Les roches rouges
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Quel plaisir de retrouver Bruno Dumond toujours aussi imaginatif !
Dans ce nouvel opus en forme d'épure, le nordiste parvient à se renouveler en ne filmant pratiquement que des enfants très jeunes (cinq ans environ).
La petite troupe, filmée de façon quasi-documentaire, joue devant nous une sorte de Roméo et Juliette : deux "bandes" rivales et un amour qui nait entre Eve et Geo.
Il y a quelque chose de fascinant, et peut-être pour certains de dérangeant, dans l'idée de faire jouer des sentiments d'adultes (amour, jalousie, désir de violence) à des enfants si jeunes, qui ne doivent pas vraiment les comprendre. Le résultat est sidérant et n'a, à mon avis, jamais été vu au cinéma : du jeu sans intention, des moments de vérité happés par la caméra, et une étrangeté de tous les plans.
Ajoutons à cela de l'humour (façon P'tit Quinquin), un paysage magnifique, du suspense, de véritables visions (les trois chiens du grand-père italien) et vous obtiendrez ce qu'on aime chez Dumont deuxième manière : une oeuvre marquée par la surprise et la poésie, générant un plaisant sentiment de malaise.

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