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Christoblog

Articles avec #sandrine bonnaire

Salaud, on t'aime

Pour parler d'un film de Lelouch aussi lourdaud que celui-ci, il me faut abandonner mes critères habituels de cinéphile.

En effet, comment pourrais-je expliquer le plaisir enfantin ressenti devant cette histoire édifiante, ces rebondissements improbables, en appliquant ma grille d'analyse habituelle ? 

Le scénario est bancal. Les thèmes du film sont éculés, dans l'esprit "amitiés viriles et taiseuses" qu'affectionne de plus en plus le cinéaste. Le décor, un magnifique chalet dans les Alpes, est tape à l'oeil, et le film met en scène une tribu de Parisiens chics et friqués, a priori insupportables. Mais on n'est pas ici chez Canet, et ce qui rend le film au final plaisant c'est l'irréfragable confiance que Lelouch porte à la puissance du romanesque : on est surpris, touché, et béat devant tant de mauvais goût assumé, tant de péripéties semblant sortir d'un mauvais roman-feuilleton.

Johnny et Eddy sont excellents (leur conversation autour d'un film est un grand moment), et le sourire de Sandrine Bonnaire contribue à augmenter substantiellement la note du film.

Bref, j'ai aimé, mais j'aurais honte de le vous conseiller.

Claude Lelouch sur Christoblog : La bonne année - 1973 (***) / Les plus belles années d'une vie - 2019 (***)

 

2e

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L'évènement

Le parti pris du film est radical : se concentrer coûte que coûte sur le personnage d'Anne, qui apprend qu'elle est enceinte dans les années 50, et se trouve complètement seule face à son problème.

Ce parti pris se traduit de multiples façons. L'écriture par exemple ne s'égare sur aucune piste annexe : il ne faut pas rechercher dans le film un tableau d'ensemble, ni une analyse politico-sociale de l'époque. Les personnages secondaires sont volontairement réduits à de simples silhouettes traversant le cadre / la vie d'Anne (la famille, les amies, les ennemies, le professeur). 

La caméra épouse elle aussi le parti pris fondateur du film. Elle est rivée au cou d'Anne et à son visage, avec une profondeur de champ qui rend souvent son visage net et ceux des autres flous (on songe au style du Gus van Sant d'Elephant). La bande-son travaille elle aussi au but commun : ressentir l'histoire de cette jeune femme à travers ses sensations et ses émotions.

Dans son genre, le film est réussi et convaincant. Certaines scènes sont frappantes (si vous avez vu le film, vous voyez lesquelles), et utilement dérangeantes. 

Mais malgré toutes ses qualités qui sont grandes, il manque pour moi à L'évènement quelque chose qui le rendrait brillant et en ferait un très grand film, quelque chose que possédait un autre film sur le même sujet, le sec et parfait 4 mois, 3 semaines, 2 jours, de Cristian Mungiu, Palme d'or à Cannes.

 

3e

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