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Christoblog

Articles avec #tarik saleh

Les aigles de la République

Les aigles de la République est un film qui plaira à coup sûr à tous les cinéphiles curieux d'ailleurs et friands de suspense.

On commence en effet par découvrir un milieu qui nous est peu habituel : les coulisses du cinéma égyptien et les turpitudes de la haute société égyptienne, qui constitue une sorte de cour autour du général Sissi. 

Ce voyage est passionnant et mystérieux. Il faut dire que notre guide, le fabuleux acteur Fares Fares, est comme d'habitude exceptionnel, séduisant et antipathique à la fois.

Lorsque l'étau se resserre autour de ce dernier, qui se voit obligé de jouer le président/dictateur dans un film hagiographique qui lui est consacré, on sent que les chose vont se compliquer, mais on se sait pas vraiment de quelle façon ni à quel point. L'association de l'ego surdimensionné de l'acteur et de sa compromission est évidemment explosive.

Nous ne serons pas déçu par la deuxième partie du film, menée très efficacement par le réalisateur Tarik Saleh, qui fait une nouvelle fois preuve ici de son punch habituel, qui donne à son cinéma un petit côté américain, oscillant brillamment entre comédie, chronique caustique et tragédie.

Le seul petit bémol que j'apporterai est la faiblesse de la composition de Lyna Khoudri, qui paraît ici ne pas avoir les épaules pour endosser un costume trop grand pour elle : l'âpreté du contexte et la puissance du reste du casting semble la laisser comme désorientée.

Pour le reste on ne s'ennuie pas une seconde, et plusieurs scènes (celle du défilé par exemple) valent à elles seules de déplacement. Saleh a bénéficié ici de moyens impressionnants, les décors sont magnifiques et le sentiment d'immersion total. Un des must de cette fin d'année.

Tarik Saleh sur Christoblog : Le Caire confidentiel - 2017 (***) / La conspiration du Caire - 2022 (**)

 

3e

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La conspiration du Caire

Sur le papier, ce film avait tout pour me plaire : un metteur en scène prometteur (j'avais bien aimé Le Caire confidentiel), un sujet intrigant, sorte de variante islamique du Nom de la rose, et un doux parfum d'exotisme.

Malheureusement, je trouve que La conspiration du Caire manque de crédibilité. Je n'ai jamais été vraiment captivé par l'intrigue, trop sage à mon goût. Le film avance plan-plan sans véritable tension dramatique et certaines évolutions du scénario m'ont paru très peu crédibles (comment un jeune inconnu peut faire changer d'avis un imam d'expérience avec deux pauvres citations ?).

De la même façon, la façon dont les frères musulmans abandonnent facilement la partie m'a interloqué. 

Pour résumer mes sensations, et malgré une mise en scène très solide, j'ai globalement trouvé que ce film manquait d'originalité et suivait froidement un programme trop scolaire (et par ailleurs peut-être conçu en mode "je veux être en compétition à Cannes"), gommant toute la poisseuse tension qui irriguait le premier film de Saleh.

 

2e

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Le Caire confidentiel

Il est finalement assez rare de se faire emporter par un film aussi codifié

Le Caire confidentiel est en effet conforme à ce qu'on imagine être l'archétype du film noir, tendance Chandler ou pour les plus jeunes, Elroy : un crime sordide, un policier dépassé et manipulé, des puissants qui oeuvrent dans l'ombre, des autorités corrompues, une intrigue confuse.

Le mérite de Tarik Saleh, réalisateur suédois d'origine égyptienne, est de s'appuyer sur des points forts bien spécifiques.

Le premier de ces éléments est le casting admirable, dont l'acteur Fares Fares (qu'on a vu dans Zero dark thirty) est la pierre angulaire : il parvient à paraître à la fois épuisé et inflexible, faible et fort. Du grand art. Tous les autres personnages sont superbement interprétés, jusqu'au plus petit second rôle.

La deuxième force du film, c'est son substrat historico-culturel : le film se commence en plein printemps arabe et se termine avec les évènements de la place Tahir. Ce contexte entre parfaitement en résonance avec l'histoire.

Troisième qualité : la mise en scène et le montage sont formidables de sécheresse et d'efficacité, la caméra ne s'appesantit jamais plus que nécessaire. Alors que certains certains réalisateurs zoomeraient sur un cadavre (comme c'est le cas dans le mauvais Que Dios nos perdone, dont je parlerai prochainement),  Saleh est ici tout en retenue. C'est souvent très beau.

Je conseille donc vivement cet excellent polar qui nous donne une vision époustouflante de la cité cairote (alors qu'il a été tourné à Casablanca, c'est la magie du cinéma !).

 

3e

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