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A war

Dans sa première partie, A war ressemble à un film de guerre naturaliste, filmé dans un style quasi documentaire, et centré sur un soldat danois en service en Afghanistan.

La chronique du conflit est entrelardée de vignettes présentant la vie de son épouse et de ses trois enfants  au Danemark.

Cette partie n'est pas inintéressante, bien qu'un peu longue. Le style de Lindholm est d'une efficacité extrême, mêlant toute sorte d'effets (gros plans sur les visages, caméra à l'épaule, plans larges). Le réalisateur ne sacrifie quasiment rien au rendu réaliste du film : les dialogues, bourrés d'abrévations, sont parfois incompréhensibles.

Le personnage principal est dans la deuxième partie questionné par un tribunal sur une de ses décisions. A war prend alors une autre dimension, donnant à voir une série de dilemnes moraux agissant sur différentes strates. Cette partie lorgne sans hésitation vers les effets du film de procés (coup de théâtre compris), tout en gardant l'aspect sec, sans affect, presque austère de la première partie. 

Tobias Lindholm excelle véritablement dans cette façon de filmer les évènements sans emphase, les épurant jusqu'à l'os, et semblant réduire l'intrigue à sa substanfique moelle. Le jeu des acteurs, dépouillé à l'extrême, parvient cependant à nous surprendre.

A noter à titre de curiosité, et comme souvent dans le cinéma danois, qu'on retrouve dans le casting trois des acteurs principaux de la géniale série Borgen, dont Tobias Lindholm fut le scénariste. 

Tobias Lindholm sur Christoblog : R - 2010 (**) / Hijacking - 2012 (**)

 

3e  

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Men & chicken

Voici un film tout à fait étonnant, construit sur un principe assez osé : essayer de générer de l'empathie pour une troupe de dégénérés peu aimable.

Résumons le pitch initial, sans spoiler bien sûr : deux frères découvrent à la mort de leur père que leur père biologique vit isolé sur une île. L'un est joué par un Mads Mikkelsen méconnaissable (cf photo). Il doit se masturber régulièrement. L'autre, qui paraît plus normal, semble à deux doigts de vomir en permanence. Les deux ont un beau bec de lièvre.

Arrivé sur l'île, les deux hommes font (violemment) connaissance avec trois demi-frères encore plus frappadingues... 

Même si le caractère un peu artificiel de l'intrigue ne permet jamais vraiment d'être transporté, on reste quand même sidéré de l'inventivité du réalisateur danois Anders Thomas Jensen, qui utilise à la perfection un extraordinaire décor de sanatorium laissé à abandon. Jouant avec les codes du film d'horreur comme avec ceux de la comédie, il parvient à susciter chez nous une réelle curiosité, qui trouve dans la révélation finale une portée presque philosophique. 

Le film distille tout au long de son déroulement de multiples indices qui rétrospectivement deviennent signifiants, et propose plusieurs scènes véritablement bluffante (comme celle de la cigogne, ou celle du badminton).

Le film prouve la vitalité du cinéma scandinave et danois en particulier : on reconnaît dans le casting des acteurs vus de nombreuses fois dans les séries The killing, Borgen, ou Bron, ainsi que dans les films de Tobias Lindholm ou Susanne Bier. Une curiosité.

 

2e

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Hijacking

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/97/21/66/20521404.jpgSi vous aimez la série danoise Borgen, un des intérêts de Hijacking est de vous replonger dans son ambiance : le scénariste et trois des acteurs majeurs de la série sont impliqués dans le film.

L’intrigue est simple. Un bateau est détourné au large de l’Afrique par des pirates somaliens, et les négociations durent très, très, très longtemps (4 mois).

Si l’ambiance globale du film est réussie, opposant judicieusement les décors froids et aseptisés de Copenhague à la moiteur régnant sur le cargo, l’intrigue souffre d’une certaine anémie. L’aspect négociation est réduit à des traits très sommaires (quelques montants de rançon écrits sur un tableau blanc) et les aspects psychologiques sont dessinés à coup de serpe. Le personnage central du négociateur, manager froid au gros égo qui pète exceptionnellement les plombs, ne m’a pas convaincu. Je trouve que Tobias Lindholm abuse des plans fixes sur ce personnage silencieux, procédé qui prétend habituellement donner à voir des gouffres intérieurs, et qui est ici juste ennuyeux.

Le film manque de profondeur, de contextualisation (il y aurait sûrement beaucoup plus à dire d’un point de vue géo-politique ou même psychologique sur ce type d’évènements) et de rythme. En choisissant un registre proche de l’épure le film court le risque de ne pas capter l’attention du spectateur sur la durée, et c’est ce qui m’est arrivé

Le Danemark sur Christoblog : The killing / Borgen / Royal affair / La chasse / Le guerrier silencieux

 

2e

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