2 DiffusionLes amours imaginaires est une petite chose pimpante, qui va plaire aux amateurs de friandise.

Le bonbon est sucré, coloré, avec juste un peu d'amertume. Le résultat n'est pas désagréable.

Xavier Dolan emprunte à beaucoup de monde dans ce film : à Wong Kar Wai le ralenti amoureux et le battement de cil de 3 secondes, à Gus Van Sant la manie de filmer les gens marchant par derrière, à Gregg Araki une scène (celle de la pluie de marshmallows), à Christophe Honoré Louis Garrel (un faux blond, puis le vrai), à Almodovar ses couleurs et ses rouges à lèvres, à Audrey Hepburn son sourire, etc.... Je trouve qu'il ne fait pas preuve en cela d'une grande maîtrise et ne fonde pas un style très personnel. Le résultat est fait de bric et de broc, répétant des recettes à satiété (zoom avant arrière saccadé, filtre de couleurs...). L'émotion n'est jamais venue en ce qui me concerne, même dans les témoignages de personnes étrangères à l'histoire, un procédé beaucoup plus réussi dans Poetry.

Finalement ce qui m'a le plus plu dans le film ce sont les acteurs. Dolan lui-même est très bien. Il a de bonnes chances de rejoindre dans cette catégorie des acteurs-réalisateurs de talent : Allen, Moretti, Eastwood.

Monia Chokri est excellente, vintage jusqu'au bout des ongles, très "nouvelle vague". Niels Schneider m'a énervé, ses airs ne m'ayant jamais convaincu et son personnage ne crédibilisant pas le scénario.

Certaines scènes sont amusantes (les deux ruptures, la visite de la mère), caustiques sans être véritablement cruelles.

Une oeuvre de jeunesse, à mon avis en mode mineur, d'un cinéaste dont on devine qu'il peut beaucoup plus.

 
2e

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