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Christoblog

Articles avec #tomas alfredson

La taupe

Quel ratage.

Le deuxième film de Tomas Alfredson, réalisateur du sublime Morse, avait tout pour être génial. Une réalisation brillante et classique à la fois, une pléiade d'acteurs hors du commun, des décors très bien reconstitués, une photographie très réussie générant une ambiance sourde et sombre.

Il est donc fort étonnant que le film soit au final absolument ennuyeux et même, disons-le, quasi incompréhensible. On assiste, avec un certain dépit, à l'enchaînement d'une suite de vignettes, certes fort jolies, mais dont la cohérence globale est inexistante. Que se passe-t-il ? Que voyons nous à l'écran ? Ces questions m'ont empêché d'entrer dans le film, et pour tout dire, mon degré de concentration n'a cessé de baissé au fil de la projection à mesure que les spectateurs quittaient la salle et que mes assoupissements se multipliaient pour se terminer en un somme réparateur probablement assez long, dont je ne sortis qu'au son de La mer.

S'il faut trouver des fautifs, on accusera bien volontiers les scénaristes qui ont tenté de résumer un livre lui-même assez abscons en 2h, alors que la BBC avait à grand peine fait tenir l'intrigue en une série de plus de 5 heures. Le jeu des acteurs, et en particulier celui de Gary Oldman, tout en impassibilité muette, contribue certainement aussi à cette cruelle déception.

Une torture compassée, à éviter sous peine de paralysie neuronale généralisée. A moins d'estimer que perdre le spectateur dans un labyrinthe d'images incohérentes constitue le renouveau ultime du film d'espionnage.

 

1e

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Morse

Morse est sans aucun doute le chef d'oeuvre méconnu de 2009. Quelques rares cinéphiles avertis avaient repéré le film, mais j'avais pour ma part raté le passage en salle.

La sortie en DVD du film permet aujourd'hui une séance de rattrapage, avec choc esthétique et émotionnel garantis.

Choc esthétique parce que le film est d'une grande beauté formelle. La banlieue de Stockholm est filmée par Tomas Alfredson comme la Pologne par Kieslowski dans son Décalogue. La mise en scène est précise, calculée, sereine, jouant superbement des focales et des reflets. La photographie est magnifique, certaines couleurs semblant filmées comme jamais elles ne l'ont été (le filet vert dans le gymnase). Techniquement tout est parfaitement maîtrisé, tout fait sens, c'est absolument frappant en regardant le film une deuxième fois. Jusqu'à la bande-son qui alterne avec brio les plages silencieuses et des nappes de musique envoûtante.

Choc émotionnel ensuite. Le film hante durablement l'esprit du spectateur. Le début installe une sorte d'étrangeté distante, qui semble bien innocente au commencement, puis qui s'opacifie, se densifie progressivement. Les sentiments d'Eli et d'Oscar deviennent obsédants, ils sont à la fois humains, animaux et divins. Sans scènes gore (ou presque) le film réussit à faire un planer un malaise constant et délicieux dans sa deuxième partie, qui nous fait redouter (et espérer) le plan suivant avec de plus en plus d'intensité. Le jeu de l'ensemble des acteurs est pour beaucoup dans cette réussite.

Morse est un grand poème à la fois sombre et lumineux.

 

4e 

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