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Articles avec #ulrich seidl

Paradis : espoir

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/96/37/04/20462657.jpgAprès les claques des deux premiers opus Amour et Foi, le troisième volet de la trilogie d'Ulrich Seidl s'avère presque être une bleuette romantique. Enfin, presque.

Nous sommes cette fois-ci dans un camp pour enfants obèses, et nous suivons le sentiment amoureux naître chez la jeune Mélanie (13 ans), avec pour cible le médecin du camp, qui a plus de 50 ans.

La situation est donc, comme toujours chez Seidl, franchement tordue au départ, mais alors que dans les deux premières versions de la recherche du paradis les choses n'évoluaient pas du tout favorablement, on trouve ici une douceur et une lueur de bienveillance qui surprend.

Entendons nous bien : Mélanie ne trouvera pas plus son paradis qu'Anna Maria et Teresa, mais au moins aura-t-elle été respectée.

Si le réalisateur abuse ici des cadres symétriques qu'il affectionne, il faut reconnaître que sa caméra capte toujours aussi bien le frémissement des sentiments sur les visages (et peut-être encore plus sur - ou dans - les corps). L'intrigue du film est un peu faible, mais elle est sublimée par l'intensité de certaines scènes qui parviennent à nous émouvoir - ce qui n'était pas le cas dans les deux autres films de la trilogie Paradis.

A la fin de Paradis : espoir, on se rend compte avec une pointe de surprise que la petite tribu d'enfants que nous avions découvert au début (avec circonspection, car on craignait de verser dans une sorte de voyeurisme malsain) nous est devenue proche. Le résultat, une fois de plus, de l'incroyable précision de la direction d'acteur d'Ulrich Seidl, qui donne ici deux rôles remarquables à ses acteurs : celui de Mélanie et celui du médecin.

Un beau film.

Ulrich Seidl sur Christoblog : Paradis : amour / Paradis : foi

Une interview passionnante d'Ulrich Seidl sur le site d'Arte

 

3e

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Paradis : foi

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/96/72/57/20526626.jpgJe suppose qu'on pourra détester le cinéma d'Ulrich Seidl. Il y a dans ses films, et en particulier dans celui-ci, une sorte d'intransigeance sèche et de jusqu'au boutisme qui pourront rebuter.

Anna Maria est amoureuse ... de Jésus. Son amour est sans limite et se concrétise de plusieurs façons (mortification, prosélytisme forcené, rejet de la luxure). Elle est plus que bigote, mais malheureusement pas mystique. Quand son mari musulman revient d'Egypte, le choc est évidemment frontal. L'un et l'autre s'entredéchirent, et comme le mari est handicapé, la brutalité des situations conflictuelles est parfois quasi insupportable.

A partir de cette matière riche, Seidl réussit une sorte de tour de force : on n'est jamais complètement révulsé par le comportement d'Anna Maria. On l'observe comme on observerait un insecte dans un vivarium. Chez Seidl, les comportements sont toujours montrés dans leur cohérence, de telle façon qu'il paraissent naturels, même s'ils sont intrinséquement déviants, ou désespérés. C'est la grande force du cinéma de l'autrichien : donner à voir un pan de l'âme humaine comme le ferait un ethnologue, mais avec les moyens d'un peintre.

Je ne l'ai pas encore dit, mais le travail de mise en scène (au sens large, en incluant la direction d'acteur et le montage) est ici impressionant de virtuosité, par exemple dans la façon dont l'appartement quelconque de l'héroïne est filmé comme un monde à part entière. Les cadres de Seidl sont toujours une merveille.

Peut-être moins brillant que Paradis : amour, parce que parfois un peu trop démonstratif, le deuxième opus de la trilogie s'avère être toutefois une expérience de cinéma durablement marquante.

Ulrich Seidl sur Christoblog : Paradis : amour / Paradis : espoir

 

3e

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Paradis : amour

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/64/74/20341664.jpgS'il y a bien un film que je m'attendais à ne pas aimer, c'est bien celui-là. Une certaine froideur, un sujet désagréable, un réalisateur autrichien, le mot Amour dans le titre : mon esprit sentait l'ombre maléfique du grand faiseur prétentieux et doublement palmé s'allonger sur le film.

En réalité, et c'est ce que je vais essayer de démontrer, l'approche de Seidl est à l'opposé de celle de Haneke, appelé MH dans la suite de cet article.

Le sujet n'est pas rigolo, rigolo : on suit une cinquantenaire autrichienne, Teresa, en vacance au Kenya, dans des pratiques de tourisme sexuel montrées très crûment.

Teresa se laisse entraîner par une amie plus délurée qu'elle. La première évocation de ces sujets a d'ailleurs lieu lors d'une très belle scène lors de laquelle Teresa glousse un peu comme une jeune fille. On voit dans ces yeux, à ce moment là, qu'elle nourrit VRAIMENT l'espoir de trouver l'amour. Elle est naïve (le film le montre à de multiples reprises, lors de la longue tirade sur les yeux ou lorsqu'elle découvre que son amant est marié, etc). Elle est bête, raciste, mais elle tend vers l'amour. Le film porte donc merveilleusement son titre : l'amour n'est nulle part alors que Teresa voudrait qu'il soit partout.

La démarche de Seidl, on le voit, est donc à l'opposé de celle de Haneke. Seidl dit : la vie est une merde, je vais vous le montrer simplement et sans chichi, et puis je vais vous montrer aussi que certains espèrent. MH dit : je vais vous montrer que la vie est une merde, mais je vais vous faire croire autre chose en vous égarant dans des circonvolutions issues de mon esprit supérieur, et puis à la fin, je vous filerai à tous une baffe en vous démontrant, en plus, qu'il n'y a aucune raison d'espérer.

Côté mise en scène, j'ai été littéralement bluffé par l'aisance de Seidl que je ne connaissais pas. Ses plans fixes sont souvent somptueux, dignes de tableaux de Lucian Freud ou de Hockney (on est loin de l'esthétisme petit bourgeois de MH), son sens du rythme est étourdissant (le film est une alternance de petites scènes rapides et de longs plans sidérants), la photographie est magistrale.

Impossible de passer sous silence la performance de l'actrice Margaret Tiesel, qui joue sûrement une partie considérable de son être le plus intime dans cette aventure, mais qui le fait avec une sensibilité et une maestria qui m'ont donné les larmes aux yeux.

La population kenyane n'est montrée qu'au travers de ses beach boys, prostitués inavoués qui donnent leur plaisir aux sugar mamas. Le tableau n'est donc pas très séduisant, mais il donne au film toute une dimension politique supplémentaire : formidable retour de bâton du colonialisme, le film nous inflige aussi une grosse claque de ce côté là.

Comme pour toutes les grandes oeuvres, il me semble que je pourrais écrire des paragraphes entiers sur certains aspects du films, mais comme je prête attention à maintenir l'intérêt du lecteur, je ne le ferai pas. Simplement, à titre d'avant-goût pour un deuxième article, je pourrais écrire longuement sur : la scène d'ouverture qui montre Teresa en Allemagne dans son activité professionnelle, l'utilisation géniale des décors naturels, le sens du grotesque (le noeud rose, l'orchestre, la scène avec les singes), l'absence de musique, la sexualité féminine.

Au final, un beau film sur la laideur, puissant, signifiant et qui se coltine franco avec la réalité des classes moyennes. L'inverse de MH.

Vivement la suite de la trilogie.

Ulrich Seidl sur Christoblog : Paradis : foi / Paradis : espoir

 

4e

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