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Christoblog

True blood (Saison 2)

Deborah Ann Woll. Home Box Office (HBO)La saison 2 de True blood est tellement explosive que pour les habitués de Six Feet Under, le précédent opus d'Alan Ball, la vision de la série est profondément troublante.

Les atmosphères feutrées de la famille Fisher paraissent en effet assez éloignées des cérémonies orgiaques que nous proposent cette deuxième saison étonnante. Et pourtant, en y regardant de plus près, on ne manquera pas de relever de nombreux points communs entre les deux séries : une bonne dose de sexe, des gays bien représentés, un rapport au corps très spécial (vampires, ménades, métamorphes, cadavres), la mort bien sûr, des meurtres mystérieux...

La saison commence doucettement puis prend jusqu'à l'épisode 9 un tour assez curieux : les personnages principaux vivent chacun des aventures séparées durant de longs arcs narratifs : Sookie et Bill vont à Dallas démêler une drôle d'affaires concernant un vampire vieux de 1000 ans, Jason s'embrigade chez des chrétiens fondamentalistes absolument flippant, Tara s'amourache d'un bel éphèbe et tombe sous l'influence de la diabolique Maryanne Forester (l'actrice Michelle Forbes, spécialiste des rôles de méchante sur une saison, comme dans Battlestar Galactica), Lafayette est malmené par Eric, Sam se découvre une copine, etc...

Outre le fait que certains personnages de la saison 1 dévoilent une face cachée (Sam, Sookie malgré elle) la saison apporte son lot de nouvelles recrues comme la très jeune Jessica (photo ci-contre) vampirisée par Bill (pour l'amour de Sookie, c'est un peu compliqué) et qui la pauvre est destinée à perdre sa virginité à chaque rapport sexuel, puisqu'elle est décédée vierge ... et que les vampire "réparent" automatiquement leur blessures. Quelle idée de sadique !

Les seconds rôles se révèlent également d'un très bon niveau (Eric, le flic Andy Bellefleur, etc...).

L'épisode 10 est franchement incroyable, et globalement la série continue à être tout à fait addictive et superbement réalisée. Le nombre d'incursion vers des domaines méritant d'être approfondis laisse présager de grands moments à venir (d'autres créatures, la reine de vampires, etc...)., d'autant que la saison 2 se finit sur un cliffhanger redoutable.

Vivement la saison 3. 

Saison 1

 

4e

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Buried

Ryan Reynolds. Rezo FilmsIl fallait que ce film fut fait.
Et ben voilà, maintenant on est débarrassé.

Parmi les films basés sur un concept, on avait la Corde d'Hitchcock en un seul pseudo-plan et Lifeboat se déroulant entièrement dans un canot de sauvetage, Speed qui a fait beaucoup de petits jusqu'à Unstoppable dans le genre "comment j'arrête ce bidule ?", Cube que j'avais trouvé assez rigolo avec son côté "qu'est ce qu'on fout là ?", etc

Vous avez peut-être d'autres idées  de films-concepts?

Buried nous fait le coup du "je suis capable de filmer un mec enfermé dans un cercueil" pendant 90 minutes.

Notons tout de suite qu'il respecte scrupuleusement la règle du jeu puisqu'on ne verra rien d'autre que l'intérieur de la boite (sauf via l'écran du téléphone portable). Par contre, il triche abondamment sur la géométrie spatiale du cercueil, en sortant par de longs travelling arrière de la caisse, en le filmant de l'extérieur par les fentes, en y réalisant des mouvements de caméra acrobatiques... Ce qui fait que dans toute la première partie du film, le cercueil ne semble pas enterré mais comme suspendu dans un espace indéfini. Sur la fin, retour à une réalité plus terrienne puisque le sable fait son apparition, à l'extérieur puis à l'intérieur.

Le scénario, assez malin au commencement, peine à tenir la distance. Si la fin est assez amusante, les rebondissements de la dernière demi-heure font un peu remplissage pour tenir la distance (le doigt, la copine italienne, etc...). On retiendra ici et là quelques bons points (le directeur du personnel, excellent) et d'autres carrément risibles (la barrière de feu). Certains verront dans le film une parabole sur la présence américaine en Iraq.

A voir par curiosité, mais j'ai été déçu de ne pas avoir peur. Et je ne suis pas devenu claustrophobe non plus.

 

2e

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Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch

Jour2fêteSi vous voulez vous faire plaisir, respirer une seconde dans ce monde de brute, alors allez voir ce film. Nul besoin d'être amateur de danse contemporaine pour l'apprécier, je vous assure.

Ce documentaire nous raconte une expérience hors du commun : faire danser par de jeunes ados (n'ayant jamais dansé) un spectacle très connu de Pina Bausch, Kontakthof, créé en 1978, puis re-créé en 2000 ... avec des danseurs non-professionnels de plus de 65 ans !

Le film parle donc de danse, mais aussi, et surtout, de bien d'autres choses : d'apprendre à connaître son corps et celui des autres, de vaincre sa timidité, de raconter ses failles intimes (deuil, blessures d'amour-propre, déception amoureuse, trahison, situations où l'on s'est trouvé ridicule), de se fondre dans un collectif en produisant de l'intégration, de construire ensemble, de transmettre et d'apprendre, de la vie en somme.

Et de la mort aussi, puisque Pina Bausch qu'on voit ici émaciée mais lumineuse, mourra quelques mois après le film.

A voir de toute urgence, et aucune excuse ne sera acceptée.

 

4e

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The american

George Clooney. Mars DistributionJe ne vais pas m'étendre trop longuement sur ce film (si je puis dire, car d'une certaine façon que la décence réprouve, je le pourrais) : il est tout simplement à peine concevable de rater son coup à ce point-là.

En effet, tout est mauvais dans The american. Il ne s'agit pas d'ergoter comme dans le cas de Vénus noire ou de Biutiful,  qui ne m'ont pas vraiment plu, mais qui sont de vraies oeuvres, non sans intérêt.

Ici, tout sonne faux : le scénario, qui réussit à être à la fois simpliste et approximatif, les décors tout droit sortis d'un croisement de Géo et de Paris Match, Clooney, qui joue comme un pied, et ses faire-valoir(e)s qui ne valent que par leur tour de poitrine, généreux, il faut le dire.

On a peine à imaginer que Corbijn fut le réalisateur responsable du sublime Control. Comme quoi, le passage aux deniers US se traduit quand même le plus souvent par une chute incontrôlée (c'est le cas de le dire) dans la médiocrité.

Ite missa est.

 

1e

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Vénus noire

Vénus noire est une nouvelle démonstration du fait que les bonnes intentions ne font pas les bons films. Certes, l'histoire que raconte Kechiche est intéressante, bien que très connue de ceux qui suivent un peu l'actualité : il s'agit de la dégradante exploitation d'une femme noire africaine aux attributs sexuels sur-développés.

Dégradation qui emprunte à tous les modes : exhibitionnisme, examen indécent par des scientifiques, prostitution, vente du cadavre. L'histoire se déroule au XIXème siècle et trouve un épilogue à la fin du XXème avec la restitution du corps à l'Afrique du Sud.

Le cinéma de Kechiche est puissant, dense et même dans certaines scènes (les deux premières par exemple) virtuose. Sa manière unique de capter les regards et les expressions des figurants est remarquable.

Son problème, comme dans certains de ses précédents films, est de ne pas réussir à canaliser complètement cette énergie. Du coup, le film présente un certain nombre de points faibles et de déséquilibres véritablement gênants.

Certains aspects sont complètement ratés, par exemple les décors lointains de Paris et Londres qu'on dirait peints par un enfant de 10 ans, ou l'idylle bucolique et platonique entre Sarah et le jeune naturaliste, qui tombe complètement à plat.

Les tics habituels de Kechiche gênent aussi plus que d'habitude (mouvements de caméra incessants, très gros plans sur les visages), même si le réalisateur s'est assagi depuis L'esquive. Et surtout, après un bon départ, l'intérêt pour le destin de la Vénus s'étiole progressivement, probablement par un effet de répétition de certaines scènes qui deviennent lassantes.

On en vient à culpabiliser de ne pas éprouver de compassion pour cette pauvre fille !  L'horreur se banalise quand elle est répétée à ce point : Kechiche aurait probablement gagné en impact en raccourcissant son film d'une heure.

Le jeu de la jeune Yasmina Torrès, particulièrement opaque et inexpressif, n'aide pas à générer de l'empathie.

Vénus noire renvoie constamment à Elephant Man, le magnifique film de David Lynch, et bien sûr, souffre cruellement de la comparaison.

 

2e

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