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Articles avec #whit stillman

Love and friendship

L'idée que le réalisateur du déroutant Damsels in distress puisse adapter la prose souvent piquante de Jane Austen avait quelque chose d'intrigant.

Malheureusement, le résultat m'a plutôt déçu. La structure épistolaire du court texte d'Austen donne ici un scénario assez verbeux, construit d'une façon artificielle à grand coup d'ellipse.

On peine à voir l'ensemble de l'intrigue se dessiner d'une façon riche et convaincante, comme c'est habituellement le cas chez Austen. La mise en scène statique et empesée de Stillman contribue à plomber le film qui n'évite pas les plages d'ennui.

Restent au crédit de ce film froid la belle prestation de Kate Beckinsale en femme manipulatrice et dénuée de tout scrupule, et surtout le très beau personnage de l'idiot congénital joué par Tom Bennett, qui parvient à insuffler dans le film un peu de cette grâce lunaire qui faisait le charme de Damsels in distress.

 

1e

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Damsels in distress

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/08/77/20255904.jpgIl est très difficile de décrire l'expérience que représente la vision du dernier opus du trop rare Whit Stillman.

Voici plusieurs versions possibles.

Trois copines de fac emmenée par Violet (la formidable Greta Gerwig) accueillent les désespérés dans leur Centre de Prévention du Suicide, qui souvent se transforme en Suicide Center, car le panneau Prevention se casse la figure. Violet a des idées très originales : elle pense qu'il vaut mieux sortir avec des mecs moches et cons (car alors elle peut leur apporter quelque chose), elle adore être critiquée, elle ne semble jamais triste ni en colère.

Le film suit les amours de ce groupe qui accueille une petite nouvelle, Lily (jouée au naturel par Analeigh Tipton).

Deuxième version : Damsels in distress est un film dans lequel les odeurs corporelles des garçons jouent un rôle primordial. On y croise aussi un jeune homme très niais (Thor) qui apprend à nommer les couleurs (à la fin du film il exulte devant un arc-en-ciel), des étudiants en pédagogie qui se suicident en masse en sautant du deuxième étage d'un immeuble, un savon dont l'odeur suffit à changer l'humeur, une fête romaine, l'invention d'un nouveau style de danse, et bien d'autres choses bizarres. Le monde de Stillman est une féerie, il diffuse un sentiment de merveilleux et d'irréalité qui fait sonner le film comme une bulle de champagne. Mais attention, nous ne sommes pas non plus chez les Bisounours, le beau gosse Fred évoque à la fois Truffaut et les Cathares pour arriver à ses fins : sodomiser la jolie Lily.

Dernier point de vue possible : Damsels in distress est du Woddy Allen en mieux.  Les dialogues y sont ciselés et profond comme chez le Woody de la période Annie Hall. On finit par une scène de comédie musicale comme dans Tout le monde dit I love you, sur l'air de de Things are looking up, tiré de A damsel in distress de Fred Astaire. Greta Gerwig a joué dans To Rome with love, exactement comme d'autres actrices ont été débauchées par Allen après avoir joué chez Stillman (Chloë Sevigny dans Melinda et Melinda, Mira Sorvino dans Maudite Aphrodite). Jusqu'au lettrage du générique qui rappelle furieusement l'univers allenien.

Je conseille donc chaudement cet OVNI précieux et délicat, et pour soigner votre dépression je vous conseille de faire des claquettes ou de danser la Sambola. Si Thor le peut, alors vous le pouvez aussi.

 

3e

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