Deux procureurs
/image%2F0894743%2F20251111%2Fob_ccd0e1_deuxprocureurs-copie.jpg)
Voici un film typique du cinéma de Sergei Loznitsa : exigeant, mais générant de grandes satisfactions intellectuelles et esthétiques si on prend la peine d'être patient et attentif.
Le héros Alexander, jeune procureur idéaliste, pense être doté d'une autorité qui lui permettra de surmonter tous les obstacles pour faire prévaloir ce en quoi il croit : la simple application du Droit.
Bien sûr les choses ne sont pas si simples, et dans cette Union Soviétique de 1937, la machine bureaucratique est plus puissante que tout autre élément. Dans cette farce triste rôde l'ombre de Kafka, et notre jeune diplômé, de couloir en escalier, et de bureau en salle d'attente, va se heurter à plus fort que lui.
La méticulosité implacable avec laquelle Loznitsa dissèque les rouages de la machine est certes glaçante, mais elle est aussi virtuose dans sa mise en scène et sa direction artistique, proche de la perfection.
Une des réussites du film est de donner à la terreur stalinienne de multiples visages fort différents : les personnages bas-de-plafond de la prison, la jovialité inquiétante de l'ex-camarade, l'impassibilité surnaturelle du procureur général. Entre ces séquences, la petite musique burlesque contribue à donner au film son caractère de "théâtre de l'horreur quotidienne".
Bien sûr, les parallèles avec la Russie actuelle ne manquent pas, mais le film tient debout sans ces connexions avec la réalité contemporaine, tant son propos semble universel : il ne fait pas bon être du côté de la justice quand on vit dans une dictature.
La direction d'acteur est exceptionnelle. A voir donc, comme tous les films de Loznitsa.

/image%2F0894743%2F20140129%2Fob_3371b8_pas.jpg)
/image%2F0894743%2F20221125%2Fob_d9267c_earthblueorange.jpeg)

/image%2F0894743%2F20221108%2Fob_5f297d_leserment.jpeg)


The tribe est la plus grande imposture vue récemment. Qu'il ait obtenu toute une série de récompenses à la Semaine de la Critique indique la faiblesse de cette section du Festival de Cannes, dans laquelle la posture est si importante.
: Non, et non, et non !
: Mouais, pourquoi pas
: A découvrir