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Articles avec #louis garrel

Petit tailleur

Léa Seydoux. MK2 DiffusionEn allant voir le film de Garrel réalisateur, je m'attendais à voir un film typé Garrel acteur : un certain romantisme désabusé et flamboyant, des réparties biens senties assénées d'un ton à la fois infantile et insupportable.

Mais bonne surprise, le film débute par un réveil express, une course à pied dans les rues de Paris (le personnage principal, Arthur, a peur du métro, une bonne idée), puis une immersion chez un très vieux tailleur juif, en passe de céder son affaire et de mourir, accessoirement, et qui s'avérera bien moins sympa qu'il n'y parait. 

Un noir et blanc parfait, tantôt passé au gros grain de l'obscurité sensuelle, tantôt nous égarant dans une surexposition blanchâtre hallucinante de précision, un rythme assez proche d'un battement de coeur, une atmosphère très nouvelle vague - mais pas rancie, non, nouvelle vague dans l'esprit 2010, une Léa Seydoux qui commence sérieusement à envahir ma sphère émotiono/cognito/sensuelle - au détriment de Naomi Watts et de Scarlett Joanson réunies, c'est vous dire, une narration sur le fil qui ménage l'expression brute du sentiment amoureux au détriment de la paraphrase démonstrative (c'est joli, il faudra que je m'en souvienne), cet idiot de metteur en scène est aussi beau qu'une porte de prison fermée sur laquelle un détenu aurait pissé, une bande son aux allures d'hommage générationnel (The Smith, The Smith, The Smith !), une façon de dire plus en 40 minutes ce que d'autres essayent d'étirer sur plus de 2 heures, ouais, je pourrais continuer comme ça longtemps mais l'important que vous devez retenir, c'est que ce moyen métrage mérite d'être vu, qu'il vaut son pesant de cacahuètes ou de salsepareille, ça n'a rien à voir mais je fais un apparté pour saluer les 20 ans de la mort de Jacques Demy et je pense quand même à Lola, le deuxième meilleur film de la nouvelle vague après A bout de souffle, à l'expo que j'ai vue à la Médiathèque de Nantes sur Jacquot, à la magie indescriptible que dégageait cet artisan de l'imaginaire, et au livre à propos de Demy que j'ai acheté et dont je vais vous parler bientôt, et puis (j'en reviens à mon sujet) Garrel je l'adore chez Honoré, et pourtant là ça n'a rien vo

Oh et puis allez voir le film, ça durera moins longtemps que de me lire.


3e

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La belle personne

Evidemment, Les chansons d'amour vont marquer pour lontemps le cinéma de Christophe Honoré. Ce film était si puissant, si plein, si entier, si rythmé, qu'il emportait tout sur son passage, comme un fleuve romantique.

La belle personne n'évite pas d'une certaine façon la redite ou la nostalgie : mêmes acteurs (Garrel, Leprince Ringuet, Clotilde Hesme), apparition en guest star de Chiara Mastroianni, vues de Paris en hiver, et acteur chantant du Beaupain au plus fort de la crise.

Cette filiation n'est pourtant pas dérangeante. La belle personne est comme un addendum élégiaque aux Chansons d'amour, qui lui exploitait plutôt une veine lyrique et romantique.

La première partie du film patine un peu. Les jeunes acteurs ont du mal a trouver leurs marques, je trouve qu'il y a des problèmes de bande-son qui rendent une partie des dialogues inaudibles et les cours de l'upper-class parisienne ne passionnent pas.

Dans la deuxième partie, quand le scénario se concentre sur les personnages principaux, le film devient captivant et atteint des sommets (le nettoyage de la cour par exemple, les derniers plans). Rarement la douleur quasi physique de l'amour aura été aussi bien montré au cinéma. La musique triste du barde folk et maudit qu'était Nick Drake contribue a instaurer une ambiance envoûtante.

Christophe Honoré se révèle de film en film un cinéaste étonnant et extraordinairement doué. Ses mouvements de caméra, ses montages cut, sa façon de carresser les personnages, ses innovations stylistiques : il y a de grandes promesses dans ce cinéma-là.

Enfin impossible de conclure cette critique sans un hommage particulier à l'actrice principale, Léa Seydoux, perle opaque au teint blanc et aux cheveux noirs, qui irradie le film de sa beauté et de sa présence.

 

3e

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Les chansons d'amour

Mon premier article 2008 sera consacré à la vision en DVD d'un des films qui m'a le plus marqué en 2007 : Les chansons d'amour.

Bon, je sais en ayant parcouru les blogs que les avis sont plus que partagés sur cette oeuvre, et .... c'est ce qui me plaît, car la cinéphilie déteste les tièdes.

Evidemment, si l'idée qu'une personne normalement constituée commence à pousser la chansonnette au moment d'avoir une relation homosexuelle avec un ado breton te semble peu naturelle, et t'empêche d'adhérer pleinement au film, c'est mal parti.

Mais sinon, la vérité est que ce film :

1 - est magnifiquement joué. Garrel est le digne héritier d'Antoine Doinel et tout son personnage est sous emprise truffaldienne (cabotine parfois, mais l'entendre dire "je suis très mélancolique" lors qu'il est complétement bourré est un grand moment). Les deux filles sont craquantes, tout en étant complètement dissemblables : la blonde, pleine et lumineuse, la brune, insaisisable et virevoltante. Chiara Mastroianni est bouleversante et même les seconds rôles sont parfaits (l'autre soeur, la mère) apportant chacun un personnage totalement consistant psychologiquement

2 - est doté d'un scénario résolument moderne et en phase avec son époque, en en reflétant toutes les subtilités et tous les antagonismes (engagement/détachement, plaisir/souvenir)

3 - est monté de façon magistrale. Ce qui marque le plus en revoyant le film est l'absence totale de plan inutile. La scène du jardin de la Pépinnière est exemplaire : un plan sur les enfants qui jouent puis sur Chiara qui chante (brièvement), un plan fixe sur une allée d'arbres nus (la mort) pointant vers un point de fuite indéfini (l'absence) : toute la tragédie du deuil est dite en quelques minutes

4 - montre Paris comme la ville n'a jamais été montrée, ses stations de métro, ses balayeurs, ses cafés, ses enseignes lumineuses, ses passants, ses gens qui téléphonent dans les cabines, ses ambulances, l'ange de la Bastille, les grilles des jardins, les bureaux de tabacs, les kiosques à journaux

5 - expose une mise en scène totalement virtuose : du balais des chaises à roulettes dans le premier plan à l'acrobatie en corniche sous observation du dernier plan, tout n'est que volte, arabesque, esquive et légèreté

Je sais que l'ombre de Demy plane sur le film (l'héroine s'appelle Pommeraye comme le nom du célèbre passage couvert nantais, la scène ou Julie semble flotter sur un tapis roulant etc...) mais il est bien plus que ça. Je pense qu'il est aussi plus que le film d'une époque comme Les nuits fauves ont pu l'être pour les années Sida. Il est simplement le premier film totalement abouti d'un cinéaste hyper doué qui pourrait être le plus grand réalisateur français sur la durée : Aime moi moins, mais aime moi longtemps.

 

4e

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